jeudi 30 avril 2009

J'ai jamais demandé ça

Les deux échographies que j'ai eues quand j'étais enceinte n'ont rien laissé paraître. C'est seulement quand elle a eu environ trois mois que j'ai découvert que ma fille est née avec une option que d'autres n'ont pas: un système antivol.

Jusqu'ici, le système est assez infaillible. Dès que bébé se retrouve dans des bras autres que ceux de son père ou de sa mère, le système antivol se déclenche: des cris stridents se font entendre, les yeux se ferment totalement, ne laissant pas paraître les minis ouvertures par lesquelles des larmes s'écoulent.

Ça crie, et ça crie, et ça crie.

La personne qui a alors tenté d'enlever le bébé ressent un malaise indescriptible, qui la force à redonner l'objet à ses parents.

Le système antivol se désactive alors: bébé sourit à pleines gencives.

Je vous jure, j'ai pas payé une cenne de plus pour cette option.

En fait, j'ai jamais demandé ça.

***

Je retournerais bien bébé d'où elle vient pour faire désactiver ça, mais je sais pas comment.

Oui, bébé a vu une panoplie de gens quand elle était petite et continue de fréquenter de nouvelles personnes, non, papa et moi ne sommes pas plus «poules» que les autres parents. Oui, on la laisse pleurer dans les bras d'autres personnes, pour montrer que le système ne nous effraie pas.

D'où vient alors cette option, qui s'active même quand ce sont les grands-parents ou les matantes qui tentent de «voler» le bébé?

J'en suis venue à croire que c'est intégré à la naissance. Comme certaines autos viennent avec l'air climatisé, mon bébé est arrivé avec un système antivol.

J'ai jamais demandé ça. Mais j'aurais bien pris l'autonettoyant.

(Z)imparfaite invitée: Marie-Eve

mercredi 29 avril 2009

Super les nausées!

À partir de quel moment la pression de performance commence-t-elle à s'abattre sur la future mère? Quand commence-t-on à faire des comparaisons, à entendre des commentaires culpabilisants et... franchement inutiles?

À bien y penser, la compétition commence avant même la conception: «Je suis tombée enceinte dès le premier mois sans contraceptif, et toi?» En effet, si on a le malheur de tarder à tomber enceinte, le bal des commentaires commence... Chaque mois qui s'ajoute apporte son lot de «Tu devrais essayer ceci» et de «Tu devrais faire cela».

Puis, une fois le test positif, ça recommence de plus belle...

Un point de comparaison totalement inutile: les nausées. En avoir ou pas. «Aaahh, moi je n'ai pas eu une seule nausée! J'ai eu une grossesse parfaite!» Combien de fois ai-je entendu ce commentaire alors que chaque matin, pendant trois longs mois, je vomissais sur le mur de ma chambre, n'ayant pas eu le temps de me rendre à la salle de bains pour y larguer mon surplus d'hormones maternelles... J'avais beau prendre du Diclectin, mes nausées matinales me suivaient au bureau et ce, jusqu'à mon retour à la maison. Les odeurs du métro me répugnaient et le seul moyen que j'avais trouvé pour réussir à compléter le trajet Place d'Armes-Angrignon sans éclabousser un passager était de respirer... le contenu d'un sac de chips au vinaigre!

De toute façon, nausées ou pas, comme si ça changeait quelque chose...

Eh bien oui!!!

Selon une étude menée à Toronto et citée dans The Gazette, plus les femmes ont de nausées matinales lors des premiers mois de grossesse, plus leurs enfants seront intelligents. Rien de moins! Une étude déculpabilisante? On aime ça!!!!

Un conseil: gardez cette étude à portée de main. La prochaine fois qu'une amie se vantera de ne pas avoir eu un seul haut-le-coeur, vous aurez une réplique tout prête! Yeah!

mardi 28 avril 2009

Trop c'est quand?

Sans être des vrais hypers parents, on a récemment réalisé qu'on a une forte tendance à en faire beaucoup comme parents. Trop, c'est quand? Difficile à dire. On a l'impression que quoi qu'on fasse, on est condamné au doute.

Avant d'avoir des enfants, j'avais une liste longue comme cela de choses que je voulais faire avec eux. Et je les ai fait. Mieux (ou pire!), je les fais encore. Je m'étais jurée ne jamais être une maman plate, une maman blasée, une maman trop pressée. Jusqu'à tout récemment (je dirais là, maintenant!), on a amené les enfants au resto, on les a abonnés à la Maison Théâtre, on se retrouve au mois une fois par mois dans un musée ou une exposition, on a nos habitudes à la Place des Arts, on va au cinéma, le samedi matin on a les cours de chacun, on joue à des jeux de société chaque midi, on court les festivals, on organise fêtes et partys, etc. Les enfants adorent. Nous aussi. On a l'impression de créer des petits moments inoubliables. Mais, est-ce trop? Et comment le savons-nous? Est-ce que je fais tout cela pour me prouver quelque chose à moi ou pour le vrai bonheur de mes enfants?

Une simple petite phrase extraite d'une entrevue avec Denise Robert dans le dernier Châtelaine m'a ébranlée encore un peu plus. Questionnée au sujet de sa fille, la célèbre productrice avoue être parfois ambivalente. "Est-ce que je l'aime comme elle a besoin d'être aimée ou comme j'ai besoin de l'aimer", se questionne-t-elle.
Parfois, j'ai l'impression que j'organise et je suggère une tonne d'activités aux enfants pour que les enfants me trouvent "mama cool" alors qu'eux aimeraient mieux quelque chose de tout simple. J'en mets plus que ce que le client en demande? Deux preuves.

La semaine passé, je planifiais nos vacances d'été. Brochures, cartes routières et dépliants à la main, je cherchais les activités à faire autour de Cape Cod, les escapades, les détours par Boston, etc. Puis, je demande à MissLulus ce qu'elle aimerait. "Moi? Je veux jouer dans le sable et manger de la crème glacée." J'ai refermé les brochures touristiques.
Quand on fait notre palmarès des trucs à faire cet été, notre top 5, en pigeant à même nos souvenirs des années précédentes, invariablement, et ce même si on est allé à La Ronde, au Zoo, aux glissades d'eau, en escapade dans les musées d'Ottawa, si on a fait la tournée des crèmeries, on s'est amusés dans des jeux d'adresse, on est allé camper, pêcher, faire de l'escalade ou de l'arbre-en-arbre, le top du top de MissLulus: quand on a joué à la cachette dehors la nuit, les grands et les petits ensemble. Quelle était cette activité fabuleuse, dites-vous? Un soir après baignade, crème glacée, souper, re-baignade, on dégustait tous les 9 (Z)imparfaits des guimauves autour du feu. Puis, les grands se sont mis à 4 pattes pour se transformer selon les ordres des petits en des animaux divers ("Papa, t'es un opossum! Toi, un hippopotame! Toi, un dromadaire! Toi, une girafe! Et ensuite, t'es un serpent!"). Puis, les parents-animaux se sont cachés. Les petits (Z)imparfaits ont sauté sur leur lampe de poche pour retrouver les évadés du zoo... sous une pluie de rires, de chatouilles et de cris joyeux. Du plaisir brut. Du plaisir simple. Du plaisir. Point. Pour MissLulus, c'était le TOP du TOP!

***

J'ai compris. Je pense. Qu'on fasse des activités que JE juge merveilleuses, c'est une chose. Mais surtout il faut que j'entre dans leurs jeux à eux. Tout simple, mais procurant tout autant de satisfaction.

Je n'ai pas baissé les bras. Cet été, encore, je vais reprendre mon titre de G.O. de la familia, mais je garde un zeste de lucidité. Le simple fait d'être ensemble suffit. Je vais "slaquer" la poulie, un peu! C'est à moi de changer! Alors, on y va prendre cette crème glacée?

lundi 27 avril 2009

Grand-maman parfaite pour petits (z)imparfaits...

Ma mère a fait tout un choix de vie il y a six ans. Celui de changer de ville, celle qu'elle habitait depuis 40 ans, pour se rapprocher de sa petite fille qui venait de naître.

Sur le coup, la Maman (z) imparfaite que je suis a paniqué: Allait-elle venir me gaver de ses commentaires sur tout ce que je faisais ou ne faisais pas avec mon nouveau-né? Allait-elle m'assommer de conseils débutant tous par la même phrase ("Dans mon temps...")? Allait-elle venir envahir ma petite bulle familiale?

On a eu un bon six mois d'ajustement avant d'établir nos zones de confort et d'inconfort respectives. Cela ne s'est pas fait sans heurt. Mais au bout d'un moment, je me suis mise à drôlement apprécier la présence de ma maman tout près de moi, avec ses bras supplémentaires et son oreille attentive quand je n'en pouvais plus avec Choupinette.

PetitLoup est arrivé deux ans plus tard dans nos vies, et c'est avec Grand-maman que ma fille est restée durant les 4 jours de mon hospitalisation post-césarienne. J'étais en confiance. Je savais que Choupinette était heureuse et entre bonnes mains avec elle.

Grand-maman est aussi devenue, pour son propre plaisir et le nôtre, la "gardienne" attitrée de nos petits (z) imparfaits. Au point où elle nous appelait parfois pour nous demander si on n'avait pas envie d'une petite sortie en amoureux pour qu'elle puisse profiter de ses petits enfants (!!!). Motivée vous dites? Appréciée en tous cas. Des parents comme des petits. Des crises quand on sortait en couple, on n'a jamais connu cela. Parce que c'en est presqu'une fête de se faire garder par grand-maman. Et que dire de son aide inestimable lors des hivers difficiles où les petites maladies des enfants nous ont rendus au bout de nos congés payés au travail. La conciliation famille-travail aurait été drôlement plus pénible sans elle.

C'est à travers les yeux de mes enfants que j'ai redécouvert ma mère. Parce que les enfants adorent leur grand-maman un peu "fofolle" alors qu'elle exaspère parfois la fille rationnelle que je suis. Et c'est par le biais des petites cartes que j'écrivais au nom de Choupinette et de PetitLoup pour leur grand-maman que j'ai pu, moi qui ai tant de difficulté à exprimer mes émotions, à parler d'amour à ma maman. À lui dire combien elle est précieuse pour nous.

Mais tout cela s'achève pour notre petite famille. Ma mère, qui a fêté ses 70 ans récemment, a de plus en plus de problèmes de santé. Et elle a fait le choix de s'en aller dans une résidence pour personnes âgées, dans le patelin où sa famille et ses amis sont - à 150 km de chez nous - afin de se sentir plus en sécurité et entourée. Avec deux petits cocos en bas âge et deux jobs à temps plein, même si on faisait le maximum pour l'aider, on sait qu'on ne pourrait pas offrir plus que ce qu'elle aura là-bas comme soutien et comme présence. On en est bien conscients... Mais j'ai le coeur brisé rien qu'à y penser...

Comment faire comprendre à mes enfants que leur grand-maman, qu'ils voient parfois plusieurs fois par semaine ne fera plus partie de leur quotidien? Comment réussira-t-on a se passer de sa présence rassurante pour toute notre famille? Et surtout, comment la remercier à la juste valeur de ce qu'elle nous a donné pour ce choix d'amour qu'elle a fait il y a six ans? C'est un gros morceau de notre vie qui s'éloigne de nous. Et les mots me manquent...vraiment...

Merci maman…

(Z) Imparfaite invitée: So

dimanche 26 avril 2009

Jamais sans mon pesto!

Quand je ne sais plus quoi préparer pour le dîner ou le souper, je sors mon pesto. Quand je pars en vacances ou au chalet, je ne pars jamais sans mes oreillers... et mon pesto! Pour vrai!

Je dis «mon» mais je suis bien trop paresseuse pour le faire moi-même! Je suis une abonnée fidèle de la maison Le Grand et «mon» pesto, c'est le 4 noix et fromage. J'en mets partout: en accompagnement, en salade, en sauce, avec le poulet, les crevettes, les légumes... Ce pesto est mon ami (!) et il me sauve la vie plusieurs fois par semaine.

Je sais, je sonne comme une infopub mais je n'exagère même pas! Je ne pourrais pas survivre sans mon pesto!

Les jeudis soirs, quand le garde-manger est vide et que le frigo crie famine, je combine tous les fonds de sacs de pâtes alimentaires qu'il reste et... une touche de pesto, le tout saupoudré abondamment de parmesan. On joue à «Trouvez le nom des 8 sortes de pâtes dans votre assiette» et tout le monde est content!

Et vous, quel est votre aliment fétiche sauve-la-vie? Vite, je note tout et je cours à l'épicerie!

samedi 25 avril 2009

Tu te sens vraiment imparfaite quand... (prise 16)

tu coiffes MissLulus pour qu'aucune mèche rebelle ne ressorte...

tu lui débarbouilles la figure avec soin et attention...

tu frottes ses collants de ballet pour faire disparaître les marques disgracieuses...

tu lui apprends à sourire sans montrer ses dents puisqu'elle a perdu, l'avant-veille, sa première palette (Outch! c'est pas joli joli!)...

tu lui demandes de ne pas trop s'énerver avant de partir pour son cours de danse car aujourd'hui c'est la photo que ce serait chouette si elle restait propre et bien mise jusque là...


Tout cela pour.... s'apercevoir en arrivant au cours que tu as oublié les chaussons de ballet!!!
Bra-vo!


Et son professeur de nous dire "Ben, c'est la photo aujourd'hui!". Et je ne peux même pas dire que je ne le savais pas...


vendredi 24 avril 2009

Jouons dans la terre!

Je me rappelle encore mes premières sorties au parc avec les trois enfants. L'enfer sur Terre.

Avant de débarquer ma marmaille de la poussette, je faisais un tour d'observation. Et je me mettais à l'oeuvre. En cinq minutes, j'avais kické tous les cailloux hors de leur zone de portée, j'avais creusé le sable pour être sûre qu'ils ne tombent pas sur une seringue ou un condom usagé et j'avais scruté le sol et éliminé tous les morceaux de verre visibles à l'oeil nu dans l'aire de jeu.

Mais il y avait un «danger potentiellement mortel» sur lequel je n'avais pas de contrôle, le sol lui-même! Et Lolo était à cette époque friand de cette «nourriture» si accessible! Jouer dans un carré de sable représentait pour lui un vrai buffet «all you can eat»! L'herbe et la terre subissaient le même traitement! Il s'en faisait même un doggy bag en s'emplissant toutes les poches.

Comprenez, j'étais une nouvelle maman à l'époque et je n'étais pas (z)encore une (z)imparfaite...

Aussi, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire quand je suis tombée récemment sur cette étude citée dans la revue Neuroscience et vantant les bienfaits des bactéries contenues dans... la terre! Des scientifiques britanniques ont ainsi conclu que jouer dans la terre activait les neurones du cerveau produisant de la sérotonine, ce qui entraînerait un effet antidépresseur.

Avoir su!

Si jouer dans la terre est synonyme de bonheur, imaginez l'euphorie que ça procure quand on la mange! Et moi qui tentais par tous les moyens de priver Lolo de cette joie... Quelle mauvaise mère j'étais (à l'époque!)

jeudi 23 avril 2009

Les livres: précieux ou non?

"Fais attentiiiiiiiiiiiiion! C'est un livre!"

"Donnez un livre à un bébé??? Ben voyons donc! C'est inutile!"

"Ahh non! Pas cela! Ce n'est pas un VRAI livre!"

"Tu ne peux pas prendre ce livre, tu as 5 ans et c'est écrit pour les 6 ans et plus!"

"Pourquoi tu regardes ce livre, c'est pour les bébés! C'est un imagier pour les 3 ans et toi, tu en as 5!"

"Tiens ton livre comme il faut!"

"Ne joue pas avec ton livre!"

"N'écris pas dans ton livre!"

"Un livre avec des pages minces?? Jamais. Junior n'a que 4 ans. Il va l'endommager!"

"As-tu lavé tes mains avant de toucher à mon livre?"

"Touche pas! C'est une librairie ici!"

"Arrête de t'exciter et lis donc pour te calmer!"

"T'as sauté des pages? Ben voyons, ça ne se fait pas!"

"Tu ne sais même pas encore lire. On achètera un livre l'année prochaine!"

"Quoi? Un livre sur Flash McQueen? Ah non! Pas encore Caillou! Je ne veux pas que tu aimes ces livres-là!"

"10$ pour un livre d'histoires! Pffft! Trop cher! Tu veux un jeu pour la Wii à la place?"

"De ce côté-ci, c'est les bons livres. Là, c'est les mauvais!"

"Pourquoi tu veux prendre ce gros livre, tu ne comprendras rien!"

"Jamais je ne t'achèterai un livre comme cela. C'est ben trop niaiseux!"


***
J'ai déjà entendu toutes ces phrases au détour d'un rayon d'une des bibliothèques de notre "grande ville fusionnée", dans une librairie achalandée, dans une vente de garage ou dans un grand magasin. Désolant. Franchement désolant. De quoi décourager n'importe quel enfant d'aimer la lecture et d'y trouver du plaisir...

En cette journée mondiale du livre et du droit d'auteur, je déclare haut et fort que les livres ne sont pas précieux. Ce qui est précieux, c'est ce qu'ils provoquent. Et cela, c'est bien caché à l'intérieur. Dans les illustrations. Dans le texte. Et surtout entre tout cela sur le mince fil tissé à partir de l'histoire jusqu'au moteur de l'imagination de l'enfant. La vraie richesse des livres est là. Les livres font naître l'imagination. Et selon moi, l'imagination est plus importante que la connaissance. Car l'imagination, elle, a le pouvoir magique de rendre heureux. Elle est le meilleur vaccin contre l'ennui. Le meilleur antidote à la morosité. Le plus efficace levier pour les apprentissages. La meilleure assurance bonheur.

***

Il est temps de désacraliser les livres. De les rendre accessibles aux enfants. De ne pas les sommer de mille interdits et de mille précautions exagérés. Il faut arrêter de les catégoriser, de les séparer en bons et mauvais livres, de les réglementer et de les diviser en tranches d'âge gênantes. Franchement on veut quoi? Si c'est écrit gros comme cela sur un livre "Pour les 5 à 7 ans", il y a de forts risques qu'un enfant de 8 ans ne veuille pas le lire de peur de passer pour un bébé ou un mauvais lecteur! Du coup, il boude son plaisir de lire et on l'assome de complexes du genre "Quitte à me faire passer pour un bébé, j'aime mieux ne pas lire! C'est pas pour moi!". Erreur. Lire, c'est pour tout le monde. Dès le sein ou le biberon. À chacun de trouver les livres qu'ils aiment. Tant mieux si la grande rencontre avec THE livre qui nous fera découvrir le réel plaisir se produit tôt dans notre vie. On pourra donc savourer ces délicieux moments de lecture tout au long de notre vie. Il n'y a pas un enfant trop petit pour ne pas pouvoir jouer avec un livre. Et il n'y a pas d'adulte trop grand pour ne pas commencer à lire.

Oui, un bébé peut recevoir des livres. Bien sûr qu'il va le mettre dans sa poche, le mordiller, baver dessus, régurgiter peut-être, le déchirer aussi. Ouin... pis? On veut qu'il aime lire ou qu'il devienne le protecteur suprême des livres, un futur bibliothécaire strict et rigide comme dans nos souvenirs les plus atroces. Bien sûr, il va d'abord le manipuler sans aucune délicatesse n'étant réceptif qu'aux couleurs, parfois aux textures. Puis, un jour, il va déchiffrer les images. Plus tard, il comprendra que les petits gribouillis ordonnés s'appellent des lettres et que celles-ci, selon les regroupements, forment des mots et que les mots forment l'histoire... Ainsi de suite. Oui, les bébés aiment les livres. Pour eux, c'est un jouet comme les autres. Et c'est tant mieux. À nous, les parents d'entrer dans ce monde imaginaire et d'arrêter de freaker quand ils les portent à leur bouche. Un livre n'est pas fait pour être en exposition sur une tablette. Il doit vivre dans les mains de ceux qui l'aiment.

Plus on laisse l'enfant explorer, plus on s'aperçoit qu'il adopte rapidement de vrais réflexes de lecteurs. Il tient le livre correctement. Il fait courir son doigt le long des fils de mots. Il ne déchire aucune page. Il examine avec la minutie d'un détective les illustrations. Il invente des bouts d'histoire restés dans l'ombre.
***

Et face à des excuses, voici des solutions et des explications toutes faites.


- J'haïs raconter des histoires aux enfants avant le dodo. Solution 1. Solution 2. Solution 3. Solution 4: refilez la tâche à papa puisque l'amour de la lecture chez les garçons surtout passe par leur exemple. Solution 5: Versez-vous un grand café dans votre tasse de transport, allez à l'heure du conte: il y a des gens payés pour raconter des histoires!

- Les livres, ça coûte cher. Solution 1: Exploitez les bibliothèques publiques. Solution 2 : gratuit et immense et agréable. Solution 3: les ventes de garage, les bazars et les échanges entre amis et voisins. On fait un roulement. On en vend, on en donne, on se les emprunte, on les partage, on les prête, on en rachète.

- On a trop de livres chez nous. Constatation 1: Impossible! Jamais trop de livres! Solution 1: Donnez-en à d'autres. Solution 2: Laissez-en dans un parc. Solution 3: Une fois le ménage fait, rachetez-en.

- Mon enfant n'est pas intéressé. Solution 1: Usez de subtilité. Laissez des livres traîner un peu partout.

- Bébé est trop petit. Solution 1. Solution 2.

- Pas encore la même maudite histoire. Explication 1: voyez les bons côtés, vous pouvez fermer les yeux en la lisant... ou presque!
***
Si notre enfant aime les histoires, si en plus il aime lire et est capable de surfer sur son imagination, on peut respirer tranquille comme parent. On sait qu'il ne sera jamais seul. Il y aura tout un monde dans sa tête, une bande de personnages qui l'habitent et des forces magiques au fond de lui pour l'aider. On sait qu'il est capable de rêver.

mercredi 22 avril 2009

Un enfant gratos?

J'avais d'abord cru à une énième promesse électorale et je m'attendais à ce qu'elle s'évapore au lendemain des dernières élections provinciales... Mais le remboursement des traitements de fertilité par le gouvernement du Québec se dirige tout droit vers le projet de loi. Il s'est même bonifié depuis la promesse, passant de deux à trois traitements remboursés. Le projet est tellement avancé qu'il n'est plus question de reculer. Le remboursement de trois fécondations in vitro (FIV) sera bel et bien chose faite d'ici quelques mois au Québec.

WOW! Quelle avancée!

Il y a 7 ans, après trois ans de traitements (à mes frais), j'avais touché le fond de la caisse. Nous avions échoué les 10 inséminations prévues, même celles gonflées au traitement hormonal. La seule solution qui nous restait était la FIV. Et une marge de crédit.

Comme notre désir d'enfant était nettement plus fort que notre crainte de l'endettement, nous nous y sommes jetés sans compter. 15 000$ et quelques intérêts plus tard, nous n'avions toujours pas d'enfant. La FIV avait échoué mais elle nous avait permis de comprendre plus précisément un autre aspect de notre problème d'infertilité: mes ovules avaient la «coque dure». Il ne restait plus qu'à les transpercer pour y injecter directement les spermatozoïdes et le tour serait joué. FIV avec micro-injection: l'ultime chance... à 15 000$ (encore!)

Nous allions le faire. Nous voulions le faire. Pas d'autre choix. Sinon, il aurait fallu apprendre à vivre avec le regret de ne pas avoir tout essayé.

Nous avons donc misé le tout pour le tout une dernière fois et nous avons gagné le gros lot: des triplés! Mais à quel prix (et je ne parle pas ici des sous investis!) Grossesse à risque, prééclampsie, prématurité, handicaps divers. Mais on ne regrette rien, surtout pas d'avoir eu trois beaux enfants, aussi (z)imparfaits soient-ils! Grâce à eux nous sommes riches... mais endettés (beau paradoxe!)

Mais depuis que le remboursement de la FIV est dans l'air, je dois avouer que ça me titille. Un enfant, gratos?!!! Moi?!! Ça ne m'avait jamais effleuré l'esprit! Je ne pensais même pas que ce serait possible un jour (ou du moins avant ma ménopause!)

Bien sûr, il n'y a pas que l'aspect financier qui m'importe, mais pour les femmes comme moi qui ne pouvaient plus imaginer avoir d'enfant parce qu'elles ont usé tous les cordons de la bourse ou parce qu'elles remboursent encore leur prêt des années après la conception, l'idée est plus qu'alléchante! Et elle a de quoi nous faire réfléchir... Et puisqu'un couple sur quatre a des problèmes de fertilité, on doit être plusieurs à avoir le hamster qui surchauffe ces temps-ci!

Depuis, chaque fois que j'entends parler du remboursement de la FIV aux nouvelles, chaque fois que je tombe sur une lettre ouverte dans les journaux de gens outrés par ce «choix de société que s'apprête à faire le Québec», j'ai un pincement au coeur et une envie... que je m'empresse de réprimer.

Et si on avait la chance d'avoir un autre bébé -un seul cette fois puisqu'on a le choix (3 chances / 0 endettement!)- qui pourrait naître à terme? Après une grossesse multiple à haut risque et un congé de maternité ultra intense avec des triplés, ça me tenterait (presque) de revivre ça avec un seul bébé.

Je dis presque parce que j'ai des doutes, notamment sur l'intégration d'un «intrus» dans mon trio tricoté serré. Un p'tit nouveau arriverait-il à faire sa place, 6 ou 7 ans plus tard, auprès des triplés? Un quatrième enfant viendrait-il briser l'équilibre familial?

Dans le doute, on s'abstient ou... on se lance?

mardi 21 avril 2009

Un été unplugged?

Un flash. Une idée. Une lubie. Celle de débrancher la télé pour tout l'été, dès maintenant. J'ai le goût, mais j'hésite. Et pas seulement pour les enfants. Moi, la première, j'aurais un peu de misère.

Un été sans mes Beautés Désespérées, mon "heure" de temps à moi. C'est sûr que je pourrais la potentialiser autrement. Une heure pour lire un roman ou 3 nouvelles. Jardiner. Cuisiner. Prendre un bain. Dormir. Mais à 20h, le mardi, je sais que c'est l'heure où je serai tranquille à l'intérieur quand les autres joueront dehors. Une heure. Tranquille à siroter un cappuccino (ben non! Pas un rosé un mardi toute seule... quand même! Quoique...!) Ça fait du bien.

Mais déclarer ma maison zone unplugged est tentant. J'ai le goût... J'ai le goût vraiment.

Mais... la télé me permet de me préparer le matin, d'être efficace entre 7h et 8h30, mon "pic" d'énergie et de bonne volonté! Les enfants se réveillent tranquillement en regardant l'excellente programmation de Télé-Québec ou Télétoon Rétro.

Mais ... l'idée de décoller les enfants de la télé pour les rapprocher du carré de sable et de leur propre imagination est alléchante. Pas que mes enfants soient scotchtapé sur le petit écran, mais quand même... Les voir s'inventer une île aux tortues ou une grotte mystérieuse me comble davantage que de les voir s'obstiner pour savoir qui décidera si on écoute Enchanted ou Ice Age 2.

Mais... j'hésite. Que se passera-t-il quand la météo nous accablera de jours consécutifs de pluie et de temps gris? Bien sûr qu'on peut bricoler et faire des maisons dans la maison, mais la télévision devient une précieuse amie salvatrice quand même. Ça calme les nerfs. Ça leur permet de décompresser. Ça peut même les faire rêver. Ce qui devient problématique, c'est quand la télévision devient une béquille utilisée alors que la fracture est rétablie. Quand le seul temps qu'une famille passe ensemble est devant le petit écran, il y a là, selon moi, un réel problème.

Mais... les enfants sont capables de vivre sans télé. On part tous les week-ends au chalet sans électricité et jamais ils ne se sont plaint. Même qu'on a maintes fois refusé l'apparition dans notre maison (et notre voiture) du petit DVD portatif. No way! En auto, on lit, on dessine, on chante, on écoute des histoires racontées sur CD, mais pas de télé.

Mais... on est bien dans notre grand lit tous les quatre collés à regarder un film.

Mais... je commence à grincer des dents quand vient l'heure de gérer les chicanes, les "elle est où la manette", les "maman, mets le son plus fort!" et les "c'est toujours SON film". Gnan gnan gnan! Quand ils sont dehors, je peux toujours fermer la porte-patio pour ne pas entendre les "donne-moi le ballon jaune", les "touche pas à mon château de sable" et les "Pas fiiiiiiine!".

Mais... on est toujours pris d'énormes fous rire en jouant à la Wii. On songe même à tenter le coup au Rock Band pour être dans le vent ;-)

Mais... la maison est tellement plus calme quand la télé n'est pas ouverte!

Finalement, je ne peux déclarer que mon été sera unplogged, c'est impossible. Mais croyez-moi, je vais tirer la plogue de temps en temps. Surtout en période de grand soleil. "Ohh une panne, je crois!". Et comme par magie, tout reviendra en ordre quand le mauvais temps sera là.

lundi 20 avril 2009

Oedipe power!

Depuis environ un an, Momo est une fan finie de TriplePapa. Je pensais que ce serait une phase temporaire mais plus les mois passent et... moins ça lui passe!

TriplePapa met une cravate pour aller au boulot, la voilà qui s'exclame «Oh, que tu es beau papa!» Et elle lui balance tous les classiques, de «Tu es le plus beau papa de la Terre!» à «Tu sens bon le parfum d'homme!» (c'est son déodo, Momo!)

Bon. (pis moi, je suis un pichou?!)

Ça allait encore jusqu'à ce qu'elle commence à devenir la porte-parole officielle de son père et qu'elle prenne son parti en toutes circonstances, particulièrement celles où je ne suis pas à mon avantage.

Ex: TriplePapa est écrasé sur le sofa et je lui suggère (fortement) d'aller partir une autre brassée de lavage pendant que je range la vaisselle, la voilà qui le plaint: «Oooh pauvre papa! Tu fais toujours tout dans la maison!» (hein?)

Elle se permet même de m'accrocher dans un coin et de me faire la morale: «Maman, tu demandes trop de choses à papa, il faut qu'il se repose un peu!» (re-hein?)

Et quoi encore?

Au retour du boulot, Momo s'enquiert évidemment du niveau de fatigue de son papa chéri. Pendant le souper, elle en profite pour multiplier les commentaires pro-papa (la salade est tellement plus meilleure quand c'est papa qui met la vinaigrette!) et trouve chacun de ses commentaires plus intelligents, chacune de ses blagues tellement drôles... (Et pourtant...)

Si TriplePapa ne l'encourage pas dans son fanatisme, il prend un plaisir évident à être louangé de la sorte. Et le grand sourire qu'il affiche commence à me taper royalement sur les nerfs!

Bien sûr, ça ressemble à un complexe d'Oedipe tout ce qu'il y a de plus normal. Freud nous dirait que Momo manifeste «un désir inconscient d'éliminer le parent rival du même sexe». Bref, c'est l'âge! Tasse-toi de là maman, papa c'est mon homme!

Comment m'y prendre pour lui faire entendre raison?

dimanche 19 avril 2009

10 non-sens de l'allaitement

La Presse publie aujourd'hui un dossier très intéressant sur les revers de l'allaitement. Pour souligner ce grand jour, nous avons pensé faire la lumière sur ces vérités absolues dont on nous abreuve dès les premiers mois de grossesse.

Voici quelques affirmations -toutes tirées de livres et de sites web d'organisations faisant la promotion de l'allaitement- revues à la sauce (Z)imparfaite.

1. L'allaitement, c'est accessible, on peut donner le sein à notre enfant partout!
Sauf quand tu fais une mastite et qu'on te conseille de donner le sein en position de la louve, soit à quatre pattes sur un lit. Là, c'est non seulement en public qu'on ne veut plus allaiter, mais même devant nos chums! On s'entend qu'avec un petit bébé naissant, y'a pas que les seins qui manquent de tonus!

2. L'allaitement, c'est une belle occasion de vivre un moment privilégié avec son enfant.
Sauf quand on veut tirer notre lait pour une petite sortie, et qu'on a bébé sur un sein, le tire-lait sur l'autre. On s'entend qu'on est pas très centrée sur le développement d'un lien d'attachement fort et immuable mais plutôt sur le nombre d'onces qu'on a accumulé pour notre soirée de liberté!

3. L'allaitement maternel exclusif est recommandé pendant les six premiers mois de la vie.
Mais c'est justement pendant ces six premiers mois qu'on a besoin de prendre l'air! Mais honte à celles qui osent remplacer le mamelon par le biberon pour prendre soin de leur santé mentale! Coudonc, c'est le contenu ou le contenant qui prime? Y a-t-il des propriétés secrètes dans le mamelon qui augmenteraient fulgureusement le QI de Junior chéri?

4. L'allaitement, c'est tellement beau et naturel.
Sauf quand on a un jet de lait de 30 centimètres qui sort d'un sein pendant l'allaitement, qu'on essaie tant bien que mal de stopper avec 8 compresses d'allaitement double épaisseur glissées dans un soutien-gorge qui n'a rien de beau, ni de naturel non plus. Ou à l'autre extrême, quand ça fait plus de 3 heures qu'on a bébé au sein et que bébé hurle parce qu'à peine une once de lait est passé de notre sein à son petit bedon.

5. L'allaitement, ça prévient les allergies et l'asthme.
Alors expliquez-moi pourquoi le fils de So, notre (Z) imparfaite invitée, qu'elle a allaité pendant 18 mois, est plus malade et allergique que ceux de ses copines qui n'ont pas allaité? A-t-elle a droit à un remboursement de ses pompes de Ventolin et de Flovent pour fausse représentation? Comme c'est la santé publique qui recommande l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois, nous suggérons qu'elle puisse passer en priorité à l'urgence lorsque son fils est en difficultés respiratoires!

6. Allaiter bébé à la demande, c'est ce qu'il y a de mieux.
Esclave dès la naissance, c'est vraiment ce qu'il y a de mieux?! À la demande? Encore ici, de leur propre aveu, si plusieurs mamans de notre entourage avaient appliqué ce principe durant leur allaitement, elles auraient eu leur enfant au sein 23 heures sur 24 durant au moins deux mois. On vous laisse imaginer le résultat sur leur moral!

7. L'allaitement maternel réduit le stress chez la mère
Ben oui! C’est vraiment reposant d’allaiter 23 heures sur 24! Voir la règle numéro 6.

8. Allaiter, c’est donner l’aliment santé par excellence au bébé.
Et si on se bourre la face de chips, de frites, de hot-dogs, de plats congelés et de Pepsi, est-ce que ça compte aussi? On est perplexe: même les mères qui fument sont encouragées à allaiter MAIS quand il s'agit de tirer une puff vaudrait mieux qu'elle ne soit pas dans un rayon trop près de son bébé. C'est quoi? Le sein ne compte pas?

9. Travailler et allaiter, c'est possible!
Oui! Mais qui a envie, après un congé de maternité d'un an sans socialisation avec des adultes, de passer ses pauses et son heure de dîner ploguée sur un tire-lait ou à courir à la garderie pour donner le sein au petit?

10. L’allaitement: minimum un an... Maximum: aussi longtemps qu’on le désire.
Surtout, ne mettez pas de date d'expiration exprès pour qu'on culpabilise et qu'on continue «un p'tit mois de plus». Rendu à trois ans, le «on», c’est pour qui au juste? L'enfant ou la maman incapable de s'en détacher?

Vous voulez continuer la liste? Des suggestions?

samedi 18 avril 2009

Tu te sens vraiment imparfaite quand... (prise 15)

... tu prends l'ascenseur avec ton fils et un couple de parfaits inconnus.

Au moment où tu te rends compte qu'ils sont en train de s'embrasser à pleine bouche, ton fils lance, très fort: «BEURK, C'EST DÉGUEULASSE!» en les regardant avec un air de profond dégout.

- «S'cusez-le, c'est l'âge! Continuez, continuez...»

(...)

(...)

«Aie! C'est déjà notre étage!»

L'été en gougounes

Habituellement, les premières journées de printemps me poussent invariablement dans les boutiques de vêtements pour enfants. J'ai fouillé dans les sacs des vêtements de l'an dernier et tout me semble trop petit ou défraîchi. Et juste l'idée de dénicher des vêtements neufs et colorés me donne un avant-goût fort apprécié de l'été. Bref, je jubile à l'idée de prendre un samedi de «congé» pour aller «habiller» ma progéniture (notez que j'y vais SANS ma progéniture!)

Je prends d'abord un plaisir fou à faire ma liste: 5 paires de shorts, 10 t-shirts, 5 camisoles, 3 maillots de bain, des nouveaux souliers de course, des sandales, des gougounes de plage, sans oublier la casquette et les lunettes de soleil pour Lolo. Un p'tit coupe-vent, peut-être?

Liste no1 terminée. Je passe ensuite aux choses sérieuses: les vêtements de filles!

Aux shorts, t-shirts et camisoles s'ajoutent les jupes, les capris, les robes et accessoires de cheveux. Même pour les maillots de bain, c'est plus complexe car il faut (au moins) un maillot une-pièce mais il faut AUSSI la version bikini. Pour les sandales, même chose. Il les faut en version «sport» ET en version «propre». Ben oui, ce sont des filles!

Mais ça c'était avant.

Car cette année, pas d'école et pas de garderie de l'été. Pas de camp de jour non plus car mamie va assurer la garde des enfants pour les semaines sans vacances des parents. Donc, les enfants vont jouer dans la cour ou au parc et ils vont sans doute passer la moitié de leur été pieds nus et dans la piscine. Exit les belles jupettes de chez Zara et bonjour les confortables robes de coton (à 8$ chez H&M!). Ciao les capris de chez Old Navy! Et vive les maillots de bain autolavables dans l'eau de piscine «griffés» Joe!

Je dois me faire à l'idée, je n'aurai pas de fun à magasiner les vêtements d'été des enfants cette année! Je n'aurai besoin que de 3 maillots et 5 robes et le tour sera joué!

Coudonc, je vais être obligée de magasiner... pour moi!

vendredi 17 avril 2009

Maman: Addict d'Internet, mais pas déprimée!

Quand MissLulus jouent à la maman, elle enpoigne son mini-ordinateur. Bien sûr, elle câline aussi sa poupée, se déguise, glisse une sacoche en bandoulière sur sa hanche et parle au cellulaire en même temps. Mais l'ordi est l'objet ultime. Essentiel. Comme chez nous. C'est comme cela: elle m'imite. Et elle vise juste. Depuis toujours, elle me voit ainsi. Chez moi aussi, l'ordi est ouvert toute la journée. Parfois même deux ordis à la fois. Normal? Bien sûr! D'abord, Internet et les courriels (bon, Facebook, Twitter et MSN aussi, je l'accorde!) me permet de travailler sans sortir de chez moi. Un LUXE!! Mais aussi, Internet est devenu la nouvelle culture de corde à linge. Enceinte de MissLulus, j'étais la seule de mon troupeau d'amies à être enceinte. Je ne me voyais pas leur raconter que j'avais mal ici ou là ou jaser avec elles des particularités extraordinaires du nouveau siège d'auto trouvé. Puis, une fois ma marmotte née, en pleine froidure de janvier, papa (im)parfait de retour au boulot, Internet m'a permis de prendre contact avec tout un réseau de mamans qui discutaient jour (et nuit!) sur un forum de discussion. D'abord, pour calmer mes pires craintes - Je peux mettre du corn starch sur les fesses irritées de bébé ou je vais le tuer si je le fais? -, pour m'aider à prendre une décision avant un achat - Je me fais avoir en achetant cette bébelle supposément géniale annoncée chez Toys'R'us?, pour une info rapide - Ahhhh je viens de perdre mes eaux... qu'est-ce que je fais, bordel???- ou pour évacuer un trop-plein inavouable à d'autres - Mon chum a eu un 5 à 7 et je suis verte de jalousie!!!!!. Internet devenait franchement plus utile qu'un appel à Info-Santé. J'y trouvais la vraie de vraie information. Celle du terrain. Celles qu'on se propageait, auparavant, en étendant son linge sur la corde à linge en jasant aux voisines.

Je me suis reconnue ici. Je suis encore une de celles-là. Sans honte. Dans une culture si individualiste, on ne connait pas nos voisins. On n'ose pas déranger les autres. On se retrouve donc rapidement isolées même dans une grande ville. Alors Internet devient la fenêtre pour voir le monde. Pour se rapprocher de lui. Les femmes sont-elles plus sujettes à devenir "accros"? Probablement. Assurément même. Elles sont un an à la maison. Même avec la plus belle volonté et le plus total des dévouements, on a vite besoin de jaser avec d'autres. Pour faire baisser la pression. Pour déculpabiliser. Pour garder contact. Pour rester dans le coup (avec les collègues et les amies difficilement rejoignables). Pour faire sortir le trop-plein. Pour se rassurer. Pour s'informer. Pour simplement échapper à son quotidien tout autant que pour le partager avec des gens qui nous ressemblent.

Bref, je suis peut-être une "addict", mais je ne suis pas déprimée. Internet m'a sauvée d'une dépression post-partum, je le répète souvent. J'y ai rencontrée tout un cercle d'amies que je vois encore plus de 6 ans plus tard. Et voilà que je poursuis l'aventure via un blogue. Vraiment, ça se soigne, docteur? J'espère que non...

jeudi 16 avril 2009

Mémoire sélective

En sortant de l'hôpital avec mon bébé dans les bras il y a presque cinq mois, je suis passée devant la chambre où j'avais accouché en réprimant un petit frisson. J'avais passé six heures dans cette pièce à endurer des contractions, auxquelles s'ajoutaient trois longues heures à pousser. J'avais la chair de poule juste à y repenser.

Combien de temps, me suis-je demandé, ça prend avant qu'on oublie la douleur, au point de vouloir un autre bébé? Il aurait fallu me payer cher pour que je retourne dans cette pièce avec une bedaine.

Je me suis posée la même question alors que bébé avait environ trois mois. Un soir, après deux heures consécutives de pleurs, je me suis demandée après combien de temps j'allais oublier que mon chum et moi n'avions plus de soirées, qu'elles étaient passées exclusivement à essayer de consoler un bébé qui pleurait.

Allais-je un jour oublier que je devais écouter les Invincibles avec des sous-titres, en raison du bruit de fond de pleurs?

Ben oui, j'allais oublier. Comme les autres.

Je l'ai su à cause de ma soeur. Quand j'ai accouché, elle m'a passé le journal qu'elle a écrit à la naissance de son premier fils. Entrée écrite alors qu'il a un mois: «On dirait que tout ce que je fais, c'est allaiter et endormir le bébé».

Un jour, alors que je lui disais que je trouvais ça long endormir mon bébé, elle m'a dit: «Il me semble que moi je les posais dans leur lit et il s'endormaient seuls».

Elle avait oublié les heures passées à bercer, pourtant bien consignées dans son journal.

On oublie vite les moments les plus difficiles. J'ai déjà recommencé à regarder avec envie les filles aux bedaines rondes, sans parler de la nostalgie que j'éprouve (déjà!) en voyant des bébés plus petits que le mien.

Ça se soigne, docteur?

(Z)imparfaite invitée: Marie-Eve

mercredi 15 avril 2009

Le lit de tous les plaisirs

Je me rappelle du jour où on l'a acheté pour meubler notre nouvel appartement. "On en prend un Queen, un jour on sera plus que deux dedans!", qu'on disait en rêvant à notre future famille en souriant. On avait tellement hâte d'avoir un mini-nous entre nous! Sans le savoir, on avait visé juste. Effectivement, bien plus que le divan du salon, notre lit est devenu le lieu familial de tous les rassemblements. Les enfants sont toujours dedans. On a glissé MissLulus dans notre lit alors qu'elle avait quelques jours à peine et elle y est encore très souvent... six ans plus tard! Depuis, les siestes et les dodos, les câlins et les secrets, les débuts de journée et les fins de soirée se déroulent bien souvent dans notre lit.

Notre lit devient tour à tour une île, une tente, le coin lecture, le cinéma familial, le lieu des volées de bisous, la séance des câlins et le confessionnal. Plusieurs fois par semaine, on se couche ou on se lève - parfois les deux - avec une petite paire - parfois deux- de pieds supplémentaires. Chaque fois qu'on se colle en famille, qu'on plonge les quatre têtes dans un livre fabuleux, qu'on se cache sous les couvertures devant un film qui fait un peu peur, chaque fois qu'on étire les matins un peu dans cet antre douillet, papa (im)parfait et moi avons une pensée commune. C'est cela goûter à notre bonheur. Toucher à un rêve. Le vivre. Et ça nous rend immensément heureux.

Je sais, je sais. Plusieurs nous disent que notre chambre devrait être notre zone privée. On est incapable. Avoir su... on aurait fait pareil depuis le début. Et même qu'avoir su, on aurait acheté un lit King. Parce que même si les enfants grandissent et prennent toujours aussi plaisir à venir se blottir entre nous. Et dites-moi pourquoi on devrait s'en priver?

mardi 14 avril 2009

Les soeurs rendent les familles plus heureuses?

C'est pas moi qui le dit, ce sont des chercheurs qui ont fait ce constat devant l'éminente British Psychological Society.

Et comment les soeurs apportent-elles davantage de soleil dans la maisonnée?

Quand elles ne chignent pas, quand elles ne se tirent pas les cheveux, quand elles ne sanglotent pas de jalousie, quand elles ne se griffent pas, quand elles ne se pensent pas plus belle que l'autre (ça, c'est moi qui le dit!), elles contribueraient à établir un climat de communication dans le clan familial. Et avec la communication viendrait le bonheur.

Bien sûr! Cela va de soi!

Mais quand, après une chicane corsée entre soeurs, j'entends Momo crier à Lili: «J'aurais mieux aimé avoir un chien, moi!», je doute que l'équation soit si simple!

Oui, mes filles s'aiment, se dorlotent, se câlinent, s'aiment et se collent. Elles se racontent leurs secrets et se murmurent toutes ces choses qui les font pouffer de rire. Au retour de l'école, Lili n'hésite jamais à raconter à Momo les situations et les chicanes dont elle a été témoin dans l'autobus et toutes les deux, elles discutent sérieusement pour «trouver des solutions». De vraies médiatrices... pour les autres!

Car quand elles se déclarent la guerre (au moins une fois par jour!), la maisonnée ne rayonne plus de bonheur! Quand elles décident de s'ignorer, de bouder ou de se crier des vacheries, elles savent s'y mettre! Et elles n'ont que 5 ans! Qu'est-ce que ce sera à l'adolescence? Pas sûre qu'elles contribueront tant que ça au «bonheur familial» dans 10 ans...!

lundi 13 avril 2009

Beau temps pour accoucher!

À chaque printemps, j'ai des souvenirs qui remontent à la surface. Premières semaines avec mes bébés - les deux sont nés respectivement fin mars et début avril - où il fait suffisamment beau pour aller se promener dehors. Temps de l'année où notre moral et notre énergie remontent après un dur hiver. Temps de renaissance, où on a envie de se mettre en forme avant l'été.

Et c'est vrai, j'ai adoré accoucher au printemps! C'est le temps IDÉAL selon moi.. sauf pour...

Les derniers mois de grossesse. Que tu passes en équilibre précaire sur les trottoirs, sans voir si tu poses le pied sur une plaque de glace... Que de souvenirs!

Les places en garderie. Où tu as le choix de laisser ton enfant à six mois, si tu ne veux pas perdre ta place... ou prendre un congé sans solde de six mois, si tu veux attendre une année de plus! Fini les entrées en garderie quand on en a besoin, tu prends cela quand ça passe, ou tu t'en passes!

Les fêtes d'anniversaire. Que tu dois absolument faire à l'intérieur (et je déteste les fêtes d'enfants intérieures!). Vive les jeux d'eau, les carrés de sable, les ballons, ça demande beaucoup moins d'énergie en animation!

Pâques. Qui tombe inexorablement la fin de semaine juste avant ou juste après l'un ou l'autre de leurs anniversaires, quand ce n'est pas la même fin de semaine. Ce qui multiplie les repas de fête et nous donne parfois, comme cette année, trois belles fins de semaine en ligne sans vraiment avoir de temps pour soi... (Yé! On s'en est sortis encore une fois. Au fait, vous ai-je dit que j'ai des soupers de filles de planifiés les deux prochains vendredis?)

Et vous, quels avantages et inconvénients trouvez-vous aux mois de naissance de vos enfants?

(Z) Imparfaite invitée: So

dimanche 12 avril 2009

Le printemps... c'est la vie!

Le retour du beau temps, la frénésie des premières journées qui nous font rêver à l'été, les soirées qui s'étirent, le petit rosé de fin d'après-midi, ça nous donne envie de fêter. Pas vous?


Ça fera bientôt un an que vous supportez nos délires et que nous suivez dans nos imperfections, le temps est venu de trinquer... au rosé évidemment toutes ensemble!


Pour être parmi les premières informées de notre parfaite soirée des (Z)imparfaites, envoyez-nous un courriel. C'est à suivre...

Les souliers d'enfant - OU le calvaire des pieds qui poussent


JeuneHomme est haut comme trois pommes (peut-être quatre!) et il a dû passer plus de 15 paires de pantoufles-souliers-bottes de pluie-bottes d'hiver-running-sandales. Il n'y a pas à dire, je suis jalouse. Mais surtout, mon porte-feuille loin d'être un accordéon souffre. Chaque fois qu'une poussée de croissance fait mourir l'utilité de ses chaussures, je me dis que je devrais devenir fabricante de souliers pour petits. Chaque demi-taille franchie nous fait empocher des milliers de dollars. Ou bien, je souhaite l'invention d'un soulier qui grandit avec JeuneHomme. Mais là, j'interviens clairement dans mon plan numéro 1. Comme je n'ai aucun talent de cordonnier et que je voudrais bien économiser un peu pour renouveler mes godasses, je prie pour que l'invention secrète... soit inventée.

Eh bien! Pouf! Le génie d'Aladin ne devait pas être loin. La voici en vrai de vrai, mon souhait: Inchworm Shoes. La technique était simple. Un accordéon au centre du soulier nous permet de l'aggrandir d'un point. Pour moi, c'est encore mieux que cela! C'est deux "deux pour un" avantageux! On achète une paire de souliers avec deux tailles possibles! Et surtout, on saute une saison d'achat de souliers pour fiston et je peux m'en acheter une autre pour moi...

Des bonnes nouvelles, non? Bon, maintenant, puisque le génie d'Aladin semble tout près: je voudrais 14 semaines de vacances l'an prochain , un Leloft pour les (z)amies (Z)imparfaites et sûrement bien d'autres choses. Yahouuu, génie t'es toujours là?

samedi 11 avril 2009

L'art de tourner les coins ronds

Quand je m'arrête deux secondes (pas plus, je n'ai pas le temps!) pour réfléchir à tout ce que nous avons à l'agenda maternel, je me demande vraiment comment nous arrivons à tout faire.

Entre le boulot, le transport, les repas à préparer, les lunchs à concocter, les devoirs à superviser, la maisonnée à nettoyer, les courses innombrables (il manque toujours quelque chose!), les bains à donner, les histoires à raconter, les vêtements à plier, les cours et les activités à courailler, les nombreux rendez-vous pour toute la famille à respecter (dentiste, médecin, coiffeur, ça n'arrête jamais et c'est sans cesse à recommencer...), les lectures à terminer, les émissions de télé à regarder pour ne pas être trop déconnectée, les doléances de mon entourage à écouter, le blogue à animer, une vie sexuelle à pimenter et les heures de sommeil à rattraper... il est humainement impossible de tout faire rentrer dans les 168 petites heures qui composent la semaine. Et ce, même si on est deux pour partager ces tâches (je plains celles qui sont seules!).

Et pourtant, nous y arrivons toutes! Nous n'avons pas plus d'heures disponibles qu'avant et pourtant nous arrivons à faire 100 fois plus de trucs depuis que nous avons des enfants. Comment?

Je vous avoue mon secret: je maîtrise l'art de tourner les coins ronds. Tellement, que ça passe presque inaperçu!

Qui pourrait croire qu'une salle de bains impeccable résulte d'un lavage express à coup de push-push de Windex? Terminé en 3 minutes top chrono!

Ou que ce repas savoureux maison, bourré de légumes (achetés pré-coupés) et distribué dans tous les lunchs du lendemain, a pris un gros 5 minutes à concocter (merci d'exister les tomates en dés et l'indispensable mijoteuse!)?

Et que dire de mon plus précieux sauve-temps, le livre d'histoire Contes minutes, qui me permet de lire rapido-presto l'histoire du soir quand mon compteur quotidien frôle l'excès de limite.

En faisant un petit peu moins de tout, j'arrive à tout faire et même plus! Exit le perfectionnisme, bienvenue le relâchement!

Et vous, quel est votre secret?

vendredi 10 avril 2009

Tu te sens vraiment imparfaite quand... (prise 14)


Séance de bricolage de coco de Pâques dans la cuisine.

- Tiens, je t'ai découpé plusieurs oeufs de différentes couleurs. Tu pourras les décorer.
- Ok... mais ouachhhhhhhhhhe! Y'est ben laid celui-là!

Je le regarde. Il est mignon. Mauve lilas. De la même forme que les jaune, rose et bleu pâle.

- Pourquoi tu dis cela, MissLulus? T'aime pas le lilas? C'est pas la mode?
- Franchement! C'est pas "lilas" cela, qu'elle me dit en me brandissant l'oeuf à 1 pouce des yeux. C'est gris! Gris laid! Gris comme une souris! C'est pas lilas du tout! Pauvre toi, maman. Faudrait vraiment que tu t'achètes de meilleures lunettes pour les aveugles des couleurs!

Merci. Merci beaucoup. Au fait, tu peux me dire si je suis habillée convenablement? J'ai comme une petite crainte!

Pourquoi Pâques?

Noël, j'adore. L'Halloween aussi. C'est plein d'interdit qu'on franchit. On sort la nuit. On va cogner aux portes des maisons du voisinage. On se déguise. C'est la meilleure des fêtes "imaginairement" parlant. La Saint-Valentin, ça passe encore. On s'envoit des petits coeurs, on se dit qu'on s'aime. Le poisson d'Avril, c'est rigolo. Mais Pâques... Pâques... Joyeux Chocolat? Joyeux maudit toutou de lapin? Joyeux Oeufs?

Bon, d'accord. On a congé. C'est toujours cela de pris. Mais "Joyeuses Pâques", c'est moi ou ça sonne faux! Ça sonne creux. Comme les chocolats. Si on se souhaite la santé au Jour de l'an, quel est notre voeu à Pâques?

Je sais bien qu'avant, Pâques avait une signification puisée à même la religion, mais là pour les enfants qui ne vont pas à l'église, ne sont pas toujours baptisés et n'ont aucune notion de plus que le petit Jésus qui naît à Noël, il me semble que c'est difficile de leur expliquer ce qu'on fête vraiment. Même la télévision ne repasse plus les sempiternels films sur la vie de Jésus ou celle de Moïse. C'est pour dire comment c'est "OFF". Et l'orgie de chocolat pouvait avoir un sens après avoir fait Carême pendant 40 jours. Aujourd'hui, les enfants carburent au sucre à longueur d'année. Alors pourquoi leur en offrir encore à Pâques? Il n'y a pas si longtemps qu'on a jeté la vieille provision collante de l'Halloween. Et ici, on a encore un lapin aux oreilles brisées dans le congélateur. Depuis un an. Dépenser 10$ pour un horrible micro de Hanna Montana en chocolat, un gros ballon de soccer, un dinosaure, Dora, Spiderman ou une famille de lapins, je trouve cela... exagéré? Ça me rend malade, surtout que le choco n'est même pas bon! Avec 10$ (et même plus! J'ai vu des chocolats démesurément chers! ), j'achèterais une petite paire de gants pour jardiner, une pelle, un sceau, un ballon gigantesque, un bac rempli de craies pour faire des fresques sur le trottoir, un petit kit de jardinage, un hoola hoop...

Et c'est sans parler des maudits toutous! L'autre folie de Pâques! À un an, je pouvais déjà créer un arche de Noé avec maman-papa-bébé de tout l'attirail que MissLulus avait reçu! Il y a longtemps que la fermette au complet a été déposée au bazar du coin. Bref, les jouets et bébelles issus de Pâques sont soit des puits sans fond de sucre et de calories ou des ramasse-poussières assez inutiles, merci!

À quand le retour de la distribution des véritables poussins ou cannetons? AU SECOURS

***

Alors, on fait quoi avec Pâques? On ne le bannit pas. Wooo! Qui voudrait le nez sur 4 jours de congé. Disons qu'on le rebaptise la "fête du printemps". On va lui redonner laïquement son sens de renouveau. Pourquoi pas? Nouveau départ. Surtout cette semaine, après le retour de la neige et des flocons, on en aura drôlement besoin. On ressort le BBQ, on met nos bottes de pluie et on désherbe le terrain. On se réunit entre amis et on fête l'ouverture officielle de la porte patio. On ouvre la bouteille de rosé qui nous fera croire à l'été et on trinque pour oublier les microbes qui nous ont assailli cet hiver. On projette nos vacances d'été. On pense aux fêtes qu'on célèbrera, aux places qu'on visitera. Les grands feront tourner les cordes à danser, attraperont les ballons et lanceront les balles des enfants surexcités non pas par le sucre, mais le grand air. 4 jours à croire que les journées froides sont derrière nous. 4 jours pour faire le plein d'énergie pour terminer la course jusqu'à la Saint-Jean. Et goûter à un prélude à nos vacances. Si possible aussi trouver la première coccinelle, découvrir les bourgeons dans notre arbre préféré ou une touffe de crocus pressés.

Ici, c'est ainsi qu'on s'enligne pour fêter Pâques. On fera la tournée de brunch-dîner-souper chez la parenté. On a l'impression de revivre après un hiver trop moche et un dernier mois rough côté santé. Donc, ne nous cherchez pas. On sera dehors. On fêtera le printemps. Si possible, sans (trop de)chocolat. Quoiqu'on pense bien finir le tout, lundi soir, par une grosse fondue aux deux chocolats (ceux de l'an dernier et ceux de cette année)... Question d'en finir au plus vite!

jeudi 9 avril 2009

Châtelaine le dit : "Maman s'éclate"


Y'a pas à dire, grosse semaine côté magazine! Être imparfaite, c'est être dans le vent!

Voici ce qu'on lit dans le dernier Châtelaine (mai 2009, avec France D'Amour):

***

Maman s'éclate
Rien de plus libérateur que de participer au blogue politiquement incorrect Les (Z)imparfaites: des mères se donnent la permission - youpi! - de déraper (un peu) sur une foule de sujets. Ça va des trucs qu'on se promet de faire après l'accouchement, comme manger des sushis en buvant du vin, aux confidences sur les pensées que peuvent inspirer des enfants exaspérants et aux recettes rapides à préparer pour mères pressées. Hilarant et déculpabilisant. On y trouve néanmoins une foule de conseils - parfaits - sur les bons remèdes contre le rhume et la gastro ou l'antiseptique qui ne fait pas bobo. On ne se refait pas...

***

Génial! C'est vraiment nous. Vous ne trouvez pas? Merci Châtelaine!

Les enfants des autres et moi

Quand je n'avais pas encore d'enfants, je mettais ça sur le compte de mon absence d'instinct maternel. Quand je subissais mes traitements de fertilité, je mettais ça sur le compte de ma «frustation d'infertile», mais maintenant que j'ai des enfants et de l'expérience maternelle accumulée, je dois admettre que mon désintérêt envers les enfants des autres est un trait chronique de ma personnalité.

Quand je dis «des autres», je parle ici des gens que je ne connais pas. Mais ne croyez pas que je sois toute «gui-gui-gou-gou» avec les enfants des gens que je connais. Désolée, mon ADN ne contient pas le gène de l'éducatrice en garderie. Mais je peux vous assurer qu'au moins, j'ai de l'intérêt.

Mais face aux enfants des «autres», je reste indifférente. Pour une simple et bonne raison: je-ne-les-connais-pas. Et les gens inconnus que je croise dans les endroits publics, peu importe leur âge, me laissent généralement indifférente. Je ne parle pas aux «étrangers» à moins d'y être socialement obligée. Et cette règle s'applique particulièrement aux parents en «démonstration».

Exemple: Samedi matin, j'attends que Momo termine son cours de théâtre. La mère d'une fillette de son groupe est venue la chercher en compagnie de son bébé. De toute évidence, bébé vient de commencer à marcher. La maman inconnue attend que les autres parents soient tous arrivés et quelques secondes avant la fin du cours, elle va placer bébé à l'autre extrémité de la pièce et lui dit: «Viens bébé, viens voir maman, viens mon petit loup, viens par ici, avance, oui, c'est ça...». Et là, voilà que trois mamans se mettent à s'extasier devant les prouesses de bébé. «Oooooohhhhhhh!» «Y'é ben bon!» «Bravo bébé!»

Voyons, bébé doit avoir 14 mois. Il marche? Ouain pis? C'est à cet âge-là qu'on marche! De glace, reste-je. Pire. De marbre, suis-je.

Alloooo?? Ça sent le set-up de la «bébé-valorisation» à plein nez! Si j'ai de la misère à comprendre pourquoi certains parents s'entêtent à mettre leurs enfants en scène en public, j'ai encore plus de difficulté à saisir l'excitation des spectatrices. Je dis bien spectatrices car j'ai rarement vu de telles opérations de démonstration/excitation faites par des pères.

Est-ce que c'est supposé venir avec la maternité de s'exciter sur TOUS les bébés? De toute évidence, moi, on m'a oublié!

mercredi 8 avril 2009

Un vent d'imparfaititude chez Coup de Pouce


Vous avez lu le dernier Coup de Pouce? Celui avec les cupcakes attirants sur le dessus? Ici, le mot de la rédactrice en chef, Mélanie Thivierge, nous a ravies. Comme on l'a déjà dit, les magazines québécois semblent avoir pris un virage "gros bon sens". Fini de parfaitiser la maternité, de nous accabler de conseils (non des diktats) qui mis bout à bout nous giflent de culpabilité ou de nous gaver de témoignages idylliques qui font de notre réalité une bien pâlotte réplique .


Bref, lisez son "Coup du ciel". Elle nous explique, en toute sincérité, qu'avant d'avoir ses enfants, elle croyait avec certitude qu'elle était tout sauf une maman en devenir. Elle ne croyait pas avoir le profil de l'emploi. "Je suis bien trop rebelle/désordonnée/impatiente pour poser ma candidature. J'aime beaucoup trop faire la grasse matinée, prolonger les repas au-delà de l'heure recommandée et partir en vacances surun coup de tête pour espérer obtenir le poste. Ça, c'est ce que je disais. Avant. Mais voilà que j'ai joint les rangs de la Mama Académie il y a maintenant cinq ans. Et vous savez quoi? J'aime ça! (...) Je n'ai jamais eu envie de jeter la serviette. Mais de prendre des pauses, ça oui, par contre. (Le plus souvent possible, pour être honnête!). (...) Toutes ces petites pauses me donnent, à divers degrés, le souffle nécessaire pour terminer mon premier quinquennat à la Mama Académie sans trop de cernes, mais surtout sans trop de frustrations."

Et elle continue ainsi... Super, non? Et mieux encore, elle confie que jamais elle ne fera croire à sa descendance qu'elle sait tout et qu'elle est parfaite. Elle transmettra plutôt à ses enfants l'urgence de vivre et le plaisir de découvrir. Avouez que c'est bien mieux!

Finies les illusions ou les désirs d'être parfaite... et d'abord, ça sert à qui? Ça sert à quoi? Merci Coup de Pouce pour ce vent d'imparfaititude! C'était parfait!

Menaces claires... et réelles


Il parait qu'il faut mettre nos menaces (euh... nos conséquences, vaut-il mieux de dire maintenant) à exécution. Alors, quand, durant un moment de profonde exaspération, on dit aux enfants qu'ils vont changer de famille, on peut désormais leur mettre entre leurs mains le livre de Claude Ponti, Catalogue de parents pour les enfants qui veulent en changer.

Sur la quatrième couverture, les promesses déboulent: "Tes parents sont lourds? Fatiguants, avares, collants, velus, casse-pieds, etc. Change! Avec Catalogue, rien de plus facile. Choisis les parents qui te plaisent, remplis le bon de commande et poste-le. Livraison en moins de 48 heures."

En trouvant ce livre à la librairie, on croyait avoir mis la main à l'outil merveilleux qui allait montrer à nos petits (Z)imparfaits que notre menace était bien réelle. Ils vont trembler de peur. On se bidonnait déjà.

Erreur. Ils ont fait leur choix et sont prêts à nous mettre un timbre dans le front pour nous échanger contre un modèle qui les laisseront manger des chips et du chocolat au déjeuner ou celui qui n'exige jamais qu'ils prennent leur bain.

La pomme tombe jamais bien loin de l'arbre, parait-il... Eh misère!

mardi 7 avril 2009

Tu te sens vraiment imparfaite quand... (prise 13)

Au rayon de la boucherie au supermarché, ta fille de presque 6 ans crie, horrifiée:

«YARK, QUECÉ ÇA?????? MAMAN, QUECÉ ÇA?????? C'EST BEN DÉGUEULASSE!!!!! »

... devant un étal pas (si) exotique de poulets entiers.

C'est ça qui arrive quand tu cuisines juste du poulet désossé!

14 semaines de vacances... minimum!

Ma réflexion du jour est purement mathématique.

Quand les enfants commencent la vie scolaire, combien de semaines de vacances aurions-nous besoin en tant que parents?

(8 X 5) + (2 X 5) + (1 X 5) + 15 = 70

(été) + (Noël) + (relâche) + pédagos = 14 semaines

Et là-dessus, on ne compte par les rendez-vous médicaux qui ne peuvent être pris qu'entre 9h et 16h les jours de semaine, ni les congés de maladie imprévisibles et inévitables qui se multiplient selon la variable NbE (pour nombre d'enfants).

Bien sûr, la moitié de ces congés pourraient être pris par un seul parent en alternance avec l'autre, mais ce serait oublier la lourde tâche qui incombe aux mères monoparentales.

Donc, c'est immuable: 14 semaines de vacances minimum!

Pétition, manif, sit-in, grève de la faim? Des supporters?

lundi 6 avril 2009

Entendez-vous quelque chose?


Depuis que je suis une maman, je suis devenue une pro de la négation.

Prenez ce qui m'est arrivé l'autre jour.

Je suis assise à mon ordinateur, je niaise sur Facebook. Tâche éminemment importante s'il en est une, j'espionne des gens que je n'ai pas vus depuis belle lurette.

Bébé est dans sa petite chaise et zigonne après ses jouets. Ça fait un gros cinq minutes qu'elle y est, elle commence à se tanner.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Je bouge les jouets un peu pour faire diversion, puis je retourne espionner cette ancienne amie du secondaire, mariée avec un gars pas trop beau.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Ce sont sans doute des cris de joie, que je me dis, sans me retourner vers bébé.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Hein? Quoi? Elle a trois enfants déjà? Elle a pas perdu de temps celle-là.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Difficile de dire si ce sont encore des cris de joie. Ça ressemble aux cris de tantôt, avec un petit fond de désespoir. Mais je viens de découvrir le profil d'un ancien «kick». Est-il en couple?

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Il est gai. Noooooon! Pas vrai.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Une chance que je ne lui ai jamais fait d'avances, de quoi j'aurais l'air maintenant?

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Bon, pas le choix. Je vais mettre la suce. Ça favorise le sommeil.

Non vraiment, qui aurait dit qu'il était gai? J'aurais pourtant juré qu'il me draguait.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Bon, la suce a été crachée. Je la remet.

Il a vraiment tardé à faire son coming out en tout cas. Il est peut-être bi.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Tiens, mon chum a une nouvelle amie. C'est qui, Annie Champoux?

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Elle n'est pas laide. Je suis pas de nature jalouse, mais je vais quand même lui demander c'est qui quand il va rentrer du travail. Elle est vraiment cute, la bitch.

«Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!»

Tiens, on dirait que j'entends quelque chose.

«Mon beau bébé....Oh, tu pleures et t'as de grosses larmes qui coulent. Qu'est-ce qui se passe? T'aurais dû le dire à maman que t'étais pas contente! Maman s'occupe de toi dans trente secondes.»

«Marie-Eve s'occupe de son bébé», indique maintenant mon nouveau statut Facebook.

(Z)Imparfaite invitée: Marie-Eve

dimanche 5 avril 2009

La bonne idée du jour (prise 2)

quand pour pouvoir finir de lire ton nouveau Coup de Pouce, tu laisses JeuneHomme "faire la vaisselle" pendant au moins quinze minutes, le robinet ouvert. Nullement bon pour l'environnement. Excellent pour mon moral.

Le plus petit mais le plus fort

Quelques semaines après sa naissance, quand Lolo était dans son incubateur, branché de toutes parts et peinant à digérer les 2cc de lait déposés directement dans son estomac, TriplePapa et moi, on ouvrait la porte qui nous séparait de notre (très) petit bébé, à peine plus gros qu'une livre de beurre et... on ne savait pas quoi dire.

On voulait qu'il entende notre voix, qu'il sente notre présence, mais quoi dire à ce bout d'homme pour l'encourager à livrer bataille et à ne pas lâcher prise? Quels mots prononcer? «Lâche pas mon grand»? «T'es capable»? Ça sonnait faux.

Alors, un soir très tard, quand l'inspiration nous a fait faux bond pour de bon, TriplePapa s'est mis à fredonner dans la petite porte: «C'est l'histoire du Petit Castor, le plus petit mais le plus fort. Dans la forêt au milieu de tous ses amis, il est heureux, il s'amuse, il joue et il rit. Et une fois qu'il est lancé... rien ne peut l'arrêter!»

Et c'est ainsi que la chanson-thème de cette série télé de notre enfance est devenue l'hymne officiel de Lolo.

Depuis, on lui a montré quelques extraits trouvés ici et là sur YouTube, mais à partir demain, tous les matins à 8h30, on pourra suivre le Petit Castor sur Télétoon Rétro, 6 ans plus tard, avec notre Lolo devenu grand!

samedi 4 avril 2009

La bonne idée du jour (prise 1)

Vos enfants sont fatigués, grognons, chialeux et inévitablement, l'inévitable se produit: ils pètent une crise commune?

Faites comme les (Z)imparfaites et envoyez-vous réfléchir dans votre chambre.

Et, surtout, n'oubliez pas d'adapter la bonne vieille règle du «3 ans = 3 minutes»:

Dans mon cas: 36 ans = 36 minutes.

Yessss!

J'ai déjà hâte de souffler une bougie de plus sur mon gâteau d'anniversaire!

Où est passée la chaise haute?


Plus de chaise haute depuis un an ici! Je le regrette. Je l'aurais finalement gardée un peu plus longtemps. Mais JeuneHomme aimait bien être assis avec nous à la table. Mais quel bonheur c'était aussi de le glisser dans sa chaise haute. Il avait son plateau juste devant lui et surtout beaucoup moins de dégât. Là, il repousse le banc d'appoint. Il veut faire "son grand". Mais le grand fait de grand dégât. Les fesses bien stables sur le siège, on peut dire que c'est une chance qu'il ait des bouclettes délinquantes : on peut le voir. Et pas question de mettre un annuaire de téléphone, il glisse deux fois plus!


Voilà que le Elle Belgique me refile une bonne idée. Pas un rehausseur d'enfant, un rehausseur de chaise. Plus de disgracieux siège Safety 1rst tout droit sorti des années 90 qui jure avec le décor avec ses couleurs criardes (bleu, rouge ultra et jaune flash!).
Reste à trouver cela par ici avant que JeuneHomme ait son prochain boom de croissance!

vendredi 3 avril 2009

Avoir un bébé n'a rien d'extraordinaire...

Une vieille tante m'a déjà avoué ne pas comprendre l'engouement des femmes enceintes envers leur propre maternité. Elle a stoppé sa swing de sa chaise berçante pour me dire avec conviction "Vous là, vous en faites à croire avec les bébés! Franchement comme si c'était extraordinaire d'accoucher et d'élever des enfants! Y'en a d'autres avant elles qui ont déjà fait cela, je ne sais pas si elles s'en rendent compte!". Puis, elle a repris la bascule en haussant les épaules tout en ridant un sourire un peu noir au coin de la bouche. Elle semble croire que les femmes obnubilées par leur ventre (et leur nombril!) vont pogner leur Waterloo un jour.

Elle n'a pas tort. Loin de là. La folie perdure même une fois la grossesse terminée. Mieux, elle empire. En cette journée d'ouverture du 17e salon Maternité Paternité Enfants, on y croit. De nouveaux salons, brunchs et showers Mères et cie font aussi leur apparition un peu partour en province.

Probablement, parce qu'on a moins d'enfant, on a un fort désir de ne pas manquer notre coup. Et de fait, on les "parfaitise", les gâte, donne du lest à la discipline et louange chaque prouesse. Bien souvent, et à tort, on croit que nos enfants sont spéciaux. Ce n'est qu'une illusion: ils ne sont pas.
Il est vrai qu'avec les enfants naissent souvent bien des espoirs pour les parents. Des espoirs ultra concentrés dans un seul petit être. Parfois deux et déjà plus rarement trois. Aussi, d'autres parents affirment haut et fort que leur bonheur tout entier, c'est leurs enfants. Ou que leur seule raison de vivre, c'est eux. Chaque fois que j'entends cela, je suis perplexe. C'est beaucoup sur les épaules des enfants. Et comme le rôle primordial des parents est de guider son enfant vers l'autonomie, et ultimement à le quitter un jour, c'est aberrant d'imaginer qu'un jour notre unique source de bonheur, de joie et de raison de vivre va s'en aller.

Avoir un enfant n'a rien d'extraordinaire. C'est partager un bout de sa vie chaque jour, le guider, l'épauler, l'amener à ouvrir ses ailes, le regarder grandir et le voir devenir totalement unique et indépendant qui l'est!

jeudi 2 avril 2009

Un seul enfant?

Hier TriplePapa et moi avons expérimenté pour la première fois la «joie» d'avoir un seul enfant. En six ans - et puisqu'on en a eu trois d'un coup - c'était la première fois qu'on se retrouvait en avantage numérique.

Première constatation: c'est facile, à deux, de s'occuper d'un seul enfant.

Deuxième constatation: c'est plate.

Étant tous les deux «enfants uniques», nous nous étions jurés d'avoir plus d'un enfant. Nous voulions une «famille» et avoir un seul rejeton ne correspondait pas vraiment à notre définition personnelle de ce terme. Difficile avec un seul enfant de ne pas en faire le centre d'attraction principal autour duquel tout gravite. Avec deux (ou trois, ou quatre, ou...), ce noyau se scinde et l'attraction se divise, permettant ainsi une répartition plus équilibrée de l'attention parentale.

Une seule journée avec un seul enfant et nous avions l'impression de lui accorder trop d'attention. D'accéder à ses demandes trop facilement. Pas de négociation, pas de consensus de groupe à obtenir, pas de partage, pas de coopération. Rien de ces qualités essentielles qui aident à se tenir à bonne distance du je, me, moi. D'acquérir les notions de groupe et d'apprendre à vivre en communauté.

Je ne dis pas que ce sont des qualités impossibles à acquérir par les enfants uniques, mais disons que l'apprentissage est plus facile quand il commence tôt et que le défi est constant, chaque jour, au sein même du cocon familial.

En Grande-Bretagne, la tendance du moment est à l'enfant unique. En 2007, 27% des petits Britanniques n'avaient ni frère ni soeur. Pour des raisons financières, de carrière, mais aussi de disponibilité des parents.

Autour de moi, je constate avec joie que la tendance n'est plus à l'enfant unique comme ce fut le cas dans les années 70. Des enfants, on en veut tout plein! Pourquoi? Voilà la grande question! Retour aux valeurs familiales? Course aux bébés? Désir d'éviter de tomber dans le piège de l'enfant-roi? Congés de maternité plus avantageux? Toutes ces réponses?

Après trois années de traitement de fertilité infructueux, je pensais bien devoir réviser ma définition du mot famille. Avoir un enfant m'aurait comblé, finalement! Mais j'ai eu la chance d'en avoir trois d'un coup. Oui, la chance, car avec le recul je crois bien que j'aurais «choké» après deux marmots. Je n'aurais pas eu le goût de me taper le trio couches/biberons/nuits blanches une troisième fois!

De plus en plus de familles choisissent de franchir le cap des deux enfants. À partir de trois, on est considéré comme une «famille nombreuse». Après quatre, ça ne rentre plus dans la mini-fourgonnette. Y a-t-il un chiffre magique?

mercredi 1 avril 2009

Lâchez-moi le QI!


Le bébé vient de naître et voilà qu'on nous brandit le test d'Apgar. Sans le savoir, ces trois petits chiffres seront les premiers d'une grande lignée. Alors qu'il régurgite plus qu'il ne babille, alors qu'il remplit les couches plus qu'il ne.... , une force obscure l'analyse. Le scrute. L'observe. L'évalue. Et pour faire sérieux, on parle en points de QI. À quelques mois. Il est allaité. Bravo! 10 points de plus. Il mange bio. 15 points. Il a fait pipi sur le pot à 13 mois. 5 points. Il philosophe adroitement. 15 points. J'exagère. Mais, si peu.

On n'a plus un minuscule poupon, mais un génie en puissance. Potentiellement. Car le QI semble largement influencé les soins qu'on lui donne et les produits qu'on achète. Manigance pour manipuler avec plus d'aisance les parents. Voyez les lignes de produits éducatifs pour les moins de 6 mois qui abondent dans les magasins de jouets. ÉDUCATIF à 6 mois? Du calme! Baby Einstein n'existait pas dans notre temps, notre QI a-t-il flétri pour autant?



Et depuis quand le QI est important? Il y a quelqu'un qui met cela sur son CV? Et vous le connaissez votre quotient intellectuel? Vous dormez bien même si vous le savez ou ne le savez pas? Vous pensez que s'il était supérieur, vous seriez une meilleure personne? Qui a besoin de glisser son QI (qui le sait? pourquoi?) dans une conversation? Il y a quelqu'un qui croit vraiment qu'avoir un QI éclatant fait de lui quelqu'un d'intéressant et qui mise sur un "standing" ainsi?


Moi, c'est le contraire. Chaque fois qu'une étude argumente à coup de points gagnés sur le QI et chaque fois qu'un produit vante ses retombées sur l'intelligence de mon enfant, je doute. Ça doit être mon QI exceptionnel qui flaire la manigance... ;-)