lundi 20 juin 2016

Le retour de la mère parfaite? On passe notre tour!

À la fin mai, le journal Le Monde a annoncé le retour de la mère parfaite. Je sais, je sais, vous avez failli vous étouffer avec votre gorgée de café. Nous aussi.

En tout cas, une chose est sûre - surtout à quelques jours de la délivrance fin de l'école -, nous on passe notre tour. On n'embarque pas. En fait, on devrait dire «on ne rembarque pas». Parce qu'on a quitté ce train il y a maintenant huit ans (eh oui, on fête notre huitième anniversaire de blogue!).

Toutefois, on doit préciser un truc. Renoncer à être une mère parfaite ne fait pas de nous des mères poches. Oh non! On a choisi d'être juste vraies, normales, nous. Avec les hauts et les bas, sans les magnifier ni les amplifier, sans les banaliser ni les excuser. On a simplement décidé d'assumer qui on est. On ne fera pas croire qu'on trippe quand on rage à l'intérieur (les sourires fakes, ce n'est pas notre fort!), on ne taira pas nos besoins (sans non plus saboter ceux des autres) on va crier haut et fort nos moments d'à-boutisme (et après passer à un autre appel!), on va faire des folies et quelques niaiseries (ça rend la vie plus... vivante!), on ne va pas perdre notre temps à stager notre décor pour prendre de plus belles photos, on va tourner un paquet de coins ronds et faire ce qu'il faut pour que la vie tourne moins carré (même si on va un peu à contre-courant!), etc. Et tout ça, parce qu'on aime vraiment être des mères...  (et que c'est ce qu'on voulait depuis le jour 1 du blogue). On voulait continuer à aimer être mère longtemps. On ne voulait pas s'empêtrer dans une foule de conventions et de «il faut qu'on...». On voulait l'être à notre façon.

La maternité doit être valorisée non pas seulement dans un décor pastel et à coup de hashtags  d'épanouissement aveugle (ou autre synonyme). Elle doit l'être, point.

Alors, le retour de la mère parfaite, on dit «non». Même pas de merci après. Et, on en profite aujourd'hui pour vous souhaiter un été formidable, à votre image. Pas à compter le nombre d'activités faites, le nombre de kilomètres parcourus, le total des dépenses ou le nombre de pieds de plus dans la piscine. On vous souhaite de vous sentir ultra-vivante, vraie et légère. Vous savez bien, le petit pied léger qui rend le quotidien moins lourd à porter.  C'est ça qu'on devrait viser, chaque jour. Et non, l'enrobage d'un bonheur parfait scénarisé dans lequel on se perdra à coup sûr. 

*** Aussi, on sera en vacances tout le mois de juillet. On sera de retour en août pour le lancement de la version compacte de notre guide Assez, c'est assez!, pour planifier nos conférences (si vous voulez qu'on passe près de chez vous, écrivez-nous ou suggérez-nous un endroit!),  pour préparer un projet spécial, etc. À bientôt! 

lundi 16 mai 2016

(pour) pouvoir, il faut vouloir (et parfois beaucoup!)

 Je sais que l'adage «Quand on veut, on peut!» tape sur les nerfs de bien du monde. Mais, il reste qu'il y a une certaine vérité dedans. Mais pire que ça, il faut vouloir ET mettre des efforts. Et faire des choix. Bref, on voudrait donc «pouvoir» sans y mettre ce qu'il faut pour y arriver. Mais ça ne suffit pas.

Dans notre monde d'instantanéité et de vedettes pré-fabriquées dans des émissions de télé-réalité, il reste bien peu de place à l'effort, au travail et au labeur. Beaucoup d'enfants ont appris que «tout le monde» pouvait réussir. C'est bien. C'est vrai dans un sens. On leur a dit (répété?) qu'ils étaient des champions (alors qu'ils sont arrivés avant dernier!). On leur a dit que leurs dessins étaient super beaux (alors qu'ils ne le sont pas du tout!). On leur a dit que leur travail sur les hippopotames était génial (alors que sa pancarte était écrite tout croche!). Bien sûr que le résultat n'est pas nécessairement importants. Mais un jour, ces enfants ne comprennent pas pourquoi, eux, ils ne réussissent pas et que les autres les dépassent largement. Il faut «vouloir», mais il faut mettre les efforts aussi. Et ça, ce n'est pas tellement valorisé.

Tellement que ce n'est pas valorisé que les adultes aussi en sont venus à cette culture du «je peux...», mais ne veulent pas vraiment faire les efforts qui vont avec. Cas vécu, dans un salon du livre, une femme s'arrête, regarde notre livre, le repose et nous dit qu'elle est déçue parce qu'elle pensait qu'on avait des solutions concrètes pour concilier tous les pans de sa vie de mère qui tanguent. On jase un peu avec elle. On lui dit qu'on ne croit pas qu'il existe une seule solution applicable à toutes les femmes à la recherche du lâche-prise et que même si un livre ne nous le promettait, eh bien on s'en méfierait. On lui explique qu'on a préféré lancer plusieurs idées, rapporter des essais-erreurs vécus, proposer des réflexions, etc. Elle était toujours aussi déçue. On l'a fait parler sur ce qui n'allait pas. On lui a pointé quelques chapitres intéressants, on lui a parlé de comment on avait vécu une situation semblable, on lui a nommé des trucs que d'autres lectrices avaient fait, etc. Immédiatement sur la défensive, notre interlocutrice nous a lancé «Ben là, ça ne marchera jamais avec moi!» et «Moi, là, je ne peux pas faire ça...». Et quand on lui a demandé «pourquoi», elle a bafouillé un simple «parce que...parce que... ». Nous, on le sait pourquoi: parce qu'elle ne veut peut-être même pas changer. Elle ne peut pas parce qu'elle ne veut pas (ou vice versa, ça se recoupe!). Changer instantanément: oui. Faire des efforts: non. Elle est repartie.

Faire des efforts, c'est faire des choix parce qu'on ne peut pas tout faire en même temps. On ne pourra pas aller au gym pour perdre du poids sans couper du temps dans notre journée. On ne pourra pas aller en voyage la même année qu'on fait refaire la cuisine. On ne pourra pas avoir un beau jardin fleuri et bien entretenu si on ne se met pas les mains dans la terre tous les jours. On ne pourra pas avoir une bonne note dans un travail si on ne passe pas quelques soirées à travailler dessus alors qu les autres s'amusent. Mais c'est comme ça la vie. Et c'est correct! Il faut juste savoir ce qu'on veut le plus et concentrer nos efforts là-dessus et ne pas attendre que tout ça nous tombe dessus par magie!