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lundi 5 mai 2014

Être parent, cette force insoupçonnée

Quand on s'arrête pour y penser, c'est fou tout ce qu'on serait prêts à faire pour le bien de nos enfants. D'abord, réduire notre sommeil. Ça a l'air de rien (ou de si peu) mais ça devient un effort surhumain de mettre autant d'énergie dans sa journée (et puis dans l'autre et l'autre encore) avec un déficit marqué de sommeil.

Puis adapter son mode de vie. Sacrifiez certaines choses qui nous paraissent désormais futiles. Les oublier complètement, le doigt enfoncé longtemps sur le bouton Delete.

Défoncer des portes (et des clôtures de Coco-thon... parce qu'il s'agissait bien de parents qui voulaient le meilleur pour leurs enfants, malgré tout...) pour que son enfant obtienne le meilleur, particulièrement les meilleurs soins. Le sentiment d'impuissance est le pire parmi ceux que peuvent ressentir un parent. "Je ne peux pas t'aider" est la dernière chose au monde qu'on veut devoir dire à son enfant.

Difficile de comprendre ce profond sentiment de puissance protectrice, d'indestruction, de combativité extrême qu'on peut ressentir comme parents avant d'avoir des enfants.

Si les combats des parents-rois me laissent froide (faire la file toute la nuit pour obtenir une place dans un camp de vacances convoité...), ceux des parents-loups me bouleversent, comme ceux des parents de Liam et Rosalie, par exemple. Des parents pour qui le manque de sommeil semble bien futile parmi tous les sacrifices qu'ils s'imposent parce que leurs tripes de parents sont nouées d'impuissance, de rage et de détermination.

J'ai une pensée pour eux en ce début de semaine, avant d'aller livrer mes petits combats quotidiens.

mardi 4 février 2014

Grosse? Mince? Normale? Correct?


Dernièrement, à travers mille et un trucs plutôt insignifiants sur Facebook, deux trucs sont sortis du lot. Les deux abordaient le sujet de l'estime de soi des jeunes filles. Je n'ai ni bondi, ni over-réagi. En fait, ils se sont accrochés dans ma tête et y ont trotté, vaguement toute la semaine. Vous savez comme lorsqu'on veut se défaire d'une idée, mais qu'elle revient tout le temps. Comme un boomerang. Comme une simili-hantise.

D'abord, il y a eu le texte Le jour où ma fille m'a dit que j'étais grosse sur le blogue de Néorurale. Puis, un vidéo sur l'estime de soi créé par Dove sur les selfies. Vous les avez peut-être lus/vus vous aussi.

Puis, (attention, il n'y a vraiment pas un gros lien entre ce qui précède et ce qui suit, mais c'est ce qui a déclenché le reste de ma réflexion!),  j'ai eu à calculer le nombre de demi-Tylenol à donner à MissPusdeLulus selon son poids.

Euhh? Je ne le sais pas son poids.

En fait, le mien, non plus.

Je sais que j'ai quelques livres en trop. Bien sûr. À peu près comme tout le monde. Mais je n'ai pas vraiment de problème avec mon poids. En fait, pour l'instant, je me sais bien trop paresseuse pour vouloir véritablement perdre du poids. Je bouge et m'entraine (de façon aléatoire chaque semaine), mais sans en faire une fixation. Parfois, avec les amies, on dit qu'on s'entraîne plutôt pour  être capable de manger ce qui nous plait (comme la recette décadente de poutine à l'effiloché de porc envoyée par ma collègue (Z)!). Pas pour perdre du poids.

Même que mon poids exact, je ne le connais pas. Ma balance agonise au fin fond de l'armoire sous le lavabo de la salle de bain. Vraiment que mon poids diffère de 5 livres, je n'en ai rien à cirer. C'est pas un chiffre qui me dicte comment je me sens. Je le sais si je suis pognée dans mes jeans ou si je suis correcte. Je le sens. Et ça me suffit!

Mais avec ce que j'ai lu, je me demandais si je donnais le bon exemple à ma fille. Non, je ne veux pas qu'elle soit obsédée par son poids et son apparence, mais on s'entend que je veux qu'elle se sente belle et qu'elle n'ait jamais honte de son corps (et de ce qu'il devient en changeant...!).

- C'est quoi être belle?, que je lui demande.
- Benn, c'est être... être... , cherche MissPusdeLulus
- C'est être magnifique, répond JeuneHomme en pleine phase de synonyme.
- Non, c'est être confiante, je ne sais pas. Pourquoi tu me demandes, ça?, répond MissPusdeLulus

Pas pire comme réponse.

- Il y en a qui parle de leur poids à l'école?, que je demande ensuite.
- Pas vraiment, répond-elle. Ah oui! Il y a juste un gars qui m'a avoué vouloir perdre du poids parce qu'il se trouvait gros. Mais il ne voulait pas que j'en parle à d'autres. (on est entre nous, ici!)
- Et tu trouves ça comment?
- Ben c'est correct! C'est lui qui veut ça! S'il n'est pas bien...
- Et si ça avait été les autres qui lui disaient de perdre du poids?
- Ben là, c'est pas de leurs affaires, réplique MissPusdeLulus qui commence à être exaspérée par mes questions.
 - Et... 

Je n'ai pas eu le temps de finir mon mini-interrogatoire qu'elle m'a coupée pour me dire : «Aujourd'hui, il y a quelqu'un qui est venu à mon école pour nous parler de l'intelligence. Il y a huit sortes d'intelligence. Alors j'imagine qu'il y a plusieurs sortes de beauté, c'est tout. Pourquoi tu demandes tout ça?»

Je ne savais plus trop quoi lui répondre. Parce que je t'aime. Parce que je m'inquiétais (et que je n'avais pas vraiment raison de le faire!). Parce que des fois les gens sont méchants. Parce qu'on est tous différents. Parce que je veux que tu sois bien.

Des fois, on s'inquiète trop. Mais j'avais quand même besoin de vérifier. Juste au cas.

lundi 5 août 2013

Parce que ça va arriver un jour... (bientôt?)





MissLulus regarde des vidéos sur Youtube. Beaucoup.

J'en ai trouvé un qui risque de l'intéresser. Parce qu'il parle des vraies affaires et aussi «parce que ça s'en vient».





Eh oui! Un vidéo explicatif sur les menstruations qui fait fureur sur le net depuis quelques jours.

Aussi, un dossier dans le dernier Coup de Pouce (celui avec la poutine sur la couverture!) aborde le sujet de nos filles et la puberté.

Du coup, je me suis sentie vieille. Dire qu'il n'y a pas si longtemps, je préparais le sac d'école d'une petite fille à lulus qui partait pour la maternelle et là, elle - sans lulus - s'affaire, elle-même, à se créer une «trousse de survie d'une fille qui commence sa 5e année». Dans cet élan de nostalgie, je me suis rappelé le livre «À la découverte de mon corps» avec la jeune ballerine mélancolique et songeuse sur la couverture (vous vous rappelez, vous aussi?). J'ai beau être là, disponible pour discuter, reste qu'on veut découvrir un peu par nous-mêmes à cet âge... Dans le dossier de Coup de Pouce, j'ai trouvé une lise de sites fiables à suggérer à MissLulus (ce que je ferai!).

Et puis, une dernière question suite à tout ce que j'ai lu. Il parait que certaines mères soulignent ce passage de la vie d'enfant à celle d'une femme. Dans le vidéo, on offre un bonbon (étrange, quand même!) dans une trousse pour les premières menstruations. Vous, vous avez eu quelque chose? Vous allez souligner ce passage pour votre fille? Oui? Non? Comment?

Je dis ça de même... parce que ça va arriver un jour... bientôt!

mercredi 24 avril 2013

Le désengagement parental

Quand leur enfant était bébé, ils s'en occupaient quasi fusionnellement. Enfant, ils ont multiplié les activités et se sont donnés à fond avec leur progéniture, chaque nouvel exploit étant source fierté.

Mais au fur et à mesure que leur enfant a gagné en autonomie, ils se sont désengagés. À l'adolescence, ils ne reconnaissent même plus le petit enfant si charmant à qui ils ont tout donné.

Bienvenue dans le merveilleux monde des parents désengagés!

Comme si le fait d'en avoir trop fait, de s'être totalement investis dans l'enfance, d'avoir modeler une (soi-disant) perle, leur permettait de prendre du recul dès que leur enfant est en mesure de s'arranger tout seul. Une libération pour le parent esclave, qui se lance à corps perdu dans le travail ou la vie sociale pour, en quelque sorte, «rattraper le temps perdu». Le parent justifie son désengagement en se disant qu'il a fait sa job et il est trop content de se libérer de son rôle, pas pour le bien de son enfant, mais surtout pour le sien (ouf, il peut souffler maintenant!).

Le Globe and Mail aborde la question, notamment en questionnant le comportement des parents de jeunes footballeurs ayant pris part à un viol collection en Ohio ou ceux des jeunes ayant intimidé Rehtaeh Parsons dans les réseaux sociaux. Le point commun entre ces parents? Ils ont tous plaidés que leur ado était pourtant un petit enfant exemplaire, mais ont confessé leur désengagement dans cette simple phrase rapportée par le quotidien: «Vous savez, ils sont durs à suivre les adolescents de nos jours!».

Oui, certains cas sont problématiques, certaines situations familiales sont compliquées mais bien des parents semblent oublier qu'ils le seront pour la vie. Qu'il n'y a pas de date de finUn parent n'a jamais «fait sa job pis qu'il s'arrange astheure». Et leur ado sera clairement «dur à suivre» s'ils ont perdu sa trace en cours de route.

Selon un sondage mené aux États-Unis par la firme A.C. Nielsen, un parent a en moyenne 38,5 minutes de conversation significative avec son ado par semaine.

Et si ceci expliquerait cela?

vendredi 22 mars 2013

Dans un monde idéal: la conciliation travail-famille...

Un boulot où les jours de vacances sont illimités et où le télétravail n'est pas un problème, ça relève du rêve, vous croyez?

Un reportage au Téléjournal cette semaine présentait une entreprise de Toronto qui fonctionne ainsi. Personne n'abuse du système, chacun ayant des objectifs serrés à rencontrer. Pas mal, hein?

Je me rappelle de ma maigre semaine de vacances qu'il me restait pour refaire le plein chaque année quand mes enfants étaient encore petits. J'avais dépensé mes deux autres semaines en jours de congé pour cause de rendez-vous médicaux, suivi de physiothérapie, ergothérapie ou orthophonie, ou jours de fièvre ou de gastro. Deux semaines de vacances de rêve, quoi...! Et je me ramassais toujours à booker 2-3 rendez-vous dans la seule semaine de vacances qu'il me restait même si je m'étais promis de ne pas le faire.

Dans un monde idéal, chaque parent aurait une dizaine de journées de maladie (qu'il soit syndiqué ou non, un parent a besoin de journées de maladie. Point.). Et chaque nouveaux parents devraient avoir droit aux services d'une nounou, aide à domicile ou assistante familiale pour les aider à passer à travers les premiers 18 mois (pour leur permettre de dormir quelques nuits, de faire des purées, de remettre de l'ordre dans le foyer durant les 12 mois de congé de maternité et pendant les 6 mois d'adaptation que ça prend après le retour au boulot). J'ai comme le feeling qu'on sauverait une couple  de couples à la dérive.

J'ai eu la chance de pouvoir compter sur une nounou incroyable dans les 2 premières années de vie de mes triplés (pas le choix, AUCUNE garderie n'acceptait 3 nouveaux poupons, on se faisait toujours by-passer par les fratries ;-). Quand je revenais du boulot, elle avait sorti les enfants au parc (je pouvais donc ne pas y aller sans culpabiliser), fait des bricolages et des casse-têtes (je pouvais donc me contenter de les cajoler), fait 1-2 brassées de linge de bébés (tout bien pliés!) et elle avait réussi à faire manger du foie de veau et des épinards cuits aux enfants au dîner -exploit que je n'ai jamais reproduit depuis!- (je pouvais donc leur faire manger des pâtes à rien -parce qu'ils les voulaient blanches, bon!- des fruits et du yogourt sans croire que je les menais tout droit vers la malnutrition).

Depuis, (après quelques années à arriver flush à la garderie et à payer quelques triples amendes et à avoir des semaines de vacances anémiques), TriplePapa et moi avons mis en place des moyens pour rendre notre vie familiale agréable et épanouissante. Il s'est trouvé un boulot à 10 minutes de la maison et le mien me permet de faire du télétravail au besoin. Et, je m'y rends en train où je relaxe dans un calme absolu pendant 15 minutes matin et soir (fini le trafic et les bousculades dans le métro!).

Et, un dernier détail superficiel mais qui a eu un effet immense, on a fait agrandir la maison. C'est fou comme le fait d'avoir une maison de la bonne grandeur pour la taille de sa famille a un impact zénifiant sur l'ordre, l'espace vital et la paix intérieure! Juste le fait de cuisiner à mon aise a fait baisser ma pression artérielle!

Et vous, dans un monde idéal, la conciliation travail-famille, ça ressemblerait à quoi? Quels moyens avez-vous pris pour vous aider à y parvenir?

vendredi 15 février 2013

Décolle! - Ou les parents hélicoptères

Bon, oui, lundi, je vous parlais des parents-rois, mais il y a aussi les parents hélicoptères, ceux qui tourbillonnent toujours autour de leur enfant, qui ne le laissent pas s'éloigner, qui planent au-dessus d'eux, jamais bien loin, qui surveillent sans cesse et surtout qui surprotègent. Habituellement, ce sont des parents hyper anxieux ou encore hyper contrôlant ou hyper peureux. Ils croient que leurs enfants ont constamment besoin d'eux.

Désolé, mais non. Vient un temps où nos enfants n'ont pas toujours besoin de nous. Où ils doivent apprendre à se gérer seul. Où ils doivent avancer sans qu'on les tire, les traine ou même leur tienne la main.

C'est clairement une job pas facile à faire. On veut leur éviter le pire, les échecs, les peines, mais en leur cachant la vraie vie, est-ce qu'on ne les fragilise pas davantage. Et c'est une job plus difficile à faire pour les parents que pour les enfants. Mais c'est notre job! Autrement, nos enfants ne seront jamais capables de se débrouiller. Et ces enfants couvés dans cette hyper-présence sont paralysés quand ils tombent dans la vraie vie.  Le pire exemple (selon moi!): un jeune s'est présenté à une entrevue pour un emploi dans une firme d'architectes avec... sa mère! Non, mais!! Quel employeur voudrait de ce futur employé? Qui? Vous l'auriez engagé?

Vraiment, des fois, à trop vouloir aider, je pense qu'on peut nuire. Il faut savoir être à sa place, sans toute la prendre. Pas facile, mais nécessaire. Et on fait quoi pour trouver notre place? Vous avez des idées?

lundi 21 janvier 2013

Attachment parenting: torture parentale (traduction libre)

Le concept d'attachment parenting fait jaser nos voisines américaines. Comment le traduit-on en français? On parle de maternage proximal ou de maternité extrême (tiens, le père est exclu dans ces deux expressions!). Personnellement, j'opte pour l'expression torture parentale. Ça me semble convenir parfaitement.

Allaitement exclusif, allaitement à la demande, cododo, portage, scolarisation à la maison... La mère agit et le père subit, la plupart du temps. Il ne faut donc pas l'exclure dans le concept, d'où le choix de l'adjectif parentale (et non, maternelle) après le mot torture.

Mais bon, assez pour la sémantique. Ce concept d'esclavagisme parental (tiens, une autre bonne traduction!) vient rouvrir le débat « bon parent Vs mauvais parent ». Et ça, bien franchement, je n'en peux plus!

J'essaie de comprendre le trip mais je n'y arrive pas. De la perspective des enfants, du moins. Sérieusement, en quoi l'allaitement à la demande et le portage feront de ce bébé un meilleur adulte 20 ans plus tard? C'est du délire!

Tous ces concepts ont un point en commun, ils placent la mère au centre de l'univers de l'enfant. Elle doit répondre à tous ses besoins, fusionner avec son bébé et -ça me semble être ça l'élément crucial- devenir LA personne la plus importante du petit univers qui vient de se créer autour d'elle.

ELLE est indispensable. ELLE sait ce qui est bon pour son bébé. ELLE se sent valorisée. ELLE se sent une meilleure mère.

Ok, stop! ELLE a clairement un manque. ELLE a besoin d'avoir le contrôle. ELLE a besoin de fusionner avec son enfant.

Pas sûre que l'attachment parenting n'ait quoi que ce soit à faire avec le bien-être psychique et émotionnel du bébé finalement...

Arrêtons de capoter et d'évaluer l'impact à long terme de TOUS nos faits et gestes comme parents. Personne n'est parfait! Nos enfants auront des bibittes plus tard comme nous en avons. Suffit de leur apprendre à les gérer comme nous les gérons.

Mais de grâce, ne devenons pas esclaves de nos enfants! Ils n'ont jamais demandé ça!

mercredi 12 décembre 2012

Lequel des 4 types de parent êtes-vous?

Après plusieurs années d'observation, des chercheurs de l'Université de la Virginie ont identifié les quatre type de parents qui définissent désormais le société américaine. Il y a:

1. Les Fidèles (20% des parents, qui basent l'éducation de leurs enfants sur des valeurs morales et religieuses)

2. Les Engagés progressistes (21%, pour qui la tolérance est au coeur des valeurs familiales)

3. Les Détachés (19%, dont la priorité est d'élever des enfants indépendants à l'esprit pratique)

4. Les Rêveurs (27%, qui veulent que leurs enfants aient plus de succès qu'eux-mêmes)

Ouain... Par élimination, je crois bien qu'on se classe dans les engagés progressistes chez nous, même si ça me semble un peu trop pompeux pour qu'on s'y identifie. Éventuellement, on se tendre vers les détachés, même si je trouve la dénomination vraiment péjorative...

Mais dans les quatre cas, on semble avoir affaire à des parents un peu trop parfaits à mon goût. Où sont les Surprotecteurs, les Plates à mort, les Ultra motivés, les Débordés et les Esclaves?

On est tous un peu cela à tour de rôle, non?

Engagée progressiste, détachée, surprotectrice ou débordée, je m'assume à mes heures et je de demande que ces quatre choses: respect, complicité, partage et plaisir. That's it!

Et vous? Qu'est-ce qui vous définit comme parent (ou famille)?

lundi 3 décembre 2012

Jusqu'où iriez-vous pour avoir un enfant?

Si un obstacle s'était dressé devant vous pour concevoir vos enfants, en auriez-vous eu quand même? Auriez-vous «tout fait» pour avoir un enfant ou vous auriez accepté votre sort et «gâté ceux des autres»?

Vous le savez, moi j'étais prête à aller loin. On a dû refuser la proposition de la banque mixte après des années d'attente car on revenait à peine à la maison avec nos triplés FIV (ben non, sont pas «naturels»...) Je ne me (nous) voyais juste pas sans enfants dans notre vie.

Ma mère m'a encouragée maladroitement durant le processus en me répétant qu'elle n'aurait jamais enduré tout ça pour avoir un enfant (moi, en l'occurrence...).

Mais je ne veux pas juste parler d'infertilité mais aussi de célibat. Car aux États-Unis, les sites de rencontres entre géniteurs potentiels se multiplient. On ne veut plus trouver l'amour -après tout, on s'arrange très bien tout seul- mais pas question de passer à côté de l'expérience parentale (et ce, autant pour les femmes que les hommes car l'horloge biologique semble de plus en plus tic-taquer du côté masculin également).

Ce qui est une bonne nouvelle pour le taux de natalité et ce qui ne donne tout de même espoir en l'être humain. J'aime mieux l'idée d'une société comptant des couples d'inconnus liés pour l'amour d'un enfant que débordante de célibataires anti-enfants égocentriques (mais ça, c'est un autre sujet...).

Bref, seriez-vous allées jusqu'à rencontrer un homme pour avoir un enfant, sans nécessairement créer une famille avec lui?

Et réalisez-vous votre chance d'avoir eu des enfants en claquant des doigts (ou presque)? Ou après des traitements d'infertilité qui ont miraculeusement fonctionné? Et même celle d'avoir rencontré le bon gars (si c'est le cas)!

Des fois, ça fait du bien de se rappeler à quel point les évidences sont en fait extraordinaires.

vendredi 26 octobre 2012

Les bébés ne sont pas idiots (les parents, oui, parfois!)

Avez-vous déjà entendu un parent dire devant une gaffe de leurs enfants «Ahhh c'pas grave! C'est un bébé! Il ne sait pas ce qu'il fait! Il ne comprend pas».

Vous réagissez comment?

On dirait que je ne peux pas m'empêcher d'entendre un petit sous-entendu de «Il n'est pas ENCORE intelligent!».

Bien sûr qu'il comprend! Et surtout, il apprend.

Ok, ok, on ne parle pas d'un bébé d'un mois. Mais disons un bébé de 10 mois qui garoche sa bouffe par terre pour tester/attirer l'attention/passer sa colère. Habituellement, il trouve ça drôle. C'est une expérience, je suis d'accord. Selon moi, il est important de lui dire «Non» sur un ton qui ne laisse pas place à l'interprétation. Et non, ça ne scrappera pas son estime de soi pour les années à venir.  Je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse dire «Ça ne donne rien de le chicaner! Il ne comprend pas!» (ou pire «Il trouve ça drôle!») Voyons! Il comprend, mais si on ne lui dit jamais, il ne le saura jamais. Et en plus, si on laisse passer, jusqu'à... 3 ans (c'est quoi l'âge de raison!?), vous voudriez qu'ils saisissent pourquoi avant c'était permis et plus maintenant? C'est comme croire à la Fée des dents à 34 ans.... Dire «non» à un enfant, le réprimander et lui interdire plein de trucs, c'est notre job de parents aussi. Plus on retarde le non, plus on dit «oui» sans le vouloir à la confrontation, à l'obstination (sans fin!) et à la perte d'un certain contrôle.

Comment on peut croire que les enfants naissent complètement idiots et perpétuer cette impression? Ils sont des êtres intelligents à qui on doit parler avec intelligence...Des fois, je me dis que la ribambelle de jeux éducatifs qu'on nous propose juste avant les Fêtes devrait parfois être pour les parents qui pensent que leurs enfants ne comprennent rien...

lundi 15 octobre 2012

Oui, on peut!

Sur Facebook la semaine dernière sont revenues des réflexions sur la question «Les femmes peuvent-elles tout avoir?».

Certaines disent «Oui, mais pas tout en même temps.», «Je penche pour "You can do anything, but you can not do everything..."», «Oui, mais il faut d'abord se demander si on veut TOUT vraiment! Si on est vraiment prête?  Une fois que le choix est fait, rien n'est impossible. La limite; c'est nous-mêmes».

Toutes ces réponses trouvent un écho en moi.

Oui, on peut tout avoir. Sérieusement, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas y arriver. Je ne dis pas que c'est simple ni facile ou que tous les jours sont roses. Mais oui, on peut le faire. Avec du cache-cernes, des fois. Mais il faut accepter de choisir d’abord. Parce que non, je ne pense pas qu'on puisse TOUT avoir en même temps. Et il faut assumer notre choix.  Ensuite faudra essuyer autant de  revers que de commentaires insignifiants. On doit parfois accepter de prendre un chemin plus long ou qui nous ressemble plus alors que les autres filent sur une autoroute. Il faut aussi être certaine que c'est ce qu'on veut NOUS. Il faut que ce soit un choix personnel. Et non une obligation venant des autres.

Et pour tout avoir il faut à tout prix se débarrasser de notre culpabilité qui nous fait toujours hésiter. Quand on est au bureau, on se demande si on ne serait pas mieux à la maison et vice versa. La culpabilité est très féminine. Aussi, on doit apprendre à ne pas se sentir toujours «super hot». Parce que nous, on a comme modèle nos mères et nos grands-mères. Tout ce qu'on fait - et surtout ce qu’on ne fait pas ! - vient renforcer notre sentiment qu'on est moins bonnes qu'elles. Les gars, chanceux, n'ont pas cette pression. Tout ce qu'ils font - le lavage, les devoirs avec les enfants ou l'épicerie - les portent au rang de supergars, tellement une coche (mille même!) au-dessus de leurs ancêtres. C'est un peu plus lourd sur nos épaules. Mais faut juste pas s'en faire. Et assumer nos choix.

Oui, on peut tout avoir sans sacrifier ni le travail, ni la famille, ni nous. Un des secrets pour y arriver: avoir du plaisir partout. Autrement, c'est déjà un peu chaotique. Être heureuse, avoir du fun au travail et à la maison, transmettre ça à nos enfants (un «Amuse-toi!» avant de partir pour l'école, c'est chouette, non?), se raconter nos journées ensuite, c'est tellement un bon départ.

Un autre? Être imparfaite parfois.  Ça veut dire «couper» à certaines places (accepter que notre maison ne soit pas celle de Martha Stewart, accepter de ne pas avoir deux autos, accepter de ne pas s'entraîner tous les jours pour avoir un corps de rêve, accepter les petits verres de vin pour décompresser, accepter de ne pas toujours avoir huit légumes dans nos assiettes, etc.). Ça aussi, c'est faire des choix pour arriver à faire ce qu'on veut vraiment.

Un autre encore? Les accommodements familiaux. Pas question d'être seule dans le bateau «famille». Il faut pouvoir compter sur notre conjoint. Savoir qu'il pense comme nous, qu'il s'implique (lisez le billet précédent!) et surtout pouvoir l'imiter quand il sait bien mieux que nous lâcher prise sur des trucs qui ne valent pas la peine de dépenser notre énergie.

Oui, on peut tout avoir. On fait des choix conscients et réalistes. Pas pelleter des nuages ni passer son temps à hésiter. On fait ce qu'on veut. Ce qu'on peut. Et on se dit que demain, on fera peut-être d'autres choix. Et c'est très bien ainsi.

Je crois que c’est ça : on peut tout avoir... ce qu'on décide. Du moins, on l'aura essayé. Ça se peut que ça ne marche pas; que ça nous convienne pas finalement; qu'on n'a pas de plaisir à vivre ainsi. Mais si on ne décide pas de l'essayer, un jour, c'est clair qu'on ne l'aura pas. Qu'on ne pourra pas.

(On en parle ici, ici, ici, etc.)

vendredi 12 octobre 2012

Sommes-nous indispensables?

Il y a sûrement dans votre entourage une amie d'une amie d'une amie (ou une belle-mère ou une belle-soeur) qui mène le monde (du moins le sien). Une tout-puissante qui se croit indispensable au bon fonctionnement de sa maisonnée et qui, pour cette raison, gère tout et ne peut se permettre d'être absente.

J'en ai entendu une à la radio l'autre jour qui allait jusqu'à dire que si elle devait s'absenter de la maison, elle envoyait sa soeur ou sa mère la gérer à sa place. Elle n'est pas monoparentale, elle a un conjoint (en tout cas, elle a encore un conjoint... pauvre lui!) mais il ne fait pas les choses comme elle les fait alors ça lui enlève un stress de lui coller sa mère ou sa soeur aux fesses en son absence. Ayayaye!

C'est quand même drôle qu'après s'être battues pendant des années pour l'égalité des sexes, on se retrouve à prendre les choses tellement en mains que la balance s'en trouve toute déséquilibrée.


Le besoin de gérer, de contrôler, d'organiser, de planifier est un trait féminin quasi-génétique sur lequel il faut travailler. Pour plusieurs d'entre nous, le relâchement n'est pas inné mais si on veut donner la chance aux hommes de notre vie d'en prendre un peu sur leurs épaules, il faut leur laisser de l'air! Ça me tue quand j'entends les filles se plaindre que leurs chums ne font rien dans la maison quand elles ne leur donnent même pas un quart de pouce d'espace pour qu'ils s'activent... à leur façon.

Parce que oui, faut pas se leurrer, nos hommes ne font pas les choses comme nous. Ils manquent de fini, tournent les coins ronds, ne s'en font pas avec grand-chose. Quelle belle approche pour abaisser la pression quand on y pense!

Peut-être que si on s'accordait le droit à l'imperfection, on le donnerait aussi à nos hommes?

mercredi 3 octobre 2012

Tests de grossesse: le délire!

Au rayon des tests de grossesse, c'est rendu n'importe quoi! Bientôt, on pourra savoir si on est enceinte avant même de concevoir le bébé.

Le nombre de fausses couches précoces qu'il y a autour de moi, c'est fou! Étrangement, ça correspond assez au nombre d'annonces de grossesse précoces. C'est un constat non-scientifique mais je ne suis sûrement pas la seule à l'avoir observé. Annoncer sa grossesse à 4 semaines, c'est quasiment un coup de dés. La petite chose pas plus grosse qu'une tête d'épingle qui bouleverse nos hormones a de grandes chances de se développer anormalement à cette étape et de s'éliminer par elle-même. Avant, on se disait qu'on avait juste eu nos règles en retard, maintenant, on vit le drame d'une fausse couche. (Merci, l'innovation!)

Assez triste en effet de vivre une telle nouvelle alors que quelques semaines (ou jours) plus tôt, on se réjouissait. Si on avait attendu un peu, on aurait évité le drame.

Je suis perplexe devant l'impatience ambiante à passer un test de grossesse et à l'annoncer si tôt. Est-ce parce qu'on a nos enfants plus tard qu'on a ce sentiment d'urgence? Dans ce cas, les risques de fausses couches ne sont-ils pas plus élevés alors ne devrait-on pas jouer doublement de prudence. Est-ce parce qu'on est habituée à tout avoir au moment voulu (ou prévu) qu'on ne se permet plus d'attendre? Se sent-on à ce point infaillible qu'on a aucun doute que la petite ligne sur le test de grossesse deviendra assurément un bébé joufflu dans 9 mois? Ou est-ce parce qu'on a (trop) hâte d'annoncer quelque chose de big sur Facebook parce qu'une petite compétition non-officielle s'est installée dans notre groupe d'amies? Ou est-ce tout simplement parce que ces tests existent, qu'ils sont disponibles alors on serait folles de s'en passer?

mercredi 26 septembre 2012

«On va s'essayer pour un gars.»

Vous avez déjà entendu cette phrase? Des parents qui n'ont que des filles - ou même juste une - et qui espère avoir non pas un enfant, mais un GARS. Ou encore le contraire.

Est-ce normal d'avoir une préférence pour un des sexes quand on porte un enfant?  Souvent, ce penchant est lié à notre histoire personnelle (on n'a eu que des soeurs, on est allé dans un collège de filles, on n'a eu que des cousins - turbulents, évidemment -, etc.). On peut aussi avoir peur de l'inconnu que représente le sexe qu'on connaît moins. Et puis, c'est sans compter tous les rêves pour cet enfant qui sont reliés à notre désir.

Mais est-ce sain d'avouer haut et fort notre désir de «s'essayer pour un gars»? Si ça n'arrive pas, est-ce qu'on se sent éternellement coupable?

Quand j'étais enceinte de MissLulus, je savais au fond de moi, que dans ma vie je voudrais avoir une fille. Je savais que je n'aurais pas juste un enfant, mais j'avais vu autour de moi - lointains cousins, familles où je gardais, voisins - avoir eu que des gars et en avoir eu 4 ou 5 juste parce qu'ils «s'essayaient" pour une fille. Je ne voulais pas être comme ça. Je me sentais mal d'avance pour mon bébé qui aurait été un gars. Je savais que je m'en voudrais à mort si j'avais dit haut et fort «Je veux une fille» pendant ma grossesse, rabattant les oreilles de mon entourage avec mon souhait et que le jour de mon accouchement je sois obligée de les appeler pour leur annoncer que j'ai eu un gars. Sincèrement, j'ai enfoui ce souhait au fond de moi et j'ai focussé sur le fait que j'allais avoir un bébé. Un bébé point. Un enfant. Un gars ou une fille.  Juste un bébé. Pour m'aider, je n'ai pas demandé le sexe du bébé durant ma grossesse. J'ai attendu. Je ne voulais pas me sentir coupable envers cet enfant de ne pas l'avoir désiré entièrement. Plus ma bédaine grossissait, plus j'aimais ce petit soleil qui poussait en moi sans savoir qui il était. Le jour de l'accouchement, j'ai pris le temps de regarder mon bébé, lui donner un câlin, plonger mes yeux dans les siens tout plissés avant de penser «Mais c'est quoi? C'est qui?». J'ai su que c'était une fille et franchement j'ai été surprise. Je ne m'imaginais pas  plus avec une fille qu'un gars. Puis, j'ai souri en remerciant la vie de faire en sorte que je ne serais jamais obstinée à vouloir une fille dans toute ma vie. Parce que j'aurais été du genre à ne pas vouloir être enceinte à nouveau si j'avais senti au fond de moi un désir de vouloir avoir une fille plus qu'un gars. J'aurais attendu. J'aurais eu peur d'être déçue même quelques minutes et ensuite me sentir coupable pour la vie. Folle de même, des fois. J'aurais eu beau vouloir une fille dans ma vie, je n'aurais pas transformé mon souhait virer en acharnement... Jamais.

Ensuite, une fois qu'on a notre premier enfant, beaucoup de commentaires extérieurs nous suggèrent souvent sans détour qu'on souhaite un sexe plus que l'autre. «Vous vous essayez pour avoir le petit couple!», «Ton chum doit vouloir un gars» et même des aberrations comme «Tu ne seras pas complète si tu n'as jamais un gars». C'est quoi ces suggestions-là? On essaie de faire entrer en nous un désir qui va se transmuter en méga-culpabilité si on se mouille à abonder dans leur sens. Personnellement, quand j'ai été enceinte à nouveau et qu'on voulait me faire dire que je voulais un gars, je disais que je voulais un bébé. Un bébé point.

Vous, ça vous est arrivé? 


mercredi 12 septembre 2012

Laissez pleurer bébé (il ne deviendra pas psychopathe!)

Combien de fois avez-vous laissé pleurer bébé dans son lit? (ouain, pas tant que ça, hein?)

Combien de fois avez-vous laissé pleurer bébé dans son lit en vous sentant coupable? (oh, ça monte là!)

Eh bien, bonne nouvelle! Pour une fois, une étude sérieuse va dans le sens de la déculpabilisation (plutôt que son contraire, plus fréquent!). Des chercheurs de la revue Pediatrics ont conclu que laisser un bébé pleurer sans se précipiter à son chevet n'en fera pas un être ''brisé'' émotionnellement à l'âge adulte. Et cela n'endommagera pas non plus sa relation interpersonnelle avec ses parents. Bref, que du bon à laisser bébé pleurer un brin!

Avouons-le, nous les mères sommes un peu trop sensibles aux pleurs des bébés. Ça vient nous chercher dans l'utérus, ça allume la braise de la mère-protectrice-indispensable, ça nous réveille parfois avant même de se produire (ça c'est vraiment étrange, on se réveille et deux secondes plus tard, bébé pleure!). Bref, bondir au chevet d'un bébé qui pleure est une réaction essentiellement maternelle. Rares sont les pères qui s'y précipitent avec autant de vigueur, mettons...

Et c'est une qualité que l'on devrait envier aux papas (au lieu de pogner les nerfs en pleine nuit parce qu'ils ne vacillent même pas!) car, grâce à leur surdité nocturne, ils maîtrisent beaucoup mieux que nous les techniques d'endormissement (maintenant prouvées scientifiquement!). Donc, si vous avez le spring un peu trop rebondissant pour sortir du lit et aller chercher/bercer/ramener bébé qui pleure dans votre lit, laissez faire votre homme! À son rythme (habituellement plus lent que le vôtre!), bébé se sera rendormi avant même qu'il parvienne à son chevet. Et vous pourrez vous rendormir sur vos deux oreilles, sans une once de culpabilité, à partir de maintenant!