vendredi 23 mai 2014

De plus en plus intolérants, collectivement

Les automobilistes ne tolèrent plus les cyclistes, les cyclistes détestent les automobilistes; les deux s'entendent pour trouver les piétons insupportables.

Les «sans enfants» trouvent les «avec enfants» pénibles, les «avec enfants» trouvent les «sans enfants» égoïstes.

Les pressés trouvent les relax trop lents, les relax trouvent les pressés trop stressés.

Les fumeurs sont des parias, les non-fumeurs des intégristes.

Emmener son enfant dans un lieu public non conçu pour lui (sans structures gonflables ni salle de jeux) est presque passible d'une amende, bref, plus personne ne tolère personne.

Et la confirmation de cette tendance lourde m'est apparue en plein visage cette semaine dans ce projet-pilote mis en place dans ma ligne de train de banlieue. À partir de la semaine prochaine, il y aura un étage pour les bruyants (lire: les gens qui ont des interactions sociales) et un étage pour les silencieux (lire: ceux qui pensent que le transport en commun est l'équivalent d'un spa). Et ce, à la «demande générale» à la suite d'un sondage sur ce qui pourrait améliorer le service. À cette question, les usagers n'ont pas répondu plus de départs, moins de retards ni même du champagne à l'embarquement (pourquoi pas!), ils ont répondu plus du silence.

Dans un train de banlieue où déjà l'ambiance est un million de fois plus zen qu'en auto dans le trafic, qu'en métro -où ça pousse encore pour rentrer quand ça ne rentre plus-) et qu'entre deux aisselles humides en autobus.Et où un trajet complet dure au maximum un peu plus d'une heure. C'est donc dire que la plupart des gens ne peuvent plus tolérer le bruit ambiant (personne ne crie, c'est ultra civilisé, limite snob, le train!) pendant une heure. Sur l'échelle de la tolérance, on ne pète pas des scores!

Et à voir les yeux (que dis-je, les éclairs oculaires) que nous a fait une voisine de train lectrice lorsque ma collègue et moi discutions à voix basse, j'ai bien ressenti cette irritation sociale qui semble s'étendre comme une pandémie (et nous étions à l'étage des bruyants, quoique non encore en application à ce moment). Endurer son voisin est le seul inconvénient de ce moyen de transport. Mais c'est rendu trop demander.

On pourrait être moins sur le nerfs, tout le monde ensemble? À trois, on respire... 1-2-3. (Il fait beau, c'est bientôt l'été, les choses pourraient aller plus mal...)


2 commentaires:

Céline Leblog a dit…

Ça ne M etonne pas trop de loi trop de classification tous le monde veut da part du gâteau.....

Anonyme a dit…

Je suis allée au Pays Bas en avril et dans les trains a 2 étages, il y un étage Silent , donc si tu as un plus long parcours a faire, que tu veux lire ou travailler tu n'es pas dérangé par le va et vient de ceux qui ne font qu'un trajet plus court. Nous avions trouvé l'idée intéressante. J'imagine que ça dépend toujours de la façon que c'est présenté........