mercredi 23 mai 2012

Le regard des mères

On se croise un peu partout: au centre d'achats, à l'épicerie, à l'école, à la bibliothèque, au parc, dehors, au travail, dans un café, bref partout. Et d'un seul regard des fois, on comprend parfaitement l'autre. On dirait que deux regards de mères qui se croisent, ça se comprend.Combien de fois avez-vous sympathisé avec une mère que vous ne connaissiez même pas juste en la regardant et en lui faisant un léger signe de tête? Juste en lui montrant par votre regard qu'on la comprend, que c'est pareil chez nous, encore que ça ne nous dérange pas du tout que son bébé pleure, qu'on saisit pourquoi elle s'est emportée, etc.

Et justement, contrairement aux fatigants rencontrés au centre d'achats dans le post de lundi, des fois, juste un regard d'une autre mère nous aide. J'ai déjà sorti des Promenades St-Bruno avec une MissLulus hurlante en-dessous d'un bras et sincèrement. à ce moment-là, je ne voulais personne pour me dire «Pauvre enfant!» ou «Ohh! Elle est fâchée je pense!». Je voulais juste croiser le regard d'une mère qui comprenait mon geste, qui avait dû faire cela elle-aussi et qui savait combien j'étais à boutte.

Dernièrement, j'ai vu un père sortir exactement de la même manière d'un Zeller avec son enfant sous le bras. Et je l'ai regardé simplement comme l'a fait cette femme avec moi. Vous savez quoi? Le partage du regard marche aussi avec les pères. Bref, je pense qu'être parents permet des fois de se réconforter sans avoir à se connaître ou se parler. Notre regard aide aussi. Oui, on peut juger, on peut observer et critiquer. Bien sûr! Mais faut aussi se rappeler que des fois, notre regard donne un sérieux coup de pouce à d'autres.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Je suis d'accord, ce regard approbateur peut être salutaire à certaines occasions.

Mais moi je me questionne toujours à savoir ce qu'il y a derrière ce même regard quand je croise une autre maman dans la rue et qu'il n'y a rien de spécial. On dirait qu'entre mamans il faut se faire un sourire, un regard soutenu, vous n'avez pas remarqué?

Perso, je suis mal à l'aise avec ca. Je me demande toujours ce que ca veut dire, qu'on fait parti du même club, qu'on est dans la même galère...?!

Anonyme a dit…

je ne veux pas être fouineuse ou indiscrete, mais desfois je dévisage les autres mamans de façon invonlontaire... je compatis et les comprends, car je vis la même chose et surtout, quand je suis seule, je me dis ouf, maudit que je suis bien... ça me fait profiter de mes rares moments de liberté... avec des enfants de 2 et 4 ans et un chum qui déteste magasiner, c'est bon une petite scéance de magasinage sans enfants.

KArine a dit…

Comme Anonyme de 8:41, je suis un tit peu mal à l'aise avec le sourire de compassion/compréhension/encouragement inter-maman...

Perso, si mon enfant fait une crise en public, j'ai zéro le goût de me faire regarder par les autres... je fais donc la même chose, je me mêle de mes affaires, si une maman chicane son enfant à l'épicerie parce que cette journée là, il est pas du monde, elle ne cherche pas vraiment de sourires compatissants, elle veut juste que ça arrête!!!! :-)

Pour ce qui est de 'Il/Elle est fatigué je pense', je ne pense pas que les gens disent ça pour mal faire mais plutôt parce qu'ils ne savent pas quoi nous dire/faire... même s'ils sont pas obligés de s'en mêler, il y en a qui ne peuvent juste pas s'en empêcher!

Si vraiment la situation s'y prête (genre que nos enfants sont simultanément en crise, statique au même endroit), je vais dire au parent 'Je vous comprend tellement!!!' mais sinon, je ferme ma boîte! :-)

Sarah a dit…

C'est un peu hors sujet, mais ça vient de me faire penser à une scène que j'ai vue dans la cafeteria d'un IKEA.

Une maman, complètement à boutte avec sa fille qui ne voulait rien manger, insistait pas mal pour que celle-ci avale au moins deux bouchées de brocoli ou une frite...

Hé bien une mère s'est levé de sa chaise et est venue l'engueuler parce que selon elle "on ne devait JAMAIS forcer un enfant à manger! et blablabla".

La pauvre mère est restée figée sur place, réussissant à lui sortir un: "de quoi je me mêle?" Et, évidemment, elle est devenue les yeux pleins d'eau après le départ de cette freak.

Et bien plein de mamans qui avaient vu la scène sont venues la réconforter et lui dire qu'elle était une bonne maman, qu'il ne fallait pas se débiner à cause d'une folle pas de classe...

C'était triste, mais rassurant de voir que la plupart des mamans compatissaient.

Petite maman anonyme du IKEA, si tu lis ce message, je te le redis: t'es une excellente maman qui faisait du mieux qu'elle pouvait, comme nous toutes! :)

Evely a dit…

Je regarde toujours avec sympathie. Fiston ne nous en fait pas beaucoup de scène en public, mais quand il veut, il peut. Je sais que certain enfants sont beaucoup plus turbulants, alors oui je regarde avec un gros "je vous comprends". Puis je me dis que je sais combien on est mal à l'aise quand notre enfant pète une coche en public, alors de recevoir un regard qui dit "ça ne me dérange pas" je pense que ça fait du bien au parent.

Bien que ce n'est pas tout à fait le sujet, ça m'a fait pensé à un truc. Quand j'ai eu fiston j'ai fait une dépression, alors ce coup-ci l'infirmière du CLSC voulait s'assurer que je vois d'autres parents pour que si je feel pas, j'aille des gens qui me comprennent autour de moi. Je lui ai dit que je comprends l'intention et le bien fondé de cette démarche, mais que moi les clubs de cardio-poussettes et compagnie, c'est pas mon truc. Que quand j'ai besoin de voir des gens, je n'ai pas le goût qu'on passe le plus clair de notre temps à parler de bébé. Dieu sait que j'en parle assez et tout le temps, alors d'avoir d'autres sujets me ferais plus de bien. Je lui disais qu'en fait ce qu'il me manque c'est un "voisinage". De jour tout le monde travail (à part un voisin qui est à la retraite). Quand je pars en poussette, c'est à ces voisins invisibles que j'aurais le goût de jaser et de découvrir. Dans le temps, ma mère avait ça, elle parlait à tout le quartier. Enfin, tout ça pour dire que j'aime ça quand on vient me jaser à l'épicerie ou au magasin, même si en premier c'est de bébé qu'on jase, souvent on apprend un peu sur les autres. Je sais pas, mais avec ce deuxième congé de maternité, je me rends compte que l'appartenance à la communauté n'est plus aussi forte. On jase pas vraiment à nos voisins et je trouve ça dommage.

Anonyme a dit…

Evely, je suis maman à la maison et je ressens beaucoup cet éloignement des autres dont tu parles. Mes amies travaillent toutes, j'ai des études, je pourrais travailler aussi, mais j'adore m'occuper de mon fils (et d'ici quelques semaines de ma fille.) J'adore mon fils, mais je trouve dommage de devoir nous inscrire dans une activité pour voir du monde.

Sinon, j'essaie souvent d'offrir un regard compatissant quand je vois un parent pris à gérer une crise de bébé en public. J'ai un petit bonhomme pas mal tannant, et je me fais souvent dévisager, et ce, souvent par des nouveaux parents ou des femmes enceintes... J'ai toujours le goût de les aborder et de leur dire : "Attends, tu vas voir, ton petit bébé qui ne fait que boire et dormir va t'en piquer des crises en public à toi aussi!"

Stéphanie

Anonyme a dit…

evely - je te comprends. cardio-pousette n'est pas toujours l'endroit pour rencontrer des gens. les mamans de mon groupe ne voulait pas faire du social, elles étaient la pour perdre du poids et faire de l'exercice et c'était sérieux!!!

Étoile a dit…

J'ai été plutot chanceuse car j'ai vécu avec mon fils une seule crise au magasin.Par contre j'en vois souvent et jamais je ne jugerai un parent qui sort son enfant qui est en crise.Je vis dans un village on se connait tous. J'adore aller prendre de longues marches et j'offre mes services pour promener des bébés en carosse. C'est une bonne motivation pour moi d'aller marcher et un temps de repos pour les parents.merci!

MamanRousse a dit…

Je suis d'accord. Il m'arrive souvent de donner un regard de compassion à des parents qui traversent un mauvais moment.

Cependant, je ne peux m'empêcher de profiter du fait que ce n'est pas mon tour cette fois-ci ;o)

Catherine a dit…

Personnellement, depuis que j'ai un (bientôt 2 youppi) enfant j'ai compris le sens de l'expression: ''avant, j'avais des principes, maintenant, j'ai des enfants'' Quand tu n'as pas d'enfant, tu te dis que jamais tu n'accepterais tel ou tel comportement, ou que toi, tu gèrerais cette crise bien mieux.... et toute sorte d'autres foutaises :-) Hahaha!

Ici, mon chum était mortifié quand notre super terrible two a fait un bacon à la pharmacie, pour lui, ce que les autres pensent est primordial. De mon coté, je me dis que c'est déjà arrivé à tout le monde et sortir calmement avec le petit hurlant sous le bras me convient.

Bien sur, croiser le regard d'un autre parent compatissant est réconfortant et le contraire, un regard qui juge est vraiment insultant.

Étoile a dit…

Et je promène les bébés gratuitement puisque c,est grâce à eux que je me motive à marcher encore plus longtemps.