mardi 3 juin 2008

Allaiter par culpabilité

Le cri du coeur de Nadia, une mère n'allaitant pas ses jumeaux nés prématurément, a ravivé chez moi, mère de triplés nés tout aussi prématurément, le sentiment de culpabilité qui m'a accompagné durant le mois interminable au cours duquel, chaque jour et chaque nuit, aux 4 heures, je mettais la «trailleuse» en marche. Devant l'insistance de l'infirmière spécialisée en allaitement de l'hôpital, j'avais accepté de repartir chez moi avec l'infâme tire-lait électrique. Si je désespérais, on me trouverait une marraine d'allaitement, me rassurait-on. Oui, madame, c'est possible d'allaiter des triplés. À tour de rôle, m'avait-on précisé... Et moi qui croyait qu'un troisième sein allait apparaître, là, au milieu...

Chaque mince récolte (quelques millilitres que je m'empressais de congeler pour apporter le lendemain à mes bébés hospitalisés) m'arrachait le coeur (et les mamelons), chaque goutte tirée ne remplaçerait pas les journées passées hors de mon utérus. Le colostrum ingurgité ne changerait pas les séquelles d'une naissance en catastrophe à 29 semaines.

Est-ce une bonne idée d'allaiter (ou de tirer son lait) quand le coeur n'y est pas? Les pro-allaitement tournent comme des mouches autour des bedons ronds dès les cours prénataux. Leur propagande est organisée, documentée, prouvée. Leur arme la plus destructrice: jouer avec la culpabilité des futures mères, avec une série de preuves en béton sur l'immunité renforcée du futur rejeton, le Q.I. dans le plafond et quoi encore? Pourquoi n'y a-t-il jamais une mère d'expérience, pour venir témoigner de son expérience des biberons, pour rassurer tout le monde: «Mon fils a 15 ans. Il n'a presque pas été malade. Il n'a pas décroché. Il n'est pas violent. Il ne sera pas un tueur en série». Pourquoi ne présente-t-on pas les deux côtés de la médaille, les pour et les contre des deux méthodes. Il me semble que c'est encore la meilleure façon de faire un choix éclairé...

Bravo à celles qui allaitent par conviction, qui vivent une expérience renforçant leur instinct maternel. J'espère seulement qu'elles le font par choix, pas par obligation sociale, pas par peur du jugement, pas par culpabilité. Ce n'est pas d'une mère remplie de ces sentiments qu'a besoin le nouveau-né, mais d'une femme épanouie, heureuse... et en paix avec elle-même!

3 commentaires:

Josee a dit…

J'ai allaité mon bébé pcq je m'étais dit que j'allais essayé et que ça a bien fonctionné.

Ce que les bébés ont besoin ce sont des mères pas des vaches laitières.

J'ai été dépassée par la mafia de l'allaitement. C'est fou à quel point elles font sentir misérables les futures mamans incorfortables avec l'allaitement.

Comme dans toute chose, je pense que quand le coeur n'y est pas...

Marie-Belle a dit…

Je suis désolée de vous décevoir, mais vous parlez de mafia d'allaitement???je trouve ces termes un peu fort à mon goût(c'est votre perception) je tiens à vous préciser que les marraines sont des bénévoles !!! des mères qui ont vécu des difficultés et qui ont grâce à d'autres marraines passées au travers et qui finalement ont vécu une belle expérience d'allaitement. elles comptent aider d'autres mamans à vivre ce GRAND bonheur qu'est l'allaitement. Chaque femme a ses limites et ses convictions et doit être libre de faire des choix. Je ne crois pas que L'organisme en allaitement ou tout autre personne spécialisée à l'intention de rendre coupable la mère de quoique se soit. Je crois bien que c'est nous les mères qui avons tendance à vouloir être parfaites et à culpabiliser facilement. Il faut se l'avouer nous sommes maître de notre destinée et les gens sont là pour nous soutenir le plus possible dans nos choix. Évidemment, l'allaitement est la meilleure option nous le savons, mais si nous avons essayé du mieux que nous pouvions parce que nous le voulions, il ne faut pas croire que nous sommes dans le tort. Nous avons toujours le choix de faire ce que nous voulons. Le système est mis en place en fonction que le bébé est le plus de chances de son côté afin de bien partir sa vie ce qui ne veut pas dire qu'il sera en piteux état s'il n'est pas allaité. Simplement l'allaitement est la meilleure option et nous le savons. Évidememnt, si la mère est à bout, en mauvaise santé ou autres, il ne faut tout de même pas s'acharner. C'est à chacune d'entres nous de reconnaître nos limites. Et je sais que dans nos formations, il est essentiel de respecter nos filleules dans leur parcours et de les appuyer et surtout de les féliciter peu importe le nombre de temps qu'elles allaitent. En tant que marraine, je le fais par compassion et amour des autres mamans. Je suis bien triste de voir que des organismes comme le nôtre soit dénigré de la sorte quand nous nous donnons corps et âmes pour les mamans et leur petit bébé.

bien à vous
Bella

Eileen a dit…

Eileen, 27 ans et future maman, la mienne ne m'a jamais allaité, et oooh miracle, je me porte comme un charme, je n'ai pas d'allergies particulières, pas plus de rhumes ou d'otites que n'importe qui d'autre, je suis je pense assez intelligente pour faire au moins partie de la moyenne, je suis loin d'être obèse, bien au contraire, pas de cancers déclarés, je suis en super forme! Et aucune envie non plus d'allaiter!
bref! J'adore votre blog que j'ai découvert ce matin, et je me marre bien à voir vos messages tous illustrés de beaucoup d'humour, et tous ces comms de personnes qui en sont apparemment complètement dénuées! Donc, merci!