jeudi 30 août 2012

«Tout le monde n'est pas beau, tout le monde n'est pas gentil»

JeuneHomme entre en première année et même s'il ne change pas d'école, ce qui l'effraie le plus, c'est la cour d'école. C'est grand, c'est vrai. Mais surtout, ils sont «lâchés» lousses avec des grands qui ont le double de leur âge.

- «Trouve tes amis et joue avec eux...!» que je lui dis pour l'encourager.

- «Oui, mais il y a des amis qui...», qu'il me dit sans finir sa phrase.

- « Qui...? Qui quoi?»

Le voilà figé. Gêné. Mal à l'aise.

Faut que je l'aide.

- «Il y en a des pas très gentils?»

- «Ouin....» dit-il soulagé que j'aie deviné.

Ohhhh! Oui, JeuneHomme, il y en a plein des fatiguants, des pas fins, des achalants, des limites violents, des gossants, etc. C'est ça la première année, aussi. Je dois défaire un mythe qu'on fait croire aux enfants depuis la garderie: celui que les autres sont des amis.

«NOOOOON! Tous ceux dans ta classe (ou ton groupe de garderie ou du service de garde) ne sont pas TOUS tes amis. Oublie ça, JeuneHomme! C'est impossible! Il y en a qui vont te taper sur les nerfs, d'autres que tu vas trouver bébé, d'autres dont tu auras même un peu peur, d'autres avec qui tu n'auras pas du tout envie d'être avec eux. Mais c'est ça la vie! Faut que tu t'intègres avec eux par bout, mais pas tout le temps. La cour d'école, tu t'amuses et rien ne t'est imposé. Il faut que tu fasses ton chemin, des fois en les ignorant, des fois en mettant ton pied à terre, des fois en préférant jouer tout seul qu'avec ceux que tu n'aimes pas, des fois en les remettant à leur place. Reste qu'il y a un bon côté, c'est qu'en première année, ça suffit: tu as le droit de savoir. Tu n'as plus à les appeler tes "amis" parce que ce n'est pas vrai que parce que tu les passes huit heures par jour avec eux qu'ils sont obligatoirement tes amis. Tu n'as pas à aimer tout le monde. Les tolérer, oui. Savoir vivre avec eux sans qu'ils prennent toute la place et sans que tu t'en portes mal. Mais là,  tu as amplement le droit de choisir qui tu appelles tes amis (en passant, c'est excellent pour moi aussi car impossible d'inviter 22 amis à ta prochaine fête!). Et non, ils ne sont pas toujours gentils et t'as le droit de le dire. Et dis-le! T'as le droit. Mais va falloir que tu acceptes que des fois, tu sois, pour un autre, celui qui lui tape sur les nerfs. Des fois, ça arrive. Souvent. Mais les histoires que «tout le monde est beau, tout le monde est gentil», c'est pas vrai. C'est comme pour le pèr... ah non oublie ça! Donc, dans la cour, go, fonce! Fais un peu à ta tête. Et choisis tes vrais amis! Et tu vas voir, la vie va être tellement plus douce et plus cool. »

Ça m'a rappelé une conversation avec MissLulus sur l'art d'être un peu bitch et des discussions sur la vengeance.

On ne peut pas leur faire croire que le monde extérieur en est un de ouate. C'est pas vrai! On n'est pas toujours prêtes à défaire les mythes. Mais là, c'était le bon temps pour JeuneHomme.

Le père Noël... on va attendre! ;-)


5 commentaires:

Anonyme a dit…

Mon Dieu que ça m'énerve moi d'entendre les éducatrices/profs/parents dirent 'les amis' à tour de bras... pourquoi ne pas simplement utiliser 'les enfants'?

Sarah a dit…

Merci pour ce billet ce matin!

Mes enfants ont un petit 2 ans avant l'entrée en maternelle, mais on dirait qu'une de mes plus grandes peurs, déjà, est qu'ils soient "rejet".

Pourtant, mon parcours à moi s'est plutôt bien passé. Pourquoi je pense déjà à ça? On ne veut tellement pas qu'ils aient de la peine, c'est fou...

Mais je garde en mémoire ces paroles bien sages que je pourrais leur ressortir en temps et lieu.

C'est simple et vrai.

Mamanbooh a dit…

J'aimerais tellement, encore comme adulte, croire que tout le monde est gentil... Je pars encore avec cette façon de penser quand je rencontre de nouvelles personnes.

Naturellement, ce n'est pas toujours le cas, à l'école comme partout ailleurs!

Il faut donner la chance aux coureurs ET être capable de prendre du recul, s'affirmer et demander de l'aide quand ça ne va pas et ce, dès la maternelle...

Anonyme a dit…

Merci pour votre chronique. Je n'ai pas d'enfant, mais elle me sert énormément. On n'est pas obligé à dire oui à tout le monde et d'être ami avec tout le monde. Merci ça m'a fait du bien

KArine a dit…

Un nuance à faire entre ce billet et celui du 5 septembre (La Preuve...).

Y'a un monde entre expliquer à un enfant que les autres amis sont pas tous gentils et expliquer pkoi un monsieur malade a voulu tuer madame la première ministre séparatiste... Bonne chance pour l'explication!!! ;-)