vendredi 27 avril 2012

Stratégies parentales pour oreilles indiscrètes

Depuis que les enfants sont en mesure de tout décoder, on multiplie les mesures TriplePapa et moi pour se parler sans se faire comprendre.

Parfois, on veut leur organiser des surprises, parfois on veut se parler de choses «de grand» (sans avoir à rentrer dans des explications complexes non dignes de leur âge) et, souvent, on est trop impatients pour attendre le moment où les enfants seront couchés (et bien endormis profondément - à ce moment-là, je fais plus souvent qu'autrement la même chose sur le sofa...) pour s'en jaser.

Nous possédons désormais une maîtrise en «Stratagèmes de communication intraparentale», obtenue à la suite de 3 phases savamment mises en pratique à répétition:

Phase 1: le chuchotement nocturne
Le parent maîtrise l'art de parler à l'autre parent sans prononcer un son, particulièrement au moment critique où les deux parents pensent que le bébé est enfin endormi et qu'un des deux doit le déposer dans sa bassinette alors que l'autre trouve qu'il vient de faire un faux mouvement qui met en péril le sommeil fragile de l'enfant.

Phase 2: la langue seconde
Lorsque l'enfant maîtrise le langage, les parents n'ont d'autre choix que d'utiliser une autre langue pour communiquer secrètement. Cette phase se termine au moment où l'enfant est en mesure de reconnaître les mots-clés qui lui permettent de reconstituer la pensée du parent bilingue. Merci ministère de l'Éducation pour l'enseignement de l'anglais dès la 1re année!

Phase 3: le 2.0
Lorsque l'usage de la langue seconde devient désuète (l'enfant comprend des mots-clés et/ou devient suspicieux et/ou est sûr qu'on lui prépare une surprise dès son usage), les parents n'ont d'autre choix que de discuter virtuellement et ce, même s'ils se trouvent dans la même pièce. Les parents doivent cependant s'assurer d'avoir deux téléphones intelligents sous la main pour l'échange discret de courriels et/ou d'un cellulaire pour s'appeler de la cour à la maison. Le parent situé dans la maison doit cependant répondre à l'aide de Oui/Non (ou autres mots inoffensifs) et terminer la conversation en disant «C'était Mamie, elle vous dit bonjour», en accueillant l'autre parent d'un «Aaah, t'étais dans la cour!»

Phase 4: ...
Peut-on tomber plus bas, dites-moi?

9 commentaires:

Iseult a dit…

Dans la lignée de la langue seconde, il y a langue tertiaire. Pour moi et mon conjoint, ce qui s'en rapproche le plus est le latin appris au secondaire!

KArine a dit…

Nous, il comprend le français et un peu l'anglais... il ne sait pas les écrire, alors on épelle les mots clés!!! Je comprends rien quand mon chum fait de fautes parcontre!!! LOL!

MamanRousse a dit…

Nous aussi on se texte... Tout en étant dans la même pièce. Aussi bien en rire ;o)

(Bien sûr, la version officielle étant qu'il y a un problème au travail)

Evely a dit…

On peut encore se permettre de parler en anglais, mais fiston nous fait remarquer que ce serait plus gentil pour lui si on parlait en français.
On épelle aussi les mots chez nous, mais mon chum prend un temps fou à reconstituer les mots, j'en perds patience.
Sinon on fait des phrases qui n'ont pas de sens à moins de savoir de quoi on parle. Dans le genre :
- Tsé le truc de la chose qu'on s'est jasé hier. Je pense que l'option deux serait mieux, mais faudrait acheter une chose qui se trouve dans le magasin que j'aime bien sur le boulevard L'ormière.
- Tu veux dire le truc avec du sucre dedans. Pas besoin mon paternel va en faire un, mais il va falloir acheter des choses au Dollo pour mettre de l'entrain dans la maison.
- J'en ai encore de l'an passé... on parle bien de choses qu'on peut souffler ou mettre de l'hélium dedans ?
- ouaip.
Bon c'est tout une gymnastique, mais on s'amuse bien à le faire. Le plus drôle c'est fiston qui essaie de comprendre et de nous prendre au piège, mais on est tellement vague qu'il est souvent bien à côté du sujet.

Sarah a dit…

@Evely: Je suis crampée. Mon chum qui répète à moitié pour lui:
B-i-b-e-r-o-n? ... Ah oui, ok! Pendant que je lève les yeux au ciel :)

Anonyme a dit…

@Sarah, quand on va souper chez mes parents, mon père fait pareil. Je prends la peine de lui parler de cookies et lui me répond par biscuits...

Stéphanie

Mag a dit…

Ici c'est maison de geeks, on discute par msn meme quand on est dans la meme piece, par texto ca arrive mais c'est plus rare... mais on se sert souvent du langage des signes de la plongee sous-marine, avec un peu d'entrainement on fait passer un max d'informations !!

Anonyme a dit…

Haha... nous, même ma fille de 4 ans s'en mêle... Par exemple, elle sait que si sa petite soeur de 2 ans entend le mot "doudou", elle va réclamer sa doudou et ça va encore finir en crise. Même chose pour Caillou-l'amour-de-sa-vie... Alors elle parle en "code", comme son papa et moi.

Doudou: "la chose rose dont il ne faut pas parler"

Caillou: "le petit chauve"

Nos stratégies: on épelle, on parle en code, on fait les mots avec la bouche mais sans les sons (en espérant que l'autre réussisse à lire sur nos lèvres, ce qui arrive à peu près une fois sur 4).

On joue aussi au mot manquant... "J'ai acheté le ... pour le p.. samedi... Mais il faudrait que tu penses à acheter quelque chose pour ...". Taux de succès assez faible par contre. Mon chum est poche à deviner de quoi je parle et ma fille et ses oreilles bioniques a vite fait de me demander ce que j'ai acheté et qu'est-ce qu'il y a samedi.

On ne possède ni cellulaire, ni ipod, ni rien de tout ça... On est encore à la version papier-crayon sur le bloc note du comptoir.

Ce qui marche le mieux: on s'appelle pendant les heures de bureaux. 15 minutes le matin, 15 minutes en fin de journée pour régler une FOULE de détails sans se faire écouter et SURTOUT sans se faire couper la parole.

La Belle a dit…

Ici on épelle parfois à l'envers car mon fils a réussi à 4 ans à comprendre quelques mots épelé à l'endroit!