vendredi 1 octobre 2010

Parents mous, enfants rois?

En lisant La Presse le weekend dernier, j'ai eu une révélation. Dans l'excellent reportage de Marie-Claude Malboeuf sur les signalements d'enfants à la DPJ faits par leurs propres parents, une intervenante expliquait que derrière les comportements jugés épouvantables des enfants, il y a surtout le laxisme des parents. «Ils ont baissé les bras alors que c'est leur rôle de pousser et de dire non. Ils ont mal encadré leur enfant, ils en ont fait un enfant-roi. La DPJ ne peut pas reconstruire ce qui n'a pas été fait avant.»

J'ai été témoin d'une scène particulièrement saisissante l'autre jour avec mon JeuneHomme. À l'heure du conte, une petite fille menait le diable. PetiteReine avait décidé de ne pas aller s'asseoir et écouter l'histoire. Non! PetiteReine avait choisi d'aller jouer sur un jouet (sonore! en plus). Elle est passée devant sa mère en lui lançant «Tu ne m'arrêteras pas!», «Non, je ne vais pas écouter l'histoire!», «T'es même pas capable de me poursuivre!». J'avoue que moi, il y a longtemps que j'aurais pogné les nerfs. Solide. PetiteReine défiait sa mère, riait de son autorité (inexistante?) et gâchait l'heure du conte d'une dizaine d'autres enfants. Malgré les demandes de l'animatrice de l'heure du conte, PetiteReine continuait de piocher sur son jouet. MolleReineMère, elle, ne faisait rien assise pas très loin d'elle. Elle a essayé d'attraper sa descendance par le bras, sans succès. Pire, PetiteReine a avancé ses dents prêtes à mordre. Essayait tant bien que mal de lui faire des simili-gros-yeux. Ehh boy! On s'entends-tu que des gros yeux pour PetiteReine, ça ne doit pas l'énerver ben ben...

4-5 ans, cette enfant! Sérieux, c'est sûr que ça ne s'améliorera pas en grandissant à moins d'un miracle.

Peut-être que cet enfant terrible est encore pire que cela à la maison? Peut-être que la mère savait que si elle intervenait, la crise multiplierait en intensité et que ce serait trois fois pire? Peut-être qu'il y a un facteur atténuant que je ne sais pas. Peut-être que j'ai jugé trop rapidement. Peut-être, mais est-ce aux parents d'intervenir quand ça se produit? Qu'est-ce qui excuser tout cela? Qu'est-ce qui peut faire qu'on lâche comme parent? Qu'est-ce qui peut faire qu'on tolère un tel comportement?

Je l'avoue, j'en ai très peu de limites envers des enfants qui dérangent les autres de leurs caprices d'enfant-roi. Très très peu. Et je suis sévère envers leurs parents. De la discipline, ça ne commence pas à 5 ans! Eux, croient probablement que oui. J'ai toujours été vu comme la maman la plus sévère. À 14 mois, en même temps que MissLulus commençait à se gambader un peu partout dans la maison, elle a fait connaissance avec «LA chaise de punition». Et elle y est allé quelques fois. «Non! Tu ne peux pas lancer des morceaux de bouffe ni ta fourchette de la chaise haute!» Bien des parents me disaient «Oh! Nous, on trouve cela drôle!». Ben, pas moi! Non! Tu ne lyres pas. Non! Tu ne pousses pas! Non! Tu ne cries pas! Non! Tu n'es pas impolie. LA chaise n'a pas duré longtemps, MissLulus a compris.

La chaise, c'est confondant! Un jour, la grand-mère de MissLulus a essayé de la faire asseoir dessus pour lui mettre ses souliers. MissLulus a toujours refusé! Donc, à JeuneHomme, elle a été remplacé par LE tapis de punition. Tout aussi efficace. «Tu fais une crise? Fais-la sur le tapis et moi, pendant ce temps-là, je ne m'occupe pas de toi. Sors du tapis quand tu seras calme...», «Non! Tu ne tapes pas ta soeur!», et ainsi de suite! Il y a longtemps que je ne l'ai pas ressorti.

Bien sûr que la discipline ne protège pas des dérapages. Mais il me semble que mettre des limites claires, c'est mettre une petite chance de plus de notre côté. Je ne dis pas que c'est facile. Punir ne l'est jamais. J'ai souvent eu le coeur en bouette en chicanant mes enfants, mais en même temps je me disais que je ne pouvais pas ne pas intervenir. J'ai même versé quelques larmes en cachette me disant que j'exagérais peut-être. Punir, intervenir, discipliner, encadrer, c'est de l'ouvrage. Bien plus que de fermer les yeux pour prier que la tempête passe. Parce qu'un jour, la tempête sera bien plus grosse que nous et que je ne veux pas abandonner mes petits au milieu d'un tel ouragan car je n'aurai plus la force de les supporter...

25 commentaires:

Anonyme a dit…

j'approuve totalement se billet.D'après moi pour être parents, il e faut pas avoir de ''coeur''. Je m'explique, même si ca nous arrache le coeur de les chicaner on ne doit pas plier parce que justementr la discipline ne commence pas a 5 ans, mais bien au moment ou ils comprennent . Si ca nous arrache le coeur mais que la punition est mériter car quelque chose d'innacceptable, d'apres nous, est fait on dois discipliner.
maxoo

Kim a dit…

J'aime beaucoup ton billet ce matin. Perspicace et touchant à la fois. Merci. :-)

Lawrichai a dit…

En effet, c'est un bon billet qui touche tous les parents. Même si les enfants ne viennent pas au monde avec le même caractère, on a tous, à quelques moments donnés, besoin d'exercer plus de pression au niveau de la discipline.

J'avoue qu'il est parfois difficile d'être ferme...

Marâtre Joyeuse a dit…

Pour moi, faire de la discipline, c'est en quelque sorte "investir". Au début, les limites viennent des parents et après, les enfants les intériorisent.

À ce sujet, j'ai beaucoup aimé ce livre: http://www.editions-chu-sainte-justine.org/livres/discipline-jeu-enfant-90.html

Si la PetiteReine de l'anecdote défiait l'autorité de sa mère, c'est peut-être qu'au fond, elle voulait dire "j'aimerais que tu me protège de mes impulsions en m'imposant des limites claires et constantes"... non? Les limites rassurent les enfants. Elles leur indiquent où leur comportement est acceptable et où il est inacceptable; elles contribuent à l'estime de soi!

Même si on les chicane, est-ce qu'on les aime quand même? Bien sûr! Parce que ce qu'on n'aime pas comme parents, c'est ce qu'ils "font", pas ce qu'ils "sont". Si nous, on comprend ça et que les enfants comprennent ça, tout le monde est gagnant.

VeroCrapules a dit…

Tu tapes directement sur le clou ce matin, et j'endosse tes propos à 100%. Je suis aussi la sévère du groupe, et je m'assume totalement. Ma philosophie de vie, c'est que c'est plus facile de commencer avec la corde serrée, et de relâcher ensuite, que de tenter d'attraper au lasso mes enfants qui courent partout et ensuite serrer... ;-)

Carolune a dit…

Moi mon fils n'a jamais eu de ''passe-droit'' on m'a souvent jugée très sévère.. on me disait, ben voyons, laisse le faire c'est un tout petit.. ben JUSTEMENT, c'est maintenant que ça doit se faire car sinon, il va se dire, pourquoi avant je pouvais pis là, je peux pu... pas question !

J'ai souvent des éloges car j'ai un enfant discipliné, poli, tranquille, attentif.. mais le mérite va à l'éducation que je lui ai apporté depuis sa naissance.

Je n'ai jamais eu à le battre pour lui faire comprendre le bon sens, c'est là où plusieurs parents manquent. Chicaner, ça fait parti de la job de PARENT. La preuve, c'est que nos enfants grandissent et qu'on intervient de moins en moins, ils savent comment ça marche la vie !

Marie-No a dit…

La chaise de punition est aussi apparue chez-moi dès qu'ils ont été en mesure de se déplacer et donc de toucher à des choses qu'ils ne devaient pas toucher.

Vider le bas des armoires chez-moi? Désolée mais ce n'est pas permis! Un, parce que je n'ai pas le goût de tout relaver les chaudrons plein de bave de bébé avant de m'en servir et deux, parce que je n'ai pas envie qu'elle vide les armoires des autres quand j'irai en visite.

Il sont appris les règles très rapidement et à part certaines périodes normales du développement où ils testent si les règles tiennent encore, ils ne les ont jamais transgressées. Et quand ils ont testés, ils ont réalisées que OUI elles tenaient encore.

Aujourd'hui, on peut les sortir dans des restaurants "chics" comme dit mon fils de 5 ans sans avoir peur qu'une crise éclate si ils tentent quelque chose qu'on juge déplacé et qu'on les reprend. Eh oui! Ils écoutent leur parent!!! Ça rend les nombreuses sorties en famille tellement agréable! Que de beaux moments et de l'agrément!

Anonyme a dit…

Tellement d'accord!!! C'est difficile, mais ça fait partie du rôle de parent et personne ne peut le faire à notre place (pas même l'école ou le CPE).

Marie-Eve a dit…

Excellent post!
Je m'interroge aussi sur notre rôle quand on voit ce genre de comportement. Quand j'étais jeune, je me suis parfois fait "remettre à ma place" par des membres de la famille (oncle, tante) et même par de purs étrangers. Ou mes parents m'ont disputé en public (centre d'achats, épicerie...). Se faire gronder comme ça, devant les gens ou par d'autres que les parents, c'était comme pire, c'était le jugement des autres. à ce moment, on dirait que je prenais alors conscience que mes parents n'étaient pas méchants ou sévères, mais que c'était moi qui avait dépasse la ligne et qu'il y a une manière de se comporter en groupe et avec les autres.

Quand je vois des enfants agissant comme celle de l'histoire et dont les parents ne font rien, j'ai souvent envie de leur dire de se calmer. Mais j'ai toujours peur de la réaction des parents. Je me dis qu'ils vont surement me crier après et ainsi cautionner le comportement de leur enfants (en plus!). Mais en même temps, je demeure convaincu que les comportements doivent être "régulés" au contact des autres, donc il me semble que nous avons tous un rôle à jouer dans cela.

Entre temps, pour éviter tout ambiguïté, j'ai bien avisé mes amies qu'elles avaient le droit de gronder ma p'tite quand on était en visite. Comme l'une d'entre elle dit toujours "Reste poli,tu n'es pas chez vous".

Et vous, vous oseriez avertir ces enfants ?

La Belle a dit…

Moi Grand de 8 ans m'a déjà dit:"maman c'est parce que tu m'aimes que tu me punis hen ?" Il a tout compris, il n'y a que moi qui va l'aimer inconditionnellement cet enfant. Et je ne le rend pas aimable et fonctionnel, il va trouver la vie longue en titi !

So a dit…

D'accord avec Nadine, on en avait d'ailleurs parlé ensemble de cette PetiteReine et on a la même vision des choses sur l'intervention précoce avec les enfants. On a aussi commencé le coin retrait ici avec Choupinette, 15 mois, qui s'était mis à nous pincer. "Euhhh... non, innaceptable ma belle ça, même si tu as un an".

Et comme LaBelle, les enfants ont compris ici que même s'il y avait de la peine, de la colère ou de l'intolérance, il y avait aussi beaucoup d'amour dans les punitions...

Grabielle a dit…

(j'ai eu un crash... je ne sais pas si mon premier post a marché... désolée si je radote!)

Tout à fait d'accord avec chacune des interventions !

J'ai l'impression que ces "enfants-rois" n'ont pas des parents; mais plutôt des adultes qui veulent des amis !!!

Un enfant en colère qui te lance à la figure "J't'aime même pus!"... Ouf... je connais plus d'un parent qui abdique devant ça !!! Ici, je leur répond simplement "moi, je t'aime quand même!". Ça ne me fait même pas d'effet... je sais que c'est simplement une manifestation de leur frustration face à une de mes décisions.

Plusieurs parent n'osent pas "déplaire" à leurs enfants, de peur de ne plus être aimé d'eux. C'est triste!

Evely a dit…

Le coin existe depuis que P'tit Clown marche. Depuis qu'il a plus d'indépendance et plus de possibilité de faire ce qu'il veut malgré nous. Les deux premières semaines, il y était presque constament à mon sens et à mon grand chagrin... mais je suis un tantinet maman-gâteau, alors mon jugement n'est pas objectif. Toujours est-il qu'il n'y va plus très souvent et il a tout juste 19 mois, il semble avoir compris certaine chose et sait qu'il y a des limites, même s'il les tests encore et encore. Ceci dit, je n'accepte pas de crises pour rien, mais je sais admettre quand il est fatigué et que c'est plus la fatigue qui parle que la crise.

Bref, quand nous sommes allez à Bibliobébé il y a deux semaines il y avait aussi une PetiteReine qui courait partout. Par chance la section enfant est vraiment séparée de celle des adultes. À la fin du conte l'animatrice m'a dit qu'elle trouvait fabuleux que P'tit Clown était resté tranquille tout le long du compte (à part pour les deux dernières pages). Mais bon il adore les livres et il est calme de nature. Ceci dit, la première chose que MamanReine à dit à l'animatrice quand PetiteReine courait partout est : laisse la faire.

Ceci dit, ce soir je suis allée souper chez des copains qui ont une PetiteDynamite qui saute partout et qui rit-danse-cours-rit-joue-court-montre-grimpe-rit-et-court partout, mais quand la maman dit assez, elle s'arrête, au moins pour voir pourquoi sa maman lui dit ça.

C'est difficile de juger les gens qui ont des enfants dynamites, ceci dit quand le parent admet sa défaite comme dans le cas du conte à la bibliothèque comparé à ma copine qui est stricte malgré le caractère PetiteChèvre de montagne de sa fille, il y a une différence. Certain enfant on plus d'énergie, certain enfants vont défiez leurs parents, mais notre rôle reste le même.

J'avoue j'ai le beau rôle avec un enfant facile, mais j'entre dans le terrible two consciente que je risque bien d'être une main de fer dans un gant de velours... c'est mon rôle et je l'assume... enfin... je veux offrir à mon enfant ces limites qui selon moi vont en faire une bonne personne

Valérie-Ann a dit…

Tout les commentaires ici disent la même chose, c'est que l'autorité est un élément éducatif primordiale. Personnellement, je sais que je suis une mère très sévère, et les rares fois où je m'en sens encore coupable, je me rappelle les commentaires que j'ai reçus dans le passé: aux yeux des autres, mes enfants sont calmes, agréables, polis et obéissant. Mais surtout, surtout, on me dit que mes enfants ont l'air heureux. Ils ont cinq et trois ans. Je pense que j'ai pris un pas pire chemin... ;)

Anonyme a dit…

Lors d'un groupe de discussion sur la discipline, l'intervenant avait comparé la discipline au feux de circulation. Il avait dit est ce que cela vous choque d'arrêter sur les feux rouge ?? Non parce que c'est le code que la société c'est donnée pour pouvoir rouler tous en paix sur nos route. Les feux de circulation nous sécurise. La discipline dans une maison c'est la même chose. Imaginé si tout le monde voulais passé en même temps sur un intersection !!!!

Anonyme a dit…

Wow! Que des mères super strictes et sévères qui ont des petits anges qui ne font jamais de crises sur un blogue dit "d'imparfaites" . Juste une question: quelle différence entre la mère qui laisse son enfant faire n'importe quoi durant une histoire et celle qui laisse un gobelet de lait dans le lit de ses enfants, même s'ils ont des caries, pour éviter la crise?

Chantale a dit…

Merci, Nadine.

J'ai bien envie d'être une mère sévère et aimante (les deux viennent souvent de pair). Vous me rappelez un truc efficace (la chaise, le tapis) que je vais mettre en application avec ma petite de 22 mois. Je pensais qu'il était trop tôt pour cela, mais vous me confirmez que non !

Je veux des enfants gentils, qui respectent les autres, qui seront aimés par les étrangers. Je veux des enfants qui sauront que je me suis forcée, voire pilé sur le coeur, pour les emmener là où je sais qu'ils doivent aller.

Ça prend du courage, et au quotidien, la bataille est souvent décourageante, mais il faut tenir bon ! Autant pour eux, pour nous... que pour toutes la société!

Merci vivement pour ce billet qui me renforce dans mon idée de ce qui entre dans le contrat de parent : les bisous autant que les punitions, parfois !

Josée a dit…

Je suis une mère sévère, mais, avec ma plus vieille, qui va avoir 3 ans, je n'ai pas eue à avoir une chaise ou un tapis. Quand elle a commencé à marcher, elle ne ces pas mise à 'fouiller' partout. Il a eue les bols des chats et les poubelles, mais elle a vite appris qu'elle ne devait pas faire ça. Aujourd'hui, si elle écoute pas, je l'envoie dans sa chambre et elle y reste. Elle ne joue pas avec aucun jouet, car elle boude. elle reste là jusqu'à ce qu'elle vienne s'excuser ou qu'elle ramasse le dégât.

Nadine a dit…

@Anonyme: Je ne dis pas que mes enfants ne font pas de crise; je dis que je vais intervenir pour ne pas qu'ils dérangent tous les autres. Par respect pour eux! Et je ne vois pas pourquoi on ne peut pas être sévère et imparfaite à la fois?
Et le gobelet, ça n'emmerdait personne autour, ça consolait mon enfant et ça faisait en sorte qu'on dormait tous! Et pour votre info - puisque ça semble vous inquiéter - c'est terminé les gobelets! Réussi avant ses 18 ans! Vous êtes épatée?

Anonyme a dit…

@Nadine: Loin de moi l'idée qu'il ne faille pas intervenir dans une telle situation. Au contraire. Je me serais peut-être même permis d'intervenir auprès de la mère ou de l'enfant. Si mon enfant agit ainsi, c'est bien dommage, mais il n'y aura pas de conte, on sort et on va se calmer à l'écart. Et on rentre, la prochaine fois il va y penser à deux fois.

Mais c'est dommage que le blogue ait perdu de sa fraicheur. À lire les commentaires, ça ressemble de plus en plus souvent à un concours de la mère la plus parfaite. Tout le contraire de l'idée de départ il me semble. Il y quelques mois, lors du billet sur le dentiste, c'était environ 50/50 entre approbation et désapprobation. Là, c'est assez unanime, à savoir qui sera la plus sévère.

Cordialement

Une femme libre a dit…

Oupelaye! En bas de deux ans, la chaise ou le tapis, oui, c'est trop jeune. Le petit enfant a besoin de bouger, de fouiller, d'explorer, de découvrir son environnement. C'est normal et sain. Trop de restrictions, c'est aussi pire que trop peu. On peut évidemment obtenir des résultats avec un enfant trop jeune pour comprendre mais ça s'apparente plus à du dressage qu'à de l'éducation.

céline a dit…

Je plussoie le dernier commentaire de femme libre...
Ici pas de tapis ni de chaise. Mais de la répétition, de la patience, et des conséquences. Parce qu'à 15 ou 18 mois, le retrait ça n'a aucune signification, encore moins le fameux concept du temps de retrait égal à l'âge de l'enfant...Non mais kécéssa? Avez-vous déjà vu un enfant de 2 ans avoir une quelconque notion du temps autre que l'instant présent??? Qu'est-ce que vous pensez que ça lui dit : tu restes là pendant DEUX minutes???
Pour jouer à Pavlov, désolée, mais j'ai préféré utiliser mon chat que mes enfants...
Et vous savez quoi? Mes enfants ne sont ni pires ni meilleurs que les autres...ce sont des enfants! Qui rient, qui courent, qui chialent et qui braillent quand ça fait pas leur affaire.

Evely a dit…

@ Céline et femme libre

Mon P'tit Clown a 20 mois, je le mets dans le coin quand il fait des crises depuis ses 18 mois, mais personnellement, je ne regarde pas la montre. Quand il va dans le coin, il sait que c'est qu'il a fait quelque chose de pas correct. Par exemple ce midi, grosse crise parce qu'il n'y a plus de carotte dans son assiette et que maman veut qu'il mange le reste. Je l'amène dans le coin. Il y reste quelques instants, je vais le voir, lui demande s'il veut manger le reste de son assiette, il me dit oui, on se fait un calin et on fini le lunch. Bon une type d'éducation en vaut un autre, mais je me sens très loin de Pavlov. Je lui demande s'il comprend pourquoi il est là et je lui explique comment il doit agir. Enfin, je ne discute pas les différente manières d'éduquer les enfants, mais perso, je trouve que c'est une bonne manière, qui oui, peut être améliorer, mais quelles manières d'éduquer ne peut pas l'être ?

Une femme libre a dit…

Ça dépend quel genre d'individu on veut former. Le trop jeune enfant à qui on interdit les crises comprend une chose: il doit plier aux désirs de sa mère aux dépends des siens, il ne doit pas trop s'affirmer, être "gentil". Si administré avec persistance et rigueur, le parent obtiendra un enfant docile, c'est certain, sans confiance en lui, avec peu d'initiatives. Puni parce qu'on veut d'autres carottes? C'est un choix que je n'endosse pas, mais les petits enfants ont peu de défense, la mère les domine facilement, pour prouver quoi? Qu'elle gagne. Bien sûr qu'elle va gagner, elle est pas mal plus grosse et puissante qu'eux.

Anonyme a dit…

Que de mères parfaites ici, je me sens bien seule dans mon laxisme-pas-si-occasionnel-que-ça.

Laisser ma fille déranger les autres? Jamais. Mais lui dire (trop souvent?) oui pour de petits moments spéciaux (dormir dans mon lit, manger son dessert avant son repas, faire ses devoirs le lendemain parce qu'elle est se sent fatiguée, etc.)... oui. Je laisse même ma fille être de mauvaise humeur quand elle en a besoin. Après tout, je ne demanderai pas à mon enfant d'être plus lisse que moi.

On verra bien dans 10 ans (elle a 9 ans) ce que ça donnera. Pour l'instant, tous ses profs me disent qu'elle a un comportement impeccable, en plus d'être 1ère de classe. Peut-être ai-je réussi, à travers mon penchant pour le laxisme, à lui ai enseigné l'essentiel : être respectueuse de l'autre tout en se laissant être. Se donner le droit d’être... imparfaite.

Et pour ma part, mettre un bébé de 18 mois dans un coin, je trouve ça aussi ridicule que de laisser PetiteReine faire du bruit lors d'un conte...

Marie-P