jeudi 28 mai 2015

Lassitude de fin d'année

Il faut beau (enfin!). Il fait chaud (enfin!). Et on croule sous les devoirs, les projets et les devoirs (encore!).

Cette période de l'année est la plus terrible, tant pour les enfants que pour les parents. Bien franchement, rendu à cette période de l'année, on est encore moins motivés qu'eux. On a beau jouer le jeu et leur dire de donner "un dernier p'tit coup", que c'est "le sprint final" et que "ce sera bientôt les vacances et qu'ils auront tout leur temps pour rien faire", pas facile de garder son entrain (et on n'a personne pour nous le faire croire, nous!). On veut bien les encourager mais on est encore plus à plat qu'eux. De mon côté, ce n'est pas de la fatigue ou de l'épuisement (après tout, je reviens de vacances!) mais bien une lassitude de la routine scolaire. Après 9 mois, j'en ai ma claque de toutes ces soirées qu'on perd (encore) en famille.

Difficile d'être aussi productif quand tout nous appelle à faire autre chose qu'étudier et faire des devoirs le soir... Je bénis les jours de pluie qui nous remotivent (un peu) à moins procrastiner.

La fin de l'année scolaire -et ça me semble pire en 6e année avec les examens du ministère, le bal des finissants et tout le tintouin- est une intense période de rush familial. On est sollicité de tous bords tous côtés pour les spectacles et activités spéciales de fin d'année. On n'a plus d'idées pour les lunchs. Les enfants se couchent trop tard (ce qui fait qu'on se retrouve à se coucher trop tard nous aussi...). On a la tête ailleurs pendant la journée au bureau (dehors!), on a envie de prendre ça relax le soir (on file 5 à 7 chaque jour de la semaine!) mais on a 1000 choses à faire. Une belle période pour être à boutte.

Plus que 25 jours avant la pause estivale... qui va nous recrinquer pour la rentrée!


lundi 25 mai 2015

Mon enfant, tu n'es pas spécial (et c'est parfait ainsi!)

La semaine passée, PresqueAdo est catastrophée, la veille du retour de l'école après un congé qu'on a étiré pour aller en pré-vacances:

«Je n'ai pas pu étudier comme il faut. J'avais demandé à une amie de me photographier ses notes pour que je les recopie, mais la photo est brouille, je ne vois rien et je n'arrive plus à la rejoindre pour qu'elle prenne d'autres photos. Qu'est-ce que je fais? Je vais avoir 0 dans l'examen.»

Bon, 0: on voit que la panique était grande. Qu'est-ce que je pouvais bien faire? J'aurais pu écrire un mot à son professeur, excuser PresqueAdo, je ne sais pas trop. Mais je ne l'ai pas fait. J'ai rassuré PresqueAdo en lui disant qu'elle avait bien préparé son plan d'action, mais qu'il n'a tout simplement pas fonctionné. Ça arrive. Maintenant? Elle doit trouver une solution et/ou vivre avec les conséquences. Il n'y aura pas de miracles à faire. Et on ne virera pas fou non plus. C'était un mini-examen qui ne comptait que pour un infime pourcentage dans la note finale. Se planter, ça arrive. Et c'est même formateur. Je lui ai conseillée d'aller voir son prof pour lui expliquer ce qui s'est passé et négocier, si possible, une entente avec elle. PresqueAdo a insisté pour que j'écrive un mot dans son agenda. Ce que j'ai écrit ne lui a pas plu: «PresqueAdo voudrait discuter avec vous d'une situation en lien avec l'examen à faire aujourd'hui.». Le message était plutôt: «Débrouille-toi, ma belle!». Finalement, elle a parlé à son professeur (je ne sais même pas si elle lui a montré mon mot!) et elle a suggéré d'étudier pendant une période normalement accordée au plan de travail et faire son examen après. Voilà que PresqueAdo avait réglé un problème d'elle-même.

Ça m'a fait penser au livre You Are NOT Special écrit par David McCullough Jr, un professeur américain. Ce livre est né du discours qu'il a prononcé devant ses élèves du high school lors de leur remise des diplômes en 2012 (vous pouvez l'écouter ici) dans lequel il les encourage à oser vivre des expériences par eux-mêmes, de suivre leurs intérêts sans rechercher la récompense matérielle, la reconnaissance des pairs, une note sur le haut d'une feuille ou une médaille, non juste pour le feeling que ça procure de faire quelque chose par réelle passion.

Son livre est un plaidoyer anti-performance qui fait du bien. Selon lui, les jeunes sont tellement dirigés, organisés, encadrés et contrôlés, avec un agenda complètement malades et des parents trop impliqués qui les poussent vers leurs propres rêves déchus, qu'ils possèdent, en vérité, bien peu de réelles expériences de vie liées à ce qu'ils aiment vraiment. Ils n'ont aussi que très peu d'expériences d'échecs, leurs parents étant toujours là pour intervenir à leur place en trouvant les solutions à appliquer tout en, bien sûr, les couvant, les excusant et les plaignant au besoin. Exit l'apprentissage formateur de l'échec; on les empêche de les vivre. On le voit bien: tout le monde est bon! Tout le monde est un champion!

Avons-nous tout faux à vouloir pousser nos enfants à devenir des êtres d'exception? Selon ce professeur ayant 26 ans d'expérience dans le monde scolaire et lui-même père de deux ados, oui. Il croit que cette pression à exceller, à performer, à se démarquer, à sortir du lot, à être exceptionnel ou «spécial» empêche les jeunes de prendre des chances, des risques, d'oser, d'agir par lui-même, etc. Il faudrait enlever de leur tête que chaque étape est ultra cruciale et que chaque apprentissage doit être spectaculaire pour laisser un peu de liberté aux jeunes... la liberté de suivre ses rêves, de faire quelque chose qui le fasse vibrer, de faire des choses petites, mais qui l'aident à se trouver, à se connaître, à s'aimer. C'est ainsi que les enfants prennent confiance en eux. Pas autrement. Dans son livre, il dit une phrase qui résonne beaucoup chez moi: «Climb the mountain not to plant your flag, but to embrace the challenge, enjoy the air and behold the view. Climb it so you can see the world, not so the world can see you.». En la lisant, je me suis dit que c'est la citation que je mettrai dans la carte que je vais offrir à PresqueAdo pour la fin de son primaire. Parce que je lui souhaite exactement cet horizon pour plonger au secondaire. Rien d'autre.

Dire à un enfant : «Tu n'es pas spécial!», c'est lui enlever une énorme couche de pression. C'est lui dire aussi (entre les lignes) «Tu n'as pas à être spécial pour vivre une vie formidable ou pour que je t'aime.» Et ça, ça donne des ailes.
 

vendredi 22 mai 2015

Et voilà le Terrible Twelve!

Ça m'a frappé en plein fouet en vacances, cette période bénie où on reconnecte en famille et où on a le loisir de mesurer ce qui a changé ou non avec la dernière fois où on s'est retrouvés tous ensemble aussi longtemps 24 heures sur 24: ça y est, on est en plein Terrible Twelve!

Peu documentée dans les livres de psychologie du pré-ado-de-plus-en-plus-vrai-ado, cette période méconnue est pourtant bien réelle (et aussi intense que les autres terribles périodes!). Mon groupe-témoin de trois spécimen l'a confirmée pendant deux semaines.

À l'instar de son cousin éloigné le Terrible Two, le Terrible Twelve se caractérise par une réaction d'opposition continue mais se différencie par sa manifestation plus passive qu'agressive (pas de crise de bacon mais une lenteur dans le mouvement qui a le même effet pour les parents).

En opposition constante pour prouver son autonomie (oui, comme le Terrible Two!), le Terrible Twelve emprunte également au Terrible Four l'insistante et répétitive question "Pourquoi?", remettant obstinément en question toute indication ou directive parentale. Et quand il obtient une réponse tout à fait convenable à son "Pourquoi?", le Terrible Twelve (et c'est là la grande différence avec les terribles précédents...) s'emploie à la remettre en question en citant les grands principes -pas toujours appropriés mais ô combien nobles!- de justice sociale, de logique, d'équité et même les lois de la physique (tsé, faut pousser fort!)

Mon trio terrible n'a pas manifesté ces symptômes en continu mais ils ont fait surface suffisamment ici et là fois 3 pour que je puisse confirmer sans aucun doute possible l'existence de cette phase terrible qui s'ajoute à toutes les autres au moment où on pensait (enfin!) s'être sortis de l'enfer.


jeudi 21 mai 2015

Avant l'été, on tord l'éponge!


Certains lancent la serviette. Moi, j'ai décidé de tordre l’éponge.

Veut, veut pas, tout ce qu'on voit/lit/entend nous influence et nous interpelle. C'est normal, autrement, notre bulle n'est pas hermétique. Et c'est souhaitable aussi, autrement, on agirait sans jamais pensé aux impacts.

Toutefois, il arrive (trop souvent) qu'on devienne un peu trop impliquée sans devoir l'être véritablement. Sans qu'on s'en rende compte, on se laisse s'imbiber de trucs qui ne nous concernent pas. On les laisse s'infiltrer en nous et prendre (souvent) trop de place. Même si c'est nocif. Même si ça aucun lien avec notre vie. Même si c'est inutile de s'en faire. Même si on n'est pas dans les bons souliers  pour évaluer la situation. Même si ça ne nous touche pas. Même (surtout) si on ne peut rien faire. «Moi, je pense que je ferais ça si ça m'arrivait...», «Si j'étais à sa place, c'est clair que...», «Ayoye! Comment je réagirais si je vivais le même drame que lui...», etc. Les pensées s'enchainent à une vitesse folle. Les scénarios improbables aussi. Les «si« nous plongent dans une vie qui n'est pas la nôtre. On vit par procuration des situations qui ne nous arriveront peut-être jamais.

On peut appeler ça de la compassion, du respect, de l'anticipation formatrice ou de la solidarité. Mais c'est aussi essayer de prendre les problèmes des autres sur nos épaules, jouer à une vie qu'on ne vit pas et s'en faire pour rien d'avances. On devient «pleine» de ces problèmes qui ne sont pas les nôtres, «remplie» des drames qui ne nous touchent pas en vérité (ou si peu), «gonflée» de ces maux qui prennent trop de place dans notre tête (déjà pleine!). Le résultat: on est à cran, submergée, lourde de problèmes qu'on traine, l'esprit un peu trop noir, épuisée et j'en passe.

Si on dit que les enfants sont des éponges, il faut se dire les vraies affaires : les adultes aussi. On se laisse envahir excessivement. On éponge les bouts de vie des autres, leurs malheurs et leurs drames (parce qu'on retient moins les bonheurs) et on se demande comment on agirait à leur place, on les achale avec nos conseils, on se met en mode «action» pour les régler (à leur place, à leur insu... ), on joue aux sauveurs, on assaille notre propre hamster de d'autres soucis, etc. Ça suffit!

Et c'est là que je dis que je tords l'éponge. Oui, je me libère de ce qui ne m'appartient pas. Un gros ménage du printemps (tardif) pour retrouver de l'espace en moi. Je fais le tri entre «Ça m'appartient!» et «Ça ne m'appartient pas!». Ce grand tri ne veut pas dire me contrecrisser des autres, mais c'est refuser de trop me laisser envahir. Je continue d'être touchée par ce qu'ils vivent ou bouleversée par leurs drames, mais sans éponger le tout à leur place. 

C'est fou comme ça libère. Et cette tactique de l'éponge nous rend plus légère, ce qui n'est pas négligeable dans nos vies de fou. Même que j'en ai parlé à mon ado qui avait, souvent, tendance à vouloir régler les trucs des autres, s'en faire pour les autres, etc. Juste tordre l'éponge, ça fait le tri entre ce qui doit rester et ce qui doit partir. Ce n'est justement pas lancer la serviette et tout abandonner, c'est se donner de la place et se libérer pour les trucs qui comptent vraiment.

Collectivement aussi, on aurait besoin d'une session de tordage d'éponge. Parce qu'on ne peut pas pogner les nerfs sur tout, parce qu'on n'a pas à réagir à tout, parce que si on commençait par bien aller, s'occuper de soi et de son cocon, eh bien, ça serait tout aussi aidant.

Et vous, avez-vous besoin de tordre votre éponge?





mardi 19 mai 2015

Le lâcher-prise, ça s'apprend aussi aux enfants

La fin de l'année scolaire approche et, dans le cas de mes enfants, la fin du primaire également. Les examens du ministère de 6e année (ceux qui m'avaient tellement stressée à l'époque) s'en viennent à grands pas. Il ne reste plus qu'une semaine pour s'y préparer mentalement. S'entraîner, faire des tâches complexes jusqu'à tard le soir, réviser ses verbes, sa grammaire et revoir toutes les notions de maths apprises depuis 2 ans.

Ben non! Pensez-vous! On revient de vacances! C'était notre cadeau familial pour avoir traversé ensemble le primaire (avec ses hauts et ses bas, de difficultés d'apprentissage marquées en réussites remarquables) et pour calmer cette pression de performance que je sens contaminer peu à peu mes enfants.

Deux semaines scolaires qui se sont transformées en "vacances-même-pas-éducatives". Deux semaine pendant lesquelles mes enfants studieux et parfois trop stressés ont lâché prise. Ils ont rushé avant de partir pour être à niveau et je n'ai aucune crainte qu'ils vont s'en sortir sans trop d'impact aux examens de fin d'année. Ils auront peut-être 5 points de moins dans leur bulletin (un 85 au lieu d'un 90 ou un 70 au lieu d'un 75) mais la leçon a valu plus que ces quelques points (qui comptent pour quoi, au final?).

Quelle leçon? Celle de changer les règles s'il le faut pour les faire s'accorder aux priorités qu'on s'est définies. Celle de redoubler d'efforts si l'on veut se permettre de prendre de relâcher. Celle de ne pas viser le top à tout prix, mais se permettre de vivre tout en donnant son maximum et être fier du résultat obtenu et, surtout, du chemin parcouru.

On est de retour, la vie scolaire a repris son cours. On est reposés, bronzés, regorgés de vitamines et tous beaucoup plus relaxes qu'avant notre départ pour se lancer dans ce dernier sprint avant les (vraies) vacances, puis affronter le secondaire (où cet exode privilégié deviendra beaucoup trop compliqué), puis après ce sera le cégep et les jobs d'été... Finalement, on a bien fait de se le permettre car les chances que ça se reproduise sont minces. Mais ces 2 semaines resteront pour longtemps gravées dans notre mémoire (pas mal plus que la note finale en maths dans un bulletin de 6e année! Vous vous en rappelez de la vôtre, vous?).



jeudi 14 mai 2015

Arrêter de stresser avec le temps

Toute une mission, n'est-ce pas? Effectivement. Et vous savez quoi? Je ne suis pas bien bien bonne là-dedans! Je suis celle qui demande toujours quelle heure il est, qui vérifie son téléphone aux dix minutes, qui se met toutes sortes d'alarmes pour ne rien oublier, qui cédule souvent assez serré mes soirées, etc. C'est assez rare que je me laisse porter par le temps... sauf aujourd'hui et les six prochains jours.

Je m'en vais décrocher, oublier la pression du temps, oublier de regarder l'heure, oublier de me laisser gérer par le temps, etc. On part en pré-vacances pendant le long weekend qu'on prend plaisir à rallonger de chaque côté. La bonne idée. Et on part... rien faire! Pas d'horaire, pas de planification: on va essayer de jeter au bout de nos bras le temps qui nous stresse pour véritablement en profiter. Manger quand on a faim. Flâner si la météo est plate. Aller se promener les lunettes soleil sur le bout du nez.

Une anecdote me revient quand je pense au temps. En fait, j'y pense souvent. Un jour, je demande à JeuneHomme à quelle heure la cloche sonne pour le dîner, car je devais aller le chercher pour un rendez-vous chez le dentiste. «Je ne sais pas!». Mais il sait lire l'heure, là. «Et les récrés, tu sais quand elles sont?». Même réponse. Pour lui, tout semblait normal et vraiment «pas grave». J'ai donc rangé ma face d'éberluée et je n'ai rien dit malgré le fait que j'étais un peu sous le choc. Et, en même temps, assez jalouse. JeuneHomme ne se stresse pas avec le temps. Il le vit. Il s'en fout, à la limite. Il y a des règles, oui, mais pourquoi s'en faire (on s'entends-tu que c'est Monsieur Lâcher-prise!). J'avoue que j'aimerais ça que le temps n'ait pas une si grande emprise sur moi. J'essaie vraiment de m'en défaire, mais je trouve ça encore difficile. Mais... j'ai un exemple à suivre avec moi! C'est le point positif!

Et j'ai quelques jours de congé pour trouver des façons d'y parvenir.

lundi 11 mai 2015

S'abstenir ou... s'auto-punir?

Bon, c'est la nouvelle tendance: l'abstinence (en termes plus clairs: se retenir de, s'interdire).

Et on a l'abstinence large ces temps-ci! Pour plusieurs ce sera l'alcool (c'est rendu in de dire "Je n'ai pas bu d'alcool depuis 22 jours" (m'est d'avis que si tu les comptes tant que ça les jours c'est que ça ne doit pas te faire plaisir, mais bon...), le pain (tsé, le gluten), la télévision, le fromage, le lait, le chocolat...

On s'abstient pour tout plein de raisons, souvent bien justifiables d'ailleurs, mais on ne s'abstient surtout pas d'en parler. De le mentionner chaque fois que l'occasion se présente (même si parfois, elle ne s'est pas présentée tant que ça...).

Une seule question me vient toujours à l'esprit: pourquoi? Quand l'abstinent ne fait pas dans la discrétion, qu'il (ou elle) parle abondamment de son effort, ça ne doit pas être si assumé que ça comme décision.

Alors, pourquoi?

La vie est si courte, pourquoi s'auto-punir? Pourquoi s'interdire? Pourquoi ne pas juste pratiquer la modération au lieu de l'abstention?

Et surtout, pourquoi avoir tant besoin des encouragements des autres si c'est un choix personnel?

jeudi 7 mai 2015

J'ai besoin d'un tuteur pour ados

J'ai eu beau fouiller l'Internet, passer à travers eBay et Kijiji et mettre une petite annonce, je n'ai pas encore trouvé de tuteur pour mes nouveaux ados.

Ne vous méprenez pas! Je ne cherche pas un aspirant-prof, mais bien un tuteur en bois ou en plastique -oui, le bâton, comme pour les plantes!- pour aider mes grands ados disproportionnés à tenir debout.

Ne mettez pas un comptoir devant eux, ils vont s'y affaisser. Une chaise? Ils y reproduiront les montres molles de Salvador Dali. Un sofa? Un "évacheoir", plutôt!

En grandissant, ils ont gagné du mou dans la colonne vertébrale. Plus moyen de s'asseoir autrement que sur leurs clavicules, de se tenir debout sans s'accoter de tout leur long sur un mur, de s'asseoir dans l'auto sans prendre une position défiant la gravité.

Et avec leurs bras qui allongent à l'infini, je ne vois pas quand tout ça va s'arranger. Nous sommes entrés dans la phase "molle" de l'adolescence. Celle où chacun de leurs membres semblent peser trois tonnes et bouger de façon non coordonnée avec les autres.

Et parfois, j'ai l'impression que leur cerveau est contaminé. Il n'y a plus de verres? Ils boivent dans un bol! Ils font des "expériences" débilitantes: boire une bouteille d'eau sans la tenir (?!), mangez une pizza à l'envers (oups! plus de toppings!) ou s'étirer au maximum pour aller chercher quelque chose à bout de bras (et tomber par terre!) au lieu de se lever de sa chaise pour l'atteindre.

C'est une phase à traverser, il faut croire..!

lundi 4 mai 2015

Avez-vous peur d'être un parent NON-zen?

 
La psychothérapeute française Isabelle Filliozat a écrit de nombreux ouvrages sur la parentalité, les enfants et la vie de famille. Certains ont des titres assez intéressants : «J’ai tout essayé», «Il n’y a pas de parent parfait» (tiens donc!), Fais-toi confiance!, etc. Mais lundi dernier, quand j’ai lu un article dans LaPresse+, j’ai sursauté, recraché mon café et hurlé un gros «Ben voyons donc!» dans la cuisine. 

De passage à Montréal pour le festival Métropolis Bleu, elle a discuté avec une journaliste des façons d’être un parent zen et donner des outils pour y parvenir. 

En quatre points rapides, elle dit rien ne sert de hausser le ton avec les enfants, que les punitions sont inutiles, que donner des ordres est contre-productifs et qu’on peut gérer une crise avec un verre d’eau. Eh ben! Comme a dit une femme sur la page Facebook des (Z), elle vit dans un beau monde de licornes et de pouliches! C’est ce que je crois aussi! (Une autre a dit qu’elle avait vu ce type de parent une seule fois… dans la famille de Caillou!)

Bien sûr, je ne pense pas qu’hurler après nos enfants est LA façon de les éduquer. Mais parfois un puissant AÏE est beaucoup plus saisissant et efficace (oui oui!) que dix minutes d’explications sur le pourquoi du comment qu’il ne faut pas sauter sur les divans (par exemple!). Mais pour ne pas crier, il faut justement les éduquer, ces enfants! Bien qu’une grande partie de l’éducation soit constituée d’explications et d’agissements cohérents, il faut aussi discipliner, mettre des limites et des balises. Non? Sauf que la suite de l’article nous apprend que les punitions sont inutiles. Eh ben! Je crois qu’il n’est pas tout à fait sain de faire croire aux enfants que leurs actes n’ont pas de répercussions sur les autres ou sur eux. Dans la vie, il faut que tu assumes et ce n’est pas à 13 ans qu’il faut leur faire comprendre ça (le comprendrait-il?).

Aussi, on ne doit pas donner des ordres. Re-eh ben! En quoi, c’est brimant de se faire dire quoi faire? Je ne veux pas péter la bulle de personne, mais dans la vie on va en avoir des ordres auxquels obéir : à l’école, en conduisant, au travail, etc. Pour illustrer son propos, elle suggère qu’au lieu de devoir dire à son enfant « Donne-moi la main ! » avant qu’il traverse la rue tout seul, il faut le préparer « dans un souci de tous les instants, à l’importance de cette règle» et de «répéter les règles ; si je joue avec ses peluches, répéter aux peluches qu’il faut traverser en tenant la main. ». Donc, il faut dire la règle, mais pas à l’enfant. C’est bien mieux de la dire à un toutou. L,ordre «tombe» sur un toutou et non sur l’enfant, donc l’estime de ce dernier est intact. Il ne se sent pas trop visé et pas trop bousculé comme pourrait l’être un enfant qu’on élève tout simplement et à qui on dit les vraies affaires.

Franchement, pire que de proposer un modèle culpabilisant aux parents – vraiment qui ne hausse pas le ton et qui ne punit pas…! –,  je trouve que cette pratique essaie de faire croire aux enfants que ce sont eux qui décident, qu’ils ont (et auront toujours) le choix et que les règles, c’est pour les autres (pas eux!). Comme a dit une autre mère sur la page Facebook : «C’est leur mentir! L'autorité fait partie de la vie et c'est aux parents d'enseigner ce fait à leur progéniture. De toute façon, les enfants savent reconnaître une autorité légitime et exercée sans abus (même s'ils rouspètent à l'occasion) et ça les sécurise de savoir qu'il y a un capitaine dans le navire.»

Non, je ne pense pas que cette formule de parents  zen n’est pas souhaitable ni pour les parents ni pour les enfants. Je suis d’accord sur plusieurs points (il faut travailler en amont, prévenir, expliquer – mais pas sans fin - , se calmer le pompon donc moins crier, etc.), mais garder notre enfant dans une bulle où toutes les potentielles frustrations, peines et colères sont évacuées me fait grimper dans les rideaux. Parce que ce n’est pas ça la vraie vie. Si je faisait ça, je sentirais que je mens à mes enfants, que je suis hypocrite de leur faire croire que la vraie vie, c’est ça et que ses profs, ses boss ou ses amis vont agir ainsi avec lui.

Assumer notre autorité ne veut pas dire être abusif ou agressif, c’est être ferme, constant et ne pas avoir peur de perdre l’amour de notre enfant pour un «non», pour un ordre lancé ou une punition appliquée. Je veux bien «améliorer» mes techniques d’éducation, mais je refuse celles où chacun de mes écarts et de mes actions sont perçus comme une atteinte potentielle à mon enfant. Franchement! Oublions-nous comme parents. Plus facile de ne pas assumer ses écarts que d’essayer de ne pas en avoir. Ne jamais exprimer le fond de notre pensée, nos limites et nos moments d’à bouttisme. Nenon… notre enfant pourrait en être brimé et surtout… il pourrait nous en vouloir.

Je ne sais pas si c’est ça le fond de la nouvelle vague de techniques d’éducation : craindre le non-amour de nos enfants. Ou craindre qu’ils nous remettent quelque chose sur le dos plus tard. Pour être sûr, on abolit les distinctions entre qui est le parent et l’enfant. On est tous pareils. Comme ça tout le monde est supposé être zen.

Zen? Pffft! Quand j’y repense. Je ne serai pas zen d’être ainsi. Mes enfants non plus. Je ne serais plus moi-même non plus. Et c’est pas ça que j’ai envie que mes enfants vivent et reproduisent. J’aime 1000 fois mieux péter une coche de temps en temps, me montrer 100% comme je suis vraiment à mes enfants, avouer mes torts et mes bons coups, ne pas avoir honte ni de mes failles ni être gênée de mes forces, juste être vraiment moi-même. Et assumer tout ça et les implications qui vont avec. Et ça ne me fait pas peur.

Non! Même pas peur!   Et vous avez-vous peur de vous montrer comme vous êtes vraiment ? Qu’avez-vous pensé de cet article?   

P.S. Et je n’ai même pas parlé de la technique de gestion de crise avec un verre d’eau… Mais comme beaucoup, j’ai pensé que le verre d’eau dans sa main pendant une crise équivaudrait à un dégât à nettoyer en plus (parce que tu ne peux pas dire à l’enfant «C’est toi qui l’a lancé, ramasse-le!» : tut tut tut! C’est un ordre, ça!). J’ai aussi pensé qu’un verre d’eau dans le visage aurait plus d’impact pour calmer une crise. Mais le meilleur conseil serait de prendre moi-même un verre (de vin, pas d’eau!) pour m’aider à gérer la crise!




    

jeudi 30 avril 2015

Être parent, c'est le fun (quoi qu'on en dise!)

Des fois, à entendre le discours ambiant, j'ai l'impression que peu de parents aiment ça avoir des enfants. Que c'est un vrai boulet. Bon d'abord, on n'était pas obligé d'en avoir. Alors si on en a, c'est que (généralement) on en voulait. Donc, assumons notre choix. Ça ne veut pas dire qu'on ne puisse pas admettre que c'est difficile/fatiguant/épuisant/enrageant de temps en temps (ou même souvent!). On a créé ce blogue il y a 7 ans précisément pour pouvoir le dire haut et fort et se déculpabiliser de le penser.

Mais ça ne l'est pas tout le temps (du moins, espérons-le!) alors, de grâce, peut-on parfois souligner le bon côté de la chose?

Pour Jennifer Senior, auteure du livre All Joy and No Fun – The Paradox of Modern Parenthood (Harper Collins), être parent c'est: « Des moments de grande joie et de satisfaction profonde qui émergent d’une mer de frustrations, de difficultés et de culpabilité. Bref, All Joy and No Fun… » Citée dans un article fort intéressant de Louise Gendron dans Châtelaine, elle avance: « Le problème ce ne sont pas les enfants eux-mêmes, c’est ce qu’on met autour. Tout le stress, l’anxiété, les exigences qu’on se donne. »

Et voilà! Si on a si peu de moments de fun avec nos enfants, c'est peut-être parce qu'on ne s'en accorde pas assez? On ne peut pas attendre qu'aux vacances pour sortir de la routine, pour passer un bon moment ensemble, pour se soustraire aux obligatoires qui occupent une part beaucoup trop importante de notre vie familiale.

Oui, il y a les repas et les bains, puis il y aura les devoirs et la course aux activités parascolaires mais il faut trouver le moyen de s'accorder un moment de fun avec ses enfants. Chaque jour. Pas une fois par semaine ou l'été prochain! Un moment parfois plus court, parfois plus long mais il faut se l'accorder chaque jour. Quitte à couper dans les tâches qu'on s'impose et qui ne comptent pas tant que ça en comparaison avec un vrai bon moment parent-enfant. Quitte à couper une activité trop bouffeuse de temps et d'énergie pour avoir le temps de ne rien faire ensemble au lieu de courir de gauche à droite.

Avoir du fun (ou non) comme parents, c'est une décision qui nous revient. C'est notre choix. Et ça serait bien de l'entendre plus souvent. Oui, avoir des enfants ce n'est pas facile, mais c'est VRAIMENT le fun (du moins, si on fait en sorte que ce le soit!)! Quoi qu'en pensent ceux qui n'en voient que les mauvais côtés.

Allons-y: qu'est-ce que vous aimez faire avec vos enfants?

Moi j'aime qu'on fasse rien d'organisé, rien de spécial, côte à côte sur le sofa. J'aime qu'on aille promener le chien deux par deux pour avoir le temps de jaser "en privé". J'aime quand on part en escapes, sortie, voyage, visite et qu'on en jase des heures et des jours durant au retour. J'aime les soupers qui durent toujours trop longtemps et les soirées qui s'étirent dehors l'été. J'aime les situations étranges et compliquées que seuls les parents ont la chance de vivre.

Et si on faisait en sorte que ça se produise plus souvent?

lundi 27 avril 2015

Le secondaire... pour le plaisir!

Hier midi, avec ma pré-ado, on est allé dîner en tête à tête, juste comme ça. On a jasé de la fin d'année qui approche, du secondaire qui suit, des rêves des autres études, de «comment ça se passe au cégep, maman?» et des futurs métiers qu'elle et ses amis souhaitent faire. De belles discussions, relaxes, détendues.

Je le sens, elle est fébrile. C'est une nouvelle étape qui l'attend. Elle a plus hâte qu'elle la redoute. Elle a hâte au changement et ce, même si elle le craint un peu. Mais je la sens confiante et heureuse. C'est une nouvelle étape, une nouvelle liberté et de nouveaux horizons. Puis, à travers nos discussions, elle me confie tout bonnement «La plupart de mes amis ne veulent pas aller à telle école, mais c'est leurs parents qui les obligent!». Les obligent? Ahhh... Je n'ai pas pu m'empêcher: «C'est bien plate!». MissPuDeLulus confirment, la mine un peu triste pour ses copains: «Pour eux, tu sais, les notes, c'est super important!». Ahhhh ouiiiii les notes! Eh misère...

Je ne suis pas certaine que c'est une excellente idée de forcer son enfant à fréquenter une école qui ne l'intéresse pas. Ce n'est pas comme partir tout croche? Sérieusement, j'ai trouvé démesurée l'attention que l'on porte au choix de l'école des enfants au secondaire. Dans notre commission scolaire, les enfants peuvent «choisir» l'école qu'ils veulent fréquenter selon leurs goûts. J'ai toujours trouvé que c'était un peu démesuré comme choix et comme tactique pour contrer l'attrait au privé (qui ne m'a jamais intéressée!). Et la folie de la performance dès le primaire... Vraiment? Au primaire! Ça donne quoi de les stresser ainsi: qui se rappelle avec exactitude la note qu'il a eu en français en 5e année. Moi, mes souvenirs sont davantages reliés aux amis que je me suis faits, au prof, aux sorties et à l'ambiance générale, etc. Le secondaire? Je me rappelle avoir trouvé qui j'étais et qui je voulais être. Bien plus que mes notes ou les notions précises. Mais c'est autant valable non?

J'ai toujours pensé que le plaisir d'apprendre est ce qui est le plus important. Ici, on parle positivement de l'école, je surveille (encore un peu trop les devoirs), je suis exigeante (et fatiguante) sur les fautes de français, je ne tolère pas le travail bâclé et je souligne et encourage les efforts. Mais chaque matin, quand les enfants partent, je leur souhaite qu'une seule chose: «Amusez-vous bien!». Jamais ça n'a terni ou amoindri la valeur que je porte à l'éducation. Et c'est en plein ce que je veux qu'il arrive l'an prochain au secondaire.
 

lundi 20 avril 2015

N'ayez pas honte d'être à boutte!

La tournée des salons de livre des (Z)imparfaites se termine bientôt et ces rencontres nous ont bien sûr permis de jaser avec des lectrices (des fidèles et des nouvelles!) mais aussi de faire un constat: il est difficile d'identifier soi-même qu'on a besoin de lâcher prise.

Dans tous les salons sans exception (de Rimouski à Edmundston en faisant un détour par Gatineau et le Saguenay), nous avons souvent vu les enfants (pré-ados, ados ou jeunes adultes) diriger leur mère vers nous, attirés par le phylactère "Fatiguée? Stressée? À boutte?!" qui ornait notre table.

- Maman, c'est pour toi, ça!

Voilà la phrase que nous avons le plus entendue aux quatre coins du Québec (et au Nouveau-Brunswick!) cette année. Et une fois sur deux, la mère s'étonnait totalement de la remarque de son jeune "Ah oui?!" ou s'en offusquait "Ben voyons, toi?!" Comme si le fait d'admettre qu'on est essoufflée (fatiguée, stressée, à boutte) était un constat d'échec.

Près de 7 ans après le lancement du blogue, on s'est rendue compte qu'admettre ses imperfections, ce n'est pas aussi évident qu'on pourrait le croire (même si on a l'impression que tout le monde le fait!). Pour certaines femmes, la peur d'être jugée, d'avoir l'air faible, de ne plus être en contrôle est un stress qui s'ajoute à tout le reste.

Et il faut parfois que notre enfant ait l'honnêteté de nous le dire pour s'en rendre compte.

jeudi 16 avril 2015

Mettre sa switch à OFF

Je ne sais pas trop si c’est l’hiver long et froid, mon âge, une accumulation de fatigue, une écoeurantite générale, mais j’ai décidé que cet été, je mettais ma switch à OFF. Dans la lignée du billet de Nancy sur le silence, mais je me sens (crissement) dû pour une retraite. Tsé se créer une bulle inatteignable et me vautrer dedans. La mienne pourrait prendre la forme d’une chaise longue sur le bord de la piscine, une chaise Adirondak au chalet, le hamac dans la cour, le siège de l’auto les fenêtres ouvertes avec une toune des Trois Accords qui joue à tue-tête, la chaise pliante sur le sable devant la mer, etc. J’en ai besoin. Vraiment.

Besoin de mettre de la distance entre le reste du monde et de moi. Arrêter de me sentir concernée. Prendre un break de l’actualité, des problèmes et des pétages de coche de l’un et de l’autre. Ne plus entendre le flot de paroles, les plaintes comme l’étalage des bons coups. Juste être protégée par ma bulle et m’occuper que de mon petit cocon, ma famille et mon noyau dur d’amis. C’est tout!

Je sais, c’est égoïste. M’en fous! Mais quand est-ce qu’on se permet de se sentir à OFF? Rarement, vraiment. Alors pourquoi on s’en prive? Parce qu’il faut militer, sauver, aider, motiver, participer, etc.? Parce qu’il faut faire comme les autres pour être dans la game? Cet été, je débarque! De mon plein gré!  J’ai envie de devenir inatteignable et injoignable pour quelques temps. Prendre la vie avec un grain de sel, pour vrai! Et rien faire! J’ai envie de donner des vacances à mon hamster. Il spinne depuis longtemps, toujours à vitesse folle. Lui aussi a besoin de se relaxer. Et l’été, c’est le meilleur temps pour ça!

C’est drôle, on dit qu’on est une société bien égoïste, pourtant, on ne s’occupe rarement de notre petit monde, mais beaucoup plus de tout ce qui se passe autour (et qui n’est jamais vraiment aussi important!) et de ce que les «autres» pourraient bien penser. C’est en plein de ça que j’ai le goût de m’éloigner.

Dans un peu moins de trente jours, on part en famille pour une semaine de pré-vacances (avant les « vraies » de l’été!). Souvent on dit à la blague, « On va se pratiquer pour nos vacances de cet été! ». Dans le fond de moi, je m’en vais me pratiquer à me mettre à OFF. Et étrangement, on se fait demander ce qu’on s’en va faire sur le bord de la plage à Cape Cod en mai. Notre réponse rend les gens bien perplexes : « Rien ».  Tout de suite, ils s’inquiètent : « Mais les enfants, eux? ». Quoi, les enfants? Ils sont heureux! On s’en va vivre en bulle pour 6 jours… loin de toutes les distractions habituelles. Ils sont heureux de cette cassure qui leur permet d’avoir de longues journées libres. Être à off, ce n’est pas être neurasthénique, c’est juste se recentrer sur les vraies bonnes choses. Celles qui valent vraiment la peine. Celles qui sont vraiment importantes. Celles qui nous font vraiment plaisir. Pour vrai. Pour nous.

J’ai besoin de vacances pour ça? Eh oui! Chez nous, je décroche moins. J’ai arrêté de faire semblant. C’est plus difficile chez moi de me mettre à OFF. Partir en mai va me permettre de me lancer et, je l’espère, de ne plus avoir le goût de me laisser contaminer par ce que finalement je n’aime pas du tout. J’ai réalisé que j’ai laissé trop de choses prendre trop de place. Ça suffit!

Je vous le dis, être OFF, c’est un peu le rêve dans une société où tout le monde veut trop être partout à la fois! 

Et vous, que faites-vous pour vous mettre à OFF?   

lundi 13 avril 2015

«On ne peut pas aimer les mêmes choses!»

J'ai récemment appris une nouvelle réalité de ma vie de mère de pré-ado-de-moins-en-moins-pré: faudrait surtout pas aimer les mêmes affaires!

Exemple: la musique. Si on aime la même chanson et qu'elle joue dans l'auto:

a) On ne peut plus chanter en duo à tue-tête (ce doit être l'une ou l'autre ou sinon "c'est trop poche")
b) Idéalement, ma pré-ado préférera écouter la même chanson dans ses écouteurs ("c'est moins poche")
c) Il ne faurait surtout pas que je connaisse les "vieilles chansons" qu'elle pense avoir découvertes elle-même avec l'aide de Shazam:

"Tu connais ça Like a Prayer?!" (avec les yeux un peu au ciel)

- Ben oui, c'est MA toune de Madonna! J'avais ton âge quand c'était un hit!

"Bon, je ne l'aime plus d'abord!" (mais je l'entends encore la chanter dans la douche... hum, hum!)

- Ben correct parce que j'ai aimé ça AVANT toi! (quin toé!)

"Ok, mais si j'aime quelque chose avant toi, j'ai la priorité, d'accord?"

- Deal! (elle vient tellllllement de se planter!)

Afin d'éclaircir le mystère, je me suis assise avec elle pour mieux comprendre cette nouvelle phase. Ce que j'en ai compris c'est que ça parait mal à son âge d'aimer les mêmes affaires qu'une personne de 40 ans (elle m'a épargné le vieille...). Donc, quand ses amies viennent à la maison, est-ce que je pourrais éviter de chantonner les tounes de Ed Sheeran et d'Ariana Grande? Parce que "c'est méga-gênant mamannnn"...

Puis j'ai eu un flash: dans quelques semaines, on s'en va visiter le monde de Harry Potter à Universal Studios...

- Oh! Mais j'y pense! Je lisais ça enceinte, moi Harry Potter... J'ai aimé ça avant toi! Comme c'est donc trop poche d'y aller ensemble, tu ne viendras pas. J'ai la priorité!

"Ben làààààà, maman!"

Croyez-moi, cette phase est définitivement terminée!

vendredi 10 avril 2015

Se taire, cette qualité qui se perd...

Des fois, dans le train, au bureau ou ailleurs, j'écoute les conversations ambiantes sans vraiment les écouter. Ça passe du léger au grave, de l'insignifiant au profond, du ridicule au sérieux. Ce qui attire mon attention, ce n'est pas le discours de la personne qui mène la conversation, ce sont les commentaires de son interlocuteur. Parfois, y'a juste rien à dire mais on dirait que le besoin de combler le silence, pire de donner son avis -alors que souvent il n'y a même pas d'avis à y avoir!- est plus fort que tout.

Le silence est un grand oublié de nos jours. On doit avoir une opinion pour exister. On doit "liker" ou critiquer, on doit se démarquer, faire apparaître son nom dans un fil de commentaires pour prouver qu'on existe. Lancer des "Coucou! Je suis là!", sans égard à la pertinence de nos propos.

Un ami me demandait récemment ce qu'il devait dire à une amie qui a fait une fausse couche. Je lui ai suggéré de se taire. De lui demander comment elle allait, comment elle se sentait plutôt que de lui balancer des phrases creuses, des clichés inutiles, des "c'est la nature qui voulait ça" ou autres insignifiances pénibles dans les circonstances.

Quand on a vraiment quelque chose à apporter à une conversation ou un débat, ça va de soi d'y participer. Mais quand on n'a rien à dire, rien à ajouter, à critiquer ou à commenter, on a encore l'option de se taire. Même si on semble l'avoir désormais oubliée.

mercredi 8 avril 2015

"Ben oui, il me semble..."

- Maman, y'en a qui disent n'importe quoi à l'école...
- N'importe quoi?
- Ben, tu sais, ils disent des affaires pis c'est comme si ça ne voulait pas dire grand chose... Ou ils disent des trucs pis je le sais au fond de moi que ce n'est même pas vrai!

Yes!!!! Ma fille a découvert son détecteur de bullshit! Parce que, oui, c'est une aptitude qu'on doit développer. On ne nait pas avec. On doit le découvrir et l'expérimenter.

- Maman, c'est normal?
- Ohhhhhhh oui! Et il y a plein d'adultes qui font ça aussi! T'es mieux d'être préparé...
- Mais là!! C'est poche!

Eh oui, c'est poche d'essayer de "bourrer" le monde!  Mais ça semble être une tactique efficace tant elle est répandue.

- Tu sais, je trouve que même à La Voix, c'est comme ça! Les juges trouvent tout le monde beau et fin et bon et exceptionnel et époustouflant... Mais pourquoi ils font ça? Pour se montrer bon? Parce qu'ils ont peur de faire des erreurs? Parce qu'on ne peut pas critiquer?

Aucune idée! Je n'arrive pas à comprendre cette tendance à s'auto-glorifier, à toujours vouloir être l'ami de tous (et chacun), à tout trouver merveilleux, etc.

- Quand UneTelle me dit "Ahh c'était tellement facile l'examen de math et j'ai presque pas étudié!", ça m'énerve parce que je le sais que ce n'est pas vrai, elle veut juste... se penser bonne!? C'est poche de savoir qu'elle dit n'importe quoi...

Certainement! Parce que tu réalises qu'on réalise que cette personne n'est pas vraie. Et que si elle n'est pas vraie dans cette situation-là, elle ne devait pas l'avoir été avant quand elle nous a fait un compliment, quand on lui a demandé conseil, quand on l'a aidé, quand elle a juré qu'elle ne dirait pas ton secret, quand on lui a fait confiance, etc. Ça brise tout...

- Mais, maman, tu sais ce que je fais maintenant quand ça arrive? Je dis juste "Ben oui, il me semble..." ou juste "Ben oui..." et je m'en vais. Parce que ça ne donne rien de jaser avec ces gens-là, ils  veulent juste avoir raison et n'avoueront jamais le vrai fond de leurs pensées.

Des fois, il y a des monologues de ma fille qui me rendent bien fière. Ça en est un.

lundi 6 avril 2015

Enfin le grand ménage du printemps!

Pas celui avec un escabeau, un seau et un plumeau à rallonge (celui-là est une pure invention du lobby des produits nettoyants!), on parle plutôt du grand ménage des tâches qu’on ne fera plus! À part vider le tapis de bottes de son jus, il n’y a rien qui presse.

Si on sort enfin de l’hibernation à ce temps-ci de l’année, ce n’est pas pour se lancer dans les grands travaux pendant qu’il fait enfin beau. On vient de sortir des semaines de froidure balayées par les influences du satané facteur éolien, on va commencer par se calmer un peu. Juste pour enfin profiter!

Le printemps, pour nous, c’est la saison de la chasse aux « faucons » : faut qu’on range le cabanon, faut qu’on nettoie le patio/la cour/l’auto/le garage, faut qu’on fasse des semis plein le salon, faut qu’on lave les vêtements d’été, faut ranger ceux d’hiver, faut qu’on pense à faire les plans d’un potager, faut qu’on repeigne la clôture… Ouf! Le printemps est à peine commencé qu’on est déjà épuisé! Ça suffit! C’est le renouveau, on le dit partout! Parfait, cette année, on fait changement justement. On ne se presse pas à abattre toutes les listes des trucs à faire établies cet hiver quand on restait encabané pendant qu’on avait si hâte à la belle saison. Elle est là? Elle arrive? Super!  Profitons du premier feu à l'extérieur pour brûler ces listes d’obligations. 

Bien des gens voient le printemps comme une saison « en attente » mais, franchement, qui a le temps d’attendre de nos jours? Nous, c’est notre camp d’entraînement à l’été. Eh oui! On s’exerce… à en profiter au maximum! Le calcul est simple : comme l’été passe tout le temps trop vite, on déclare le printemps comme le pré-été. Ainsi, on a l’impression d’étirer la belle saison en commençant nos combos chaise de patio-verre de rosé entourée de neige qui fond et d’odeur de compost naturel qui monte du sol. Pas question d’attendre que le terrain ne soit plus mou (on a des bottes de caoutchouc pour affronter ça!), que la neige soit fondue (pas besoin de la pelleter au soleil pour qu’elle fonde, elle disparaîtra!) ni que les plates-bandes soient fleuries pour s’installer dehors. Le soleil, un roman, des gants, c’est déjà le bonheur! (malgré l’odeur!)


Finalement, cette année, on a envie d’un ménage… dans nos envies! On balance ce qui nous pèse et on recherche/garde?/trouve? ce qui nous fait du bien. On pourrait injecter plus d’improvisation et de spontanéité dans nos vies au lieu de vouloir les régler au quart de tour avec précision et acharnement. Les jours sont enfin plus longs... on ne va pas remplir ces heures supplémentaires avec des fausses tâches urgentes! Lâchons prise et savourons. Surtout, disons «oui» à des folies. Vivons dangereusement!

Tiens, on pourrait inviter des amis un mardi soir, comme ça, juste de même, sans raison, sans planification dans l’agenda. On fêtera l’ouverture officielle de la porte patio, on ouvrira la bouteille de rosé qui nous fera croire à la fin de l’école et on trinquera pour oublier les microbes qui nous ont assailli tout l’hiver. Et puis, on ouvrira une autre bouteille. Comme ça, juste de même, sans autre raison que d’enfin toucher le bonheur, un peu. On pensera à nos vacances d'été, aux fêtes qu'on célèbrera, aux places qu'on visitera. On croira que les journées froides sont derrière nous. On fera le plein d'énergie pour terminer la course jusqu'à la Saint-Jean. 

Bientôt, les pissenlits reviendront nous narguer. Cette année, on leur fera face. « Poussez tant que vous voulez gang de fausses fleurs, ça nous laisse de glace! » On ne nous trouvera pas en train de les arracher. Le seul terrain de la rue qui sera tout fleuri (sans efforts!), ce sera le nôtre. Alors que nos voisins seront en train de s’éreinter à arracher ces fleurs maudites une à une pendant trois samedis, on sera occupée à autre chose. À vivre, tiens! Un verre de rosé à la main!


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Ce texte a été publié dans La Presse+ le dimanche 29 mars 2015 (mais on avait envie de le partager avec vous maintenant que le printemps est ENFIN arrivé!).


vendredi 3 avril 2015

La fin des rituels

J'aime les rituels. Depuis que mes enfants sont petits, j'ai fait en sorte que plusieurs rituels se répètent année après année. Je trouve que ça marque les esprits, que ça réconforte d'avoir des repères qui reviennent tous les ans.

Par exemple, chaque jour de Pâques, on organise une chasse aux cocos suivie d'un brunch de type cabane à sucre chez ma mère. On utilise les mêmes paniers de Pâques depuis qu'ils sont petits, on met les mêmes oreilles de lapin qu'on est contents de retrouver un peu plus maganées année après année. Mais cette année, les enfants ont décidé que c'était terminé. «On est trop vieux pour ça et... Mamie n'est plus là.» Et j'étais bien d'accord avec eux. On aurait pu faire comme si, essayer de reproduire ce souvenir mais on a choisi ensemble d'arrêter ça là.

Ma mère est décédée subitement l'automne dernier et mes tantes sont déménagées à Toronto et depuis nos rituels -qu'on faisaient avec elles depuis toujours- ont perdu leur sens. On a réinventé Noël, on a déjoué la St-Valentin, on va déconstruire Pâques. Toutes ces fêtes familiales -qui nous pesaient parfois souvent- nous laissent de glace cette année. Nos rituels ne nous font plus envie. Est-ce leur absence, les enfants qui sont vraiment trop vieux ou tout ça mis ensemble? Toujours est-il que cette année est définitivement une année de fin d'étape. Mon trio termine le primaire. On est en train de fermer le chapitre de l'enfance tous ensemble. Le temps est donc venu de pelleter tout ça dans la malle à souvenirs. De regarder devant et de s'en créer des nouveaux.

C'est une belle grosse année de transition, tant pour moi que pour les enfants. De celle qui marque l'avant et l'après. Une année où l'on a perdu nos repères. Et où il a fallu s'en construire d'autres. Des tout neufs, juste pour nous, ensemble. (Et tant pis pour la chasse aux cocos!)



mercredi 1 avril 2015

Des fois, «c'pas grave!»!

Il y a des matins où tout va trop vite.
Il y a des matins où on se lève en retard.
Il y a des matins où tout va tout croche.
Il y a des matins où on élève un peu (beaucoup?) le ton pour rien.
Il y a des matins où on a juste hâte au soir... pour se reprendre.

C'était le cas hier matin.

Je me sentais impatiente, bousculée par le temps et les tâches, déjà fatiguée. J'avais mille trucs en tête, je jonglais pour trouver du temps demain ou plus tard, j'essayais de ne rien oublier. Puis, j'ai "scrappé" mon matin avec les enfants. Rien de catastrophique ou de dramatique. Juste un matin où je me suis trouvée poche.

Dans l'auto, en route vers le boulot, j'ai rappelé à la maison pour dire à mon chum de faire le message aux enfants que j'étais désolée. Et lui demander de leur expliquer que j'étais juste fatiguée. «Pas besoin! On l'a compris!». Oups, c'était vraiment évident. Bon, je m'en doutais. Tout de suite, j'ai esquivé la culpabilité. Pas question qu'elle vienne (elle aussi!) scrapper le reste de ma journée. Noo!
Juste avant de raccrocher avec mon chum, il ajoute «Tu sais que c'est pas grave, là?!».

C'est vrai! C'est pas la fin du monde. C'est pas grave. Mais je me sentais un peu poche quand même. Mais, je me suis ressaisie et j'ai décidé de juste accepter mon «à-bouttisme» temporaire. Parce que oui, il est justement temporaire. J'ai eu le temps de décanter durant la journée. J'ai dédramatisé la situation et le soir, au retour des enfants, j'ai pris le temps de leur dire le plus simplement du monde: «Ce matin, ben... ce n'était pas un bon matin! Je suis désolée!». C'est tout. Je n'ai pas cherché la bibitte, ni donné plein d'explications, ni larmoyé. Juste ça. Des fois, c'est amplement suffisant. Et c'est ce que je demande aussi aux enfants, des fois, ça ne va pas bien et on a juste besoin de le dire sans rentrer dans les détails. Juste avertir ou s'excuser après. Sans en faire tout un plat.

Finalement, ça m'a fait plus de bien à moi, je crois qu'à eux. Ils n'avaient pas été traumatisé par mon surplus hormonal ni par ma mèche un peu plus courte. «Bah! Ça arrive des fois! C'pas grave! », qu'ils m'ont dit.

Et c'est en plein ça, des fois, «C'pas grave!». Ça le serait si c'était tout le temps.

Et ma fille de rajouter «Es-tu dans ta semaine, tu sais «Team SPM», des fois, ça explique ça aussi!». C'est vrai, des fois, ça explique ça, c'est vrai. Des fois.

vendredi 27 mars 2015

Les vacances, c'est dans... 35 jours!

Mais ça, ce sont celles de 2015. Celles de 2016 sont dans 453 jours.

La fin de l'année scolaire? Dans 88 jours. Et le congé des Fêtes dans 270 jours.

Je vous entends d'ici me dire que je suis folle. Folle des décomptes, oui! J'en ai tout plein sur mon téléphone et je me rapproche chaque jour de mes projets, vacances et buts en voyant les chiffres baisser.

C'est plus fort que moi, il me faut ces objectifs -mêmes ceux à très long terme- pour me motiver les jours où ça tourne plus carré. Et en cette interminable fin d'hiver, mes décomptes sont plus que jamais la carotte qui m'encourage à me botter les fesses quand j'ai juste envie de m'enrouler dans une doudou et me réveiller au (vrai!) printemps.

J'aime être dans l'attente (anticiper, visualisez, rêver) et j'aime la fébrilité qui s'empare de moi quand le décompte tombe en bas de la dizaine (dans 8, 7, 6 jours... j'y crois pas!) et je redouble de bonheur quand j'y suis (Je me pince quasiment tout le long! J'arrive pas à croire que c'est enfin arrivé!). Sans compte l'hystérie du Jour J!

À force, j'ai réussi à embarquer les enfants dans ma folie. Combien de jours avant tel show au Centre Bell (cris!)? Avant le début du secondaire? (OMG! C'est bientôt!) Avant la semaine à la mer? (J'ai hâââte!)

Et plus que quelques heures avant le weekend! La semaine a passé vite, hein! ;-)

mercredi 25 mars 2015

Les fêtes d'enfants "sauvées" par les médias sociaux

Je l'avoue, je ressens un petit malaise avec toutes ces fêtes "sauvées" par les médias sociaux. J'ai même un peu de difficulté à trouver ça touchant. Oui, ça l'est un peu. Mais c'est infiniment triste aussi.

Il y a eu la fête de Glenn dont sa maman a lancé un cri du coeur sur Facebook il y a quelques semaines. Puis, la semaine passée, celle de Odin qui fut sauvée grâce à un appel sur les médias sociaux par sa mère qui a fait en sorte que l'adolescent a reçu pas plus de 4000 messages d'inconnus, certains vivant même en Russie et en Inde.

Le mot qui m'énerve justement: "inconnus".

Je comprends que la journée de sa fête, c'est génial d'avoir des messages de "Bonne fête", des textos, des mots gentils sur son fil Facebook, un courriel, un appel, etc. Mais provenant d'inconnus... vraiment? C'est pas un peu «fake»? (On jase, là... Faut-il le rappeler?) Plus encore, vendredi, ce sont  les hashtags #Odin et #OdinBirthday qui ont été les termes les plus recherchés sur Twitter au Canada. Odin a même des messages d'Elijah Wood, de l'équipe de basket des Raptors de Toronto et de Justin Trudeau.Vraiment? Qui fait du capital sympathie sur qui? Qui profite de qui? Qui essaie de se faire voir?

Je comprends le geste des mères qui veulent souligner la fête de leur enfant et qui ont le coeur brisé quant elles s'aperçoivent qu'aucun ami répond à l'appel. Mais est-ce qu'elles oublient qu'elles devront gérer aussi la déception qui va s'en suivre?

Le problème est qu'on agit (tous!) dans l'immédiat. Le tout de suite. L'instantané. On réagit tous rapidement. C'est facile, le web est là! Le monde, donc!

Oui, ces enfants auront des fêtes dont ils se souviendront longtemps, mais ensuite? On ne se le cachera pas: ils ne seront pas la vedette d'un hashtag populaire éternellement. Ce sera même assez éphémère. Plus personne ne leur écriront de messages. Ils ne mettront pas de visages sur ces auteurs de milliers de «bonne fête» presque anonyme. Qui dans le lot va réellement lui souhaiter «Bonne fête» l'an prochain?

Oui, une fête comme ça, ça flashe! Ça impressionne. Mais ensuite? Après? Il y a de bonnes chances qu'Odin et Glenn soient toujours aussi seuls le mois suivant, un samedi soir. Et c'est ça qui est infiniment triste.

Si ces mères ont eu ce flash pour sauver la journée de fête de leur fils, j'espère qu'elles en auront d'autres pour sauver les 364 autres jours qui suivront. Quand les textos des stars n'entreront plus. Quand le web aura passé à un autre appel. Quand les souvenirs ne seront plus assez forts pour faire sourire. Quand les enfants commenceront à avoir hâte à leur prochaine fête. Quand ils demanderont pourquoi les gens les ont oubliés.Parce que oui, les gens vont les oublier.

lundi 23 mars 2015

Momentanément hors d'usage

*** Attention ***

Ce matin, les (Z)imparfaites ont perdu l'usage de leurs doigts durant un shooting photo dont vous verrez le résultat ce weekend dans La Presse+.

Nous n'avons pas encore enlevé nos gants suite au coup de froid et sommes dans l'impossibilité de taper à l'ordinateur.

Nous serons de retour mercredi. 

vendredi 20 mars 2015

Le bonheur, c'est rien!

Aujourd'hui, c'est l'arrivée du printemps... Mais comme ça ne parait du tout, on va plutôt célébrer la journée du bonheur!

Ahhh! Le bonheur! J'ai arrêté depuis longtemps d'attendre après le gros bonheur. Je ne suis pas vraiment du genre à avoir une réserve de patience grosse comme ça et être capable d'attendre bêtement que le bonheur me tombe dessus.

Le bonheur, c'est des petites choses et surtout une twist de la pensée. Vraiment! Ça peut être un gros voyage, une grosse sortie, un bon restaurant, un nouveau vêtement, un soin au spa, des rénos, une nouvelle voiture, une plus grosse télé, etc. Tout ça, oui, mais surtout, on l'oublie, le bonheur c'est rien.

Rien comme dans rien faire. Mettre sa switch à off pour une fois. Se caller malade pour rien faire. C'est rien faire en famille à part juste être ensemble.

Rien comme dans rien dire. Ne pas embarquer dans les conversations vides ou poches. Juste se taire, passer son chemin et éviter de s'obstiner.

Rien comme dans rien planifier. On a tellement aimé ça vivre au jour le jour durant la relâche qu'on a hâte de refaire l'exercice au prochain long weekend... tiens, c'est excellent, Pâques arrive!

Rien comme dans rien de cher. Le bonheur ne se mesure pas sur une facture: un excellent resto peut ne jamais rivaliser entre le plaisir d'un spaghat en famille.

Rien comme dans rien de gros. La sortie tape-à-l'oeil qui impressionne vos amis Facebook peut être mille fois plus plate que de passer du temps à observer une fourmi avec un p'tit de deux ans, super captivé.

Rien comme dans rien qui se voit. Le bonheur, ça se passe "en-dedans" de nous... ce n'est pas une exposition à laquelle on convie la population.

Alors, en cette journée du bonheur, je vous souhaite... une tonne de petits riens qui vous font sentir bien!

mercredi 18 mars 2015

Le piège du « Parce que sinon »

Quand on devient parent, on devient aussi Ph.D. en conséquences de toutes sortes. Quand les enfants sont tout petits, un «Mange tes brocolis parce que sinon tu ne seras pas fort comme un super héros», ça tient étonnement la route. Puis, ça fait de moins en moins de sens et il faut trouver autre chose. «Là, c'est la dernière fois que tu te lèves te ton lit parce que sinon tu vas aller dormir dans le garage!». Tant qu'ils y croient encore, ça fait son effet.

Mais vient un temps où on doit en beurrer de plus en plus épais pour atteindre le but visé. «Range tes jouets parce que sinon ils vont tous disparaître dans les poubelles!» Plus les enfants vieillissent et plus les «Parce que sinon...» prennent de l'ampleur. La surenchère devient proportionnelle à l'âge de l'enfant qui la subit.

Et on se retrouve pris dans le piège du «Parce que sinon......» car il faut toujours y aller un peu plus fort pour faire un tant soit peu d'effet. Le truc est éventé. Ça ne marche plus aussi bien qu'avant.

Aujourd'hui, après 10 ans de «Parce que sinon...», je sais au moment même où je le prononce que je serai ridicule. Souvent, quand je suis rendue à l'énoncer c'est que je suis à bout de ressources, d'idées (ou en colère) et je ne suis plus tellement rationnelle. Maintenant que mes enfants sont plus vieux, ils attendent quasiment avec impatience la conséquence invraisemblable que je vais leur servir.

Alors maintenant, je joue le jeu. J'y vais à fond. En pleine séance d'argumentation parents-préados, je leur sers un «Range ta chambre parce que sinon je vais la redécorer aux couleurs de la Reine des Neiges et aller te chercher à l'école déguisée en Olaf!» (à leur âge ils trouvent ça fuuuuulllll bébé). Ils attendent avec une petite curiosité malsaine la connerie extrême que je vais leur énoncer. Ça les fait rire et... ça désamorce plus d'une situation tendue.

Finalement, ça marche encore! (bon, il paraît que le renforcement positif ça marche aussi... mais c'est pas mal moins divertissant!)

lundi 16 mars 2015

Temps libre: est-ce qu'on en veut trop?

Dans LaPresse+, chaque lundi, on y analyse la journée d'une famille pour trouver des solutions afin de lui aménager du temps libre. Le titre de la chronique le dit bien "Objectif: temps libre".

Chaque semaine, je regarde l'horaire des familles qui se prêtent au jeu. Chaque fois, les commentaires dans ma tête fusent. «Eh ben, c'est comme moi!», «Ishhh! Pas sûre que je pourrais faire ça!», «Ouin, ben c'est pas si pire chez nous!», «Franchement, pourquoi elle prend autant de temps pour ça!», etc. Et j'imagine que c'est très formateur pour les lecteurs qui font eux-aussi l'exercice de laisser aller leur esprit critique et leur jugement. C'est ainsi qu'on est capable de s'ajuster soi-même et faire de vrais changements dans nos vies.

Quand on fait l'effort de noter tout ce qu'on fait dans une journée, on s'aperçoit tout seul des "trous" pour nos temps libres. Mieux, on s'aperçoit qu'on en a déjà, mais qu'on les utilise pour faire des trucs qu'on n'aime pas, pour prendre de l'avance dans le ménage (euhh, vraiment?) ou pour faire quelque chose de productif. Pourtant, ce sont des temps libres! Il faut juste les voir ainsi. En fait, c'est à nous de voir notre temps autrement, lisez les recommandations de Christine Lemaire qui a écrit deux livres fort intéressants sur le sujet. La plupart de nos tâches, on peut les comprimer dans un plus court espace temps et occuper le reste à autre chose. Mais le fait-on? Pas du tout. On râle et on en demande encore plus. Parce que là, ce temps supplémentaire-là, on va l'utiliser autrement. Mais je suis certaine qu'on en aurait plus qu'on les occuperait pas vraiment avec des activités qui nous font réellement plaisir. On finirait par faire une p'tite brassée, un tour sur Internet, etc.

On dirait parfois qu'on court toujours et qu'on veut juste plus de temps libres (On en a jamais trop, me direz-vous?) , mais on ne profite même pas de ceux qu'on a déjà. 

vendredi 13 mars 2015

Être « moins un »

Je n'ai pas si souvent l'occasion d'avoir un enfant en moins dans la maison (du moins encore, ça va changer en vieillissant). Parfois, l'enfant absent est chez un ami pour la journée ou la nuit, mais récemment nous avons passé 4 jours avec le compte incomplet.

Être «sans enfant», en couple, c'est une chose (fort agréable, d'ailleurs et qu'on n'a pas l'occasion de faire assez souvent), mas être «moins un», ça me dérange toujours un brin. On n'est pas juste quatre au lieu de cinq, il manque quelqu'un. Comme si un gros spot éclairait l'absent.

J'adore faire une sortie ou une activité avec seulement l'un de mes enfants. Je ne considère pas mes triplés comme un seul bloc. Mais quand je suis seule avec l'un d'eux, il n'y a pas de manque. On est en tête-à-tête (et ça aussi, c'est fort agréable!). Mais quand il manque quelqu'un (un enfant, ou même leur père), j'ai le sentiment que ça tourne plus carré. Ce n'est plus aussi fluide. Ça grince, ça bloque.

C'est fou, hein? Tellement que quand je ressens ce sentiment, je me dis que je dois être folle. Je suis complètement bien, mais vraiment bien, quand on est tous ensemble tous les cinq. Quand il en manque un, j'ai hâte au moment où l'on se retrouvera.

Mes enfants seront bientôt de vrais ados avec leurs activités, leurs sorties, les plans, leurs amis. On sera «moins un» plus souvent, jusqu'à l'être de façon permanente. Et je me dis que j'aurai profité pleinement de tous ces instants x 5. En attendant, je les savoure chaque jour toujours plus.

mercredi 11 mars 2015

L'effet du printemps

Vous avez vu les sourires? Les regards qui brillent un peu plus? C'est assurément l'effet du changement d'heure! Enfin de la lumière! Enfin de la clarté! Et en plus, le temps doux nous fait rêver que les pires semaines de l'hiver sont réellement passées! Le printemps arrive... Et moi, ça me donne le goût de nettoyer... mes idées! (non, ne vous inquiétez pas! L'envie du grand ménage du printemps me prend aussi, mais me passe en 30 minutes... le temps de faire le ménage sommairement d'une pièce!)

Presqu'encore plus qu'au soir du 31 décembre, au printemps, j'aime brasser des idées. Les projets pour l'été, les plans pour les vacances, les plaisirs à mettre à l'agenda pour survivre au dernier blitz d'école, etc. Mais personnellement aussi. Oui, oui, des plans pour me sortir de ma zone de confort et m'engager envers... moi-même! Quand j'ai entendu parler de l'Effet A, j'ai eu envie de mettre aussi par écrit mes projets (vous pouvez y participer aussi!). Dresser une liste (J'aime trop les listes) pour m'enligner, m'engager, me pousser à bouger et me motiver. Selon les fondatrices de l'Effet A, l'ambition change l'équation. Je suis bien d'accord.

Et si j'ai décidé de mettre mes engagements par écrit, je le fais d'abord pour moi. C'est vrai, mais aussi pour montrer à mes enfants qu'à tout âge, on doit quand même se propulser vers l'avant. Le Journal de Montréal nous apprenait, samedi dernier, que ce qui fait a différence dans le succès potentiel des enfants plus tard dans leur vie - en éducation, au travail et même quant à son revenu  - ce n'est pas tant la structure de sa famille, mais bien l’éducation de leur mère. Je suis d'avis que montrer à ses enfants qu'on a des projets professionnels ne peut qu'être positif pour eux.

Mieux encore, ce weekend, on va dresser notre liste d'effet A version «famille». On va se lancer des défis, proposer des ré-enlignements (nécessaires pour le dernier stretch jusqu'à la fin de l'année!) et oser des trucs qu'on n'a jamais fait.

Je sais, je sais! Ça ressemble un peu à des résolutions. Ça tombe bien, on a déjà oublié celles faites le 1er janvier. (Et en faire au printemps, il me semble que ça nous donne juste plus envie de les suivre!)

Ça vous donne envie de décrire votre défi l'Effet A? Qu'est-ce que ça serait?

P.S. J'ai oublié de nommer les miennes. Pour les (Z), on veut lancer les conférences sur le lâcher-prise. Pour moi perso, dire «non» aux projets qui me tentent "moyen" pour avoir plus de temps pour les trucs que j'aime vraiment. Pour la familia, apprendre/perfectionner l'anglais. On verra ce qu'on rajoutera!

lundi 9 mars 2015

Comment on fait pour avoir des congés?

La grande question qui semble avoir fait surface cette année à la relâche m'a un peu surprise: "comment vous faites pour prendre congé à la relâche?".

D'abord, prendre congé à la relâche, ce n'est pas nécessairement prendre toute la semaine de congé. Ça peut être aussi peu que 1-2 journées mais c'est un congé non négligeable quand même. C'est donc 1-2 journées qu'on ne prendra pas pendant l'été ou dans le prochain temps des Fêtes. Ou c'est 1-2 journées qu'on ne prendra pas ensemble (les deux parents) pendant les vacances ou c'est 1-2 journées qu'on ne prendra pas seul pour avoir du fameux temps pour soi non plus. C'est 1-2 (ou 3-4) journées qu'on a choisi de prendre à ce moment-là de l'année et pas à un autre. La banque des journées de congé n'est pas infinie pour personne et beaucoup arrive à s'organiser pour avoir quelques jours de congé durant la relâche, donc ça se peut.

Et puis la relâche revient tous les ans. Ce n'est pas une surprise qui apparaît comme par magie dans le calendrier scolaire. Elle est là, il faut faire avec et ce, même si ça implique de faire des efforts de logistique (mais être parent, ce n'est aussi devenir un expert en logistique?).

Quand on est parents d'enfants d'âge scolaire, on n'en est pas à une improbabilité mathématique près en terme de journées de congé. Les enfants en ont 4 fois plus que nous donc, immanquablement, on ne passera pas l'été, les Fêtes, la relâche et toutes les journées pédagogiques avec eux si on travaille à l'extérieur. Il suffit de choisir quand on veut être avec eux. Fini le temps béni de la garderie ouverte 50 semaines par année! À partir de la maternelle, la réalité nous rattrape de plein fouet (et on se rappelle tout à coup qu'on a des enfants... et pas assez de semaines de vacances!). La possibilité de faire du télétravail, de s'offrir la semaine de 4 jours ou de changer d'emploi s'il est inflexible est alors à considérer... et on finit tous par se demander pourquoi on n'a pas eu la brillante idée de s'inscrire en enseignement à l'université (oui, pourquoi?!)

Sans faire un retour aux études, plusieurs possibilités s'offrent à nous (et à vous!):

- Prendre 1-2 journées de congé à la fois (il va en rester pour un autre moment charnière du calendrier scolaire)
- Prendre 1 semaine de congé morcelée par parent (ce qui nous donne 10 jours de congé à utiliser dans l'année)
- Prendre 1 semaine de congé morcelée en demi-journées par parent (ce qui nous donne 20 demi-journées de congé à utiliser dans l'année!)
- Offrir des sorties en cadeau aux grands-parents, oncles, tantes, amis, parrain et marraine (un à la fois, ça compte donc double!) avec les enfants (quand ils déballent leurs billets du zoo devant l'enfant à Noël, difficile de dire non!)
- Échanger les enfants avec d'autres parents, amis, cousins, cousines (monter une équipe de cinq, chacun prend une journée et c'est réglé pour une semaine)
- Leur faire trouver le temps long chez une personne âgée de la parenté qui n'a pas de wifi (une belle leçon de vie!)
- Les inscrire à un camp de jour régulier (pas le camp de cuisine moléculaire à 250$ par semaine!)
- Et tous vos trucs auxquels on n'a pas pensé (partagez-les!)

Bref, la relâche, les vacances d'été, les pédagogiques et le temps des Fêtes reviennent année après année. Et le taux d'enfants laissés seuls dans les rues n'augmente pas. C'est donc dire que les parents s'organisent, planifient et opèrent. Congé ou pas.
 

vendredi 6 mars 2015

Le prénom et nos prénoms


On est folles des prénoms, vous le savez! Chaque 31 décembre, on vous sert notre fameux palmarès. On est allé voir la pièce de théâtre Le Prénom trois fois. On a regardé le film plusieurs fois. Et... on vient tout juste de publier notre guide de prénoms. Eh oui! Plus de 6000 prénoms (du meilleur au pire) classés dans plus de 500 listes (la liste officielle des p'tits tannants et des p'tites placoteuses, la liste des prénoms astraux, la liste des prénoms qu'on ne veut jamais voir renaître, la liste des prénoms exotiques, etc.), des capsules informatives (comment avoir les beaux-parents de notre bord, 10 conseils pour éviter le pire avec des jumeaux, comment faire face aux commentaires, etc.) et quiz pour savoir si vous assumez vraiment le prénom de votre enfant.

Allez visionner le vidéo de la troupe de la pièce Le Prénom (vraiment trop drôle: il faut que vous y alliez!).

Et  voici la couverture de notre tout nouveau livre:


Bonne lecture!

mercredi 4 mars 2015

Je ne suis pas une (vraie) mère de sportif

Je reviens de 4 jours passés aux Jeux du Québec à Drummondville. Une expérience fabuleuse pour les milliers de jeunes venus des quatre coins du Québec. Pour ma fille aussi. Et pour nous, sa famille de supporters. On a retenu notre souffle, on a entonné des airs d'encouragements stupides, on a tenté de communiquer avec elle par télépathie, tsé, toutes ces choses insensées qui se produisent quand tu encourages quelqu'un avec énergie (on n'est pas allés jusqu'à utiliser une trompette, d'autres le faisaient déjà bien assez souvent... à deux pouces de nos oreilles!).

J'ai embarqué dans le jeu même si, à la base, j'ai l'esprit de compétition d'une tortue. C'est-à-dire nul. Je me suis donnée à fond dans les encouragements et le cheering (de ma fille et de ses amis) mais, pour tout vous dire, c'était la première fois de ma vie que j'assistais à une de ses compétitions. Son père et moi, on se partage les congés (parce qu'il nous faudrait bien 5 semaines de vacances chacun pour être présents partout tous les deux pour les 3 enfants!) et je lui laisse les compétitions sportives (et je me garde des jours de congé pour l'été).

Par chance, ma fille pratique son sport à l'école. Je n'ai donc pas à courir les pratiques, les entraînements ni toutes les parties. Nous n'avons pas à sacrifier nos weekends pour le sport d'un de nos 3 enfants (car oui, je crois que ça peut être un sacrifice pour les autres enfants qui doivent parfois "subir" la passion de leur frère ou soeur athlète). Pour le moment. Car si elle veut progresser dans son sport, elle n'aura pas le choix de joindre un club. Ciao les grasses matinées et les parties de dés improvisées du samedi matin! Bonjour les entraînements et les tournois!

Je regardais les autres parents sur place et je me sentais comme une extraterrestre. Ils étaient tous full investis, ils se fréquentent sur le circuit, se voient dans les tournois. Toute notre petite famille était fière d'assister aux compétitions de Lili aux Jeux du Québec mais on n'est pas revenus de là avec l'esprit guerrier du parent qui veut que son enfant monte dans le classement. Tant qu'elle a du plaisir, on est prête à la suivre mais pas à lui consacrer nos vies non plus. Comme parent (et comme frère et soeur, encore moins!), on n'est pas obligé d'aimer ça autant (sinon plus!) qu'elle. Chacun sa vie, ses espoirs, ses passions!

lundi 2 mars 2015

A-t-on peur d'interdire?

Hier, dans une salle d'attente d'un centre d'escalade, une jeune fille - je dirais 9-10 ans - veut monter sur un banc pour enjamber le dossier puis ensuite sauter par dessus le mur (4 pieds de haut) au lieu de passer par la porte - disons 4 mètres plus loin - pour rejoindre ses amis dans le corridor.  Son père lui dit « Fais le tour! Tu vas tomber!». Elle continue à grimper. Il insiste «Descends! Tu vas te faire mal!». Là, elle l'a regardé en semblant dire «Ben voyons! C'est même pas haut!». Il n'a pas lâché et a dit «Fais le tour! Passe par la porte!».

Ça m'a rappelé le livre Comment ne pas être une mère parfaite de Libby Purves que j'ai lu il y a longtemps. Relisez l'extrait sur un de nos vieux billets. Depuis, j'ai toujours appliqué ce principe et ça m'a bien servi. J'en suis vraiment reconnaissante à cette femme. Pendant que les autres femmes enceintes autour de moi lisaient des guides sérieux, je lisais ce livre et prenais des notes.

Bon, je m'égare de la petite fille du centre d'escalade. Mais j'y reviens. Hier, je me suis demandé pourquoi le père n'a jamais dit «Fais pas ça! C'est interdit!». Et là, j'ai commencé à réfléchir plus longuement. Est-ce qu'on essaie de cacher le fait qu'il y des règles et des interdits dans la vie à nos enfants? Au nom de quoi, on insiste sur le fait qu'il pourrait se faire mal et donc qu'on ramène ça à lui plutôt que de dire que socialement ça ne se fait pas dans une optique de vie en société?
Tu pourrais te faire mal versus tu pourrais briser le banc, tu vas salir tout le banc avec tes bottes, tu enfreins les règlements de la place, etc. Tu pourrais te faire mal versus c'est impoli/irrespectueux/interdit. Des fois, on se perd dans des explications trop longues et les enfants ne nous écoutent pas pantoute. Peut-être qu'aller à l'essentiel et leur faire comprendre que c'est interdit et c'est tout (sans expliquer la genèse de la loi!), ben c'est ça. Et leur rappeler que nous aussi, on "subit" ça partout et qu'on survit. On arrête au feu rouge même en pleine nuit, même quand on est seul à toutes les intersections, etc. Pis, c'est de même! Pis c'est tout!

On jase là! A-t-on peur de simplement interdire? 

vendredi 27 février 2015

Relâche scolaire: mini-guide de survie pour parents avertis

Yééééééé! C'est la semaine de relâche! Mais pour en profiter pleinement (et se reposer! C'est ça le but après tout!), il faut savoir déjouer les grandes questions existentielles que vous risquez d'entendre plus d'une fois au cours des prochains jours. Mini-guide de survie pour parents avertis.

Question existentielle no1: «Qu’est-ce qu’on fait?» 

À prime abord, on ne fait rien. On n'a rien prévu. On va le décider ensemble. On n’a pas à être des G.O. alors que c'est la relâche (le mot le dit: relâche!!!)

Pendant une semaine, on va se poser une question qu’on ne se pose plus de nos jours: «Qu’est-ce qu’on ferait bien aujourd’hui?». (c’est-tu assez rare les journées où on ne sait pas ce qu’on va faire?)
C’est le temps de vivre dans la spontanéité, l’improvisation, le désordre même! Et on oublie les règles et les listes. C’est le temps de vivre nos journées sans horaire ou, mieux, complètement «à l’envers » : on déjeune pour souper, par exemple. On désorganise nos journées habituelles. Ça donne le ton : la relâche, c’est justement pour faire les choses autrement.

Des idées pour «rien faire» ensemble:
- On s’installe pour lire tous ensemble sous la même couverture
- On se fait un festival de films des années 80 (pas besoin d’être une excellente comédie, juste à voir le linge et les cheveux des acteurs, nos enfants rient tout le long!)
- On se fait un tournoi de jeux de société
- On organise un karaoké avec les vidéos sur Youtube
- On essaie de construire des chaises en neige pour y prendre un chocolat chaud…
 
Question existentielle no2: «Qu’est-ce qu’on fait après?»

Les enfants ont de la misère à vivre le moment présent! (ils ne retiennent pas du voisin!) Notre réponse préférée : « on verra! » Ça reste flou et ça donne tout plein de possibilités!

D’abord, on peut étirer tellement ce qu’on est en train de faire qu’on n’aura pas besoin de faire quelque chose d’autre après.

Si on est en manque d’idées, on peut toujours sortir un jeu reçu à Noël et dont on n’a pas encore eu le temps de lire les règlements. Ou un ensemble de bricolage même pas déballé.

Question existentielle no3: «Qu’est-ce qu’on mange?»

On est content de prendre un break des lunchs mais en même temps, il faut faire les soupers ET les dîners! (c’est pas tellement ça qu’on appelle un break!) Sauf qu’il y a moyen de se nourrir pendant une semaine sans cuisiner! Oui, oui! Surtout si on adopte la très tendance méthode DIY : faites-le vous-mêmes.

Donc : c’est le temps des raclettes et des fondues et on sort tous les ingrédients sur le comptoir et on propose un « bar à » : grilled cheese, salades, sandwichs, gaufres, céréales, jus. Si les enfants ont envie de se faire un grilled cheese banane, salsa et fromage orange, c’est leur choix! C’est pas nous

BONUS (question piège!): «Est-ce que je peux inviter des amis à la maison?»

La sous-question à poser c'est combien? Parce qu’on ne veut pas se retrouver à être le camp de jour non-officiel du quartier non plus. Mais plus ils sont nombreux, plus ils s’auto-divertissent. Donc, si on invite des amis à la maison, on n’en invinte pas un seul à la fois parce qu’ils vont être deux à vous demander « Qu’est-ce qu’on fait? ». Le chiffre magique, c’est TROIS. Pas deux, parce qu’en étant trois, il y a un trop grand risque de rejet et là, vous allez devoir gérer un trop grand lot de chicanes. Si on invite des amis à la maison, c’est parce qu’on veut avancer la lecture de notre roman, pas faire de la médiation toute la journée! 

Le top 5 des choses qu’on ne fera pas durant la relâche :

1.    S’en mettre trop sur les épaules
2.    Un horaire
3.    Des choses dont on n’a pas envie
4.    Du ménage
5.    Visiter un endroit trop bondé (on a le droit de ne pas avoir envie de bain de foule)


mercredi 25 février 2015

Les ados à un bras

J'ai une annonce à faire. Je fais une Charles Darwin de moi-même: j'ai observé l'évolution d'une nouvelle espèce - les ados - et j'ai une hypothèse à soumettre. 

Je crois que si la tendance se maintient dans quelques années les ados n'auront qu'un seul bras.  Pourquoi l'espèce garderait-elle un bras dont elle ne se sert pas? (Toutefois, il y aura une nette augmentation des greffes de bras une fois à l'âge adulte. Qui sait si on pourra choisir le nombre voulu? Peut-être qu'ils pourront être amovible... On pourra brancher un 3e bras pour les moments de rush où on a besoin de plus que deux mains! Mais je divague...) Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu un ado (la mienne en particulier) essayer de faire quelque chose avec un seul bras. Par chance, s'il est droitier, il utilise le droit et s'il est gaucher, il utilise le gauche. Ne riez pas. Ça semble si évident, mais avec des ados, on n'est jamais sûrs de rien! «L'autre» bras leur semble tellement inutile qu'il ne le mobilise même pas: muscles au repos, il pend sur le côté de leur corps.

Des exemples:
  • faire ses devoirs en essayant d'écrire correctement, en pestant parce que le cahier ne tient pas en place... sans penser que «l'autre» bras pourrait servir.
  • faire la vaisselle (c'est-à-dire bourrer un lave-vaisselle) d'une seule main... «l'autre» bras n'aidant même pas à rapprocher une assiette. 
  • se brosser les cheveux sans imaginer que «l'autre» bras pourrait ramener les longs cheveux d'un côté.
Il y a quand même quelques exceptions - les jeux vidéo, les textos, à l'ordi, etc. - mais c'est hallucinant le nombre de fois où je dois dire à mes enfants qu'il est possible d'utiliser leur «autre» bras que la nature leur a si gentiment donné non pas comme simple parure...

Chaque fois que je vois les publicités de l'Ordre des chiropraticiens du Québec, je souris...  Surtout dans celle où une femme tente de tartiner une rôtie d'une seule main. Pour réussir, faut demander à un ado: promis, ils sont champions.  



lundi 23 février 2015

La persévérance scolaire, l'Adogotchi et moi

J'approuve généralement toutes les démarches pour promouvoir la persévérance scolaire. Les Allo-Prof et cie ont prouvé leur utilité depuis longtemps. D'un strict point de vue académique, c'est quand on est bloqué dans nos apprentissages qu'on se démotive. Bien sûr, le décrochage scolaire n'est pas causé que par l'académique -tout une gamme de problèmes personnels et familiaux s'y rattache-, mais les difficultés d'apprentissage sont souvent la bougie d'allumage du désintérêt.

Pour les parents également. Ce qui me retient de ne pas "décrocher" (lire: pogner les nerfs et tout sacrer ça là) quand j'aide deux de mes enfants à faire leurs devoirs de maths (car ils ont d'importantes difficultés d'apprentissage dans cette matière), c'est mon verre de gin tonic qui me permet de rendre ces dimanches après-midi de devoirs plus agréables. Je suis plus relaxe, je pogne moins les nerfs, je perçois moins les devoirs de maths comme une punition et mes enfants aussi (avec leur chocolat chaud extra crème fouettée). Depuis qu'on a transformé ce moment pénible en moment (quasi) agréable, on s'en porte tous mieux et ils ont "débloqué" en maths. J'ai bien essayé de mettre à profit leur soeur qui excelle en maths en la nommant "mini-prof privée" mais elle était à la veille de me demander de lui faire un gin tonic pour passer à travers elle aussi. À 11 ans, j'ai préféré la libérer de sa nouvelle fonction et m'en faire un (ou deux) chaque dimanche.

Bref, la persévérance scolaire, ce n'est pas que l'affaire des jeunes, mais des parents également et voilà justement que pour aider les parents, on nous propose une nouvelle application gratuite (j'espère! Qui paierait pour ça!), l'Adogotchi. À la manière des Tamagotchi, on se choisit un ado virtuel et on doit en prendre soin au quotidien sous peine de recevoir des alertes sur son téléphone. En contrepartie, on reçoit des conseils à mettre en pratique avec son propre ado et on a accès à un forum en ligne avec d'autres parents désespérés et sans ressources (faut l'être pour croire que celle-ci en est une!).

On perd déjà assez de temps avec vos téléphones, nos apps et nos gogosses, on peut-tu garder celui qui nous reste pour le consacrer à nos "vrais" enfants? Pourquoi perdre son temps à "communiquer" avec un faux ado quand c'est avec le nôtre qu'il faut le faire? Peut-on juste avoir la liste des 50 conseils pour les mettre en pratique le plus rapidement possible au lieu de devoir "jouer" à flatter l'ego d'un ado virtuel pour les "gagner"?

Ma question: Sommes-nous rendus si stupides comme parents? (ou nous prend-on pour des cons?)

Puisqu'on ne bénéficiera pas de ces précieux conseils sans devoir "entretenir" un ado de plus, n'hésitez pas à partager les vôtres ici! Que faites-vous, en tant que parents, pour persévérer et suivre  l'apprentissage de vos enfants?



vendredi 20 février 2015

(dés)organiser la relâche!

Le mot le dit: relâche. Comme dans relâcher. Vous voulez la définition du dictionnaire? « Diminuer la tension de, rendre plus lâche./ Remettre en liberté./Rendre moins sévère, plus mou.» Je n'invente rien.

Les magazines, les sites web, les journaux et les émissions de radio comme de télé vont vous donner des suggestions de sorties à la tonne. Je n'ai rien contre. J'en écris et j'en lis. Mais il ne faut pas oublier que ce sont des «suggestions», pas des obligations! Il y a une différence.

Je les consulte jamais avec l'idée de TOUT faire ce qui est écrit (anyway, moi l'escalade de glace, ça ne me tente pas pantoute!!), mais plutôt dans le but qu'une chose  me pousse à lancer au reste de la famille «Heille vous savez quoi? Il y a tel truc qu'on pourrait aller faire...»

Habituellement, je me fais replacer assez vite: «Ouin...» qu'on me répond. Et là, j'allume. C'est moi qui veut faire quelque chose ou c'est eux? J'entends souvent, autour de moi, des parents dire: «Faut faire quelque chose durant la relâche sinon les enfants vont trouver que c'est plate». Ça se peux-tu que ce soit nous, les parents, qui avons peur de n'avoir rien à dire au retour de la relâche? Avouer qu'on a rien fait, c'est plus gênant que de dire qu'on a visité trois musées, fait 14 bricolages, 3 nouvelles recettes, 8 km de patin et 2 jours de ski?

Donc, durant la relâche, on peut justement... relâcher! Prendre ça mollo! Se calmer le gros nerf. Si on peut prendre quelques jours de congé, tant mieux! On en profitera pour ne rien faire justement. Ou faire «pas grand chose». Souffler un peu ensemble, ça nous arrive si peu souvent. Retrouver le plaisir de relaxer en famille. Prendre son temps (quand est-ce qu'on fait ça, autrement?). On ne va pas s'organiser ça au quart de tour avec un horaire, des règles pis toutte? On vient de sortir de Noël où on n'a fait que ça se courir d'un bord et de l'autre pour voir toute la parenté et les amis, faudrait pas recommencer à la relâche.

Aussi, la relâche c'est parfait pour se désorganiser un peu. On est tellement toujours coincé dans des horaires serrés qu'on pourrait prendre cette semaine-là pour réapprendre à improviser. À aller avec les envies du moment sans essayer de les prévoir. À flirter avec l'ennui parce qu'il nous pousse à redécouvrir des plaisirs simples qu'on avait oublié. À se laisser porter par la spontanéité au lieu par notre tendance à l'organisation extrême. À abolir les limites, les cadres et tous les «y faudrait bien que» pour vivre dans le désordre, dans le flou et dans le moment présent. À se demander «Qu'est-ce qu'on aime faire en famille et qu'on a jamais le temps d'habitude?».

Finalement, il faut arrêter de s'en faire avec la relâche! Ne plus vouloir la contrôle, la gérer, la budgéter, la planifier ou l'encadrer pour justement faire en sorte qu'elle soit une semaine où on lâche prise et qu'on mette le cap sur les petits plaisirs en famille. Et comme ça, on va commencer à l'aimer cette relâche parce qu'on aura arrêté de s'en mettre plus sur le dos et de la voir comme une semaine qu'on est obligé de remplir.

Avoir du temps ensemble en même temps: c'est pas mal ça l'essentiel. Le reste, c'est du superflu. Alors, pratiquez-vous à répondre à vos collègues, les autres parents du service de garde ou ceux que vous croisez à l'épicerie quand ils vous demanderont ce que vous comptez faire à la relâche: «Nous, pas grand chose... enfin!».

Pssst! On sera à l'émission Ça commence bien, à V,  mercredi prochain, le 25 février, pour proposer des trucs pour arrêter de s'en faire à la relâche.