vendredi 26 juin 2009

Allaiter: oui, mais...

Il existe, parait-il, 101 raisons d'allaiter. Toutes fort bien documentées, analysées et certifiées de milliers d'études et de données. Tant mieux!

La question n'est pas de savoir si allaiter est mieux ou non que le lait maternisé. On le sait toutes: c'est le meilleur aliment pour le bébé. Oui, mais "ce n'est pas mieux que de lire aux enfants, que les attacher dans leur siège d'auto ou de leur mettre un casque quand vous allez à vélo". Et cela, ce n'est pas moi qui le dit. C'est Michael Kramer, un réputé chercheur et sommité en allaitement.

L'allaitement - comme la maternité - fait partie d'un ensemble de facteurs qui induisent une forte pression de performance chez les mères. "Quand ça ne marche pas, les mères le vivent souvent comme un dur échec, le 1er échec aux soins à leur enfant. Pourtant, allaiter ou non, ça ne fait pas de nous de meilleures mères! ". Ça, non plus ce n'est pas moi qui le dit, mais bien Gaétane Tremblay, la directrice générale du groupe Les Relevailles de Québec (organisme dont Marie-Julie Gagnon est la fière porte-parole!).

Le tout est écrit ici. Enfin (et surtout: BRAVO!) à Coupdepouce.com pour publier un texte très pro-choix sur l'allaitement! Tant mieux, car c'est à chaque mère de décider par elle-même, de se réapproprier sa propre pensée afin de prendre la meilleure décision pour elle et son enfant. De l'info, on en a beaucoup. Il s'agit ensuite de se donner le droit de choisir avec laquelle on se sent mieux! Parce que la grande spécialiste de notre enfant... c'est nous!

24 commentaires:

Julie a dit…

Je t'aime, Nadine! :P

Evely a dit…

Je me suis dit tout au long de ma grossesse que ce n'était pas grave si je ne serais pas capable d'allaiter. Le fait est qu'en effet je n'ai pas été capable. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps par cet «échec» pourtant ni superpapa, ni la famille, ni mon médecin, ni même les infirmières ne m'ont mis de la pression. La seule personne pour qui c'était vraiment vital c'était moi. Je voulais vraiment le faire.

Aujourd'hui je suis plus qu'heureuse de voir mon petit clown bien et en santé parce qu'il boit bien son lait Enfamil et je trouve qu'en bout de ligne c'était la meilleure chose pour lui, car je frustrais à chaque tété.

Je reste un peu triste de ne pas avoir été capable même si je sais qu'en rien cela va affecter la qualité de vie de mon fiston, puisqu'il est entouré d'amour.

gen a dit…

Je m' ennuie du temps où j' ai eu ma fille: 1998. Oui, on favorisait l' allaitement mais c' était pas grave si tu le faisais pas.

Anonyme a dit…

J'ai lu tout ça avec intérêt. Il y a 2 ans, mon p'tit homme naissait, et j'ai tenté l'allaitement. Après de multiples difficulté, une consultante en allaitement (*spéciale*, c'est tout ce que je peux dire...), j'ai commencé l'allaitement mixte, jusqu'à 5 mois et demi. Mais voilà, ça a été un deuil épouvantable. MEME si avant la naissance, je m'étais dit que J'ESSAIERAIS et on verrait... Et deuil #2 à vivre lorsque mon petit homme a fait un choc anaphalyctic à 1 an (c'est de ma faute, je ne l'ai pas ASSEZ bien allaité, vous voyez le genre?) Aujourd'hui, ça va bien!

Mais là, je suis enceinte de mon 2e et justement, j'essaie de me convaincre que je peux réussir, mais qu'en même temps ce n'est pas la fin du monde. Et je me dis que je dois absolument réussir pour à tout le moins réduire les risques d'allergies chez mon 2e, mais d'un autre coté, on est rendu expert en matière d'allergie alimentaire, et je sais que ce n'est pas la fin du monde, mais ça serait tellement plus simple pas d'allergie...

Ma belle-soeur a allaitée ces 2 petites jusqu'à un age indécent. Évidemment, dès que mon petit homme a eu son diagnostique d'allergie, elle n'a pu s'empêcher de faire le commentaire, si j'avais seulement mis les besoins de mon enfant avant les miens... On s'entend super bien, vous comprendrez... Je l'imagine déjà, admettons que je "réussisse" mon allaitement (mais en fait, c'est quoi réussir un allaitement?), et que mon 2e n'ait miraculeusement pas d'allergies, "bien tu vois, cette fois, il n'a pas d'allergie PARCE que tu l'as allaité" sa théorie serait confirmée...

Tout ça pour dire que la pression est omniprésente quand même...

J'ai un autre 4 mois à me rassurer et me convaincre que peu importe ce que je ferai, ça sera ok.

Cloclo a dit…

J'ai tout fait pour allaiter ma fille, jusqu'à l'épuisement et le post-partum! J'ai réussi à le faire un mois mais à quel prix! Je me sentais tellement jugée si je n'allaitais pas, comme si j'avais abandonné mon bébé! Je n'ai trouvé aucun support car les groupe d'allaitement ne font que répéter que c'est merveilleux et qu'il ne faut pas lâcher pour ne pas nuire à notre bébé! À mon 2e, je m'étais juré de ne pas écouter les infirmières et de ne pas allaiter si je ne voulais pas...finalement ça s'est très bien passé avec mon garçon et je l'ai allaité 8 mois mais sans aucune pression. Enfin,une ressource qui donne de l'info de manière objective sans viser la culpabilité da la mère! Bravo!

Evely a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Evely a dit…

Comme je disais, dans mon cas la pression venait de moi et non de l'extérieur.

Mon médecin et une amie qui travaille dans le centre de recherche du CHUM, m'ont tous les deux dit qu'il ne faut pas croire qu'un enfant développe des allergies parce qu'il n'est pas allaité. Il y a beaucoup plus de facteurs que ça. Oui, ça en est un, mais ce n'est pas la cause d'allergie et de plus si on allaite entre les 7 et 14 premiers jours on a donné beaucoup d'anticorps, alors faut faire ce qu'on peut et ne jamais se sentir coupable si notre enfant n'est pas parfait.

D'ailleurs est-ce qu'on ne les préfère pas un tantinet (Z)imparfaits

Anonyme a dit…

Ouf... Je me suis enfin résignée cette nuit même à donner un biberon à ma fille, parce que la douleur que me donnaient les tétées avait atteint des niveaux intolérables. Malgré mes efforts acharnés, je n'ai pas trouvé où était le problème, ni comment le régler.

J'étais en train de pleurer toutes les larmes de mon corps, aux prises avec un sentiment d'échec et de culpabilité immense, quand j'ai lu ce post. Un seul mot: merci :)

Julie a dit…

Je viens de lire une de ces 101 raisons pour allaiter, qui n'est pas tout à fait vraie...
Allaiter réduirait, selon ce site, les chances de recourir à des traitements orthodontiques coûteux. C'est pas mal n'importe quoi puisqu'il est prouvé qu'une habitude buccale entraîne des déformations, que ce soit la succion d'un sein, d'un biberon, d'un pouce ou d'une suce! Parlez-en à So! Et quand ça déforme, ben ça en prend, de l'ortho!

Grabielle a dit…

Je place l'importance de l'allaitement d'un enfant au même niveau que de ne pas fumer ou boire de l'alcool pendant la grossesse. C'est ce qu'il y a de mieux à faire, mais il y a aussi le libre choix... et surtout, "le gros bon sens".

A bas les dictats! Tout est dans la modération (ouf... quel cliché... m'enfin!)

¤Enidan¤ a dit…

Grabielle, je n'aime pas ton comparatif... ne pas allaiter équivaut à fumer enceinte ou à prendre de l'alcool... ouch... ça fesse ça à matin :o/

garamond335 a dit…

À mon époque, les médecins disaient n'importe quoi : votre lait n'est pas bon... Vous n'en avez pas assez, ....
votre bébé n'aime pas votre lait, etc...etc...
Bien des mères ont été traumatisées à cette époque mais aujourd'hui, je pensais que c'était fini ces légendes urbaines...

Lawrichai a dit…

Tant que ça reste un choix pour toutes, sans pressions sociales, tout le monde y trouvera son compte.

Le lait maternel a beau être la nourriture idéale du nourrisson, ce n'est pas toujours le mode de vie idéal de la mère.

La Belle a dit…

Je suis d'accord avec le billet. On ne devrait pas mettre une pression indu sur les mamans pour qu'elles allaitent car parfois ça ne marche tout simplement pas et ce n'est pas de notre faute.

Moi j'ai essayé et ça fonctionné. Pour le deuxième je vais réessayer et si ça fonctionne tant mieux, sinon ce n'est pas grave ! Tout simplement !

Anonyme a dit…

Loin de moi l'idée de faire le procès de celles qui ont décidé de ne pas allaiter (et je ne suis pas une pro-allaitement non plus!) et de les juger mais à la lecture de certains billets ici et dans d'autres forum que certaines n'ont pas beaucoup de persévérance...

Oui l'allaitement est difficile au début, ça fait mal (j'appelais mon garçon mon «bébé-requin» tellement ça pinçait!), c'est long et on a l'impression que le bébé est toujours après nous... mais avec un peu de patience ça fini par passer! Il ne faut pas penser que tout sera miraculeux en quelques jours!

Evely a dit…

Pour certaine ce n'était pas le pincement le problème. Dans mon cas, je ne fournissais pas assez de lait et mon p'tit clown était en sous alimentation. Je compensais avec le biberon, mais il voulait plus le sein qui le nourrissait pas que le biberon qui le rassasiait. J'ai pas vraiment eu le choix, c'était pour sa santé.

Faut faire attention, il y a plus qu'une raison pour se tourner vers le biberon et, en passant, c'est rare que c'est par manque de perséverance, c'est plus un choix pour le bien-être du bébé

Grabielle a dit…

@¤Enidan¤ : je ne vois pas ce qui fesse. Dans tous nos choix de parents, il y a ce qu'il y a de 'mieux'. Le 'mieux' est souvent une compilation de résultats statistiques et/ou scientifiques, qui ne tiennent pas compte de l'individualité de chacun/chacunes. A notre façcon, il faut concilier tout ça avec nos convictions, nos préférences, nos modes de vie, nos états de santé, nos contraintes financière, notre individualité, quoi ! Le 'mieux' n'est pas nécessairement ce qu'il y a de meilleur pour soi.

J'ai fumé pendant ma première grossesse (réduit de 15 à 3 par jour). J'étais carrément incapable de cesser complètement... c'était loin d'être 'le mieux', mais c'était ce qu'il y avait de meilleur pour moi, à ce moment là.


@Anonyme : même si je déteste les dictats, je dois assumer le fait que je suis bel et bien pro-allaitement. Mais je ne suis pas d'accord avec le principe de persévérence ou de patience (ou manque de). Pour réussir l'allaitement, il faut du support, du soutien. Mais du soutien adéquat et compétent... c'est ce qu'il y a de plus difficile a trouver. Il y a une solution à pratiquement toutes les embuches à l'allaitement... mais il leur faut la solution adéquate.

Et je persiste... a travers tout ça, le libre choix s'impose... et le respect!

So a dit…

Je l'ai déjà dit ici, j'ai allaité, ça n'a pas été facile les premières semaines, j'ai persévéré à en brailler, j'ai été fière de l'avoir fait au point de vouloir en aider d'autres. Et là j'ai cotôyée des infirmières et conseillères en lactation tellement bornées que je me suis dit que oui, je serais une marraine d'allaitement, mais jamais aussi rigide que cela. Ça je n'étais pas d'accord. J'ai toujours prôné le choix libre et éclairé et le bien-être de la mère et du bébé.

Merci Nadine pour ce beau billet et ce bel article, bien documenté, qui pèse le pour et contre de façon très objective et professionnelle.

Christine a dit…

Tout doit être mis en perspective et chaque histoire est différente. Dans mon cas, après un accouchement difficile, je me sentais si incompétente, j'avais l'impression que je ne faisais rien adéquatement. La persévérance de l'allaitement m'a fait prendre une énorme confiance et aujourd'hui, après 14 mois d'allaitement, j'en suis très fière. Chaque histoire est différente, respectons-les.

So a dit…

Pour moi aussi Christine, ça a été une façon de reprendre confiance en moi après un accouchement pénible. Je comprends tout à fait comment tu te sens. ;)

Anonyme a dit…

C'est vrai que chaque histoire est différente, chaque enfant est différent et chaque maman est différente. À ma première grossesse, les médecins ont dû se résoudre à me faire une césarienne. Ça été un énorme deuil pour moi. Le deuil d'un accochement naturel. Alors, pas question de vivre un autre deuil avec l'allaitement. Il fallait que je me sente compétente quelque part. Mon bébé a perdu plus de 10% de son poids à cause d'une montée de lait qui a pris 4 jours à arriver, j'ai eu des gerçures et des crevasses et quand mon bébé a eu 3 1/2 semaines, j'ai fait une mastite. Heureusement, j'ai été bien entourée à l'hôpital par des médecins et infirmières compétents qui m'ont gardés jusqu'à ce que ma montée laiteuse soient arrivé pour s'assurer que le bébé allait bien et à la maison par une marraine d'allaitement qui a aussi un peu servi de psychologue dans mes moments de découragements. Ça m'a tellement aidé, que j'ai décidé de devenir moi-même marraine d'allaitement. Une marraine d'allaitement qui rêve que toutes les mamans essaient d'allaiter, mais qui est bien consciente que toutes n'y parviendront pas et qui dans ce cas, aide les mamans à sevrer sans douleurs pour la maman et pour le bébé. Le respect est la valeur qui me guide dans mes relations d'aide. Car personne d'autre que la maman elle-même ne peut savoir avec certitude ce qui est le mieux pour son enfant car c'est elle qui le connait le mieux. Et si pour l'enfant, le meilleur c'est d'avoir une maman détendue, souriante et reposée et que l'allaitement se trouve incompatible avec cet état pour toute sorte de raisons, l'allaitement n'est alors peut-être pas le meilleur choix.

Et à la maman qui se culpabiblise à cause des allergies de son enfant qu'elle n'a pas "assez" allaité, je lui dirais ceci : j'ai une amie qui a allaité son enfant jusqu'à 18 mois et aujourd'hui, à 4 ans, il est allergique aux arachides. Les risques sont réduits si on allaite, mais ils ne sont pas nuls. Alors ne culpabilisez plus, vous lui avez donné le meilleur de vous même.

P.S. Il n'y a pas d'âge indécent pour allaiter. L'organisation mondiale de la santé recommande un allaitement jusqu'à 2 ans (ce que je n'ai pas réussi à faire!!!) mais dans plusieurs pays, les enfants sont couramment allaités jusqu'à 4-5 ans. Ici, c'est très tabou, je sais, mais le libre choix de chacune doit être respecté.

Anonyme a dit…

Je suis d'accord avec Gabrielle pour ce qui est du soutien : c'est ce qui a fait la différence dans mon histoire d'allaitement (5 fois du muguet en 4 mois). J'ai été merveilleusement aidée par mon conjoint et ma conseillère en lactation qui m'a permis de trouver des solutions pour chacune de mes embûches. J'ai allaité exclusivement mon bébé jusqu'à 7 mois en j'en très suis fière. Je n'avais jamais pensé devenir marraine d'allaitement, mais à bien y penser, je pense que j'aimerais ça pouvoir rendre ce qui m'a été donné et m'a permis de donner le meilleur à mon bébé (oui, oui, meilleur que la formule que je donne maintenant à mon bébé 2 fois par jour). Vous m'inspirez, les mamans!

Anonyme a dit…

Quand on a essayé très fort d'allaiter et que
a ça n'a pas marché, il n'y a rien qui fait plus mal que de se faire dire que c'est parce qu'on n'a pas été assez persévérante...

Jusqu'où doit-on persévérer au juste? Jusqu'à allaiter en larmes tellement la douleur est intense? Jusqu'à sentir qu'on commence à prendre notre bébé en grippe au moment même où on devrait être en train de créer un lien d'attachement avec lui? Jusqu'à ce qu'il ait tellement perdu de poids que sa santé est carrément en danger?

Mon bébé se porte mieux depuis que j'ai cessé d'allaiter. Moi aussi, mon chum aussi. Rationnellement, je sais que j'ai tout essayé pour que ça marche et que je n'ai rien à me reprocher. Et pourtant, suffit que quelqu'un parle de persévérance pour que je me sente à nouveau immensément coupable et triste d'avoir échoué à allaiter. Forte, la pression de l'allaitement? Mets-en Nadine...

¤Enidan¤ a dit…

Je suis en parfait accord avec le commentaire précédent... Jusqu'où doit-on persévérer ? C'est quoi la limite ??

Après 4 échecs d'allaitement où je considère avoir été très persévérante, bien informée, bien soutenue et bien productive, je suis très sensible sur ce sujet...

Me faire dire que mon "choix" (qui n'en était pas vraiment un) de passer aux biberons équivaut à avoir fumé ou pris de la boisson enceinte, j'avoue avoir un peu de difficulté à le concevoir...

La cigarette est mille fois plus nocive que le lait en poudre... Fumer et se déculpabiliser en allaitant, c'est un choix... mais ne pas être capable d'allaiter son enfant n'en est psa toujours un...

Scusez pour la montée de lait (ahaha quel jeu de mot)... mais je considère que ce sujet est trop délicat pour la plupart... On sent trop souvent une pointe de jugement de la part des "pros de l'allaitement"... celles qui réussissent s'en pètent trop souvent les bretelles au détriment de celles qui échouent et je trouve ça très dommage !!