lundi 5 septembre 2011

Jusqu'où sommes-nous de bons parents?

Cette chronique d'Émilie Dubreuil m'a fait réfléchir ces derniers temps. Notamment après avoir été critiquée sur ce blogue pour avoir lancé une ''Opération Autonomie'' chez moi. En résumé, on me disait de ne pas imposer des tâches de grands à mes enfants, de ne pas les laisser faire les choses seuls mais de les aider. Sauf que ça fait 7 ans que je les aide à faire 1000 choses. Rendus à 8 ans, il y a des choses pour lesquelles je juge qu'ils n'ont plus besoin d'aide. Jusqu'où doit-on garder ses enfants ''enfants'' quand eux ne demandent qu'à grandir, expérimenter, se tromper et apprendre?

En général, je nous trouve surprotecteurs avec nos enfants. Chaque fois qu'on les empêche de se faire mal, on les prive d'une bonne occasion d'apprendre. Mais c'est plus fort que nous, je l'admets.

Je nous trouve aussi ''over-enthousiastes'' avec nos enfants. L'autre jour, Lolo nous faisait son show de Michael Jackson (depuis qu'il a eu le jeu Michael Jackson Experience sur la Wii, il multiplie les moonwalk) et on était tous en train d'applaudir et de siffler comme des malades. Je me suis dit: ''Wow! Quand je faisais mon show de Cindy Lauper à ma famille, ils jasaient et fumaient et s'en foutaient pas mal. J'aurais trippé d'avoir un public de même!'' Sauf que, est-ce qu'on en fait trop? (car on s'entend que Lolo n'est pas le prochain Nico Archambault!)

Ce n'est pas toujours facile de trouver l'équilibre entre la protection et l'autonomie, la valorisation de l'estime de soi et la survalorisation tout court.

Dans sa chronique cité plus haut, Émilie Dubreuil nous parle de cet ami dont les parents (géniaux, merveilleux, coolissimes) l'ont toujours encouragé et supporté dans absolument tout: changer de programmes d'études à répétition, voyager à travers le monde et qui, à l'âge adulte, est... perdu. Trop de choix s'offrent à lui et il ne sait plus quoi faire. Elle évoque aussi ces jeunes adultes qui se retrouvent chez le psy en proie à un grand vide intérieur parce que leur vie a toujours été lisse, parfaite, heureuse, merveilleuse.

Elle dit: ''L'hypothèse d'un chercheur de l'UCLA (...) est que les parents qui font tout leur possible pour que leurs enfants ne ressentent pas de frustrations, d'anxiété, de déceptions les rendent inaptes à les supporter à l'âge adulte. Un peu comme le système immunitaire doit être exposé aux bactéries pour se fortifier, un enfant doit être exposé au malheur. Or, à l'époque où l'on ne fait qu'un ou deux enfants par famille, nos enfants sont nos œuvres d'art et on ne veut pas qu'ils souffrent...On ne veut pas non plus qu'ils nous détestent alors que ce serait bon pour eux. Donc, on les contente, on est amis avec eux, on dialogue. Cette tendance se reflète aussi à l'extérieur de la cellule familiale. La psychologue du concept très prisé chez les pédagogues, de la valorisation de l'estime de soi. Plus de perdants, plus de gagnants dans les ligues sportives, plus de notes dans le bulletin, plus d'échecs à l'école... Bref, tout pour que l'enfant ne se sente jamais dévalorisé.''

On vise tous le meilleur pour nos enfants mais quelle est la limite à ne pas franchir pour que le meilleur ne se transforme pas en pire? À quel moment ''aider'' nos enfants ne fait que leur ''nuire''? Ça mérite réflexion vous ne trouvez pas?

14 commentaires:

Anonyme a dit…

après avoir relu une 2e fois tout ce qui s'était passé, je me rend à l'évidence que je dois surement être une mère abominable!

j'ai 3 enfants, le plus vieux a 6 ans et cette année, étant donné que nous restons près de l'école, il doit y aller à pied et je le laisse aller seul! Premièrement, il le veut! deuxièmement avec les autres à la maison comment voulez-vous (à moins de me compliquer la vie sérieusement, et pour rien on s'entend! il VEUT y aller seul!) que j'aille le porter jusque là, et en quoi ça le fait grandir trop vite! à partir de 3 ans ils ont déjà de petites responsabilités et ça augmente en grandissant et c'est bien normal! la vie est ainsi! il participe déjà activement à son lunch, donc à 8 ans oui moi aussi il le fera seul! et il se fait à déjeuner seul depuis déjà 1 an et demi! s'ils sont capables pourquoi on ne les laisserait pas faire!!??? il y a des règles, dont pas le droit de toucher au grille-pain et on ne coupe rien, mais sinon il le fait! ce n'est pas seulement une question d'en avoir moins sur les épaules, il FAUT qu'ils soient en mesure de comprendre la portée de ses actes et de se débrouiller un peu seul! on ne lui demande tout de même pas de se faire à souper! faire un lunch avec des affaires tout préparer d'avance, il me semble qu'à 8 ans moi, j'en fesais beaucoup plus que ça!

marie-kim

Michèle a dit…

C'est vrai que la ligne est difficile à tracer. Y aller au meilleur de nous, de nos connaissances. Pas en mettre trop, juste assez. Et permettre à nos enfants de se faire mal. De se tromper. De désirer. D'envier. Pas leur donner tout tout cuit dans le bec!

Anonyme a dit…

Si, beaucoup de parents surprotègent leurs enfants. J'ai connu des jeunes qui a 17 ans ne savaient pas se faire cuire ... du riz!!! ni prendre l'autobus tous seuls. Un autre de 19 ans, ce sont ses parents qui ont fait opposition lorsqu'il a perdu sa carte de crédit!! Coudonc si t'as l'âge d'avoir une carte de crédit, t'as l'âge de t'en occuper tout seul, non? Résultats, des "Tanguys" encore à la maison à 25 ans...

Anonyme a dit…

Bonjour,

Un artcicle dans Cyberpresse qui fait réfléchir concernant les lunchs : http://www.cyberpresse.ca/vivre/cuisine/201109/02/01-4431225-les-ados-doivent-ils-faire-leurs-lunchs.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_vivre_259_accueil_POS1

Marie-Claude a dit…

Peut importe nos choix en tant que parent, nos enfants auront toujours à redire: trop protectrice, pas assez présente, trop sévère, trop permissive, etc.

Je crois qu'il faut écouter notre intuition et faire ce qu'on pense qui est le mieux pour nos enfants, que ce soit de les encourager au max et/ou de leur donner une forme d'autonomie appropriée à leur âge, etc.

Notre but comme parent est d'accompagner nos enfants dans leur vie et qu'ils deviennent des adultes responsables et équilibrés. Ceci passe par des apprentissages, des erreurs, des fautes, des frustrations, des réussites, des encouragements, etc.

Retrouvons le juste milieu qui nous est propre!

Mamanbooh a dit…

Une réflexion très intéressante en ce jour de congé.

Je sais que je suis maman-poule, une grande motivatrice autant pour mes enfants, que mon entourage, etc..

Mais depuis un an ou deux, plutôt que de toujours féliciter, j'essaye de qualifier.

J'ai remarqué que les jeunes se savent et se sentent bons, mais en quoi, ils sont souvent incapables de répondre... Ça crée plein de problèmes d'identité!

Alors, plutôt que de dire bravo pour le travail que tu as terminé (et que tu devais faire de toute façon), je vais plutôt souligner le fait qu'il est enfin remis, qu'il est propre, etc...

Je ne dis plus juste wow! J'ajoute un petit plus du genre, wow, tu as été courageux d'aller jusqu'au bout, bravo, tu es ponctuel, super, c'est généreux de ta part, etc...

Nancy a dit…

@Mamanbooh: Je garde en tête ton commentaire. C'est très pertinent! On ne pense pas toujours à préciser ce qui nous rend fière, etc. Dorénavant, je vais qualifier!

Anonyme a dit…

Je crois que la critique venait du côté brutal de la chose... Apprendre à notre enfant à participer à son lunch dès 5 ans à l'entrée à la maternelle, oui à 8 ans, il pourra le faire seul, mais dire à un enfant auquel on a toujours fait le lunch, go à matin c'est ta job, moi je ne m'en mêles plus... non! C'est une question de gradation, il faut commencer tôt et y aller par étapes.

En même temps, vraiment un enfant de 8 ans peut être capable de faire son lunch sans aide? J'imagine que oui si on achète de la bouffe commerciale tout emballé individuellement. Chez moi, rien n'est acheté, c'est cuisiné. Remplir une bouteille de jus, remplir un contenant de yogourt, décongelé un muffin, faire une sandwich, coupé le fromage, coupé les crudités, laver le fruits ou le couper tout dépendant et tout ramasser, moi ça me prend 10 min, un coco de 8 ans, ça va lui prendre un bon 45 min...

Anonyme a dit…

si on relit bien tout, je ne crois pas que Nancy leur ait dit du jour au lendemain "Débrouillez vous, je ne fais plus rien !" Au contraire, j'ai l'impression que c'est une conclusion après les avoir amené tranquillement à savoir faire. Et elle explique aussi qu'ils n'auront qu'à piocher dans des choses déjà prêtes pour faire leur lunch. Donc non, ça ne me choque pas de les laisser faire. Au contraire, s'ils sont demandeurs, l'erreur ne serait elle pas plutôt de refuser de les laisser apprendre à se débrouiller (et je pense de toute façon qu'il y aura un oeil de souris qui trainera pour savoir ce qu'il y a dans les boites du déjeuner...).
Je suis assez en accord avec les derniers posts que vous avez fait : comment se rendre compte que l'on est vraiment heureux, si nous n'avons connus aucune période où on ne l'était pas. La déception, la tristesse, la colère : ces sentiments nous sont indispensables à vivre et à nos enfants aussi ! Ce sont eux qui nous permettent de savoir quand nous sommes heureux, justement.

Karine a dit…

D'accord, je pense qu'on a compris. Le mea culpa avait été fait mais ce n'était pas encore assez.

Je suis tout à fait d'accord avec Marie-Claude.

Et, je crois profondément que, si on s'efforce d'être toutes pareilles, ce blog n'aura plus de sens. Le but est de se déculpabiliser de ne pas tous être faite dans le même moule... non?

J'aimerais ajouter qu'il y a une MÉGA marge entre ne pas faire son lunch à 8 ans et faire appeler nos parents chez Visa à 19 ans... Parce que, à prime à bord, c'est 2 choses COMPLÈTEMENT différentes! ET, il y a quand même 11 ans qui s'est écoulé entre les 2 "événements". Je ne faisait pas mon lunch à 8 ans et à 25 ans, je n'habitait plus chez mes parents... Je pense pas qu'il y ait un lien direct...

On a pas tous été élevée pareil et je crois qu'on s'est est tous bien sorti. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il n'y a pas UNE SEULE et unique façon de fonctionner derrière la porte de la maison. Est-ce qu'on peut suggérer de solutions au lieu de tenter d'imposer nos façons de faire?

:-) Sans rancune Nancy, et sincèrement, avant de lire le billet ce matin, je n'y pensais plus...

Anonyme a dit…

Hum... très bon sujet je trouve Nancy, merci!

être parent est dificile à la base, faut pas l'oublier! Je suis depuis toujours, même avant d'avoir des enfants pour la théorie du "travail pour mérité quelque chose" ou "t'as un bobo sur le genou, c'est le métier qui rentre!" ou "quelques microbes peuvent renforcir le système, c'est CLAIR!!"... Vous voyez le genre...En ayant des p'tits poulets, mon coeur de maman s'est assoupli, beaucoup, veut, veut pas.

La vie ne peut pas être toujours rose et facile partout. Il faut passer au travers des épreuves, des échecs, de frustrations pour se faire un caractère. C'est mon humble avis. Je prend l'exemple qui revient beaucoup... les laisser faire leur lunch à 8 ans... Je trouve qu'ils ont plus de chance à gagner en confiance justement parce que maman les laisse faire seuls! Je me souviens du sentiment de fiereté que j'avais quand je pouvais faire moi même quelque chose qui m'était habituellement interdit! C,est ce sentiment qui donne confiance! Et non le fait que tout roule tout seul, facilement, sans effort!

Bref, c'est dificile à faire par bout, je l'admet, mais c'est hyper important de laisser les petits ganger en autonomie et par le fait même en confiance, selon leur habiletés, bien sûr!

Mélanie!

Jocelyne a dit…

on va tous ramasser les conséquences de nos styles d'éducation. Je veux bien assumer les erreurs pour un style avec lequel j'aurais été d'accord et non pas avec le style du voisin. Les enfants doivent apprendre. Un de mes gars a pleuré de rage parce qu'il devait balayer l'escalier à huit ans. Il l'a fait pareil. Mère indigne? oh que j'assume! si les enfants ne prennent de l'autonomie que dans les tâches qu'ils aiment, attendons-nous à faire la vaisselle seule longtemps!

Anonyme a dit…

personne n'a dit karine que tu devais faire comme nancy... c'est toi qui a été plutot catégorique sur le fait que ce n'était pas bien de les laisser faire seuls... pour pouvoir aller s'effoirer sur le sofa avec notre verre de rosé, je crois bien! avant d'être frustré parce que les autres ne te laissent pas avoir une opinion selon toi, il faudrait d'abord respecter celle des autres! tout ça n'était rien en fin de compte!

marie-kim

Anonyme a dit…

Quelques mois de thérapie avec une psy... Ce qu'elle m'a dit de plus utile:

"C'est bon pour des enfants d'avoir des parents IMPARFAITS". Non seulement ils apprendront plus de tes imperfections que de ta perfection, mais en plus ils ne grandiront pas avec la pression d'être parfait eux aussi".

Et vlan.

Un bon parent se doit donc d'être imparfait. Génial, non? Et simple en plus.

Quel soulagement de penser que je ne vais pas scrapper mon enfant si je me trompe de temps en temps.

Je suis une grande partisane de l'autonomie. Et comme il est permis de se tromper, il est aussi permis de se raviser en cours de route. On se rend compte que finallement, fiston a besoin d'un peu plus de supervision pour son lunch? On s'ajuste.

À 14 ans, je faisais le souper pour ma famille (2 adultes et 4 enfants) et J'AIMAIS ÇA. J'étais tellement fière et en plus je pouvais choisir le menu. Mais pour être capable de faire ça à 14 ans, il y a bien fallu que je commence quelque part. Le sandwich au jambon, c'est un bon premier pas...

Dès fois j'ai l'impression que la principale raison pour laquelle on se sent obligé de booster leur estime de soi à l'infini (wooooow! Il est donc bien beau ton dessin!!!!), c'est qu'on leur a retiré toutes les raisons qu'ils avaient d'être réellement fiers d'eux-même (faire son lunch tout seul, marcher jusqu'à l'épicerie pour nous rendre service, construire eux-même leur propre cabane tout croche dans les bois avec de vrais outils...).