jeudi 30 avril 2015

Être parent, c'est le fun (quoi qu'on en dise!)

Des fois, à entendre le discours ambiant, j'ai l'impression que peu de parents aiment ça avoir des enfants. Que c'est un vrai boulet. Bon d'abord, on n'était pas obligé d'en avoir. Alors si on en a, c'est que (généralement) on en voulait. Donc, assumons notre choix. Ça ne veut pas dire qu'on ne puisse pas admettre que c'est difficile/fatiguant/épuisant/enrageant de temps en temps (ou même souvent!). On a créé ce blogue il y a 7 ans précisément pour pouvoir le dire haut et fort et se déculpabiliser de le penser.

Mais ça ne l'est pas tout le temps (du moins, espérons-le!) alors, de grâce, peut-on parfois souligner le bon côté de la chose?

Pour Jennifer Senior, auteure du livre All Joy and No Fun – The Paradox of Modern Parenthood (Harper Collins), être parent c'est: « Des moments de grande joie et de satisfaction profonde qui émergent d’une mer de frustrations, de difficultés et de culpabilité. Bref, All Joy and No Fun… » Citée dans un article fort intéressant de Louise Gendron dans Châtelaine, elle avance: « Le problème ce ne sont pas les enfants eux-mêmes, c’est ce qu’on met autour. Tout le stress, l’anxiété, les exigences qu’on se donne. »

Et voilà! Si on a si peu de moments de fun avec nos enfants, c'est peut-être parce qu'on ne s'en accorde pas assez? On ne peut pas attendre qu'aux vacances pour sortir de la routine, pour passer un bon moment ensemble, pour se soustraire aux obligatoires qui occupent une part beaucoup trop importante de notre vie familiale.

Oui, il y a les repas et les bains, puis il y aura les devoirs et la course aux activités parascolaires mais il faut trouver le moyen de s'accorder un moment de fun avec ses enfants. Chaque jour. Pas une fois par semaine ou l'été prochain! Un moment parfois plus court, parfois plus long mais il faut se l'accorder chaque jour. Quitte à couper dans les tâches qu'on s'impose et qui ne comptent pas tant que ça en comparaison avec un vrai bon moment parent-enfant. Quitte à couper une activité trop bouffeuse de temps et d'énergie pour avoir le temps de ne rien faire ensemble au lieu de courir de gauche à droite.

Avoir du fun (ou non) comme parents, c'est une décision qui nous revient. C'est notre choix. Et ça serait bien de l'entendre plus souvent. Oui, avoir des enfants ce n'est pas facile, mais c'est VRAIMENT le fun (du moins, si on fait en sorte que ce le soit!)! Quoi qu'en pensent ceux qui n'en voient que les mauvais côtés.

Allons-y: qu'est-ce que vous aimez faire avec vos enfants?

Moi j'aime qu'on fasse rien d'organisé, rien de spécial, côte à côte sur le sofa. J'aime qu'on aille promener le chien deux par deux pour avoir le temps de jaser "en privé". J'aime quand on part en escapes, sortie, voyage, visite et qu'on en jase des heures et des jours durant au retour. J'aime les soupers qui durent toujours trop longtemps et les soirées qui s'étirent dehors l'été. J'aime les situations étranges et compliquées que seuls les parents ont la chance de vivre.

Et si on faisait en sorte que ça se produise plus souvent?

lundi 27 avril 2015

Le secondaire... pour le plaisir!

Hier midi, avec ma pré-ado, on est allé dîner en tête à tête, juste comme ça. On a jasé de la fin d'année qui approche, du secondaire qui suit, des rêves des autres études, de «comment ça se passe au cégep, maman?» et des futurs métiers qu'elle et ses amis souhaitent faire. De belles discussions, relaxes, détendues.

Je le sens, elle est fébrile. C'est une nouvelle étape qui l'attend. Elle a plus hâte qu'elle la redoute. Elle a hâte au changement et ce, même si elle le craint un peu. Mais je la sens confiante et heureuse. C'est une nouvelle étape, une nouvelle liberté et de nouveaux horizons. Puis, à travers nos discussions, elle me confie tout bonnement «La plupart de mes amis ne veulent pas aller à telle école, mais c'est leurs parents qui les obligent!». Les obligent? Ahhh... Je n'ai pas pu m'empêcher: «C'est bien plate!». MissPuDeLulus confirment, la mine un peu triste pour ses copains: «Pour eux, tu sais, les notes, c'est super important!». Ahhhh ouiiiii les notes! Eh misère...

Je ne suis pas certaine que c'est une excellente idée de forcer son enfant à fréquenter une école qui ne l'intéresse pas. Ce n'est pas comme partir tout croche? Sérieusement, j'ai trouvé démesurée l'attention que l'on porte au choix de l'école des enfants au secondaire. Dans notre commission scolaire, les enfants peuvent «choisir» l'école qu'ils veulent fréquenter selon leurs goûts. J'ai toujours trouvé que c'était un peu démesuré comme choix et comme tactique pour contrer l'attrait au privé (qui ne m'a jamais intéressée!). Et la folie de la performance dès le primaire... Vraiment? Au primaire! Ça donne quoi de les stresser ainsi: qui se rappelle avec exactitude la note qu'il a eu en français en 5e année. Moi, mes souvenirs sont davantages reliés aux amis que je me suis faits, au prof, aux sorties et à l'ambiance générale, etc. Le secondaire? Je me rappelle avoir trouvé qui j'étais et qui je voulais être. Bien plus que mes notes ou les notions précises. Mais c'est autant valable non?

J'ai toujours pensé que le plaisir d'apprendre est ce qui est le plus important. Ici, on parle positivement de l'école, je surveille (encore un peu trop les devoirs), je suis exigeante (et fatiguante) sur les fautes de français, je ne tolère pas le travail bâclé et je souligne et encourage les efforts. Mais chaque matin, quand les enfants partent, je leur souhaite qu'une seule chose: «Amusez-vous bien!». Jamais ça n'a terni ou amoindri la valeur que je porte à l'éducation. Et c'est en plein ce que je veux qu'il arrive l'an prochain au secondaire.
 

lundi 20 avril 2015

N'ayez pas honte d'être à boutte!

La tournée des salons de livre des (Z)imparfaites se termine bientôt et ces rencontres nous ont bien sûr permis de jaser avec des lectrices (des fidèles et des nouvelles!) mais aussi de faire un constat: il est difficile d'identifier soi-même qu'on a besoin de lâcher prise.

Dans tous les salons sans exception (de Rimouski à Edmundston en faisant un détour par Gatineau et le Saguenay), nous avons souvent vu les enfants (pré-ados, ados ou jeunes adultes) diriger leur mère vers nous, attirés par le phylactère "Fatiguée? Stressée? À boutte?!" qui ornait notre table.

- Maman, c'est pour toi, ça!

Voilà la phrase que nous avons le plus entendue aux quatre coins du Québec (et au Nouveau-Brunswick!) cette année. Et une fois sur deux, la mère s'étonnait totalement de la remarque de son jeune "Ah oui?!" ou s'en offusquait "Ben voyons, toi?!" Comme si le fait d'admettre qu'on est essoufflée (fatiguée, stressée, à boutte) était un constat d'échec.

Près de 7 ans après le lancement du blogue, on s'est rendue compte qu'admettre ses imperfections, ce n'est pas aussi évident qu'on pourrait le croire (même si on a l'impression que tout le monde le fait!). Pour certaines femmes, la peur d'être jugée, d'avoir l'air faible, de ne plus être en contrôle est un stress qui s'ajoute à tout le reste.

Et il faut parfois que notre enfant ait l'honnêteté de nous le dire pour s'en rendre compte.

jeudi 16 avril 2015

Mettre sa switch à OFF

Je ne sais pas trop si c’est l’hiver long et froid, mon âge, une accumulation de fatigue, une écoeurantite générale, mais j’ai décidé que cet été, je mettais ma switch à OFF. Dans la lignée du billet de Nancy sur le silence, mais je me sens (crissement) dû pour une retraite. Tsé se créer une bulle inatteignable et me vautrer dedans. La mienne pourrait prendre la forme d’une chaise longue sur le bord de la piscine, une chaise Adirondak au chalet, le hamac dans la cour, le siège de l’auto les fenêtres ouvertes avec une toune des Trois Accords qui joue à tue-tête, la chaise pliante sur le sable devant la mer, etc. J’en ai besoin. Vraiment.

Besoin de mettre de la distance entre le reste du monde et de moi. Arrêter de me sentir concernée. Prendre un break de l’actualité, des problèmes et des pétages de coche de l’un et de l’autre. Ne plus entendre le flot de paroles, les plaintes comme l’étalage des bons coups. Juste être protégée par ma bulle et m’occuper que de mon petit cocon, ma famille et mon noyau dur d’amis. C’est tout!

Je sais, c’est égoïste. M’en fous! Mais quand est-ce qu’on se permet de se sentir à OFF? Rarement, vraiment. Alors pourquoi on s’en prive? Parce qu’il faut militer, sauver, aider, motiver, participer, etc.? Parce qu’il faut faire comme les autres pour être dans la game? Cet été, je débarque! De mon plein gré!  J’ai envie de devenir inatteignable et injoignable pour quelques temps. Prendre la vie avec un grain de sel, pour vrai! Et rien faire! J’ai envie de donner des vacances à mon hamster. Il spinne depuis longtemps, toujours à vitesse folle. Lui aussi a besoin de se relaxer. Et l’été, c’est le meilleur temps pour ça!

C’est drôle, on dit qu’on est une société bien égoïste, pourtant, on ne s’occupe rarement de notre petit monde, mais beaucoup plus de tout ce qui se passe autour (et qui n’est jamais vraiment aussi important!) et de ce que les «autres» pourraient bien penser. C’est en plein de ça que j’ai le goût de m’éloigner.

Dans un peu moins de trente jours, on part en famille pour une semaine de pré-vacances (avant les « vraies » de l’été!). Souvent on dit à la blague, « On va se pratiquer pour nos vacances de cet été! ». Dans le fond de moi, je m’en vais me pratiquer à me mettre à OFF. Et étrangement, on se fait demander ce qu’on s’en va faire sur le bord de la plage à Cape Cod en mai. Notre réponse rend les gens bien perplexes : « Rien ».  Tout de suite, ils s’inquiètent : « Mais les enfants, eux? ». Quoi, les enfants? Ils sont heureux! On s’en va vivre en bulle pour 6 jours… loin de toutes les distractions habituelles. Ils sont heureux de cette cassure qui leur permet d’avoir de longues journées libres. Être à off, ce n’est pas être neurasthénique, c’est juste se recentrer sur les vraies bonnes choses. Celles qui valent vraiment la peine. Celles qui sont vraiment importantes. Celles qui nous font vraiment plaisir. Pour vrai. Pour nous.

J’ai besoin de vacances pour ça? Eh oui! Chez nous, je décroche moins. J’ai arrêté de faire semblant. C’est plus difficile chez moi de me mettre à OFF. Partir en mai va me permettre de me lancer et, je l’espère, de ne plus avoir le goût de me laisser contaminer par ce que finalement je n’aime pas du tout. J’ai réalisé que j’ai laissé trop de choses prendre trop de place. Ça suffit!

Je vous le dis, être OFF, c’est un peu le rêve dans une société où tout le monde veut trop être partout à la fois! 

Et vous, que faites-vous pour vous mettre à OFF?   

lundi 13 avril 2015

«On ne peut pas aimer les mêmes choses!»

J'ai récemment appris une nouvelle réalité de ma vie de mère de pré-ado-de-moins-en-moins-pré: faudrait surtout pas aimer les mêmes affaires!

Exemple: la musique. Si on aime la même chanson et qu'elle joue dans l'auto:

a) On ne peut plus chanter en duo à tue-tête (ce doit être l'une ou l'autre ou sinon "c'est trop poche")
b) Idéalement, ma pré-ado préférera écouter la même chanson dans ses écouteurs ("c'est moins poche")
c) Il ne faurait surtout pas que je connaisse les "vieilles chansons" qu'elle pense avoir découvertes elle-même avec l'aide de Shazam:

"Tu connais ça Like a Prayer?!" (avec les yeux un peu au ciel)

- Ben oui, c'est MA toune de Madonna! J'avais ton âge quand c'était un hit!

"Bon, je ne l'aime plus d'abord!" (mais je l'entends encore la chanter dans la douche... hum, hum!)

- Ben correct parce que j'ai aimé ça AVANT toi! (quin toé!)

"Ok, mais si j'aime quelque chose avant toi, j'ai la priorité, d'accord?"

- Deal! (elle vient tellllllement de se planter!)

Afin d'éclaircir le mystère, je me suis assise avec elle pour mieux comprendre cette nouvelle phase. Ce que j'en ai compris c'est que ça parait mal à son âge d'aimer les mêmes affaires qu'une personne de 40 ans (elle m'a épargné le vieille...). Donc, quand ses amies viennent à la maison, est-ce que je pourrais éviter de chantonner les tounes de Ed Sheeran et d'Ariana Grande? Parce que "c'est méga-gênant mamannnn"...

Puis j'ai eu un flash: dans quelques semaines, on s'en va visiter le monde de Harry Potter à Universal Studios...

- Oh! Mais j'y pense! Je lisais ça enceinte, moi Harry Potter... J'ai aimé ça avant toi! Comme c'est donc trop poche d'y aller ensemble, tu ne viendras pas. J'ai la priorité!

"Ben làààààà, maman!"

Croyez-moi, cette phase est définitivement terminée!

vendredi 10 avril 2015

Se taire, cette qualité qui se perd...

Des fois, dans le train, au bureau ou ailleurs, j'écoute les conversations ambiantes sans vraiment les écouter. Ça passe du léger au grave, de l'insignifiant au profond, du ridicule au sérieux. Ce qui attire mon attention, ce n'est pas le discours de la personne qui mène la conversation, ce sont les commentaires de son interlocuteur. Parfois, y'a juste rien à dire mais on dirait que le besoin de combler le silence, pire de donner son avis -alors que souvent il n'y a même pas d'avis à y avoir!- est plus fort que tout.

Le silence est un grand oublié de nos jours. On doit avoir une opinion pour exister. On doit "liker" ou critiquer, on doit se démarquer, faire apparaître son nom dans un fil de commentaires pour prouver qu'on existe. Lancer des "Coucou! Je suis là!", sans égard à la pertinence de nos propos.

Un ami me demandait récemment ce qu'il devait dire à une amie qui a fait une fausse couche. Je lui ai suggéré de se taire. De lui demander comment elle allait, comment elle se sentait plutôt que de lui balancer des phrases creuses, des clichés inutiles, des "c'est la nature qui voulait ça" ou autres insignifiances pénibles dans les circonstances.

Quand on a vraiment quelque chose à apporter à une conversation ou un débat, ça va de soi d'y participer. Mais quand on n'a rien à dire, rien à ajouter, à critiquer ou à commenter, on a encore l'option de se taire. Même si on semble l'avoir désormais oubliée.

mercredi 8 avril 2015

"Ben oui, il me semble..."

- Maman, y'en a qui disent n'importe quoi à l'école...
- N'importe quoi?
- Ben, tu sais, ils disent des affaires pis c'est comme si ça ne voulait pas dire grand chose... Ou ils disent des trucs pis je le sais au fond de moi que ce n'est même pas vrai!

Yes!!!! Ma fille a découvert son détecteur de bullshit! Parce que, oui, c'est une aptitude qu'on doit développer. On ne nait pas avec. On doit le découvrir et l'expérimenter.

- Maman, c'est normal?
- Ohhhhhhh oui! Et il y a plein d'adultes qui font ça aussi! T'es mieux d'être préparé...
- Mais là!! C'est poche!

Eh oui, c'est poche d'essayer de "bourrer" le monde!  Mais ça semble être une tactique efficace tant elle est répandue.

- Tu sais, je trouve que même à La Voix, c'est comme ça! Les juges trouvent tout le monde beau et fin et bon et exceptionnel et époustouflant... Mais pourquoi ils font ça? Pour se montrer bon? Parce qu'ils ont peur de faire des erreurs? Parce qu'on ne peut pas critiquer?

Aucune idée! Je n'arrive pas à comprendre cette tendance à s'auto-glorifier, à toujours vouloir être l'ami de tous (et chacun), à tout trouver merveilleux, etc.

- Quand UneTelle me dit "Ahh c'était tellement facile l'examen de math et j'ai presque pas étudié!", ça m'énerve parce que je le sais que ce n'est pas vrai, elle veut juste... se penser bonne!? C'est poche de savoir qu'elle dit n'importe quoi...

Certainement! Parce que tu réalises qu'on réalise que cette personne n'est pas vraie. Et que si elle n'est pas vraie dans cette situation-là, elle ne devait pas l'avoir été avant quand elle nous a fait un compliment, quand on lui a demandé conseil, quand on l'a aidé, quand elle a juré qu'elle ne dirait pas ton secret, quand on lui a fait confiance, etc. Ça brise tout...

- Mais, maman, tu sais ce que je fais maintenant quand ça arrive? Je dis juste "Ben oui, il me semble..." ou juste "Ben oui..." et je m'en vais. Parce que ça ne donne rien de jaser avec ces gens-là, ils  veulent juste avoir raison et n'avoueront jamais le vrai fond de leurs pensées.

Des fois, il y a des monologues de ma fille qui me rendent bien fière. Ça en est un.

lundi 6 avril 2015

Enfin le grand ménage du printemps!

Pas celui avec un escabeau, un seau et un plumeau à rallonge (celui-là est une pure invention du lobby des produits nettoyants!), on parle plutôt du grand ménage des tâches qu’on ne fera plus! À part vider le tapis de bottes de son jus, il n’y a rien qui presse.

Si on sort enfin de l’hibernation à ce temps-ci de l’année, ce n’est pas pour se lancer dans les grands travaux pendant qu’il fait enfin beau. On vient de sortir des semaines de froidure balayées par les influences du satané facteur éolien, on va commencer par se calmer un peu. Juste pour enfin profiter!

Le printemps, pour nous, c’est la saison de la chasse aux « faucons » : faut qu’on range le cabanon, faut qu’on nettoie le patio/la cour/l’auto/le garage, faut qu’on fasse des semis plein le salon, faut qu’on lave les vêtements d’été, faut ranger ceux d’hiver, faut qu’on pense à faire les plans d’un potager, faut qu’on repeigne la clôture… Ouf! Le printemps est à peine commencé qu’on est déjà épuisé! Ça suffit! C’est le renouveau, on le dit partout! Parfait, cette année, on fait changement justement. On ne se presse pas à abattre toutes les listes des trucs à faire établies cet hiver quand on restait encabané pendant qu’on avait si hâte à la belle saison. Elle est là? Elle arrive? Super!  Profitons du premier feu à l'extérieur pour brûler ces listes d’obligations. 

Bien des gens voient le printemps comme une saison « en attente » mais, franchement, qui a le temps d’attendre de nos jours? Nous, c’est notre camp d’entraînement à l’été. Eh oui! On s’exerce… à en profiter au maximum! Le calcul est simple : comme l’été passe tout le temps trop vite, on déclare le printemps comme le pré-été. Ainsi, on a l’impression d’étirer la belle saison en commençant nos combos chaise de patio-verre de rosé entourée de neige qui fond et d’odeur de compost naturel qui monte du sol. Pas question d’attendre que le terrain ne soit plus mou (on a des bottes de caoutchouc pour affronter ça!), que la neige soit fondue (pas besoin de la pelleter au soleil pour qu’elle fonde, elle disparaîtra!) ni que les plates-bandes soient fleuries pour s’installer dehors. Le soleil, un roman, des gants, c’est déjà le bonheur! (malgré l’odeur!)


Finalement, cette année, on a envie d’un ménage… dans nos envies! On balance ce qui nous pèse et on recherche/garde?/trouve? ce qui nous fait du bien. On pourrait injecter plus d’improvisation et de spontanéité dans nos vies au lieu de vouloir les régler au quart de tour avec précision et acharnement. Les jours sont enfin plus longs... on ne va pas remplir ces heures supplémentaires avec des fausses tâches urgentes! Lâchons prise et savourons. Surtout, disons «oui» à des folies. Vivons dangereusement!

Tiens, on pourrait inviter des amis un mardi soir, comme ça, juste de même, sans raison, sans planification dans l’agenda. On fêtera l’ouverture officielle de la porte patio, on ouvrira la bouteille de rosé qui nous fera croire à la fin de l’école et on trinquera pour oublier les microbes qui nous ont assailli tout l’hiver. Et puis, on ouvrira une autre bouteille. Comme ça, juste de même, sans autre raison que d’enfin toucher le bonheur, un peu. On pensera à nos vacances d'été, aux fêtes qu'on célèbrera, aux places qu'on visitera. On croira que les journées froides sont derrière nous. On fera le plein d'énergie pour terminer la course jusqu'à la Saint-Jean. 

Bientôt, les pissenlits reviendront nous narguer. Cette année, on leur fera face. « Poussez tant que vous voulez gang de fausses fleurs, ça nous laisse de glace! » On ne nous trouvera pas en train de les arracher. Le seul terrain de la rue qui sera tout fleuri (sans efforts!), ce sera le nôtre. Alors que nos voisins seront en train de s’éreinter à arracher ces fleurs maudites une à une pendant trois samedis, on sera occupée à autre chose. À vivre, tiens! Un verre de rosé à la main!


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Ce texte a été publié dans La Presse+ le dimanche 29 mars 2015 (mais on avait envie de le partager avec vous maintenant que le printemps est ENFIN arrivé!).


vendredi 3 avril 2015

La fin des rituels

J'aime les rituels. Depuis que mes enfants sont petits, j'ai fait en sorte que plusieurs rituels se répètent année après année. Je trouve que ça marque les esprits, que ça réconforte d'avoir des repères qui reviennent tous les ans.

Par exemple, chaque jour de Pâques, on organise une chasse aux cocos suivie d'un brunch de type cabane à sucre chez ma mère. On utilise les mêmes paniers de Pâques depuis qu'ils sont petits, on met les mêmes oreilles de lapin qu'on est contents de retrouver un peu plus maganées année après année. Mais cette année, les enfants ont décidé que c'était terminé. «On est trop vieux pour ça et... Mamie n'est plus là.» Et j'étais bien d'accord avec eux. On aurait pu faire comme si, essayer de reproduire ce souvenir mais on a choisi ensemble d'arrêter ça là.

Ma mère est décédée subitement l'automne dernier et mes tantes sont déménagées à Toronto et depuis nos rituels -qu'on faisaient avec elles depuis toujours- ont perdu leur sens. On a réinventé Noël, on a déjoué la St-Valentin, on va déconstruire Pâques. Toutes ces fêtes familiales -qui nous pesaient parfois souvent- nous laissent de glace cette année. Nos rituels ne nous font plus envie. Est-ce leur absence, les enfants qui sont vraiment trop vieux ou tout ça mis ensemble? Toujours est-il que cette année est définitivement une année de fin d'étape. Mon trio termine le primaire. On est en train de fermer le chapitre de l'enfance tous ensemble. Le temps est donc venu de pelleter tout ça dans la malle à souvenirs. De regarder devant et de s'en créer des nouveaux.

C'est une belle grosse année de transition, tant pour moi que pour les enfants. De celle qui marque l'avant et l'après. Une année où l'on a perdu nos repères. Et où il a fallu s'en construire d'autres. Des tout neufs, juste pour nous, ensemble. (Et tant pis pour la chasse aux cocos!)



mercredi 1 avril 2015

Des fois, «c'pas grave!»!

Il y a des matins où tout va trop vite.
Il y a des matins où on se lève en retard.
Il y a des matins où tout va tout croche.
Il y a des matins où on élève un peu (beaucoup?) le ton pour rien.
Il y a des matins où on a juste hâte au soir... pour se reprendre.

C'était le cas hier matin.

Je me sentais impatiente, bousculée par le temps et les tâches, déjà fatiguée. J'avais mille trucs en tête, je jonglais pour trouver du temps demain ou plus tard, j'essayais de ne rien oublier. Puis, j'ai "scrappé" mon matin avec les enfants. Rien de catastrophique ou de dramatique. Juste un matin où je me suis trouvée poche.

Dans l'auto, en route vers le boulot, j'ai rappelé à la maison pour dire à mon chum de faire le message aux enfants que j'étais désolée. Et lui demander de leur expliquer que j'étais juste fatiguée. «Pas besoin! On l'a compris!». Oups, c'était vraiment évident. Bon, je m'en doutais. Tout de suite, j'ai esquivé la culpabilité. Pas question qu'elle vienne (elle aussi!) scrapper le reste de ma journée. Noo!
Juste avant de raccrocher avec mon chum, il ajoute «Tu sais que c'est pas grave, là?!».

C'est vrai! C'est pas la fin du monde. C'est pas grave. Mais je me sentais un peu poche quand même. Mais, je me suis ressaisie et j'ai décidé de juste accepter mon «à-bouttisme» temporaire. Parce que oui, il est justement temporaire. J'ai eu le temps de décanter durant la journée. J'ai dédramatisé la situation et le soir, au retour des enfants, j'ai pris le temps de leur dire le plus simplement du monde: «Ce matin, ben... ce n'était pas un bon matin! Je suis désolée!». C'est tout. Je n'ai pas cherché la bibitte, ni donné plein d'explications, ni larmoyé. Juste ça. Des fois, c'est amplement suffisant. Et c'est ce que je demande aussi aux enfants, des fois, ça ne va pas bien et on a juste besoin de le dire sans rentrer dans les détails. Juste avertir ou s'excuser après. Sans en faire tout un plat.

Finalement, ça m'a fait plus de bien à moi, je crois qu'à eux. Ils n'avaient pas été traumatisé par mon surplus hormonal ni par ma mèche un peu plus courte. «Bah! Ça arrive des fois! C'pas grave! », qu'ils m'ont dit.

Et c'est en plein ça, des fois, «C'pas grave!». Ça le serait si c'était tout le temps.

Et ma fille de rajouter «Es-tu dans ta semaine, tu sais «Team SPM», des fois, ça explique ça aussi!». C'est vrai, des fois, ça explique ça, c'est vrai. Des fois.

vendredi 27 mars 2015

Les vacances, c'est dans... 35 jours!

Mais ça, ce sont celles de 2015. Celles de 2016 sont dans 453 jours.

La fin de l'année scolaire? Dans 88 jours. Et le congé des Fêtes dans 270 jours.

Je vous entends d'ici me dire que je suis folle. Folle des décomptes, oui! J'en ai tout plein sur mon téléphone et je me rapproche chaque jour de mes projets, vacances et buts en voyant les chiffres baisser.

C'est plus fort que moi, il me faut ces objectifs -mêmes ceux à très long terme- pour me motiver les jours où ça tourne plus carré. Et en cette interminable fin d'hiver, mes décomptes sont plus que jamais la carotte qui m'encourage à me botter les fesses quand j'ai juste envie de m'enrouler dans une doudou et me réveiller au (vrai!) printemps.

J'aime être dans l'attente (anticiper, visualisez, rêver) et j'aime la fébrilité qui s'empare de moi quand le décompte tombe en bas de la dizaine (dans 8, 7, 6 jours... j'y crois pas!) et je redouble de bonheur quand j'y suis (Je me pince quasiment tout le long! J'arrive pas à croire que c'est enfin arrivé!). Sans compte l'hystérie du Jour J!

À force, j'ai réussi à embarquer les enfants dans ma folie. Combien de jours avant tel show au Centre Bell (cris!)? Avant le début du secondaire? (OMG! C'est bientôt!) Avant la semaine à la mer? (J'ai hâââte!)

Et plus que quelques heures avant le weekend! La semaine a passé vite, hein! ;-)

mercredi 25 mars 2015

Les fêtes d'enfants "sauvées" par les médias sociaux

Je l'avoue, je ressens un petit malaise avec toutes ces fêtes "sauvées" par les médias sociaux. J'ai même un peu de difficulté à trouver ça touchant. Oui, ça l'est un peu. Mais c'est infiniment triste aussi.

Il y a eu la fête de Glenn dont sa maman a lancé un cri du coeur sur Facebook il y a quelques semaines. Puis, la semaine passée, celle de Odin qui fut sauvée grâce à un appel sur les médias sociaux par sa mère qui a fait en sorte que l'adolescent a reçu pas plus de 4000 messages d'inconnus, certains vivant même en Russie et en Inde.

Le mot qui m'énerve justement: "inconnus".

Je comprends que la journée de sa fête, c'est génial d'avoir des messages de "Bonne fête", des textos, des mots gentils sur son fil Facebook, un courriel, un appel, etc. Mais provenant d'inconnus... vraiment? C'est pas un peu «fake»? (On jase, là... Faut-il le rappeler?) Plus encore, vendredi, ce sont  les hashtags #Odin et #OdinBirthday qui ont été les termes les plus recherchés sur Twitter au Canada. Odin a même des messages d'Elijah Wood, de l'équipe de basket des Raptors de Toronto et de Justin Trudeau.Vraiment? Qui fait du capital sympathie sur qui? Qui profite de qui? Qui essaie de se faire voir?

Je comprends le geste des mères qui veulent souligner la fête de leur enfant et qui ont le coeur brisé quant elles s'aperçoivent qu'aucun ami répond à l'appel. Mais est-ce qu'elles oublient qu'elles devront gérer aussi la déception qui va s'en suivre?

Le problème est qu'on agit (tous!) dans l'immédiat. Le tout de suite. L'instantané. On réagit tous rapidement. C'est facile, le web est là! Le monde, donc!

Oui, ces enfants auront des fêtes dont ils se souviendront longtemps, mais ensuite? On ne se le cachera pas: ils ne seront pas la vedette d'un hashtag populaire éternellement. Ce sera même assez éphémère. Plus personne ne leur écriront de messages. Ils ne mettront pas de visages sur ces auteurs de milliers de «bonne fête» presque anonyme. Qui dans le lot va réellement lui souhaiter «Bonne fête» l'an prochain?

Oui, une fête comme ça, ça flashe! Ça impressionne. Mais ensuite? Après? Il y a de bonnes chances qu'Odin et Glenn soient toujours aussi seuls le mois suivant, un samedi soir. Et c'est ça qui est infiniment triste.

Si ces mères ont eu ce flash pour sauver la journée de fête de leur fils, j'espère qu'elles en auront d'autres pour sauver les 364 autres jours qui suivront. Quand les textos des stars n'entreront plus. Quand le web aura passé à un autre appel. Quand les souvenirs ne seront plus assez forts pour faire sourire. Quand les enfants commenceront à avoir hâte à leur prochaine fête. Quand ils demanderont pourquoi les gens les ont oubliés.Parce que oui, les gens vont les oublier.

lundi 23 mars 2015

Momentanément hors d'usage

*** Attention ***

Ce matin, les (Z)imparfaites ont perdu l'usage de leurs doigts durant un shooting photo dont vous verrez le résultat ce weekend dans La Presse+.

Nous n'avons pas encore enlevé nos gants suite au coup de froid et sommes dans l'impossibilité de taper à l'ordinateur.

Nous serons de retour mercredi. 

vendredi 20 mars 2015

Le bonheur, c'est rien!

Aujourd'hui, c'est l'arrivée du printemps... Mais comme ça ne parait du tout, on va plutôt célébrer la journée du bonheur!

Ahhh! Le bonheur! J'ai arrêté depuis longtemps d'attendre après le gros bonheur. Je ne suis pas vraiment du genre à avoir une réserve de patience grosse comme ça et être capable d'attendre bêtement que le bonheur me tombe dessus.

Le bonheur, c'est des petites choses et surtout une twist de la pensée. Vraiment! Ça peut être un gros voyage, une grosse sortie, un bon restaurant, un nouveau vêtement, un soin au spa, des rénos, une nouvelle voiture, une plus grosse télé, etc. Tout ça, oui, mais surtout, on l'oublie, le bonheur c'est rien.

Rien comme dans rien faire. Mettre sa switch à off pour une fois. Se caller malade pour rien faire. C'est rien faire en famille à part juste être ensemble.

Rien comme dans rien dire. Ne pas embarquer dans les conversations vides ou poches. Juste se taire, passer son chemin et éviter de s'obstiner.

Rien comme dans rien planifier. On a tellement aimé ça vivre au jour le jour durant la relâche qu'on a hâte de refaire l'exercice au prochain long weekend... tiens, c'est excellent, Pâques arrive!

Rien comme dans rien de cher. Le bonheur ne se mesure pas sur une facture: un excellent resto peut ne jamais rivaliser entre le plaisir d'un spaghat en famille.

Rien comme dans rien de gros. La sortie tape-à-l'oeil qui impressionne vos amis Facebook peut être mille fois plus plate que de passer du temps à observer une fourmi avec un p'tit de deux ans, super captivé.

Rien comme dans rien qui se voit. Le bonheur, ça se passe "en-dedans" de nous... ce n'est pas une exposition à laquelle on convie la population.

Alors, en cette journée du bonheur, je vous souhaite... une tonne de petits riens qui vous font sentir bien!

mercredi 18 mars 2015

Le piège du « Parce que sinon »

Quand on devient parent, on devient aussi Ph.D. en conséquences de toutes sortes. Quand les enfants sont tout petits, un «Mange tes brocolis parce que sinon tu ne seras pas fort comme un super héros», ça tient étonnement la route. Puis, ça fait de moins en moins de sens et il faut trouver autre chose. «Là, c'est la dernière fois que tu te lèves te ton lit parce que sinon tu vas aller dormir dans le garage!». Tant qu'ils y croient encore, ça fait son effet.

Mais vient un temps où on doit en beurrer de plus en plus épais pour atteindre le but visé. «Range tes jouets parce que sinon ils vont tous disparaître dans les poubelles!» Plus les enfants vieillissent et plus les «Parce que sinon...» prennent de l'ampleur. La surenchère devient proportionnelle à l'âge de l'enfant qui la subit.

Et on se retrouve pris dans le piège du «Parce que sinon......» car il faut toujours y aller un peu plus fort pour faire un tant soit peu d'effet. Le truc est éventé. Ça ne marche plus aussi bien qu'avant.

Aujourd'hui, après 10 ans de «Parce que sinon...», je sais au moment même où je le prononce que je serai ridicule. Souvent, quand je suis rendue à l'énoncer c'est que je suis à bout de ressources, d'idées (ou en colère) et je ne suis plus tellement rationnelle. Maintenant que mes enfants sont plus vieux, ils attendent quasiment avec impatience la conséquence invraisemblable que je vais leur servir.

Alors maintenant, je joue le jeu. J'y vais à fond. En pleine séance d'argumentation parents-préados, je leur sers un «Range ta chambre parce que sinon je vais la redécorer aux couleurs de la Reine des Neiges et aller te chercher à l'école déguisée en Olaf!» (à leur âge ils trouvent ça fuuuuulllll bébé). Ils attendent avec une petite curiosité malsaine la connerie extrême que je vais leur énoncer. Ça les fait rire et... ça désamorce plus d'une situation tendue.

Finalement, ça marche encore! (bon, il paraît que le renforcement positif ça marche aussi... mais c'est pas mal moins divertissant!)

lundi 16 mars 2015

Temps libre: est-ce qu'on en veut trop?

Dans LaPresse+, chaque lundi, on y analyse la journée d'une famille pour trouver des solutions afin de lui aménager du temps libre. Le titre de la chronique le dit bien "Objectif: temps libre".

Chaque semaine, je regarde l'horaire des familles qui se prêtent au jeu. Chaque fois, les commentaires dans ma tête fusent. «Eh ben, c'est comme moi!», «Ishhh! Pas sûre que je pourrais faire ça!», «Ouin, ben c'est pas si pire chez nous!», «Franchement, pourquoi elle prend autant de temps pour ça!», etc. Et j'imagine que c'est très formateur pour les lecteurs qui font eux-aussi l'exercice de laisser aller leur esprit critique et leur jugement. C'est ainsi qu'on est capable de s'ajuster soi-même et faire de vrais changements dans nos vies.

Quand on fait l'effort de noter tout ce qu'on fait dans une journée, on s'aperçoit tout seul des "trous" pour nos temps libres. Mieux, on s'aperçoit qu'on en a déjà, mais qu'on les utilise pour faire des trucs qu'on n'aime pas, pour prendre de l'avance dans le ménage (euhh, vraiment?) ou pour faire quelque chose de productif. Pourtant, ce sont des temps libres! Il faut juste les voir ainsi. En fait, c'est à nous de voir notre temps autrement, lisez les recommandations de Christine Lemaire qui a écrit deux livres fort intéressants sur le sujet. La plupart de nos tâches, on peut les comprimer dans un plus court espace temps et occuper le reste à autre chose. Mais le fait-on? Pas du tout. On râle et on en demande encore plus. Parce que là, ce temps supplémentaire-là, on va l'utiliser autrement. Mais je suis certaine qu'on en aurait plus qu'on les occuperait pas vraiment avec des activités qui nous font réellement plaisir. On finirait par faire une p'tite brassée, un tour sur Internet, etc.

On dirait parfois qu'on court toujours et qu'on veut juste plus de temps libres (On en a jamais trop, me direz-vous?) , mais on ne profite même pas de ceux qu'on a déjà. 

vendredi 13 mars 2015

Être « moins un »

Je n'ai pas si souvent l'occasion d'avoir un enfant en moins dans la maison (du moins encore, ça va changer en vieillissant). Parfois, l'enfant absent est chez un ami pour la journée ou la nuit, mais récemment nous avons passé 4 jours avec le compte incomplet.

Être «sans enfant», en couple, c'est une chose (fort agréable, d'ailleurs et qu'on n'a pas l'occasion de faire assez souvent), mas être «moins un», ça me dérange toujours un brin. On n'est pas juste quatre au lieu de cinq, il manque quelqu'un. Comme si un gros spot éclairait l'absent.

J'adore faire une sortie ou une activité avec seulement l'un de mes enfants. Je ne considère pas mes triplés comme un seul bloc. Mais quand je suis seule avec l'un d'eux, il n'y a pas de manque. On est en tête-à-tête (et ça aussi, c'est fort agréable!). Mais quand il manque quelqu'un (un enfant, ou même leur père), j'ai le sentiment que ça tourne plus carré. Ce n'est plus aussi fluide. Ça grince, ça bloque.

C'est fou, hein? Tellement que quand je ressens ce sentiment, je me dis que je dois être folle. Je suis complètement bien, mais vraiment bien, quand on est tous ensemble tous les cinq. Quand il en manque un, j'ai hâte au moment où l'on se retrouvera.

Mes enfants seront bientôt de vrais ados avec leurs activités, leurs sorties, les plans, leurs amis. On sera «moins un» plus souvent, jusqu'à l'être de façon permanente. Et je me dis que j'aurai profité pleinement de tous ces instants x 5. En attendant, je les savoure chaque jour toujours plus.

mercredi 11 mars 2015

L'effet du printemps

Vous avez vu les sourires? Les regards qui brillent un peu plus? C'est assurément l'effet du changement d'heure! Enfin de la lumière! Enfin de la clarté! Et en plus, le temps doux nous fait rêver que les pires semaines de l'hiver sont réellement passées! Le printemps arrive... Et moi, ça me donne le goût de nettoyer... mes idées! (non, ne vous inquiétez pas! L'envie du grand ménage du printemps me prend aussi, mais me passe en 30 minutes... le temps de faire le ménage sommairement d'une pièce!)

Presqu'encore plus qu'au soir du 31 décembre, au printemps, j'aime brasser des idées. Les projets pour l'été, les plans pour les vacances, les plaisirs à mettre à l'agenda pour survivre au dernier blitz d'école, etc. Mais personnellement aussi. Oui, oui, des plans pour me sortir de ma zone de confort et m'engager envers... moi-même! Quand j'ai entendu parler de l'Effet A, j'ai eu envie de mettre aussi par écrit mes projets (vous pouvez y participer aussi!). Dresser une liste (J'aime trop les listes) pour m'enligner, m'engager, me pousser à bouger et me motiver. Selon les fondatrices de l'Effet A, l'ambition change l'équation. Je suis bien d'accord.

Et si j'ai décidé de mettre mes engagements par écrit, je le fais d'abord pour moi. C'est vrai, mais aussi pour montrer à mes enfants qu'à tout âge, on doit quand même se propulser vers l'avant. Le Journal de Montréal nous apprenait, samedi dernier, que ce qui fait a différence dans le succès potentiel des enfants plus tard dans leur vie - en éducation, au travail et même quant à son revenu  - ce n'est pas tant la structure de sa famille, mais bien l’éducation de leur mère. Je suis d'avis que montrer à ses enfants qu'on a des projets professionnels ne peut qu'être positif pour eux.

Mieux encore, ce weekend, on va dresser notre liste d'effet A version «famille». On va se lancer des défis, proposer des ré-enlignements (nécessaires pour le dernier stretch jusqu'à la fin de l'année!) et oser des trucs qu'on n'a jamais fait.

Je sais, je sais! Ça ressemble un peu à des résolutions. Ça tombe bien, on a déjà oublié celles faites le 1er janvier. (Et en faire au printemps, il me semble que ça nous donne juste plus envie de les suivre!)

Ça vous donne envie de décrire votre défi l'Effet A? Qu'est-ce que ça serait?

P.S. J'ai oublié de nommer les miennes. Pour les (Z), on veut lancer les conférences sur le lâcher-prise. Pour moi perso, dire «non» aux projets qui me tentent "moyen" pour avoir plus de temps pour les trucs que j'aime vraiment. Pour la familia, apprendre/perfectionner l'anglais. On verra ce qu'on rajoutera!

lundi 9 mars 2015

Comment on fait pour avoir des congés?

La grande question qui semble avoir fait surface cette année à la relâche m'a un peu surprise: "comment vous faites pour prendre congé à la relâche?".

D'abord, prendre congé à la relâche, ce n'est pas nécessairement prendre toute la semaine de congé. Ça peut être aussi peu que 1-2 journées mais c'est un congé non négligeable quand même. C'est donc 1-2 journées qu'on ne prendra pas pendant l'été ou dans le prochain temps des Fêtes. Ou c'est 1-2 journées qu'on ne prendra pas ensemble (les deux parents) pendant les vacances ou c'est 1-2 journées qu'on ne prendra pas seul pour avoir du fameux temps pour soi non plus. C'est 1-2 (ou 3-4) journées qu'on a choisi de prendre à ce moment-là de l'année et pas à un autre. La banque des journées de congé n'est pas infinie pour personne et beaucoup arrive à s'organiser pour avoir quelques jours de congé durant la relâche, donc ça se peut.

Et puis la relâche revient tous les ans. Ce n'est pas une surprise qui apparaît comme par magie dans le calendrier scolaire. Elle est là, il faut faire avec et ce, même si ça implique de faire des efforts de logistique (mais être parent, ce n'est aussi devenir un expert en logistique?).

Quand on est parents d'enfants d'âge scolaire, on n'en est pas à une improbabilité mathématique près en terme de journées de congé. Les enfants en ont 4 fois plus que nous donc, immanquablement, on ne passera pas l'été, les Fêtes, la relâche et toutes les journées pédagogiques avec eux si on travaille à l'extérieur. Il suffit de choisir quand on veut être avec eux. Fini le temps béni de la garderie ouverte 50 semaines par année! À partir de la maternelle, la réalité nous rattrape de plein fouet (et on se rappelle tout à coup qu'on a des enfants... et pas assez de semaines de vacances!). La possibilité de faire du télétravail, de s'offrir la semaine de 4 jours ou de changer d'emploi s'il est inflexible est alors à considérer... et on finit tous par se demander pourquoi on n'a pas eu la brillante idée de s'inscrire en enseignement à l'université (oui, pourquoi?!)

Sans faire un retour aux études, plusieurs possibilités s'offrent à nous (et à vous!):

- Prendre 1-2 journées de congé à la fois (il va en rester pour un autre moment charnière du calendrier scolaire)
- Prendre 1 semaine de congé morcelée par parent (ce qui nous donne 10 jours de congé à utiliser dans l'année)
- Prendre 1 semaine de congé morcelée en demi-journées par parent (ce qui nous donne 20 demi-journées de congé à utiliser dans l'année!)
- Offrir des sorties en cadeau aux grands-parents, oncles, tantes, amis, parrain et marraine (un à la fois, ça compte donc double!) avec les enfants (quand ils déballent leurs billets du zoo devant l'enfant à Noël, difficile de dire non!)
- Échanger les enfants avec d'autres parents, amis, cousins, cousines (monter une équipe de cinq, chacun prend une journée et c'est réglé pour une semaine)
- Leur faire trouver le temps long chez une personne âgée de la parenté qui n'a pas de wifi (une belle leçon de vie!)
- Les inscrire à un camp de jour régulier (pas le camp de cuisine moléculaire à 250$ par semaine!)
- Et tous vos trucs auxquels on n'a pas pensé (partagez-les!)

Bref, la relâche, les vacances d'été, les pédagogiques et le temps des Fêtes reviennent année après année. Et le taux d'enfants laissés seuls dans les rues n'augmente pas. C'est donc dire que les parents s'organisent, planifient et opèrent. Congé ou pas.
 

vendredi 6 mars 2015

Le prénom et nos prénoms


On est folles des prénoms, vous le savez! Chaque 31 décembre, on vous sert notre fameux palmarès. On est allé voir la pièce de théâtre Le Prénom trois fois. On a regardé le film plusieurs fois. Et... on vient tout juste de publier notre guide de prénoms. Eh oui! Plus de 6000 prénoms (du meilleur au pire) classés dans plus de 500 listes (la liste officielle des p'tits tannants et des p'tites placoteuses, la liste des prénoms astraux, la liste des prénoms qu'on ne veut jamais voir renaître, la liste des prénoms exotiques, etc.), des capsules informatives (comment avoir les beaux-parents de notre bord, 10 conseils pour éviter le pire avec des jumeaux, comment faire face aux commentaires, etc.) et quiz pour savoir si vous assumez vraiment le prénom de votre enfant.

Allez visionner le vidéo de la troupe de la pièce Le Prénom (vraiment trop drôle: il faut que vous y alliez!).

Et  voici la couverture de notre tout nouveau livre:


Bonne lecture!

mercredi 4 mars 2015

Je ne suis pas une (vraie) mère de sportif

Je reviens de 4 jours passés aux Jeux du Québec à Drummondville. Une expérience fabuleuse pour les milliers de jeunes venus des quatre coins du Québec. Pour ma fille aussi. Et pour nous, sa famille de supporters. On a retenu notre souffle, on a entonné des airs d'encouragements stupides, on a tenté de communiquer avec elle par télépathie, tsé, toutes ces choses insensées qui se produisent quand tu encourages quelqu'un avec énergie (on n'est pas allés jusqu'à utiliser une trompette, d'autres le faisaient déjà bien assez souvent... à deux pouces de nos oreilles!).

J'ai embarqué dans le jeu même si, à la base, j'ai l'esprit de compétition d'une tortue. C'est-à-dire nul. Je me suis donnée à fond dans les encouragements et le cheering (de ma fille et de ses amis) mais, pour tout vous dire, c'était la première fois de ma vie que j'assistais à une de ses compétitions. Son père et moi, on se partage les congés (parce qu'il nous faudrait bien 5 semaines de vacances chacun pour être présents partout tous les deux pour les 3 enfants!) et je lui laisse les compétitions sportives (et je me garde des jours de congé pour l'été).

Par chance, ma fille pratique son sport à l'école. Je n'ai donc pas à courir les pratiques, les entraînements ni toutes les parties. Nous n'avons pas à sacrifier nos weekends pour le sport d'un de nos 3 enfants (car oui, je crois que ça peut être un sacrifice pour les autres enfants qui doivent parfois "subir" la passion de leur frère ou soeur athlète). Pour le moment. Car si elle veut progresser dans son sport, elle n'aura pas le choix de joindre un club. Ciao les grasses matinées et les parties de dés improvisées du samedi matin! Bonjour les entraînements et les tournois!

Je regardais les autres parents sur place et je me sentais comme une extraterrestre. Ils étaient tous full investis, ils se fréquentent sur le circuit, se voient dans les tournois. Toute notre petite famille était fière d'assister aux compétitions de Lili aux Jeux du Québec mais on n'est pas revenus de là avec l'esprit guerrier du parent qui veut que son enfant monte dans le classement. Tant qu'elle a du plaisir, on est prête à la suivre mais pas à lui consacrer nos vies non plus. Comme parent (et comme frère et soeur, encore moins!), on n'est pas obligé d'aimer ça autant (sinon plus!) qu'elle. Chacun sa vie, ses espoirs, ses passions!

lundi 2 mars 2015

A-t-on peur d'interdire?

Hier, dans une salle d'attente d'un centre d'escalade, une jeune fille - je dirais 9-10 ans - veut monter sur un banc pour enjamber le dossier puis ensuite sauter par dessus le mur (4 pieds de haut) au lieu de passer par la porte - disons 4 mètres plus loin - pour rejoindre ses amis dans le corridor.  Son père lui dit « Fais le tour! Tu vas tomber!». Elle continue à grimper. Il insiste «Descends! Tu vas te faire mal!». Là, elle l'a regardé en semblant dire «Ben voyons! C'est même pas haut!». Il n'a pas lâché et a dit «Fais le tour! Passe par la porte!».

Ça m'a rappelé le livre Comment ne pas être une mère parfaite de Libby Purves que j'ai lu il y a longtemps. Relisez l'extrait sur un de nos vieux billets. Depuis, j'ai toujours appliqué ce principe et ça m'a bien servi. J'en suis vraiment reconnaissante à cette femme. Pendant que les autres femmes enceintes autour de moi lisaient des guides sérieux, je lisais ce livre et prenais des notes.

Bon, je m'égare de la petite fille du centre d'escalade. Mais j'y reviens. Hier, je me suis demandé pourquoi le père n'a jamais dit «Fais pas ça! C'est interdit!». Et là, j'ai commencé à réfléchir plus longuement. Est-ce qu'on essaie de cacher le fait qu'il y des règles et des interdits dans la vie à nos enfants? Au nom de quoi, on insiste sur le fait qu'il pourrait se faire mal et donc qu'on ramène ça à lui plutôt que de dire que socialement ça ne se fait pas dans une optique de vie en société?
Tu pourrais te faire mal versus tu pourrais briser le banc, tu vas salir tout le banc avec tes bottes, tu enfreins les règlements de la place, etc. Tu pourrais te faire mal versus c'est impoli/irrespectueux/interdit. Des fois, on se perd dans des explications trop longues et les enfants ne nous écoutent pas pantoute. Peut-être qu'aller à l'essentiel et leur faire comprendre que c'est interdit et c'est tout (sans expliquer la genèse de la loi!), ben c'est ça. Et leur rappeler que nous aussi, on "subit" ça partout et qu'on survit. On arrête au feu rouge même en pleine nuit, même quand on est seul à toutes les intersections, etc. Pis, c'est de même! Pis c'est tout!

On jase là! A-t-on peur de simplement interdire? 

vendredi 27 février 2015

Relâche scolaire: mini-guide de survie pour parents avertis

Yééééééé! C'est la semaine de relâche! Mais pour en profiter pleinement (et se reposer! C'est ça le but après tout!), il faut savoir déjouer les grandes questions existentielles que vous risquez d'entendre plus d'une fois au cours des prochains jours. Mini-guide de survie pour parents avertis.

Question existentielle no1: «Qu’est-ce qu’on fait?» 

À prime abord, on ne fait rien. On n'a rien prévu. On va le décider ensemble. On n’a pas à être des G.O. alors que c'est la relâche (le mot le dit: relâche!!!)

Pendant une semaine, on va se poser une question qu’on ne se pose plus de nos jours: «Qu’est-ce qu’on ferait bien aujourd’hui?». (c’est-tu assez rare les journées où on ne sait pas ce qu’on va faire?)
C’est le temps de vivre dans la spontanéité, l’improvisation, le désordre même! Et on oublie les règles et les listes. C’est le temps de vivre nos journées sans horaire ou, mieux, complètement «à l’envers » : on déjeune pour souper, par exemple. On désorganise nos journées habituelles. Ça donne le ton : la relâche, c’est justement pour faire les choses autrement.

Des idées pour «rien faire» ensemble:
- On s’installe pour lire tous ensemble sous la même couverture
- On se fait un festival de films des années 80 (pas besoin d’être une excellente comédie, juste à voir le linge et les cheveux des acteurs, nos enfants rient tout le long!)
- On se fait un tournoi de jeux de société
- On organise un karaoké avec les vidéos sur Youtube
- On essaie de construire des chaises en neige pour y prendre un chocolat chaud…
 
Question existentielle no2: «Qu’est-ce qu’on fait après?»

Les enfants ont de la misère à vivre le moment présent! (ils ne retiennent pas du voisin!) Notre réponse préférée : « on verra! » Ça reste flou et ça donne tout plein de possibilités!

D’abord, on peut étirer tellement ce qu’on est en train de faire qu’on n’aura pas besoin de faire quelque chose d’autre après.

Si on est en manque d’idées, on peut toujours sortir un jeu reçu à Noël et dont on n’a pas encore eu le temps de lire les règlements. Ou un ensemble de bricolage même pas déballé.

Question existentielle no3: «Qu’est-ce qu’on mange?»

On est content de prendre un break des lunchs mais en même temps, il faut faire les soupers ET les dîners! (c’est pas tellement ça qu’on appelle un break!) Sauf qu’il y a moyen de se nourrir pendant une semaine sans cuisiner! Oui, oui! Surtout si on adopte la très tendance méthode DIY : faites-le vous-mêmes.

Donc : c’est le temps des raclettes et des fondues et on sort tous les ingrédients sur le comptoir et on propose un « bar à » : grilled cheese, salades, sandwichs, gaufres, céréales, jus. Si les enfants ont envie de se faire un grilled cheese banane, salsa et fromage orange, c’est leur choix! C’est pas nous

BONUS (question piège!): «Est-ce que je peux inviter des amis à la maison?»

La sous-question à poser c'est combien? Parce qu’on ne veut pas se retrouver à être le camp de jour non-officiel du quartier non plus. Mais plus ils sont nombreux, plus ils s’auto-divertissent. Donc, si on invite des amis à la maison, on n’en invinte pas un seul à la fois parce qu’ils vont être deux à vous demander « Qu’est-ce qu’on fait? ». Le chiffre magique, c’est TROIS. Pas deux, parce qu’en étant trois, il y a un trop grand risque de rejet et là, vous allez devoir gérer un trop grand lot de chicanes. Si on invite des amis à la maison, c’est parce qu’on veut avancer la lecture de notre roman, pas faire de la médiation toute la journée! 

Le top 5 des choses qu’on ne fera pas durant la relâche :

1.    S’en mettre trop sur les épaules
2.    Un horaire
3.    Des choses dont on n’a pas envie
4.    Du ménage
5.    Visiter un endroit trop bondé (on a le droit de ne pas avoir envie de bain de foule)


mercredi 25 février 2015

Les ados à un bras

J'ai une annonce à faire. Je fais une Charles Darwin de moi-même: j'ai observé l'évolution d'une nouvelle espèce - les ados - et j'ai une hypothèse à soumettre. 

Je crois que si la tendance se maintient dans quelques années les ados n'auront qu'un seul bras.  Pourquoi l'espèce garderait-elle un bras dont elle ne se sert pas? (Toutefois, il y aura une nette augmentation des greffes de bras une fois à l'âge adulte. Qui sait si on pourra choisir le nombre voulu? Peut-être qu'ils pourront être amovible... On pourra brancher un 3e bras pour les moments de rush où on a besoin de plus que deux mains! Mais je divague...) Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu un ado (la mienne en particulier) essayer de faire quelque chose avec un seul bras. Par chance, s'il est droitier, il utilise le droit et s'il est gaucher, il utilise le gauche. Ne riez pas. Ça semble si évident, mais avec des ados, on n'est jamais sûrs de rien! «L'autre» bras leur semble tellement inutile qu'il ne le mobilise même pas: muscles au repos, il pend sur le côté de leur corps.

Des exemples:
  • faire ses devoirs en essayant d'écrire correctement, en pestant parce que le cahier ne tient pas en place... sans penser que «l'autre» bras pourrait servir.
  • faire la vaisselle (c'est-à-dire bourrer un lave-vaisselle) d'une seule main... «l'autre» bras n'aidant même pas à rapprocher une assiette. 
  • se brosser les cheveux sans imaginer que «l'autre» bras pourrait ramener les longs cheveux d'un côté.
Il y a quand même quelques exceptions - les jeux vidéo, les textos, à l'ordi, etc. - mais c'est hallucinant le nombre de fois où je dois dire à mes enfants qu'il est possible d'utiliser leur «autre» bras que la nature leur a si gentiment donné non pas comme simple parure...

Chaque fois que je vois les publicités de l'Ordre des chiropraticiens du Québec, je souris...  Surtout dans celle où une femme tente de tartiner une rôtie d'une seule main. Pour réussir, faut demander à un ado: promis, ils sont champions.  



lundi 23 février 2015

La persévérance scolaire, l'Adogotchi et moi

J'approuve généralement toutes les démarches pour promouvoir la persévérance scolaire. Les Allo-Prof et cie ont prouvé leur utilité depuis longtemps. D'un strict point de vue académique, c'est quand on est bloqué dans nos apprentissages qu'on se démotive. Bien sûr, le décrochage scolaire n'est pas causé que par l'académique -tout une gamme de problèmes personnels et familiaux s'y rattache-, mais les difficultés d'apprentissage sont souvent la bougie d'allumage du désintérêt.

Pour les parents également. Ce qui me retient de ne pas "décrocher" (lire: pogner les nerfs et tout sacrer ça là) quand j'aide deux de mes enfants à faire leurs devoirs de maths (car ils ont d'importantes difficultés d'apprentissage dans cette matière), c'est mon verre de gin tonic qui me permet de rendre ces dimanches après-midi de devoirs plus agréables. Je suis plus relaxe, je pogne moins les nerfs, je perçois moins les devoirs de maths comme une punition et mes enfants aussi (avec leur chocolat chaud extra crème fouettée). Depuis qu'on a transformé ce moment pénible en moment (quasi) agréable, on s'en porte tous mieux et ils ont "débloqué" en maths. J'ai bien essayé de mettre à profit leur soeur qui excelle en maths en la nommant "mini-prof privée" mais elle était à la veille de me demander de lui faire un gin tonic pour passer à travers elle aussi. À 11 ans, j'ai préféré la libérer de sa nouvelle fonction et m'en faire un (ou deux) chaque dimanche.

Bref, la persévérance scolaire, ce n'est pas que l'affaire des jeunes, mais des parents également et voilà justement que pour aider les parents, on nous propose une nouvelle application gratuite (j'espère! Qui paierait pour ça!), l'Adogotchi. À la manière des Tamagotchi, on se choisit un ado virtuel et on doit en prendre soin au quotidien sous peine de recevoir des alertes sur son téléphone. En contrepartie, on reçoit des conseils à mettre en pratique avec son propre ado et on a accès à un forum en ligne avec d'autres parents désespérés et sans ressources (faut l'être pour croire que celle-ci en est une!).

On perd déjà assez de temps avec vos téléphones, nos apps et nos gogosses, on peut-tu garder celui qui nous reste pour le consacrer à nos "vrais" enfants? Pourquoi perdre son temps à "communiquer" avec un faux ado quand c'est avec le nôtre qu'il faut le faire? Peut-on juste avoir la liste des 50 conseils pour les mettre en pratique le plus rapidement possible au lieu de devoir "jouer" à flatter l'ego d'un ado virtuel pour les "gagner"?

Ma question: Sommes-nous rendus si stupides comme parents? (ou nous prend-on pour des cons?)

Puisqu'on ne bénéficiera pas de ces précieux conseils sans devoir "entretenir" un ado de plus, n'hésitez pas à partager les vôtres ici! Que faites-vous, en tant que parents, pour persévérer et suivre  l'apprentissage de vos enfants?



vendredi 20 février 2015

(dés)organiser la relâche!

Le mot le dit: relâche. Comme dans relâcher. Vous voulez la définition du dictionnaire? « Diminuer la tension de, rendre plus lâche./ Remettre en liberté./Rendre moins sévère, plus mou.» Je n'invente rien.

Les magazines, les sites web, les journaux et les émissions de radio comme de télé vont vous donner des suggestions de sorties à la tonne. Je n'ai rien contre. J'en écris et j'en lis. Mais il ne faut pas oublier que ce sont des «suggestions», pas des obligations! Il y a une différence.

Je les consulte jamais avec l'idée de TOUT faire ce qui est écrit (anyway, moi l'escalade de glace, ça ne me tente pas pantoute!!), mais plutôt dans le but qu'une chose  me pousse à lancer au reste de la famille «Heille vous savez quoi? Il y a tel truc qu'on pourrait aller faire...»

Habituellement, je me fais replacer assez vite: «Ouin...» qu'on me répond. Et là, j'allume. C'est moi qui veut faire quelque chose ou c'est eux? J'entends souvent, autour de moi, des parents dire: «Faut faire quelque chose durant la relâche sinon les enfants vont trouver que c'est plate». Ça se peux-tu que ce soit nous, les parents, qui avons peur de n'avoir rien à dire au retour de la relâche? Avouer qu'on a rien fait, c'est plus gênant que de dire qu'on a visité trois musées, fait 14 bricolages, 3 nouvelles recettes, 8 km de patin et 2 jours de ski?

Donc, durant la relâche, on peut justement... relâcher! Prendre ça mollo! Se calmer le gros nerf. Si on peut prendre quelques jours de congé, tant mieux! On en profitera pour ne rien faire justement. Ou faire «pas grand chose». Souffler un peu ensemble, ça nous arrive si peu souvent. Retrouver le plaisir de relaxer en famille. Prendre son temps (quand est-ce qu'on fait ça, autrement?). On ne va pas s'organiser ça au quart de tour avec un horaire, des règles pis toutte? On vient de sortir de Noël où on n'a fait que ça se courir d'un bord et de l'autre pour voir toute la parenté et les amis, faudrait pas recommencer à la relâche.

Aussi, la relâche c'est parfait pour se désorganiser un peu. On est tellement toujours coincé dans des horaires serrés qu'on pourrait prendre cette semaine-là pour réapprendre à improviser. À aller avec les envies du moment sans essayer de les prévoir. À flirter avec l'ennui parce qu'il nous pousse à redécouvrir des plaisirs simples qu'on avait oublié. À se laisser porter par la spontanéité au lieu par notre tendance à l'organisation extrême. À abolir les limites, les cadres et tous les «y faudrait bien que» pour vivre dans le désordre, dans le flou et dans le moment présent. À se demander «Qu'est-ce qu'on aime faire en famille et qu'on a jamais le temps d'habitude?».

Finalement, il faut arrêter de s'en faire avec la relâche! Ne plus vouloir la contrôle, la gérer, la budgéter, la planifier ou l'encadrer pour justement faire en sorte qu'elle soit une semaine où on lâche prise et qu'on mette le cap sur les petits plaisirs en famille. Et comme ça, on va commencer à l'aimer cette relâche parce qu'on aura arrêté de s'en mettre plus sur le dos et de la voir comme une semaine qu'on est obligé de remplir.

Avoir du temps ensemble en même temps: c'est pas mal ça l'essentiel. Le reste, c'est du superflu. Alors, pratiquez-vous à répondre à vos collègues, les autres parents du service de garde ou ceux que vous croisez à l'épicerie quand ils vous demanderont ce que vous comptez faire à la relâche: «Nous, pas grand chose... enfin!».

Pssst! On sera à l'émission Ça commence bien, à V,  mercredi prochain, le 25 février, pour proposer des trucs pour arrêter de s'en faire à la relâche.


mercredi 18 février 2015

50 phrases que les enfants disent tout le temps

Si en devenant parent, on répète 1000 fois les mêmes phrases, on n'est pas à l'abri des phrases que répètent sans cesse nos enfants. En voici 50 que vous avez sûrement déjà entendues (au moins une fois!).

  1. Nooooooooon!
  2. J'aime pas ça!
  3. J'ai faim... 
  4. J'ai pas faim!
  5. C'est pas de ma faute!
  6. C'est de SA faute!
  7. Ben là!
  8. Pas dodo!
  9. Je veux du jus!
  10. J'suis pas fatigué!
  11. On arrive?
  12. C'est long!
  13. C'est déjà fini?
  14. J'ai chaud!
  15. Je veux le faire tout seul!
  16. C'est pas moi!
  17. Je ne m'endors pas!
  18. Qu'est-ce qu'on mange?
  19. Je suis obligé de mettre ma tuque?
  20. Les autres ne mettent pas leur pantalon de neige.
  21. C'est trop bébé!
  22. Qu'est-ce qu'on fait? 
  23. Qu'est-ce qu'on fait après?
  24. Qu'est-ce qu'on fait demain?
  25. C'est elle (ou lui) qui a commencé!
  26. Arrête!
  27. C'est plate!
  28. Quand est-ce qu'on s'en va?
  29. Avoue!
  30. Ça pue!
  31. Yark!
  32. C'est nul! 
  33. J'ai envie de pipi!
  34. J'ai envie de caca!
  35. J'ai envie de vomir!
  36. Je veux un câlin...
  37. S'il-vous-plaîîîît (en réponse à la question "Qu'est-ce qu'on dit?")
  38. Merciiii (en réponse à la question "Qu'est-ce qu'on dit?")
  39. Encore!!
  40. Pas encore?!
  41. C'est poche!
  42. C'est pas juuuuste!
  43. Pourquoi il (ou elle) en a plus que moi?
  44. C'est jamais mon tour!
  45. En tout cas, j'me comprends! 
  46. Quuuuuoooooi? 
  47.  J'suis pas fatigué! 
  48. C'est pas vrai! 
  49. J'capote! 
  50. Pourquoi?
  51. Je t'aime...







lundi 16 février 2015

Assez du drame!

J'en ai marre du drame. À la télé, dans les films, aux nouvelles, les scénarios-catastrophes se multiplient et je n'en peux juste plus. Je suis tannée de la lourdeur ambiante. Juste à la télé: 19-2, Unité 9, Nouvelle adresse (une fille qui a un cancer incurable! Qui veut se détendre devant ça?! Pas moi!!): au secours! Je décroche! Emmenez-moi une bonne vieille sitcom avec des rires en canne, un Éric Salvail chaudaille, n'importe quoi pour m'alléger ou lieu de m'alourdir.

Et quand il n'y a pas de drames, on s'en invente!! On peut tu avoir du fun? Arrêter de se crinquer pour des riens et monter des peccadilles en épingle? (pourquoi faites-vous ça les stressés du web?). On peut tu jaser sans grimper dans les rideaux? On peut tu des fois pas avoir raison et abdiquer pareil, sans même défendre son point de vue, parce que c'est juste pas si important que ça, quand on y pense plus que deux secondes?

Le gros drame, lourd, qui te donne un point dans le dos, pus capable! Les cas lourds, sans espoir, j'évite! Et les faux drames amplifiés sur les réseaux sociaux pour gagner le concours de celui ou celle qui fait le plus pitié, je fuis!

J'ai eu mon lot de trucs éprouvants dans ma vie -même dans la dernière année- et mon seul but est que ça devienne chose du passé. Au plus vite. Car si le drame des autres m'énerve, le mien m'énerve encore plus! Je ne veux qu'une chose: qu'il disparaisse, qu'il devienne flou dans mes souvenirs. Passer à autre chose.

Je ne comprends pas ceux qui ramène sans cesse leurs drames à l'avant-plan, qui s'en enorgueillissent au lieu de regarder vers l'avant. Je ne me complais pas dans le drame, aucun, vrai ou fictif. Ça suffit! Je change de poste.


vendredi 13 février 2015

Chercher le "mais si" à tout prix

Des fois, j'ai l'impression qu'on court après le trouble. Comme si la vie n'en apportait pas assez, on gratte les fonds de tiroir pour en trouver quand tout va bien. Le plus souvent, ça commence par un "Mais si...".

Le début de la phrase va rondement et là, bang! un "Mais si" qu'on n'avait pas vu venir.

Exemple classique de la nouvelle maman: "mais si mon bébé ne se réveillait pas pour boire / mais si je ne l'avais pas assez stimulé aujourd'hui / mais si mon enfant développait des malades parce que je ne l'ai pas allaité assez longtemps (insérer ici l'angoisse irrationnelle qui vous vient à l'esprit).

Non. Bébé va bien. Il va juste bien. C'est juste normal. Tout roule mais voilà qu'on cherche le "mais si". On ne va quand même pas accepter de tout aille bien. (Heille! Ça se peut pas!)

On n'a rien trouvé? On se met alors à se poser de plus grandes questions (beaucoup trop!) existentielles : mais si, un jour, il était influencé par des amis violents / mais si, à l'école, il était intimidé (ou pire, un intimidateur!) / mais si mes commentaires parfois négatifs lui scrapait l'estime de soi / mais si, un jour, il devenait un député conservateur ?! Faut bien essayer d'en rire car certaines personnes sont réellement tourmentées par de telles questions angoissantes, parfois des années avant que ça ait une (infime) probabilité de se produire.

Pourquoi se pose-t-on toutes ces questions? Pourquoi creuse-t-on si loin pour récupérer toutes les angoisses possibles et (profondément) inutiles? Pourquoi ne saisit-on juste pas les bons moments quand ils passent?

On a bien assez de soucis comme ça dans la vraie vie, est-ce qu'on peut arrêter de s'en inventer?

mercredi 11 février 2015

50 phrases qu'on répète en devenant parents


  1. Arrête!
  2. Va prendre ton bain!
  3. Tout de suite!
  4. As-tu ta boîte à lunch?
  5. Ferme ta bouche quand tu manges!
  6. Mange!
  7. Lâche ton nez!
  8. Va te moucher! 
  9. Ferme la télé!
  10. Ramasse tes jouets!
  11. As-tu compris ce que je viens de te dire ? - ou la variante «M'écoutes-tu quand je parle?»
  12. Qu'est-ce que je viens JUSTE de dire? 
  13. Moins fort! 
  14. Tout doux!
  15. Calme-toi! 
  16. Touche pas!
  17. Descends de là! 
  18. Mange, tu parleras après! 
  19. Assis! Sur tes fesses! 
  20. As-tu envie de pipi? T'es certain? 
  21. As-tu flushé? 
  22. Lâche ça! - ou la variante «Lâche ta soeur/ton frère/le chat/le chien!»
  23. Retourne te coucher! 
  24. Oui, il faut attacher tes cheveux!
  25. As-tu toutes tes affaires pour l'école?
  26. Allllôôô! J'te parle!!
  27. Prêtes-y donc! 
  28. Arrête de crier! 
  29. Cours pas dans l'escalier!
  30. Regarde où tu marches! 
  31. Ne parlez pas tous en même temps! 
  32. Mets pas ça dans ta bouche! 
  33. Va te laver les mains! 
  34. Profites-en pour brosser tes dents! 
  35. Éteins la lumière  - ou la variante ado «Ferme ton iPad!»
  36. Allez, on s'habille! 
  37. J'ai dit «On s'habille!» 
  38. Arrête de pleurer pour rien! 
  39. Claque pas la porte! 
  40. On regarde des deux côtés avant de traverser! 
  41. Donne-moi la main
  42. Non!
  43. Tu peux te rouler par terre, c'est «non» quand même!
  44. Je vais faire comme si je n'avais rien entendu! 
  45. Ne joue pas avec ta bouffe/la fourchette/ton verre/ton assiette! 
  46. Peut-être plus tard... 
  47. Hummm humm
  48. Qu'est-ce que tu fais là? 
  49. Franchement! 
  50. Attends, une minute! 
Et une bonus! #51: Je t'aime

lundi 9 février 2015

Les questions, les réponses, les photos et nos sourcils

Hier, en faisant le ménage de mon téléphone, je suis tombée sur des photos de moi prises par d'autres à mon insu.

J'ai eu un choc. 

Qu'est-ce que ces sourcils froncés? Et cet air sérieux? Et ses interrogations dans le regard? Et cette noirceur dans les yeux? J'ai donc bien l'air soucieuse. Ailleurs.

J'ai eu envie d'apostropher ceux qui avaient pris ces photos sans me le dire. Non, mais quelle idée d'immortaliser ces moments...

Puis, j'ai regardé à nouveau les photos. Mais qu'est-ce qui m'arrivait ce jour-là ?

Évidemment, vous le comprenez, j'ai regardé des photos jamais publiées sur Instagram ou sur Facebook. Je ne les aurais pas choisies pour les exposer à tous. Tout ce qu'on retrouve sur ces médias sociaux ne sont que nous en version correcte ou "améliorée". Rarement, on veut vraiment s'exposer sur notre moins bon jour.

Pourtant, ces photos douteuses sont celles qui nous ramènent dans la vraie vie. Dans la réalité. Rien n'est stagé, rien n'est planifié et on n'a pas eu le temps de choisir son meilleur profil.

J'ai longtemps examiné ces photos et un élément m'a tout à coup sauté aux yeux: mes sourcils. Mes sourcils froncés. Même si je suis figée sur une photo, les deux pieds dans ce souvenir, j'ai l'air ailleurs qu'où on m'a réellement photographié. Me suivez-vous toujours?

Je ne sais pas à quoi je pensais. Je ne me rappelle plus ce qui me chicotait. Je devais me poser une question, réarranger ma semaine dans ma tête, faire une liste des trucs à faire ou des comptes à payer, je ne sais pas. Mais mes sourcils me trahissent. Sur chacun de ces clichés relégués aux oubliettes.

J'ai décidé de faire attention. Non pas que je vais afficher un sourire préfabriqué (toujours le même!) en permanence au cas où on me prendrais en photo. Non, merci! Le fake, ça ne m'intéresse pas. Cependant, j'ai décidé de porter une attention particulière aux mouvements de mes sourcils. Allez-y, faites-le: froncez vos sourcils. Vous sentez les muscles qui se tendent. On les sent facilement.Alors, le froncement de sourcils peut devenir un signal d'alarme comme lorsqu'on s'entend prononcer un "faucon". Quand on fait ce mouvement, on doit se demander qu'est-ce qui se passe, comment on se sent, qu'est-ce qui vient perturber notre journée, où sommes-nous au lieu d'être dans le présent, etc. La réelle réponse n'est pas si importante; on doit au moins observer la question qui vient et réajuster les sourcils au besoin. En fait, l'exercice est simplement de prendre conscience de nos pensées, du fait qu'on est ailleurs et qu'on est peut-être en train de se laisser envahir par du superflu. Ensuite, à nous d'évaluer si on lâche prise, si on rabaisse nos sourcils ou si c'est nécessaire qu'on les garde ainsi arqués. Je suis prête à parier que je fronce les sourcils pour trop de petits riens. Je testerai la véracité de mon hypothèse dans les jours qui viennent.

Finalement, au lieu d'enguirlander ceux qui me prenaient en photo sans me le dire, j'ai eu envie de leur dire de continuer. Pour mesurer les changements.

Ça vous tente d'essayer aussi d'être attentives à vos sourcils? (En plus, il parait que si on fronce moins les sourcils, ça nous coûtera moins cher d'anti-rides plus tard...)

vendredi 6 février 2015

Hôtel sans enfants: paradis ou aberration?

Samedi dernier, avant de prendre la route avec MissPuDeLulus pour notre week-end de filles pour souligner sa fête, j'ai lu le dossier Hébergement: les enfants, persona non grata dans La Presse. On y apprend que  43% des adultes Québécois seraient favorables à l'existence d'hôtels réservés aux adultes tandis que 50% sont contre. Certains disent que les enfants ne sont pas les plus dérangeants dans les hôtels, d'autres suggèrent de cibler le positionnement à un tel point que les familles n'aient pas envie d'y aller, d'autres pensent que chacun - et surtout en vacances - a droit de se faire vraiment plaisir et de s'éviter le plus possible les potentiels désagréments.

Je n'ai pas hurlé au scandale. Je suis même plutôt d'accord avec l'idée que certains hôtels s'affichent clairement pour les familles et que d'autres interdisent même le séjour aux enfants ou selon différents âges. Peut-être que la plupart ouvriraient leurs portes à tous... comme maintenant.

Quand je voyage, je veux le mieux. Si la vocation de chaque établissement était plus clair, on éviterait de se retrouver dans un tout-inclus avec les enfants où une bande de cégepiens saoul-en-quasi-permanence feraient des concours douteux dans les piscines à côté des petits! Expérience subie par un couple d'amis qui ont dû aborder une série de sujets et faire un cours d'éducation sexuelles avec leurs enfants alors qu'ils étaient tous en vacances (sans compter leur sommeil perturbé par les ivrognes sur le party jusqu'aux petites heures!). Ils auraient aimé mieux savoir avant de partir. Et on les comprend.

Et puis, je m'imagine bien partir en amoureux en vacances sans vouloir avoir à dealer avec les enfants des autres couples autour. Normal? Discriminatoire? Je penche plus sur la première réponse. On doit pouvoir choisir. On économise quand même pour se payer ces petits luxes alors go pour le libre choix.

Quand vient le temps de voyager avec les enfants, j'aime bien mieux voyager dans un endroit où je sentirai qu'ils sont les bienvenus et à l'aise et où les installations seront adéquates.

J'ai réfléchi à tout ça, samedi, sur la route. En débarquant nos valises et en récupérant la clé à l'entrée, nous avons zyeuté sur le bain tourbillon. Ahhh! Le bonheur! Puis, la réalité s'est imposée à nous. Dans cet hôtel séjournait... une équipe de hockey. Des jeunes joueurs de 10 ans maximum et toute la ribambelle de parents qui va avec. Des enfants. Des enfants grouillants et bruyants qui ressemblaient plutôt à un troupeau d'éléphants peu discrets qui gambadaient dans le corridor jusqu'à minuit. Qui parlaient très fort aussi. Tout le temps.

Je me suis surprise à me dire «Ah si c'était un hôtel sans enfants!», mais j'ai stoppé ma réflexion: on n'aurait pas pu y séjourner nous non plus. Mais j'ai fait ricocher ma réflexion en m'imaginant être allée dans cet hôtel en couple, pour un séjour romantique. De quoi déchanter quand tu partages le corridor avec toute une équipe d'hockey!

Mais (puisque je ne dormais plus!), je me suis aussi dit que les vacances, ça commence aussi dans la tête. Il faut te mettre dans le mood "décrochage" et te créer une bulle. Et espérer qu'elle soit assez étanche pour ne pas trop te perturber.

Quoiqu'on manque tellement de temps et qu'on n'a pas assez de semaines de vacances pour se les gâcher... 

Vous en pensez quoi? (on se rappelle, on jaaaase!)





mercredi 4 février 2015

Un enfant c'est bien, deux c'est mieux, trois c'est beaucoup... à combien c'est trop?

Quand vient le temps de réserver un voyage ou un hôtel, j'ai parfois le goût de cacher mon 3e enfant dans mes bagages. La définition rigide de la famille (2 adultes, 2 enfants) est bien réductrice dans plusieurs situations, mais particulièrement dans les loisirs.

En préparatif d'un voyage en famille, j'ai trouvé la solution lorsque l'hôtel reste incontournable: un matelas de sol gonflable. Le "5 élément" s'y couchera car on n'a pas l'intention de se plier à la règle du "maximum 2 adultes, 2 enfants" par "suite familiale" à l'hôtel, qui nous oblige à louer 2 chambres et, surtout, de devoir se séparer en 2 groupes en vacances (alors que le but premier des vacances, c'est d'être ensemble!).

Quand les enfants étaient plus petits, on les couchait dans l'autre sens du second lit et ils avaient amplement de place pour s'y loger tous les trois. Mais maintenant qu'ils nous rejoignent en taille et que leurs pieds sont plus grands que les nôtres, cette solution n'en est plus une...

Pour cette raison (et bien d'autres!), je me dit que j'ai bel et bien atteint mon quota avec un total de 3 enfants. À 4 ou 5, non seulement nos déplacements seraient plus complexes, mais je ne suis pas sûre que j'arriverais à leur accorder autant d'attention individuelle (devoirs, soucis, projets, activités, "jasage"...). Je trouve d'ailleurs, parfois, que j'y arrive tout juste avec 3 enfants.

Avoir un plus grand nombre d'enfants ne correspond pas nécessairement à une plus forte dose d'amour et de joie comme parents. Il faut trouver son équilibre entre l'amour à recevoir Vs l'amour qu'on peut donner (qui se calcule aussi en temps, en disponibilité, en patience, en qualité d'écoute...).

La frontière entre le bon nombre et un trop-plein d'enfants est mince. Comment avez-vous su que vous n'alliez pas la franchir? Ou... l'avez-vous franchi?

lundi 2 février 2015

Accepter que tout ne soit pas toujours rose

Des fois, ça va mal. Et quand ça va mal, vouloir à tout prix que ça aille bien, c'est précisément ce qui nous rend malheureux.

J'en discutais récemment avec des amis qui ont des enfants en bas âge. Être pris dans le tourbillon avec des enfants de 2, 3, 4 ans, ce n'est pas toujours rose. Les réactions non rationnelles à des situations insignifiantes, la bataille quasi quotidienne pour le sommeil (sieste ou dodo),
les refus catégoriques de manger tel aliment une journée et tel autre le lendemain, la fatigue accumulée et le manque de patience qui en résulte, le sentiment de ne plus avoir de temps pour soi, et la tension que tout cela crée dans le couple, ce n'est pas rose. C'est même (osons le dire!) difficile. Ça nous met carrément à l'épreuve.

Malgré les moments de bonheur et les sursauts de joie qui se faufilent à travers cette période chaotique, il faut bien admettre que ce n'est pas la plus agréable de notre vie de parents. Mais ça finit par finir.

Rien de sert de se battre contre la réalité ni de se comparer avec ceux qui semblent vivre cela dans la légèreté et la sérénité. Parfois, il faut juste tenir bon et attendre que ça passe. Chercher le bonheur à tout prix est parfois plus stressant que de vivre la période difficile.

Car tout finit par se tasser. Puis on met ça derrière soi -on parvient même à en rire!- et on profite encore plus pleinement de bons moments qui se présentent ensuite.

vendredi 30 janvier 2015

Les questions, les doutes, le ménage et nous

On a le don de se poser des questions. Trop de questions. Habituellement, dans les pires moments de notre journée. Le tourbillon de questions part souvent quand on essaie de s'endormir. C'est ce qui m'est arrivé hier soir. Mais dans le bon sens. Un article lu dans le magazine Oprah durant la journée m'est revenu en tête. On y recensait les 20 questions que les femmes devraient se poser, mais aussi une des chroniques rassemblaient les questions qu'on ne devrait PLUS se poser. Ces dernières m'ont davantage intéressées.

En fait, il n'y a pas de mal à se poser des questions dans la vie. C'est ainsi qu'on arrive à se positionner, à prendre des décisions (pour soi et non suivre la décision des autres!), à avancer, à se connaître, à mettre nos limites ou même à amorcer un changement. Mais des fois, on se pose les mauvaises questions. Celles qui ne font qu'augmenter nos doutes, favoriser notre culpabilité, briser nos élans, nous empêcher de dormir, etc. Certaines questions sont parfaites pour faire le ménage en nous, d'autres nous entraînent (nous enchainent même!) dans des patterns négatifs.

Voici une liste des questions à ne plus se poser. J'espère que vous en rajouterez d'autres. Parce qu'en s'empêchant de perdre du temps à chercher des réponses à ces questions impossibles, on récupérera du temps pour soi, pour ce qui compte vraiment et même juste pour rien faire (et mieux dormir!). On en a bien besoin. Donc, les voici:

- Qu'est-ce qui ne va pas avec moi? (Issh! Comme si on présumait que tout ce qui arrive est  de notre faute!)

- Quand est-ce que mon tour va venir? (Il ne viendra pas comme ça, il faut passer en action!)

- Qui va me compléter? (Personne! C'est mettre des attentes hautes!) 

- Qu'est-ce que les gens vont penser? (On s'en fout! Osez!) 

- Est-ce que je parais grosse là-dedans? (La vraie question devrait être «Est-ce que je me sens belle/bien là-dedans?»)

- Pourquoi ça m'arrive à moi? (Trouvez les raisons du pourquoi du comment, c'est perdre beaucoup d'énergie. En plus, on truove rarement la réponse. Ce serait mieux de focusser sur le comment je réagis à ce qui m'arrive!)

- Comment convaincre les autres que j'ai raison ? (On n'a pas à rallier l'opinion de tous. On peut penser différement et ce n'est pas grave! On ne fera jamais l'unanimité qu'on se le dise!)

Vous en avez d'autres?


mercredi 28 janvier 2015

Partir en voyage sur le sofa

L'hiver est dur (long, froid, glacial - insérer le qualificatif qui convient le mieux ici) et chaque année, à ce temps-ci de l'année, je suis en mode vacances. Rien de mieux pour se remonter quand on est dans la période creuse de l'année avec son manque de clarté (rhumes, bronchites, toux - insérer le désagrément qui convient le mieux ici).

Heureusement, pour remettre du pep dans tout ça, il y a la télé. Et plus encore, les émissions de voyage! Avec les enfants, on est scotchés ces temps-ci devant le canal Évasion (enfouis sous des tonnes de couvertures avec nos boites de kleenex tout autour).

On planifie notre futur voyage au Royaume-Uni avec Tamy@UK. On suit avec passion les pérégrinations des concurrents de Pékin Express (même si nos binômes préférés ne se sont pas rendus en finale). On trippe avec les gars trop cool de OuiSurf. On se régale des aventures de Monsieur Bruno en Asie. On découvre tout ce qu'il y a À faire en Grèce en se promettant d'y aller un jour pour vrai.

Je surprends ensuite les enfants à faire des recherche plus poussées sur le Street Art à Londres, le Sri Lanka ou les îles grecques en me disant que la télé a du bon. Qu'elle ouvre nos horizons et nous donne le goût de voir le monde, assis bien au chaud sur le sofa... avant de boucler nos valises et partir à notre tour dans quelques mois.
 

lundi 26 janvier 2015

Arrêter de lutter contre ce qu'on est

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous luttez et qui ne changent jamais?  

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous prenez des résolutions que vous ne gardez jamais? 

Y a-t-il des choses que vous essayez, qui ne vous disent strictement rien au fond de vous, mais pour lesquelles vous réessayez encore (et encore, et encore, et...)? 

Y a-t-il des choses que vos voisins (amis, parenté, entourage proche ou éloigné, collègues, "les gens", etc.) font et pour lesquelles vous vous dites «Faudrait bien que je fasse comme eux...» sans réussir? 

Y a-t-il des choses que vous faites et pour lesquelles vous perdez trop de temps? 

Y a-t-il des choses que vous tentez d'aimer sans succès? 

Toutes ces «choses» nous définissent. Toutes ces «choses» ne sont pas nous. Mais comme on a la tête dure et la fibre persévérante, on essaie, on réessaie, on se dresse des plans d'action, on suit des cours, on lit des livres, on se donne des trucs, on cherche des conseils, bref... on lutte! On lutte pour changer qui on est au lieu d'arrêter et de juste accepter notre «particularité».

Une amie me faisait part récemment d'une phrase qu'elle se dit maintenant pour stopper l'engrenage de cette lutte à ne plus finir qui gruge notre énergie, contrecarre nos élans et essaie d'aller contre nature... la nôtre.

Voici le début de sa phrase : « À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait que...». Ensuite, on n'a qu'à compléter par les trucs pour lesquels on lutte, mais qui sont simplement des p'tits défauts, des travers, des goûts, des préférences ou juste des états de fait qui font de nous ce qu'on est. Peut-être qu'on n'est pas tout à fait à l'aise avec eux? Si c'était facile, on le changerait volontiers? Dans un monde idéal, cette «donnée» sera effacée de nos vies? Probablement, mais la magie, ça n'existe pas. Donc des fois, lâcher-prise, c'est arrêter de lutter contre ça, de l'accepter et... de passer à un autre appel. Pour concentrer nos énergies sur ce qu'on peut changer vraiment. En fait, cet exercice permet de faire le ménage dans ce qu'on n'aime pas, l'étaler au grand jour et l'accepter.

Des exemples?

« À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait que j'haïs faire le lit et que je vais vivre dans une maison où les lits sont défaits. Je les ferai quand de la visite s'annonce!»

« À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait que je suis de nature traîneuse... et que mes enfants m'imitent joyeusement!»

« À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait que je n'aime pas la course et que même si tout le monde semble faire du jogging, moi je n'aime pas ça!»

« À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait que mon garde-robe aura toujours l'air d'un fouillis indescriptible.»

« À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait queje suis une matinale et que le soir à 22h, je pique du nez, que je dors devant un film, même au cinéma, etc.»

« À 37 ans, il est grand temps que j'accepte le fait que la patience ne fait pas partie de mes gênes.»


Et vous, qu'est-ce qu'il est grand temps que vous acceptiez? Écrivez-nous! Et promis, l'exercice fait du bien! On pousse comme un grand soupir de soulagement en faisant notre coming-out


vendredi 23 janvier 2015

Toutes ces choses faussement indispensables pour les parents

Cette semaine, je me suis surprise à repenser à toutes ces choses supposément si utiles pour les nouveaux parents (ce groupe de consommateurs si vulnérables...): les thermomètres pour le bain, les chauffe-lingettes, la poubelle à couches, le stérilisateur de bouteilles, le chauffe-bouteille, le moniteur vidéo, le mobile avec télécommande...

Qu'est-ce qui a été vraiment indispensables pour vous? La chaise vibrante? La balançoire? Le porte-bébé (de dos, de face, sur le côté?)?

Alors que pour certains, c'est inutile, je n'aurais pas pu survivre (ou manger tranquille 2 minutes) sans mes deux balançoires qui fonctionnaient à plein régime et j'ai bien apprécié toutes les petites gogosses en plastique qui empêchaient l'ouverture des armoires de même que les fausses poignées qui ont évité que mes tout-petits ouvrent la porte de la cave (et déboulent sans retenue l'escalier à pic et sans rampe!).

Mais à part ça, j'aurais très bien pu nourrir, endormir, promener et laver mes bébés (sans les brûler!) sans avoir besoin de mettre les pieds chez Babies R Us.

Et vous? Parmi tout l'attirail soi-disant indispensable aux nouveaux parents, qu'est-ce qui s'est avéré utile ou... complètement superflu? (tsé, le truc pour lequel vous vous êtes dit: "là, j'me suis fait avoir!")


mercredi 21 janvier 2015

Avez-vous encore du temps pour... des niaiseries?

À Noël, JeuneHomme a reçu des ensembles d'expériences. Des trucs faciles à mélanger qui le rendent absolument heureux. Il se croit un grand scientifique parce qu'il manipule les petites éprouvettes, la loupe et les fines pinces.

Samedi, je me suis installée avec lui et on a fabriqué de la neige et observé l'évolution de petites billes qu'on laissait dans l'eau. Pendant qu'on faisait ces expériences, je me suis surprise à me dire «Oh wow! Ça fait vraiment longtemps qu'on a pas fait un truc comme ça! Juste comme ça pour le plaisir, pour le fun... ». En fait, cette réflexion, je l'ai réellement eue quand j'ai pris une photo et que je l'ai mise sur Instagram. Puis, j'y ai repensé toute la journée. Des fois, trop souvent même, on ne prend pas le temps pour les p'tites niaiseries de la vie. Je sais bien que pour JeuneHomme, faire des expériences, c'est bien sérieux et que ce n'est pas une «niaiserie». Mais je voulais ainsi englober sous ce terme les petites choses futiles, non-productives et superflues. Toutes ces trucs qu'on repousse trop souvent en disant «Je n'ai pas le temps!», «Plus tard...», «Fais-le tout seul!», «Il faut que je fasse la vaisselle avant!».

J'ai supprimé ensuite ma photo sur Instagram. Ça suffit! Ces petits moments, je veux les garder pour moi. Ils sont trop précieux.  Je ne veux pas leur accorder de l'importance à ces «niaiseries» parce que je les expose aux yeux des autres. C'est à mes yeux qu'ils sont spéciaux. Je continue de prendre des photos. Mais ces photos iront dans mon album perso. Je me suis promis de prendre plus de temps pour ces petits riens au courant de l'année. Il n'est pas trop tard le 21 janvier pour prendre une résolution. Et vous ne les verrez pas sur Instagram. Je vais les vivre juste pour moi.

lundi 19 janvier 2015

Quand la vie est un drame

Y-a-t-il autour de vous des gens pour qui chaque obstacle est un drame?

La semaine dernière j'avais l'impression qu'à quelques exceptions près, toute la ville faisait partie de cette catégorie.

Oui, je faisais partie des SINISTRÉS SANS EAU POTABLE de la rive-sud. Une nouvelle que j'ai accueillie avec un haussement d'épaules en vidant le réservoir de la machine à café et le bol d'eau du chien pour la remplacer par de l'eau de source et en plaçant une bouteille d'eau de source en évidence sur le lavabo de la salle de bain.

Et puis voilà. C'était ça qui était ça.

La congestion des rues autour des points de distribution d'eau, les heures d'attente en file, la frustration et le stress de manquer d'eau pour faire cuire mes patates, j'ai rien senti de tout ça.

Les patates, ça se cuit aussi au four (c'est même meilleur!) et c'est pas comme si on ne mangeait pas assez de riz et de pâtes comme ça qu'on ne pouvait pas s'en passer pour une couple de jours!

Pas d'eau du tout, je l'aurais trouvé moins drôle! Mais là, même si les stocks d'eau était vides dans toutes les épiceries la ville, il suffisait de se rendre à la ville voisine (moins long que de faire la file pour avoir un 2L gratis) pour s'en procurer pour combler ses besoins de base. Aucun stress, aucun drame. À cinq plus un chien, on a survécu avec 4L sur 3 jours. Tsé. Rien pour mourir de déshydratation.

Mais en lisant les commentaires de mes concitoyens sur les réseaux sociaux ou (pire!) en les entendant dans les vox-pop et les lignes ouvertes, j'avais l'impression de vivre en zone de guerre. Impressionnant comme une situation tout à fait gérable peut s'enfler et prendre des proportions dramatiques. La propension à vouloir faire pitié et à jouer à "mon drame est pire que le tien" s'est accrue ces dernières années. Que voulez-vous, ça attire plus de "J'aime" que d'affirmer que la vie continue et que "c'est pas si pire que ça", et risquer de passer sous le radar.

Et puis l'eau est redevenue potable. Et puis on a annoncé qu'en fait, elle l'avait toujours été.

Mais non. La finale n'est pas assez dramatique. Ce matin, place au recours collectif! (non merci, je passe).