lundi 14 juillet 2014

A-t-on peur de notre image?

La semaine passée, Facebook a été envahi de textes et de photos prônant le fait que les femmes ne devraient être gênées de porter le bikini. Celui que j'ai le plus aimé: celui de Jenny Trout qui a répondu à ses amis qui lui demandaient ce qu'elle allait faire - sous-entendre ici quel "régime" - pour porter un bikini cet été. Sa réponse a été parfaite: «J'ai dit que j'allais porter un bikini, pas que j'allais perdre du poids.» Et vlan!

Le lendemain, ce fut au tour de Jessica N. Turner de dire aux mamans d'enfiler leur maillot - bikini ou non - et d'aller s'amuser avec ses enfants dans l'eau au lieu de poireauter sur le bord de la piscine.

Tout ça va encore plus loin.

Combien de fois s'empêche-t-on de faire des choses par peur d'avoir l'air folle? Par peur de l'image qu'on projette? Par peur que les autres nous jugent? Par peur que les autres nous regardent, tout simplement?

On ne fait pas le parcours d'arbre en arbre parce qu'on craint que les autres voient nos grosses fesses prises dans les sangles. On ne va pas dans le carrousel parce que c'est trop quétaine. On s'exclame «Non, non! Pas de photos! Je suis toute décoiffée!» alors qu'on a passé une journée à la plage. On ne va pas se balancer au parc parce qu'il y a d'autres adultes présents. On refuse un cornet à la crèmerie parce qu'on veut montrer qu'on tient notre ligne. Et la liste n'en finit plus.

Vraiment?

J'ai envie de crier «Ouin, pis?».

On ne va pas commencer à se refuser des plaisirs alors que la vie se charge bien assez d'elle-même de nous envoyer des coups durs.

Depuis quelques années, et probablement surtout depuis que j'ai des enfants, j'avoue être capable de me foutre pas mal de ce que les autres pensent. Ils me regardent? Eh ben! Ça ne me dérange pas. Je suis en train de créer des souvenirs avec mes enfants. Alors, je ne laisserai certainement pas un ventre, une mèche de travers, une fesse dodue, un jugement des autres ou quoique ce soit s'interposer entre le plaisir, mes enfants et moi.

Si ça dérange les autres, qu'ils détournent le regard. Ils peuvent même passer des commentaires, ça m'est égal. Moi, je garde les yeux bien ouverts, prête à capturer tous ces souvenirs qui seront si précieux demain.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Ma plus jeune a 4 ans et je suis encore là-dedans... encore en train d'apprivoiser ce corps qui a tant changé depuis 10 ans. C'est pas tout le temps facile.

En fin de semaine, sur le bord de la piscine, justement... je regardais ma nièce de 14 ans. Plutôt timide et pudique, elle aussi elle essayait d'apprivoiser son nouveau corps: ses nouveaux seins, ses hanches naissantes... Alors que l'an passé encore elle passait la journée en maillot sans y penser une seule seconde, cette année je la sentais insécure dans son maillot. Comme moi. Presque pour les mêmes raisons... malgré que son corps à elle a encore toute la perfection de l'adolescence.

À la maison, à la plage... quand je le fais pour mes enfants, c'est déjà plus facile. Parce que les enfants ne nous regardent pas sous cet angle... parce que mes enfants me trouvent belle et ne m'ont jamais connu autrement. Parce que les touristes à la plage, c'est facile de ne pas me soucier de leur jugement et de leur opinion. Devant mes amis, ça va aussi... devant les amis de mon chum, c'est déjà plus difficile.

Dans deux semaines mon patron organise un gros party dans sa grosse maison sur le bord de sa grosse piscine. J'aime ma job, j'aime mon patron, j'aime mes collègues de travail et j'ai bien hâte d'aller à ce party qui sera sans doute super le fun, comme les anneés passées. Mais est-ce que j'oserai me mettre en maillot devant mes collègues (presque tous des hommes) et me sentir comparée aux très jolies jeunes femmes qui seront aussi présentes...? Chose certaine, je ne porterai pas de bikini. L'an dernier, je n'avais même pas emporté mon maillot et je souhaitais du temps froid pour avoir l'excuse toute faite (aucune chance; il avait fait beau et chaud!). Cette année... j'emporte mon maillot et on verra bien. Un petit pas à la fois!

Julie a dit…

"Si ça dérange les autres, qu'ils détournent le regard. Ils peuvent même passer des commentaires, ça m'est égal. Moi, je garde les yeux bien ouverts, prête à capturer tous ces souvenirs qui seront si précieux demain."

J'adore!

Je t'admire beaucoup d'être capable de te foutre de ce que les autres pensent. C'est difficile pour moi et je travaille fort là-dessus. Je tiens à être une maman confiante et bien dans sa peau pour donner un modèle positif d'acceptation de soi à mes enfants. Mais c'est un défi constant...

David a dit…

Très bon texte que j'approuve et aceuille comme un vent de fraîcheur...

En plus, si vous voulez l'avis d'un homme (et j'espère pour vous que vous vous en foutez de mon avis), il est 150 fois plus beau de voir une mère au corps imparfait qui s'assume entièrement et se fou de l'avis des gens autour qu'une femme au physique plus "parfait" bourrée de doutes et d'insécurités.

Soyez confiantes, fougeuuses et surtout, indifférentes, et vous gagnerez bien plus en sex-appeal que ce que votre 15 lbs en trop ou vos vergetures vous enlèvent.

Se foutre de l'opinion des autres, ça va bien au delà de l'image... embarquons aussi les choix de vie la dedans, la façon d'élever ses enfants, etc.

Maude Leblanc a dit…

Ooooh que j'aime ce texte! Ca va tellement avec ma philosophie. S'accepter tel que nous sommes et s'amuser! Soyons belles avec nos atouts et nos faiblesses. Et ces faiblesses font juste ajouter du charme à notre personnalités et notre corps ;)