jeudi 30 avril 2015

Être parent, c'est le fun (quoi qu'on en dise!)

Des fois, à entendre le discours ambiant, j'ai l'impression que peu de parents aiment ça avoir des enfants. Que c'est un vrai boulet. Bon d'abord, on n'était pas obligé d'en avoir. Alors si on en a, c'est que (généralement) on en voulait. Donc, assumons notre choix. Ça ne veut pas dire qu'on ne puisse pas admettre que c'est difficile/fatiguant/épuisant/enrageant de temps en temps (ou même souvent!). On a créé ce blogue il y a 7 ans précisément pour pouvoir le dire haut et fort et se déculpabiliser de le penser.

Mais ça ne l'est pas tout le temps (du moins, espérons-le!) alors, de grâce, peut-on parfois souligner le bon côté de la chose?

Pour Jennifer Senior, auteure du livre All Joy and No Fun – The Paradox of Modern Parenthood (Harper Collins), être parent c'est: « Des moments de grande joie et de satisfaction profonde qui émergent d’une mer de frustrations, de difficultés et de culpabilité. Bref, All Joy and No Fun… » Citée dans un article fort intéressant de Louise Gendron dans Châtelaine, elle avance: « Le problème ce ne sont pas les enfants eux-mêmes, c’est ce qu’on met autour. Tout le stress, l’anxiété, les exigences qu’on se donne. »

Et voilà! Si on a si peu de moments de fun avec nos enfants, c'est peut-être parce qu'on ne s'en accorde pas assez? On ne peut pas attendre qu'aux vacances pour sortir de la routine, pour passer un bon moment ensemble, pour se soustraire aux obligatoires qui occupent une part beaucoup trop importante de notre vie familiale.

Oui, il y a les repas et les bains, puis il y aura les devoirs et la course aux activités parascolaires mais il faut trouver le moyen de s'accorder un moment de fun avec ses enfants. Chaque jour. Pas une fois par semaine ou l'été prochain! Un moment parfois plus court, parfois plus long mais il faut se l'accorder chaque jour. Quitte à couper dans les tâches qu'on s'impose et qui ne comptent pas tant que ça en comparaison avec un vrai bon moment parent-enfant. Quitte à couper une activité trop bouffeuse de temps et d'énergie pour avoir le temps de ne rien faire ensemble au lieu de courir de gauche à droite.

Avoir du fun (ou non) comme parents, c'est une décision qui nous revient. C'est notre choix. Et ça serait bien de l'entendre plus souvent. Oui, avoir des enfants ce n'est pas facile, mais c'est VRAIMENT le fun (du moins, si on fait en sorte que ce le soit!)! Quoi qu'en pensent ceux qui n'en voient que les mauvais côtés.

Allons-y: qu'est-ce que vous aimez faire avec vos enfants?

Moi j'aime qu'on fasse rien d'organisé, rien de spécial, côte à côte sur le sofa. J'aime qu'on aille promener le chien deux par deux pour avoir le temps de jaser "en privé". J'aime quand on part en escapes, sortie, voyage, visite et qu'on en jase des heures et des jours durant au retour. J'aime les soupers qui durent toujours trop longtemps et les soirées qui s'étirent dehors l'été. J'aime les situations étranges et compliquées que seuls les parents ont la chance de vivre.

Et si on faisait en sorte que ça se produise plus souvent?

lundi 27 avril 2015

Le secondaire... pour le plaisir!

Hier midi, avec ma pré-ado, on est allé dîner en tête à tête, juste comme ça. On a jasé de la fin d'année qui approche, du secondaire qui suit, des rêves des autres études, de «comment ça se passe au cégep, maman?» et des futurs métiers qu'elle et ses amis souhaitent faire. De belles discussions, relaxes, détendues.

Je le sens, elle est fébrile. C'est une nouvelle étape qui l'attend. Elle a plus hâte qu'elle la redoute. Elle a hâte au changement et ce, même si elle le craint un peu. Mais je la sens confiante et heureuse. C'est une nouvelle étape, une nouvelle liberté et de nouveaux horizons. Puis, à travers nos discussions, elle me confie tout bonnement «La plupart de mes amis ne veulent pas aller à telle école, mais c'est leurs parents qui les obligent!». Les obligent? Ahhh... Je n'ai pas pu m'empêcher: «C'est bien plate!». MissPuDeLulus confirment, la mine un peu triste pour ses copains: «Pour eux, tu sais, les notes, c'est super important!». Ahhhh ouiiiii les notes! Eh misère...

Je ne suis pas certaine que c'est une excellente idée de forcer son enfant à fréquenter une école qui ne l'intéresse pas. Ce n'est pas comme partir tout croche? Sérieusement, j'ai trouvé démesurée l'attention que l'on porte au choix de l'école des enfants au secondaire. Dans notre commission scolaire, les enfants peuvent «choisir» l'école qu'ils veulent fréquenter selon leurs goûts. J'ai toujours trouvé que c'était un peu démesuré comme choix et comme tactique pour contrer l'attrait au privé (qui ne m'a jamais intéressée!). Et la folie de la performance dès le primaire... Vraiment? Au primaire! Ça donne quoi de les stresser ainsi: qui se rappelle avec exactitude la note qu'il a eu en français en 5e année. Moi, mes souvenirs sont davantages reliés aux amis que je me suis faits, au prof, aux sorties et à l'ambiance générale, etc. Le secondaire? Je me rappelle avoir trouvé qui j'étais et qui je voulais être. Bien plus que mes notes ou les notions précises. Mais c'est autant valable non?

J'ai toujours pensé que le plaisir d'apprendre est ce qui est le plus important. Ici, on parle positivement de l'école, je surveille (encore un peu trop les devoirs), je suis exigeante (et fatiguante) sur les fautes de français, je ne tolère pas le travail bâclé et je souligne et encourage les efforts. Mais chaque matin, quand les enfants partent, je leur souhaite qu'une seule chose: «Amusez-vous bien!». Jamais ça n'a terni ou amoindri la valeur que je porte à l'éducation. Et c'est en plein ce que je veux qu'il arrive l'an prochain au secondaire.
 

jeudi 23 avril 2015

Les prénoms les plus populaires en 2014: nos (Z)alternatives

Eh oui, la liste 2014 des prénoms de la RRQ est sorti. C'est notre source #1 pour trouver des prénoms pour notre palmarès annuel. Mais en attendantnotre prochaine compilation, voici nos (Z)alternatives pour les 10 prénoms les plus populaires chez les gars comme chez les filles.

Inspirez-vous! Et vous pouvez aussi consultez notre guide des prénoms (publié chez Goélette).



D'autres suggestions? Et n'oubliez pas que vous pouvez nous envoyer aussi vos trouvailles. On adore vous lire. Et tout est confidentiel, bien sûr!


lundi 20 avril 2015

N'ayez pas honte d'être à boutte!

La tournée des salons de livre des (Z)imparfaites se termine bientôt et ces rencontres nous ont bien sûr permis de jaser avec des lectrices (des fidèles et des nouvelles!) mais aussi de faire un constat: il est difficile d'identifier soi-même qu'on a besoin de lâcher prise.

Dans tous les salons sans exception (de Rimouski à Edmundston en faisant un détour par Gatineau et le Saguenay), nous avons souvent vu les enfants (pré-ados, ados ou jeunes adultes) diriger leur mère vers nous, attirés par le phylactère "Fatiguée? Stressée? À boutte?!" qui ornait notre table.

- Maman, c'est pour toi, ça!

Voilà la phrase que nous avons le plus entendue aux quatre coins du Québec (et au Nouveau-Brunswick!) cette année. Et une fois sur deux, la mère s'étonnait totalement de la remarque de son jeune "Ah oui?!" ou s'en offusquait "Ben voyons, toi?!" Comme si le fait d'admettre qu'on est essoufflée (fatiguée, stressée, à boutte) était un constat d'échec.

Près de 7 ans après le lancement du blogue, on s'est rendue compte qu'admettre ses imperfections, ce n'est pas aussi évident qu'on pourrait le croire (même si on a l'impression que tout le monde le fait!). Pour certaines femmes, la peur d'être jugée, d'avoir l'air faible, de ne plus être en contrôle est un stress qui s'ajoute à tout le reste.

Et il faut parfois que notre enfant ait l'honnêteté de nous le dire pour s'en rendre compte.

jeudi 16 avril 2015

Mettre sa switch à OFF

Je ne sais pas trop si c’est l’hiver long et froid, mon âge, une accumulation de fatigue, une écoeurantite générale, mais j’ai décidé que cet été, je mettais ma switch à OFF. Dans la lignée du billet de Nancy sur le silence, mais je me sens (crissement) dû pour une retraite. Tsé se créer une bulle inatteignable et me vautrer dedans. La mienne pourrait prendre la forme d’une chaise longue sur le bord de la piscine, une chaise Adirondak au chalet, le hamac dans la cour, le siège de l’auto les fenêtres ouvertes avec une toune des Trois Accords qui joue à tue-tête, la chaise pliante sur le sable devant la mer, etc. J’en ai besoin. Vraiment.

Besoin de mettre de la distance entre le reste du monde et de moi. Arrêter de me sentir concernée. Prendre un break de l’actualité, des problèmes et des pétages de coche de l’un et de l’autre. Ne plus entendre le flot de paroles, les plaintes comme l’étalage des bons coups. Juste être protégée par ma bulle et m’occuper que de mon petit cocon, ma famille et mon noyau dur d’amis. C’est tout!

Je sais, c’est égoïste. M’en fous! Mais quand est-ce qu’on se permet de se sentir à OFF? Rarement, vraiment. Alors pourquoi on s’en prive? Parce qu’il faut militer, sauver, aider, motiver, participer, etc.? Parce qu’il faut faire comme les autres pour être dans la game? Cet été, je débarque! De mon plein gré!  J’ai envie de devenir inatteignable et injoignable pour quelques temps. Prendre la vie avec un grain de sel, pour vrai! Et rien faire! J’ai envie de donner des vacances à mon hamster. Il spinne depuis longtemps, toujours à vitesse folle. Lui aussi a besoin de se relaxer. Et l’été, c’est le meilleur temps pour ça!

C’est drôle, on dit qu’on est une société bien égoïste, pourtant, on ne s’occupe rarement de notre petit monde, mais beaucoup plus de tout ce qui se passe autour (et qui n’est jamais vraiment aussi important!) et de ce que les «autres» pourraient bien penser. C’est en plein de ça que j’ai le goût de m’éloigner.

Dans un peu moins de trente jours, on part en famille pour une semaine de pré-vacances (avant les « vraies » de l’été!). Souvent on dit à la blague, « On va se pratiquer pour nos vacances de cet été! ». Dans le fond de moi, je m’en vais me pratiquer à me mettre à OFF. Et étrangement, on se fait demander ce qu’on s’en va faire sur le bord de la plage à Cape Cod en mai. Notre réponse rend les gens bien perplexes : « Rien ».  Tout de suite, ils s’inquiètent : « Mais les enfants, eux? ». Quoi, les enfants? Ils sont heureux! On s’en va vivre en bulle pour 6 jours… loin de toutes les distractions habituelles. Ils sont heureux de cette cassure qui leur permet d’avoir de longues journées libres. Être à off, ce n’est pas être neurasthénique, c’est juste se recentrer sur les vraies bonnes choses. Celles qui valent vraiment la peine. Celles qui sont vraiment importantes. Celles qui nous font vraiment plaisir. Pour vrai. Pour nous.

J’ai besoin de vacances pour ça? Eh oui! Chez nous, je décroche moins. J’ai arrêté de faire semblant. C’est plus difficile chez moi de me mettre à OFF. Partir en mai va me permettre de me lancer et, je l’espère, de ne plus avoir le goût de me laisser contaminer par ce que finalement je n’aime pas du tout. J’ai réalisé que j’ai laissé trop de choses prendre trop de place. Ça suffit!

Je vous le dis, être OFF, c’est un peu le rêve dans une société où tout le monde veut trop être partout à la fois! 

Et vous, que faites-vous pour vous mettre à OFF?   

lundi 13 avril 2015

«On ne peut pas aimer les mêmes choses!»

J'ai récemment appris une nouvelle réalité de ma vie de mère de pré-ado-de-moins-en-moins-pré: faudrait surtout pas aimer les mêmes affaires!

Exemple: la musique. Si on aime la même chanson et qu'elle joue dans l'auto:

a) On ne peut plus chanter en duo à tue-tête (ce doit être l'une ou l'autre ou sinon "c'est trop poche")
b) Idéalement, ma pré-ado préférera écouter la même chanson dans ses écouteurs ("c'est moins poche")
c) Il ne faurait surtout pas que je connaisse les "vieilles chansons" qu'elle pense avoir découvertes elle-même avec l'aide de Shazam:

"Tu connais ça Like a Prayer?!" (avec les yeux un peu au ciel)

- Ben oui, c'est MA toune de Madonna! J'avais ton âge quand c'était un hit!

"Bon, je ne l'aime plus d'abord!" (mais je l'entends encore la chanter dans la douche... hum, hum!)

- Ben correct parce que j'ai aimé ça AVANT toi! (quin toé!)

"Ok, mais si j'aime quelque chose avant toi, j'ai la priorité, d'accord?"

- Deal! (elle vient tellllllement de se planter!)

Afin d'éclaircir le mystère, je me suis assise avec elle pour mieux comprendre cette nouvelle phase. Ce que j'en ai compris c'est que ça parait mal à son âge d'aimer les mêmes affaires qu'une personne de 40 ans (elle m'a épargné le vieille...). Donc, quand ses amies viennent à la maison, est-ce que je pourrais éviter de chantonner les tounes de Ed Sheeran et d'Ariana Grande? Parce que "c'est méga-gênant mamannnn"...

Puis j'ai eu un flash: dans quelques semaines, on s'en va visiter le monde de Harry Potter à Universal Studios...

- Oh! Mais j'y pense! Je lisais ça enceinte, moi Harry Potter... J'ai aimé ça avant toi! Comme c'est donc trop poche d'y aller ensemble, tu ne viendras pas. J'ai la priorité!

"Ben làààààà, maman!"

Croyez-moi, cette phase est définitivement terminée!

vendredi 10 avril 2015

Se taire, cette qualité qui se perd...

Des fois, dans le train, au bureau ou ailleurs, j'écoute les conversations ambiantes sans vraiment les écouter. Ça passe du léger au grave, de l'insignifiant au profond, du ridicule au sérieux. Ce qui attire mon attention, ce n'est pas le discours de la personne qui mène la conversation, ce sont les commentaires de son interlocuteur. Parfois, y'a juste rien à dire mais on dirait que le besoin de combler le silence, pire de donner son avis -alors que souvent il n'y a même pas d'avis à y avoir!- est plus fort que tout.

Le silence est un grand oublié de nos jours. On doit avoir une opinion pour exister. On doit "liker" ou critiquer, on doit se démarquer, faire apparaître son nom dans un fil de commentaires pour prouver qu'on existe. Lancer des "Coucou! Je suis là!", sans égard à la pertinence de nos propos.

Un ami me demandait récemment ce qu'il devait dire à une amie qui a fait une fausse couche. Je lui ai suggéré de se taire. De lui demander comment elle allait, comment elle se sentait plutôt que de lui balancer des phrases creuses, des clichés inutiles, des "c'est la nature qui voulait ça" ou autres insignifiances pénibles dans les circonstances.

Quand on a vraiment quelque chose à apporter à une conversation ou un débat, ça va de soi d'y participer. Mais quand on n'a rien à dire, rien à ajouter, à critiquer ou à commenter, on a encore l'option de se taire. Même si on semble l'avoir désormais oubliée.

mercredi 8 avril 2015

"Ben oui, il me semble..."

- Maman, y'en a qui disent n'importe quoi à l'école...
- N'importe quoi?
- Ben, tu sais, ils disent des affaires pis c'est comme si ça ne voulait pas dire grand chose... Ou ils disent des trucs pis je le sais au fond de moi que ce n'est même pas vrai!

Yes!!!! Ma fille a découvert son détecteur de bullshit! Parce que, oui, c'est une aptitude qu'on doit développer. On ne nait pas avec. On doit le découvrir et l'expérimenter.

- Maman, c'est normal?
- Ohhhhhhh oui! Et il y a plein d'adultes qui font ça aussi! T'es mieux d'être préparé...
- Mais là!! C'est poche!

Eh oui, c'est poche d'essayer de "bourrer" le monde!  Mais ça semble être une tactique efficace tant elle est répandue.

- Tu sais, je trouve que même à La Voix, c'est comme ça! Les juges trouvent tout le monde beau et fin et bon et exceptionnel et époustouflant... Mais pourquoi ils font ça? Pour se montrer bon? Parce qu'ils ont peur de faire des erreurs? Parce qu'on ne peut pas critiquer?

Aucune idée! Je n'arrive pas à comprendre cette tendance à s'auto-glorifier, à toujours vouloir être l'ami de tous (et chacun), à tout trouver merveilleux, etc.

- Quand UneTelle me dit "Ahh c'était tellement facile l'examen de math et j'ai presque pas étudié!", ça m'énerve parce que je le sais que ce n'est pas vrai, elle veut juste... se penser bonne!? C'est poche de savoir qu'elle dit n'importe quoi...

Certainement! Parce que tu réalises qu'on réalise que cette personne n'est pas vraie. Et que si elle n'est pas vraie dans cette situation-là, elle ne devait pas l'avoir été avant quand elle nous a fait un compliment, quand on lui a demandé conseil, quand on l'a aidé, quand elle a juré qu'elle ne dirait pas ton secret, quand on lui a fait confiance, etc. Ça brise tout...

- Mais, maman, tu sais ce que je fais maintenant quand ça arrive? Je dis juste "Ben oui, il me semble..." ou juste "Ben oui..." et je m'en vais. Parce que ça ne donne rien de jaser avec ces gens-là, ils  veulent juste avoir raison et n'avoueront jamais le vrai fond de leurs pensées.

Des fois, il y a des monologues de ma fille qui me rendent bien fière. Ça en est un.

lundi 6 avril 2015

Enfin le grand ménage du printemps!

Pas celui avec un escabeau, un seau et un plumeau à rallonge (celui-là est une pure invention du lobby des produits nettoyants!), on parle plutôt du grand ménage des tâches qu’on ne fera plus! À part vider le tapis de bottes de son jus, il n’y a rien qui presse.

Si on sort enfin de l’hibernation à ce temps-ci de l’année, ce n’est pas pour se lancer dans les grands travaux pendant qu’il fait enfin beau. On vient de sortir des semaines de froidure balayées par les influences du satané facteur éolien, on va commencer par se calmer un peu. Juste pour enfin profiter!

Le printemps, pour nous, c’est la saison de la chasse aux « faucons » : faut qu’on range le cabanon, faut qu’on nettoie le patio/la cour/l’auto/le garage, faut qu’on fasse des semis plein le salon, faut qu’on lave les vêtements d’été, faut ranger ceux d’hiver, faut qu’on pense à faire les plans d’un potager, faut qu’on repeigne la clôture… Ouf! Le printemps est à peine commencé qu’on est déjà épuisé! Ça suffit! C’est le renouveau, on le dit partout! Parfait, cette année, on fait changement justement. On ne se presse pas à abattre toutes les listes des trucs à faire établies cet hiver quand on restait encabané pendant qu’on avait si hâte à la belle saison. Elle est là? Elle arrive? Super!  Profitons du premier feu à l'extérieur pour brûler ces listes d’obligations. 

Bien des gens voient le printemps comme une saison « en attente » mais, franchement, qui a le temps d’attendre de nos jours? Nous, c’est notre camp d’entraînement à l’été. Eh oui! On s’exerce… à en profiter au maximum! Le calcul est simple : comme l’été passe tout le temps trop vite, on déclare le printemps comme le pré-été. Ainsi, on a l’impression d’étirer la belle saison en commençant nos combos chaise de patio-verre de rosé entourée de neige qui fond et d’odeur de compost naturel qui monte du sol. Pas question d’attendre que le terrain ne soit plus mou (on a des bottes de caoutchouc pour affronter ça!), que la neige soit fondue (pas besoin de la pelleter au soleil pour qu’elle fonde, elle disparaîtra!) ni que les plates-bandes soient fleuries pour s’installer dehors. Le soleil, un roman, des gants, c’est déjà le bonheur! (malgré l’odeur!)


Finalement, cette année, on a envie d’un ménage… dans nos envies! On balance ce qui nous pèse et on recherche/garde?/trouve? ce qui nous fait du bien. On pourrait injecter plus d’improvisation et de spontanéité dans nos vies au lieu de vouloir les régler au quart de tour avec précision et acharnement. Les jours sont enfin plus longs... on ne va pas remplir ces heures supplémentaires avec des fausses tâches urgentes! Lâchons prise et savourons. Surtout, disons «oui» à des folies. Vivons dangereusement!

Tiens, on pourrait inviter des amis un mardi soir, comme ça, juste de même, sans raison, sans planification dans l’agenda. On fêtera l’ouverture officielle de la porte patio, on ouvrira la bouteille de rosé qui nous fera croire à la fin de l’école et on trinquera pour oublier les microbes qui nous ont assailli tout l’hiver. Et puis, on ouvrira une autre bouteille. Comme ça, juste de même, sans autre raison que d’enfin toucher le bonheur, un peu. On pensera à nos vacances d'été, aux fêtes qu'on célèbrera, aux places qu'on visitera. On croira que les journées froides sont derrière nous. On fera le plein d'énergie pour terminer la course jusqu'à la Saint-Jean. 

Bientôt, les pissenlits reviendront nous narguer. Cette année, on leur fera face. « Poussez tant que vous voulez gang de fausses fleurs, ça nous laisse de glace! » On ne nous trouvera pas en train de les arracher. Le seul terrain de la rue qui sera tout fleuri (sans efforts!), ce sera le nôtre. Alors que nos voisins seront en train de s’éreinter à arracher ces fleurs maudites une à une pendant trois samedis, on sera occupée à autre chose. À vivre, tiens! Un verre de rosé à la main!


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Ce texte a été publié dans La Presse+ le dimanche 29 mars 2015 (mais on avait envie de le partager avec vous maintenant que le printemps est ENFIN arrivé!).


vendredi 3 avril 2015

La fin des rituels

J'aime les rituels. Depuis que mes enfants sont petits, j'ai fait en sorte que plusieurs rituels se répètent année après année. Je trouve que ça marque les esprits, que ça réconforte d'avoir des repères qui reviennent tous les ans.

Par exemple, chaque jour de Pâques, on organise une chasse aux cocos suivie d'un brunch de type cabane à sucre chez ma mère. On utilise les mêmes paniers de Pâques depuis qu'ils sont petits, on met les mêmes oreilles de lapin qu'on est contents de retrouver un peu plus maganées année après année. Mais cette année, les enfants ont décidé que c'était terminé. «On est trop vieux pour ça et... Mamie n'est plus là.» Et j'étais bien d'accord avec eux. On aurait pu faire comme si, essayer de reproduire ce souvenir mais on a choisi ensemble d'arrêter ça là.

Ma mère est décédée subitement l'automne dernier et mes tantes sont déménagées à Toronto et depuis nos rituels -qu'on faisaient avec elles depuis toujours- ont perdu leur sens. On a réinventé Noël, on a déjoué la St-Valentin, on va déconstruire Pâques. Toutes ces fêtes familiales -qui nous pesaient parfois souvent- nous laissent de glace cette année. Nos rituels ne nous font plus envie. Est-ce leur absence, les enfants qui sont vraiment trop vieux ou tout ça mis ensemble? Toujours est-il que cette année est définitivement une année de fin d'étape. Mon trio termine le primaire. On est en train de fermer le chapitre de l'enfance tous ensemble. Le temps est donc venu de pelleter tout ça dans la malle à souvenirs. De regarder devant et de s'en créer des nouveaux.

C'est une belle grosse année de transition, tant pour moi que pour les enfants. De celle qui marque l'avant et l'après. Une année où l'on a perdu nos repères. Et où il a fallu s'en construire d'autres. Des tout neufs, juste pour nous, ensemble. (Et tant pis pour la chasse aux cocos!)



mercredi 1 avril 2015

Des fois, «c'pas grave!»!

Il y a des matins où tout va trop vite.
Il y a des matins où on se lève en retard.
Il y a des matins où tout va tout croche.
Il y a des matins où on élève un peu (beaucoup?) le ton pour rien.
Il y a des matins où on a juste hâte au soir... pour se reprendre.

C'était le cas hier matin.

Je me sentais impatiente, bousculée par le temps et les tâches, déjà fatiguée. J'avais mille trucs en tête, je jonglais pour trouver du temps demain ou plus tard, j'essayais de ne rien oublier. Puis, j'ai "scrappé" mon matin avec les enfants. Rien de catastrophique ou de dramatique. Juste un matin où je me suis trouvée poche.

Dans l'auto, en route vers le boulot, j'ai rappelé à la maison pour dire à mon chum de faire le message aux enfants que j'étais désolée. Et lui demander de leur expliquer que j'étais juste fatiguée. «Pas besoin! On l'a compris!». Oups, c'était vraiment évident. Bon, je m'en doutais. Tout de suite, j'ai esquivé la culpabilité. Pas question qu'elle vienne (elle aussi!) scrapper le reste de ma journée. Noo!
Juste avant de raccrocher avec mon chum, il ajoute «Tu sais que c'est pas grave, là?!».

C'est vrai! C'est pas la fin du monde. C'est pas grave. Mais je me sentais un peu poche quand même. Mais, je me suis ressaisie et j'ai décidé de juste accepter mon «à-bouttisme» temporaire. Parce que oui, il est justement temporaire. J'ai eu le temps de décanter durant la journée. J'ai dédramatisé la situation et le soir, au retour des enfants, j'ai pris le temps de leur dire le plus simplement du monde: «Ce matin, ben... ce n'était pas un bon matin! Je suis désolée!». C'est tout. Je n'ai pas cherché la bibitte, ni donné plein d'explications, ni larmoyé. Juste ça. Des fois, c'est amplement suffisant. Et c'est ce que je demande aussi aux enfants, des fois, ça ne va pas bien et on a juste besoin de le dire sans rentrer dans les détails. Juste avertir ou s'excuser après. Sans en faire tout un plat.

Finalement, ça m'a fait plus de bien à moi, je crois qu'à eux. Ils n'avaient pas été traumatisé par mon surplus hormonal ni par ma mèche un peu plus courte. «Bah! Ça arrive des fois! C'pas grave! », qu'ils m'ont dit.

Et c'est en plein ça, des fois, «C'pas grave!». Ça le serait si c'était tout le temps.

Et ma fille de rajouter «Es-tu dans ta semaine, tu sais «Team SPM», des fois, ça explique ça aussi!». C'est vrai, des fois, ça explique ça, c'est vrai. Des fois.