lundi 29 juin 2015

Mon objectif de l'été: tout faire pour ne rien faire!

Les vacances sont enfin arrivées et depuis le premier jour sans lunch une seul chose m'obsède: ne rien faire.

Je n'ai qu'une semaine de vacances cet été mais j'ai la ferme intention de me sentir en vacances tout l'été. Au retour du bureau: piscine, chaise longue, souper pas compliqué et soirée étirée sur le patio. On profite des soirs de pluie ou trop gris pour faire les courses. Pas de lavage ni de ménage les weekends: les enfants, qui passent l'été à la maison- ont ces nouvelles tâches à leur liste pour l'été (et qui sait... sûrement pour le reste de l'année). Cet été, les weekends sont des mini-vacances. Pas de travaux, de rendez-vous, de tâches ni d'obligations plates au programme. On a décidé de profiter de chacun de nos weekends cet été (et il n'y en a pas tant que ça!), quitte à tourner les coins encore plus ronds et à faire le minimum en quatrième vitesse. Pas question de gaspiller chaque précieuse minute estivale!

Et qu'est-ce que je vais en faire de ces précieuses minutes: rien! Lire, somnoler, jaser, trinquer, jouer à des jeux niaiseux, gosser sur mon iPad, perdre mon temps sur le web, aller promener le chien... faire ce qui me tente et, surtout, multiplier les activités vide-cerveau, les occasions de rire un bon coup et d'être juste bien en famille ou entre amis.

Mes attentes sont à zéro. Qu'il fasse beau, qu'il pleuve, qu'il fasse froid ou trop chaud, rien ne m'empêchera de passer un bel été!

Et vous, quels sont vos plans pour faire un "reset" cet été?

jeudi 25 juin 2015

Tu te sens vraiment imparfaite quand…(prise 56)

Dans un party, on fait un feu dans la cour deux jours avant la fin de l’année scolaire et que tu offres aux 5 petits (Z)imparfaits de brûler un des cahiers d’école dont ils veulent le plus se débarrasser. «Les devoirs de maths!», «Éthique et culture religieuse!», «Le manuel d’anglais!»,  etc. Et qu’après un décompte, on garoche le tout direct dans le feu en applaudissant toute la gang ensemble en répétant ce qu’on vient de lancer dans le feu… Jusqu’à ce qu’on réalise que parmi tout le monde réuni, il y a aussi un petit qui va commencer la maternelle l’an prochain qui participe avec ardeur au grand feu de joie. Oups! Va-t-il penser que l’école c’est plate? Ou aura-t-il juste plus hâte à la fin de l’année en sachant le plaisir du feu qui viendra (on a décidé que ce serait une tradition!). Puis, re-oups, on s’apprête à brûler «Le projet d’art avec le père Noël». Va-t-on le traumatiser en brûlant le gros personnage? Vient-ton de briser la magie de Noël et celle de l’école en même temps?

Et puis pendant qu’on se pose toutes ses questions, tout à coup on entend le mini crier «On brûle le père Noël! On brûle le père Noël!» le sourire fendu jusqu’aux oreilles en tapant des mains pour imiter ses grands amis…

Ben coudonc, on ne l’a pas traumatisé pantoute... On se pose trop de questions, c'est tout.


Pour lire toutes les autres billets «Tu te sens vraiment (Z)imparfaite quand...», cliquez ici



lundi 22 juin 2015

12 choses dont les enfants ont besoin cet été


Enfiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii (je sais, je frôle l'hystérie!), l'été! Tout le monde a hâte aux vacances, mais beaucoup de parents se demandent comment passer un été fantastique avec les enfants. De quoi les enfants ont-ils besoin durant l'été? D'un nouveau module de jeux? D'une hélicoptère téléguidée? Nooo way! Voici la liste des 12 choses dont les enfants ont vraiment besoin cet été.

1) La liberté
C'est le temps d'arrêter d'être mère poule et de les laisser jouer au parc seul avec leurs amis, faire du vélo sans nous, aller au dépanneur à pied, etc. Avouez qu'à leur âge, ça faisait bien 3-4 ans que vous y alliez toute seule...

2) L’ennui
Rien faire est un art qui se perd. Parce qu'on a - comme adulte - beaucoup de mal à ne rien faire, on fatigue quand on voit nos enfants tourner en rond en ne sachant pas quoi faire. On redoute le moment fatidique où ils nous diront «C'est plate! Je ne sais pas quoi faire!!». Résistons et répondons simplement «Cherche, tu vas trouver!» et laissons-les se débrouiller. Ils vont trouver. Souvent, au lieu de les laisser s'ennuyer un brin, on les organise... ça suffit!

3) Le choix
L'ennui amène le choix. En pouvant faire des choix (au lieu de subir les nôtres!), les enfants se (re)découvrent. Ils vont retrouver ce qu'ils aiment vraiment faire. Bon, parce qu'il reste encore des trucs à faire dans la maison, on peut leur faire une liste de leur tâche, mais on les laisse décider de quand ils les feront (et nous, on n'a pas le droit de se/les stresser avec ça, à moins qu'on ait mis une heure limite!).

4) Du temps
Du temps en famille... mais pas nécessairement en train de faire la super sortie combo zoo/manège/randonnée pédestre/musée/visite de ferme/vélo (toute dans une journée!). Parfois, juste faire un feu dans la cour, c'est ben correct! Les enfants n'ont jamais le temps de faire ce qu'ils aiment vraiment, alors, si on leur donnait ce cadeau cet été! 

5) La nature 
Les enfants sont en manque de «dehors»: alors, on les met sur la galerie et on ferme la porte-patio. Bon, on peut sortir nous aussi, mais on n'a pas à tout le temps à être autour d'eux à rôder (et potentiellement les entertainer ou les coacher!). On sort prendre l'air aussi. Pas besoin de faire 6 heures de route pour trouver un bout de nature! Et ce, sans techno!

6) Du plaisir  
Du vrai gros fun! Des jeux niaiseux (ça suffit de sortir les maudits jeux éducatifs à tout prix... la seule règle de l'été devrait être: d'avoir du fun!), des concours de grimaces, des journées qu'on étire parce qu'on sent qu'on décroche, etc.

7)La nouveauté   
Rien d'extravagant, juste des trucs nouveaux qu'on ne s'autorise rarement durant le reste de l'année. On essaie une nouvelle crèmerie, un nouveau parc, une nouvelle recette, un nouveau vin (ahh!! Yé!), un nouveau hamac (pourquoi pas!), etc. La nouveauté, c'est pouvoir emprunter 10 nouveaux livres, bandes dessinées ou revues chaque semaine, c'est faire un switch de jeux de société entre deux familles, c'est coucher dehors dans une tente dans la cour, etc.

8) Du repos
Ça suffit les horaires de fou! Dès qu'on peut, on leur permet de se lever plus tard (et de se coucher plus tard!), de faire des siestes, de fouérrer sans gêne, de s'écraser avec un livre ou même de regarder deux films de suite. Ouain pis? Ils ne feront pas que ça de leur été. Les enfants ont besoin de décrocher, de se vider le cerveau, etc.

9) Du silence
De temps en temps, on habitue les enfants au silence: pas de jeux vidéo en sourdine ni de musique (même pas dans leurs écouteurs) ni la télé ouverte en permanence: juste... rien!

10) Des permissions
C'est tellement le temps de déroger de la routine. De dire «oui» quand, habituellement, on dit non. De faire des folies! D'oublier d'être sérieux. En fait, c'est mettre le plaisir au premier rang! Et cette règle est tout aussi bonne pour nous: on dit «oui» à une 2e bouteille de rosé un mardi soir après avoir commandé une pizza chez des amis où on était arrêté «juste deux minutes» pour déposer le chandail qu'un de leur enfant a oublié chez nous, à un après-midi sur la chaise longue au lieu de repeinturer la galerie comme prévu, à un souper au resto, à une invitation spontanée, etc.

11) De l'espace
On arrête d'être des hélicoptères qui tournent autour des enfants et qui surveillent s'ils font quelque chose. On devrait leur laisser du lousse un peu (beaucoup?). On déclare que leur chambre peut ressembler à ce qu'ils veulent pour l'été. Qu'ils y fassent (ou non) le ménage, on s'en balance. Du coup, ils vont se réapproprier cet espace, s'inventer plus de jeux et nous, on ne s'en fera pas avec l'allure de leur antre.

12) La paix
La sainte paix! Ça ne veut pas dire de ne rien faire avec eux, mais seulement de juste être là pour les écouter et de les regarder aller au lieu d'être au devant à les tirer d'un bord et de l'autre. Faire le plein de souvenirs en les regardant s'amuser, embarquer dans leurs jeux, mais pas prendre le contrôle. Juste être là.

jeudi 18 juin 2015

Fini les cadeaux!

Mes triplés vont fêter leurs 12 ans demain et je n'ai pas de cadeaux à leur offrir. L'an dernier, on leur avait offert des billets de spectacles et un weekend à Toronto pour leur anniversaire commun. Ils ont tellement aimé leur virée qu'ils nous avaient dit: "On est d'accord tous les trois: on ne veut plus jamais avoir de cadeaux à notre fête! On veut faire des sorties!"

Bien franchement, je suis plutôt contente de voir l'ère des bébelles se terminer. On a assez donné (le Toys r Us nous doit des années de profits!). Ils vont être super contents des cadeaux que nos proches vont leur offrir mais nous, en tant que parents, on va désormais leur offrir des "bons moments": un weekend, une escapade, une sortie, des billets de spectacle, de théâtre, une activité, un voyage, un bon souper au resto. Même chose pour la fête des Mères, des Pères, ma fête et celle de TriplePapa. On s'offre désormais des moments à chaque fois qu'on en a l'occasion. Une belle façon d'enrichir notre banque à souvenirs familiale!

Les iPad, jeux vidéo et autres "objets de nécessité" de ce type, ils se les payent avec leur argent de poche accumulé (ça fait presque deux ans que Lolo attend d'avoir assez d'argent pour s'acheter un nouvel iPod). Ils y réfléchissent à deux fois avant de dépenser leurs sous pour des peccadilles quand c'est leur seule façon d'y accéder.

Et comme on planifie un voyage pour le temps des Fêtes, on a aucun cadeau à magasiner d'ici là: nos 5 fêtes et nos cadeaux de Noël y passent tous. Une belle économie de temps... et d'emballage! Vivement le 26 décembre pour qu'on parte fêter tout ça ensemble!

jeudi 11 juin 2015

Toujours plus de règles (et de moins en moins de jugement)

À l'école ou ailleurs, il y aura toujours des parents pour se plaindre des règles. Dernièrement, on a eu droit une montée aux barricades pour une histoire de bretelles spaghetti ou des fillettes qui devaient dorénavant porter des shorts sous leurs robes.

Idem avec les shorts qui ont désormais une "longueur raisonnable" à respecter, les souliers qui doivent avoir le bout fermé, les crop tops (chandails bedaine) qu'on a dû bannir il y a quelques années et qui sont revenus en force quand même.

Bientôt les percings et les tatouages devront être pris en charge dans les codes de vie des écoles primaires, tout comme les talons hauts et les cheveux de couleur pastel. Pourquoi? Parce que des enfants de première année arrivent déguisés en ado à l'école primaire. Si les parents ne sont plus capables d'établir des règles, l'école a encore (heureusement!) le droit d'en imposer dans son établissement. Pas de tatouage ou de mèches au primaire, est-ce que ça brime tant que ça un enfant?!

Et ne me sortez pas l'argument du libre choix! Un moment donné, y'a des limites à ne pas avoir de jugement en tant que parent. Et si tous doivent se plier à des règles de plus en plus strictes pour 2-3 parents sans jugement, eh bien c'est une oeuvre utile! Si l'école doit jouer le rôle de pare-feu contre la superficialité, c'est toujours ça de gagné.

Et vous, qu'ajouteriez-vous dans le code de vie des écoles? Tant qu'à moi, les cheveux rasés avec des motifs tracés par le clipper devraient être interdits aussi (juste parce que c'est lette!).

On jase là...

lundi 8 juin 2015

Aller à l'école... pour le fun!


J'ai de merveilleux souvenirs d'école. Beaucoup. C'est peut-être pour ça que je suis contente de voir que mes enfants vont à l'école dans le plaisir, jamais à reculons.

Le plaisir d'aller à l'école - le plaisir d'apprendre aussi - ça commence par contre à la maison. Et par les parents, bien sûr! Le matin, si on change le «Passe une bonne journée! Sois sage!» par un «Passe une bonne journée! Amuse-toi!», c'est déjà un bon départ. Non?

Au mois de juin, c'est le mois idéal pour les activités spéciales qui font aimer l'école aux enfants: sleepover dans le gymnase avec bataille d'eau dans la cour d'école et séance de Just Dance sur écran projecteur avec les profs, les Olympiades scolaires, les sorties à la piscine, la grande nuit de la lecture, les danses, le camp-nature de 3 jours, la journée des jeux gonflables, le FunDay, la sortie récompense, etc. Une panoplie d'activités qui remettent le «plaisir» à l'avant-plan! Des fois, je me dis que c'est en septembre (ou octobre, juste quand le high d'adrénaline chute!) que ces activités devraient avoir lieu. Parce que certains enfants ont besoin de ça aussi pour les aider à voir leur école comme un lieu multiple: on y apprend, mais on a aussi du plaisir! Chez nous, ces jours-ci, au lieu de focusser et d'angoisser sur les examens, on mise plutôt sur les activités plaisantes. Les enfants vont faire leurs examens quand même, mais toute notre attention (et la leur) n'est pas que sur ça. Et ça ne fait pas de nous des personnes qui minimisent l'éducation. Et, surtout, ça fait de nos enfants des petits moins angoissés. À voir le nombre d'enfants ultra stressés (et leurs semblables parents méga sérieux) à la sortie des classes, je me dis que je fais bien de leur donner ce répit.

En fait, je crois même que le plaisir est sûrement l'arme la plus efficace contre le décrochage. Et le sentiment d'appartenance à ton école, le sentiment que tu fais partie d'une grande gang! Secouez la fierté des enfants pour les unir et les faire travailler ensemble!

On dirait qu'on a peur que le plaisir entache ou diminue l'importance qu'on accorde aux apprentissages. Ce ne serait pas plutôt le contraire! Quand on fait quelque chose dans le plaisir, on est plus susceptible d'être dans un meilleur état d'esprit pour apprendre.

Des fois, je trouve qu'on a donc peur de dire qu'on a du fun. Comme si plaisir et travail (ou plaisir et école) ne pouvait jamais rimer ensemble. Ohhh nonnn! Le boulot, c'est du sérieux! L'école, c'est du sérieux! Faut pas que le fun s'y infiltre. On pourrait avoir l'air d'être trop heureux et ça, ça ne fait pas sérieux, pas productif, etc. Ishhhh!

Ce n'est pas toujours le fun, j'en conviens. Mais ce n'est pas vrai non plus qu'on ne peut rien faire pour changer la donne. Les enfants comme les adultes. Notre boulot nous emmerde? On peut toujours essayer d'injecter à notre mesure une dose de «plaisir». On n'est pas obligé de faire changer l'entière structure de notre milieu de travail; on peut y aller à notre échelle et s'occuper de notre plaisir à nous. Le plaisir peut même juste être d'apporter son livre pour lire durant sa pause, écouter une playlist qui nous met de bonne humeur, s'apporter une douceur pour la collation, etc. Juste ramener le plaisir plus souvent... il me semble que ça nous ferait du bien, non?

En tout cas, je n'ai plus peur d'avoir du plaisir. C'est devenu essentiel. Ce sont les gens trop sérieux qui me font peur. 


jeudi 4 juin 2015

S'excuser, mais pas trop...

-JeuneHomme, c'est à moi la carte?

Eh oui, j'ai trouvé une carte dans le fond de son sac. Et comme il m'a donné son bricolage de Noël au mois de mars (il avait croupi au fond de son sac d'école tout ce temps!), je me suis permise de lui poser directement la question. Quoi? On venait de passer la fête des mères.

- Ah ça, c'est UnTel qui m'a fait une carte comme punition parce qu'il nous avait achalé toute la récré? Il s'est excusé dedans et a promis d'être gentil.
- Ça a marché? 
- Ben non, voyons! À la récré d'après, il a recommencé.

!!!

!!!

***

Puis, ça m'est revenu. L'autre jour, JeuneHomme devait trouver une conséquence pour un autre garçon qui avait bousculé ses amis et lui. Moi, pleine d'entrain et d'imagination, j'aurais pu écrire une liste longue comme ça d'idées. J'ai demandé à JeuneHomme ce qu'il allait choisir.

- J'hésite entre laver mon bureau ou aller replacer ma boîte à lunch après le dîner.

!!!

!!!

Eh boy! On est rendu là dans le ridicule? Pour s'excuser, on a à rapporter la boîte à lunch de l'autre dans le bac à côté de la porte? C'est drôle, j'ai comme l'impression que la boîte à lunch doit être garoché et pis,  d'abord, c'est quoi cette «punition» débile? (bon, sûrement qu'on n'a pas le droit de dire «punition», ce ne serait pas gentil pour le ti-nami qui a fessé sur bousculé les autres. On dit «geste réparateur»... !!! !!! !!!!)

- Tu ne peux pas demander à ce qu'il te fasse des excuses devant la classe? (Tsé pour avoir un ti-peu honte!?)

- Non, c'est pas dans les choix... Y'a aussi le dessin réparateur...
- ... ... ... 

Alors, on s'excuse, mais pas trop? Faut pas que ça paraisse. Faut pas que celui qui a tort ait l'impression qu'on le punit. Faut pas non plus qu'il se sente juste un peu mal pour ce qu'il a fait. Faut pas brimer son estime de lui, probablement. Faudrait pas non plus qu'il se sente diminué. Les victimes, elles, ce n'est pas si grave. C'est vrai qu'elles aiment ça se faire achaler, se faire traiter des noms, se faire donner des coups, etc. Leur estime de soi est belle belle belle... Ben oui, voyons donc!

***
Donc, JeuneHomme a eu une carte. Une autre. Pendant que ma face d'éberluée relisait le message du petit maudit repentant, JeuneHomme m'a enlevé les mots de la bouche.

- En plus, il est tellement laid son dessin...

Mais, ça, faut juste le dire à la maison. C'est pas gentil-gentil pour le pseudo-repentant...


À LIRE AUSSI 
Venge-toi! Réplique!
Devenir (un peu) bitch
Pour contrer la violence: un dessin réparateur
Pour le retour de la bonne vieille excuse humiliante



mardi 2 juin 2015

Apprendre à sacrer la paix à ses enfants

Ce qui est bien avec des pré-ados de 12 ans, c'est qu'on ne les voit plus.

Ce n'est pas que je ne veux pas les voir mais mes enfants passent le plus clair de leur journée à s'autogérer. On aurait pu penser que des triplés, ça se tiendrait ensemble même à cet âge, mais non. La solitude pré-adolescente est plus forte que la solidarité gémellaire. Chacun dans son espace, à faire son activité solitaire qui se résume en 6 actions principales: lire, écrire, écouter de la musique, rêvasser, regarder des films, jouer aux jeux vidéos. C'est pas mal à ça que ressemble une journée de congé à la maison ces temps-ci. Il y a désormais des caucus secrets à 2 ou 3, des projets dont ils se parlent en noms de code mais peu de jeux de société déployés sur la table, mettons. Et le bricolage, oubliez ça! Ils ont toujours détesté ça et ça ne va pas en s'améliorant. Même dans la piscine -comme j'ai pu le constater la semaine dernière- ils ne jouent plus ensemble mais font des chorégraphies ou des longueurs en solo. Peut-être qu'à force d'être trois tout le temps, le besoin de se sentir seul et unique est encore plus fort. Qui sait... Je suis fille unique et je n'avais pas à chercher la solitude à leur âge, mettons...

Au début de leur "migration", j'avais du mal à les voir s'éloigner l'un de l'autre, puis de moi. Je leur proposais (les obligeais?) de jouer à un jeu "tout le monde ensemble". Puis, j'ai accepté le fait qu'il était temps de leur sacrer la paix. Depuis, j'attends qu'ils me fassent signe, qu'ils se rapprochent, chacun leur tour, selon leur moment. Parfois, on est tous ensemble (à chaque repas, c'est au moins ça!), parfois c'est un tête-à-tête ou juste les filles ensemble ou une sortie mère-gars, etc.

À force de moins se voir même en vivant sous le même toit, on choisit nos moments ensemble et ils viennent à nous manquer. L'autre jour, Momo me demandait quand on pourrait se faire un "moment MF" (mère-fille), me soulignant au passage combien elle les apprécie "même quand on plie le linge"!

C'est fou comme je me disais en boucle dans ma tête que j'avais hâte à ce moment, il y a de cela tout juste 10 ans. Maintenant, je chéris chacun des moments qu'on passe ensemble tous les cinq. Car ils se feront de plus en plus rares et c'est très bien ainsi. C'est la vie!