mercredi 15 juillet 2009

Rester à la maison: des vacances?

Il ne reste que 15 jours avant mes «vraies» vacances et je ne tiens plus en place! À vrai dire, je suis excitée comme une puce à l'idée de faire les valises et d'empiler bagages et enfants dans la voiture pour deux semaines de repos loin de la maison.

C'est plus fort que moi, j'ai besoin de lever les voiles et de quitter mes quatre murs pour avoir l'impression d'être vraiment en vacances. Et ce sentiment a le pouvoir de changer mes perceptions du tout au tout. La preuve: même faire le lavage devient excitant!

Enfant, j'ai pratiquement passé toutes mes vacances d'été chez moi. Mon père était atteint du syndrome «On est donc bien chez nous!». Je passais donc l'été à squatter les piscines de mes voisins et amis et à attendre éperdument la rentrée scolaire. Quand j'ai eu l'âge d'avoir un emploi d'été, j'ai commencé à apprécier les mois de juillet et août. C'est tout dire...

Aujourd'hui, j'ai beau avoir une grande cour et une piscine, je ne peux pas me résigner à rester à la maison lors des (si courtes) semaines de vacances estivales. Bien sûr, je suis heureuse de faire un BBQ, déjeuner/dîner/souper sur le patio, profiter de la piscine, faire un feu et veiller dehors mais ce ne sont pas des vacances. C'est juste l'été!

Mais il semblerait qu'avec la crise économique, le prix de l'essence, les pertes d'emplois, un nombre record de familles américaines privilégieront la ««staycation» à la «vacation» cet été.

Quelles sont les règles d'une «staycation» réussie? Elles se résument en quelques mots selon le site ivillage.com: planifier, décrocher, visiter les alentours, se payer la traite, prendre des photos et rester positif (!)

Désolée, je ne suis pas convaincue... ça ressemble beaucoup trop à mes week-ends!

Et vous, que faites-vous pour vous sentir en vacances à la maison?

mardi 14 juillet 2009

Été sans féminité


MissLulus, je l'ai habillée de minuscules collants et de mignonnes robes dès sa sortie de l'hôpital. Je n'allais pas me priver; j'avais une fille! Je lui ai trouvé des jumpers de jean ultra mimi, des jupes colorées, des chemises féminines, etc.

Résultat?

6 ans plus tard: ma fille est le clone de Elie du film Up. Elle pourrait passer son été avec un short, un vieux t-shirt difforme et ses bottes de pluie (ou ses gougoumes lors d'exceptionnelles journées avec soleil!). Exit la touche féminine! Ses ongles sont sales en permanence malgré la mince couche de vernis qu'elle applique de temps en temps dans un soubresaut de féminité. Rajoutez à cela la perte de ses deux palettes lui conférant un style rivalisant avec celui de Fifi Brind'acier. Je ne vous ai même pas parlé de ses pyjamas. Elle porte invariablement ceux qui sont trop courts. "Je les aiiiiiiiiiiime". Même la nuit, elle détonne vestimentalement parlant. J'ai même poussé le tout jusqu'à lui couper les cheveux au carré aux oreilles car je n'en pouvais plus de sa grêve de lulus et de barrettes. On s'entend que des passes (lousses, car autrement, ça l'achale...) dans les cheveux pour aller au soccer, ce n'est pas merveilleux! Je vous le dis qu'en matière de féminité, on est descendu bas. Et j'ai remarqué qu'en été, son affranchissement à la féminité est à son paroxysme. L'hiver, elle joue avec Momo et Lili aux princesses, à l'école et se maquille volontiers avec elles. L'été, bonjour les épées, les bâtons de bois, les escargots gluants, la pêche, le baseball, les châteaux de sable et de boue avec Lolo et JeuneHomme.

Et le pire?
- "Maman, je suis obligée de prendre un bain?"
- "Euh oui!! Tu viens d'aller au soccer. Tu as les cheveux tout humides (lisez: gras) et tes avant-bras sont tachés (lisez: huilés) de popsicle fondu!"
- "OK. Je me dépêche. Cela veut dire que demain, puisque je n'ai pas de soccer, je ne prendrai pas de bain ni de douche. Trop coooool"

Voulez-vous bien me dire ce qu'est advenu de sa féminité? Ne serait-ce qu'une petite parcelle? Je n'ai pas hâte à l'hiver, mais presque...

Sérieusement, elle est sur la bonne voie pour être imparfaite et ne pas se soucier des qu'en-dira-t-on! Faut se consoler! ;-)

lundi 13 juillet 2009

Moi, mère?!

C'est rare, je l'admets, mais il y a des matins où je me réveille par moi-même. Toute seule. Sans que le bruit de la porte de chambre de Lolo qui s'ouvre ou celui du premier pipi matinal de Momo me tirent du sommeil.

Et dans ces rares moments de flottement, entre les rêves et la réalité, j'oublie que je suis mère. Pour quelques secondes seulement, je me sens moi et j'ai 22 ans dans ma tête. Puis je reprends contact avec ce qui m'entoure et les dizaines de dessins et de bricolages d'enfants me rappellent rapidement que je suis une mère.

Pourtant je ne me sens pas «mère». Pour moi, une mère ressemble à une mère, s'habille en mère et a des passe-temps de mère. Et moi, je n'ai rien de tout ça. Je suis encore moi et rien n'a changé depuis que j'ai enfanté. Je ne fais pas plus de tartes et de biscuits qu'avant et je suis toujours aussi allergique à l'aspirateur. J'achète tous mes desserts à la pâtisserie et je n'ai pas une recette de cigares au chou digne de ce nom. Je n'ai même pas de photos de mes enfants dans mon portefeuille... alors que ma mère a encore toutes mes photos de classe dans le sien!

Bref, rien de tout ça arrive à me convaincre que je suis une mère.

Mais quand les enfants débarquent dans la chambre en commando pour me réveiller, là, croyez-moi, je n'ai plus aucun doute! Et c'est très bien comme ça!

vendredi 10 juillet 2009

Longue attente


Je ne sais pas ce que vous faites, vous, mais moi j'attends. J'ai eu le temps de prendre deux autres tasses de café. Loin de me calmer, je me sens encore plus à pic. Le coeur me cogne dans la poitrine. Je regarde l'heure et je rage.

J'attends depuis précisément 24 heures. 1 journée. Pour un retard, c'est quand même considérable, non?

Bon! Ça y est: je me ronge les ongles en ayant le pied qui martèle le plancher. Je fixe l'horloge. 8h40. Et pas un signe de vie! Pas le moindre petit espoir. Pas d'appel pour dire qu'il est prend seulement tout son temps...

Je n'ai plus d'ongles. Quoi faire? Tiens, si je pianotais frénétiquement sur le coin du bureau. En poussant de longs soupirs, c'est encore mieux. "Ma vie est finie. Mes nerfs ne tiendront pas le coup encore longtemps. Je ne survivrai pas à cela...". Je trésaille sous l'émotion. Je sens que je vais craquer!

"Maman, qu'est-ce qui se passe?", demande JeuneHomme.
"T'as l'air fâchée!", renchérit MissLulus.
Et ils retournent jouer et chasser Buzz LightYear, un mammouth et Nemo. J'entends au loin, JeuneHomme qui s'obstine avec sa soeur, qui refuse de lui prêter un jouet, MissLulus qui l'assome de "Pas gentil", etc. La routine, quoi? Cette pensée me fait couler une larme.

Et c'est là que j'explose. Oui je suis fâchée! J'attends et j'ai la furieuse impression de m'être fait avoir. Une genre de bien bien bien mauvaise blague. Je lorgne encore vers l'horloge. Je pense que je pourrais la crucifier en direct juste par la force de mon mental! Je vous le jure! Une journée que j'attends. UNE JOURNÉE, bordel. Je finis par m'écrouler. Je m'écroule sur la table de la cuisine, le cheveu hirsute, les yeux cernés, le teint vert à force d'attendre, les nerfs en boule, etc. Et je braille. Je braille. Je braille....

Une journée: autant dire la vie entière. Une journée d'attente. Sans nouvelle. Sans signe manifeste de changement. Pourquoi? Qu'ai-je fait pour mériter cela?

La déception fait place à la rage. La colère noire. Violente. J'aurais le goût... le goût de... le goût de quoi? Je ne sais pas, mais quelque chose d'aussi violent que ma furie!

Je me suis fait avoir. J'y ai cru. Vraiment. Qu'hier, tout changerait. Voilà une journée que je guette et qui ne se passe rien. Une journée que j'attends...


...


Que j'attends un signe me prouvant que le Terrible Two se termine et non, ça ne se produira pas. Je dois me rendre à l'évidence: après le Terrible Two vient le Terrible Three. Ou c'est le même qui a pris racine. Peu importe, le résultat est pareil. Juste avec plus de vocabulaire. On a même eu droit au premier sacre quand JeuneHomme a renversé tout son jus sur lui. Juste avant une petite crisette.

Nonnnnnn. Pitié. Depuis hier matin, à l'heure précise de sa naissance, un signe, quelque chose de minime, qui me ferait croire que le spectre du Terrible Two avait déserté la maison (et JeuneHomme, en fait), mais non... Rien. J'ai attendu pour rien. Après une journée de patience (à vif), je rends les armes. Ou plutôt je les reprends pour affronter une autre "terrible" année avec JeuneHomme. (Voyez ce vidéo où un moustachu nous dit que l'extension peut tenir jusqu'à 4, 5 ou même 10 ans.... A-U--S-E-C-O-U-R-S!)

Faut que je me fasse à l'idée... Il n'est pas trop tôt pour un p'tit verre de rosé? Au fond, pourquoi attendre... non?