jeudi 2 juillet 2009

Moins (z)imparfaits que nos parents?

Cet été s'ajoute à notre vie de famille une nouvelle expérience: le camping saisonnier.

Papa (trop) zen et moi ayant vécu nos étés d'enfance en camping, nous souhaitions perpétuer la tradition en permettant à nos mousses de vivre leur été de façon un peu plus libre qu'en ville tout en créant des liens avec des copains qu'ils verront régulièrement.

Mais après quelques fins de semaine en camping, on s'est vite rendu compte qu'on ne pouvait pas être des parents aussi insouciants et (z)imparfaits que nos parents l'étaient avec nous jadis.

Alors que j'imaginais Choupinette circuler librement sur son vélo à travers le terrain de camping comme je le faisais à 6 ans, j'ai peine à la perdre de mon champ de vision sur ses 2 roues. Et alors que j'imaginais PetitLoup s'amuser à lancer des cailloux sur l'eau pour leur faire faire des bonds, voilà que je stresse à l'idée que le caillou prenne un faux départ et atterisse en plein visage de sa soeur...

Et ce n'est pas qu'une histoire personnelle. Les différences entre la société d'il y a 30 ans et celle de maintenant sont majeures. Qu'on ne pense qu'à toutes les normes et lois en matière de sécurité pour les enfants. On a presque tous reçu un moment donné un courriel du genre: "Nous avons survécu aux années 70!". Les années où on faisait des voyages à Old Orchard couchés sur le banc arrière de la voiture. Les années où les barrières pour bébés étaient faites en accordéon avec un espace juste assez grand pour y entrer la tête, les années où on dormait sur le lit de Matante Berthe, au travers du tas de manteau à 1 an pendant que papa et maman terminaient le party en buvant un dernier petit "drink" avant de prendre la route!

Combien de conflits intergénérationnels ces différences ont-elles fait éclater? Beaucoup à ce que j'entends!

Et quand j'y pense, je me demande si c'est notre génération qui est trop protectrice comme parents ou celle de nos parents qui était trop insouciante. Qu'en pensez-vous?

(Z) Imparfaite invitée: So

18 commentaires:

Evely a dit…

Selon moi, nous avons trop d'informations... non pas trop d'informations, mais nous ne nous faisons plus confiance. On nous dit d'utiliser le gros bon sens, mais on ne nous laisse pas l'occasion de le faire, car la dernière étude démontre qu'il ne faut pas faire ceci et qu'il faut faire cela.

Ma mère n'en revient pas de toute l'information qu'on a (surtout internet qui n'est pas toujours une source fiable) et elle me dit souvent qu'elle est contente de ne pas en avoir eu autant. Je pense que ça en dit long.

Bref, je ne compte pas lire les huit livres sur l'enfance que ma belle-soeur m'a passé. Je vais les feuilleter, mais sans plus. Je vais me faire confiance et faire confiance à superpapa. Nous on a survécu au gros bon sens de nos parents, même si des fois ça ne faisait pas de sens ;)

une maman quasi-parfaite a dit…

Oh! Que je comprend ce questionnement!!! Il n'y a qu'à voir comment on se fait regarder par les autres parents quand on évoque l'idée de laisser aller nos bouts de choux seuls à l'école (à trois coins de rue). "Et les enlèvements, vous n'y pensez pas? Les autos, aussi, elles roulent vite, maintenant." Bref, même si je pensais être à l'aise avec l'idée de plus de liberté pour mes enfants, maintenant, il y a cette petite voix inquiète qui me dit sans cesse "oui, mais si jamais..." Alors je n'arrive plus à vivre avec et je fais comme les autres parents, i.e. que je suis sans cesse sur le dos de mes enfants.

Julie a dit…

C'est un mélange des deux... Moi, c'est aux années 80 que j'ai survécu. J'ai fait St-Roch Montréal maintes fois assise sur des bobines de fil électrique, pas attachée, dans l'Aerostar de mon père (et j'étais évidemment pas attachée!). Je jouais dehors devant la maison, sur le trottoir, en plein sur le coin de la rue St-André et Rosemont. Je traversais la rue pour aller m'acheter un délicieux jus en sac au dépanneur. Et je n'avais que 3-4 ans! C'est tout de même le gros bon sens de ma mère qui lui dictait ça, non?
Je ne chercherai pas trop loin, je suis moi-même une vraie maman cotcotcot. La preuve: à 18 ans, je gardais mon cousin de 6 ans, ma cousine de 9 ans et sa petite amie du même âge et jamais personne n'a hésité à me laisser partir en auto avec les 3. Aujourd'hui, la nièce de ma RSG de 17 ans, la remplace chaque vendredi pour l'été. Bien qu'elle ait son RCR, son cours de gardiens avertis et bla bla bla, eh bien je n'envoie plus mes filles à la garderie les vendredis des fois que...! Cot cot cot COOOOOOOOOT!!!

MamanRousse a dit…

Je ne pense pas qu'on puisse regretter qu'on soit plus sensible à la sécurité de nos jours. Quoi qu'il en soit, il y a quand même des limites.

On ne peut pas les protéger de tout et tôt ou tard, ils finiront par faire une bonne chute. Je pense qu'il faut les laisser expérimenter davantage pour qu'ils apprennent à se faire confiance au lieu d'avoir peur des nouvelles expériences.

Je n'ai pas appris à faire du vélo ou du patin à glace avec des protecteurs de coudes et je ne m'en suis pas si mal sortie ;o)

Mère Poule a dit…

JE crois que c'est plutôt une question de la gestion du risque qui s'est perdu à quelque part...

On ne supporte plus que nos bibous prennent de risques.

Ça me rappelle cette annonce de pharmacie ou y avait la maman qui ''paddait'' son petit au complet avant de le laisser partir à bicyclette et que celui-ci finissait par tomber et se faire mal de toute façon...

Evely a dit…

très bonne analogie

Mad-AM a dit…

J'en pense que l'on passe constamment d'une extrême à l'autre en la matière... et qu'actuellement on atteind justement l'overdose de sécurité et de précautions. Le pas n'est pas loin, où on frôlera nous même la folie à anticiper et prévoir chaque possible risque et où nos enfants collectionneront soit les phobies soit l'anxiété et les névroses!

C'est pas tout d'avoir un banc de voiture pour chaque étape de développement de l'enfant, faut aussi paranoyer et le faire vérifier toutes les saisons par les autorités compétentes?!?

Parlant de compétences, avec toutes ces études, ces règles écrites ou non et tout, on est à veille d'avoir une session d'école obligatoire avant de "pro"-créer! C'est qu'on est allé définitivement trop loin.

Le plus difficile pour remédier à cet engouement excessif du bien être idéal et parfait de notre progéniture, c'est de ne pas juger ceux qui agissent différement ou sans être autant informé... C'est ce qui fait continuer la roue de tourner et qui nous empêche de relâcher la pression!

Je suis d'accord avec Evely cela dit, on jongle avec des tonnes d'informations, beaucoup plus que ce dont on a réellement besoin.

sajumel a dit…

Mouhahaha!
En lisant tes lignes, j'ai l'épisode de «J'ai perdu ma boîte à lunch» de PP...
Notre chère Mélodie à perdu sa boîte à lunch sur le chemin de la garderie, en marchant! C'est comme 4 ans ça!

Trop d'informations je crois! On ne les laisse plus prendre de risques!

Mais comme je suis bien (Z)imparfaite, mon bébé de 19 mois descend seule les escaliers depuis déjà 3 mois, mon fils, sur la gazon ne porte pas de casque de vélo... je ne les obligent pas non plus à le mettre pour la trottinette à 3 roues, mes grands dorment un étage sous notre chambre et parfois, ma fille qui pèse 5 lbs de moins que son frère prend son bans dans la voiture pour aller faire l'épicerie!

Ouff... je vais me faire lancer des tomates sur ma trop grande négligeance!
Go, je m,en ferai de bons sandwiches! lol

garamond335 a dit…

Génération trop protectrice !
De nos jour, les parents ont peur de TOUT ! On lave les fruits, on met des casques pour jouer aux cartes, on attache les enfants comme les conducteurs de Formule Un, etc...
Dans mon jeune temps, rien de tout cela. On vivait et on laissait vivre et on n'est pas mort personne !

Anonyme a dit…

Trop protecteur probablement, et peut-etre qu'on ne craint pas les bonnes choses, aussi.
Par exemple, on ne laisse plus sortir les enfants de peur qu'ils se fassent enlever (risque infime) alors il ne font plus assez d'exercise (risque réel).
Mais j'avoue que c'est difficile d'aller à contre-courant la dessus.
J'aime bien les réflexions de cette dame: http://freerangekids.wordpress.com/

Parciparla a dit…

La confiance en soi vient surtout de la confiance que nos parents nous donnent.

Trop de protection nuit. Trop d'information aussi. Il faut apprendre à en prendre et à en laisser, surtout à en laisser.

Et faire confiance.

Tout en sachant que chaque enfant est différent...

J'espère que mes enfants n'auront pas PEUR tout le temps et finiront pas de rien faire pour être plus en sécurité....

Lawrichai a dit…

Remarquez, dans les années '70 il y avait beaucoup moins de voitures sur les routes. Et pui toutes ces protections sont là pour augmenter les chances de survies EN CAS d'accidents.

Je me rapelle mon indignation lorsque j'avais 8ans parceque mon amie n'avait pas le droit de faire le "tour du carré" à vélo alors que moi je connaissais déjà le quartier comme ma poche.

Anonyme a dit…

Ohlalala! comme je sens très imparfaites en lisant cela. Nous on essais d'éduquer notre petit comme on l'a été. Libre.
Il a 22 mois, le week-end au camping il part seule avec les filles de mes amies (5-6 ans) pour aller au parc et cela me dérange pas. On lui apprend à ne pas avoir peur de tout.

Milou a dit…

Je lisais il n'y a pas si longtemps que le Canada n'a jamais été aussi sécuritaire que de nos jours.
Mais que les parents "protègent" leurs enfants beaucoup, beaucoup plus qu'avant...

Moi je suis une mère "inconsciente" qui s'est toujours dit "vaut mieux leur montrer à traverser la rue que de leur interdir. Au moins, vue que permission ou pas ils finiront par le faire, il sauront comment".
Pour le moment, aucun des 4 n'est mort. ( et je souhaite évidemment que ça dure hein!)
Sauf que parfois, je me dis que je devrais m'inquiéter beaucoup plus, si je me compare à mes voisins...

¤Enidan¤ a dit…

Je pense aussi que nous avons beaucoup trop d'informations, de peurs et de jugements qui nous arrivent de partout... mais on est aussi trop protecteurs...

Je suis LA mère inconsciente du camping... celle qui laisse aller ses enfants seuls au parc, au dépanneur et au chapiteau... qui ne sait trop dans quelle roulotte aller les chercher à l'heure du souper et qui les laisse jouer dehors à la noirceur... hon...

Je vis le camping saisonnier et il faut faire confiance... à nos enfants et aux gens...

Anonyme a dit…

L'été, nous nous installons dans un camping privé où ce sont tous des saisonniers qui y sont installés. J'ai alors appris à relâcher la bride à mes enfants. Ils peuvent se promener sur le camping comme bon leur semble et c'est parfois un casse-tête de savoir où ils sont rendus quand c'est l'heure de manger. Mais ils n'ont pas encore le droit d'aller sur le bord du lac sans un adulte. Après tout ils n'ont que 4 et 5 ans!

Mais j'avoue qu'à la maison, ils ont un peu moins de lousse... Mais j'y travaille...

Marie l'urbaine a dit…

Super sujet que je me promettais d'aborder depuis un bon bout de temps !

C'est drôle que Passe-Partout soit abordé pcq c'est justement une scène qui m'avait donné envie d'écrire sur le sujet : quand Pruneau et malade, Cannelle prend sa boîte à lunch et s'en va à la garderie ! Bye bye, maman !

Je trouve ça fascinant cette différence de génération mais malheureusement je suis une maman presque PARANO.

Flûte !

Anonyme a dit…

le monde a changé aussi.
quand j'avais 6 ans, il y avait une voiture par famille. le seul point dangereux du village était la route nationale, et encore à certaines heures. aujourd'hui laisser mon gamin faire du vélo seul dans les rues du village...c'est prendre un risque plus gros qu'il y a trente ans.
quand j'avais 6 ans, il y avait une vie de quartiers. le cinglé du coin, s'il y en avait un, on le connaissait. la mère Michel du bled le surveillait du coin de l'oeil. il ne pouvait presque rien faire sans être vu (mais des fois, il faisait quand même, déjà à l'époque, hélas). Aujourd'hui on est plus nombreux, des cinglés y'en a davantage, on crée aussi des situations humaines qui font devenir fous certains d'entre nous, en revanche il n'y a plus de vie de quartier, de village. On bosse, on rentre tard, les vieux ne restent pas dans les lotissements, il n'y a plus de commerces de proximité, la fameuse épicerie d'où l'épicier voyait les gosses sur la place, on ne peut plus compter sur personne pour avoir l'oeil si on n'y va pas soi même.
Même les virus, à grands renforts de voyages et de mondialisation, ont évolué. on a des maladies nouvelles.
Alors oui, on élève les enfants différemment. Mais c'est le monde qui est différent.
Je ne peux pas laisser mon enfant aller seul à l'école. Sur son chemin il y a une bande de dealers qui squatte le porche de la poste. Ils n'étaient pas là il y a trente ans. Ces gens là, une dose de trop, une lubie, un truc qui dépasse, et mon gamin ils le trucident pour les cinq euros qu'ils auront pensé qu'il avait forcément sur lui (et qu'il n'a pas, en plus). Il n'y a pas de policiers à cet endroit, jamais, curieusement. c'est en plein centre ville d'une petit ville de province française pourtant. S'il y en avait, je ne leur ferais pas confiance pour le protéger efficacement. Je suis presque sûre que vu leurs moyens et leur salaire ils ne prendraient pas le risque de le défendre le cas échéant. Faut-il nier ça et laisser un gosse d'1mètre38 et 30 kilos se balader là comme une cible vivante au motif qu'on le faisait bien dans le temps?
Je ne crois pas être une mère poule. Je suis juste consciente. Le monde a changé, et pas en bien.